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20 juin 2026

Gabriel Nerciat
20/6/2026

LES QUESTIONS QUI TUENT


Le nouveau maire de Saint-Denis estime que siffler publiquement La Marseillaise (comme le faisaient jadis les Camelots du roi en martelant le sol avec leurs cannes dès qu'ils l'entendaient jouer quelque part) est un droit imprescriptible, peut-être même garanti par la Constitution.
N'étant pas juriste, je ne sais pas si c'est vrai (j'en doute un peu, mais je suis à peu près sûr que les Sages autoproclamés du Palais-Royal confirmeraient ses dires si on leur posait la question), mais à mon sens la question en appelle une autre, dont la réponse est beaucoup plus décisive ou lourde de sens.
Ai-je le droit, quant à moi, de ne pas considérer comme un compatriote et donc un égal l'homme public – autochtone ou allogène – qui se vante de mépriser l'hymne national ?
À cela, on va évidemment me répondre : non. Au nom de la République, qui plus est.
Et si je n'en ai pas le droit, alors l'État et ses juges auront le pouvoir de me sanctionner si je le dis, même à l'extérieur d'un stade. Me sanctionner peut-être, un jour, au point de me retirer l'usage de mes droits civiques.
Ces deux questions sont vertigineuses, car elles contiennent et anticipent tous les drames qui vont déchirer la Nation dans les années qui viennent, en raison des transformations ethno-démographiques en cours. Il serait peut-être temps d'en causer sérieusement si l'on pense souhaitable de l'éviter.
P.S : Que les malins s'abstiennent de venir m'emmerder avec Jean Genet ou le jeune Louis Aragon (qui a bien changé ensuite). Le maire de Saint-Denis n'a pas été mobilisé dans les tranchées de 1914, et l'auteur des Paravents, qui méprisait tout aussi ouvertement la démocratie parlementaire et ses institutions, n'a jamais brigué aucune fonction publique de sa vie.