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11 février 2026

Epstein, la France et son art d’organiser le silence

H16

– 11/2/2026 – Plusieurs jours se sont écoulés depuis les révélations sur les ingérences de l’Union européenne dans des élections nationales. La presse française, égale à elle-même c’est-à-dire à pas grand-chose, n’en a pourtant à peu près rien dit, si ce n’est pour balayer les accusations avec morgue, sur le mode « ces allégations proviennent du Parti Républicain donc sont fausses et, de surcroît, tout cela vient d’Outre-Atlantique donc c’est forcément une exagération ».


Et de la même façon, une grosse semaine s’est écoulée depuis les révélations de l’affaire Epstein, et les médias français n’ont fini par l’évoquer qu’une fois acculés à cette extrémité par les réseaux sociaux – à commencer par X – où les critiques de l’apathie assez phénoménale des journalistes hexagonaux passait vraiment mal devant l’énormité des accusations, des crimes perpétrés et des personnalités impliquées.

À force de voir chacune des publications des organes de propagande de presse du pays se faire pourrir par des commentaires réclamant une couverture de l’affaire Epstein, les rédactions ont été obligées de trouver un angle de réponse qu’elles croyaient approprié : pas de doute, pour nos petits scribouillards français, Epstein était de mèche avec la Russie !


Malheureusement, cette tentative d’associer aussi goulûment que possible Poutine à Epstein a échoué rapidement, pas plus qu’il n’a été possible pour la presse d’étouffer l’implication massive de Jack Lang dans les combines les plus crapuleuses et criminelles du financier américain.

Et alors que s’empilaient les preuves et les commentaires sur les liens entre les deux hommes, la presse, tentant le tout pour le tout, a redoublé d’ardeur sur le thème russe pourtant largement éculé : n’hésitant à plier aucune réalité, voilà qu’on découvre une opération de désinformation, ciblant rien moins qu’Emmanuel Macron.

Ces mêmes autorités qui pataugent dans les fuites multiples, répétées et profondes de données partout en France et dans toutes les administrations nous annoncent qu’elles ont, entre deux colmatages honteux, réussi à rassembler des preuves irréfutables que Macron aurait donc été victime d’un réseau russe de désinformation dans une opération sobrement baptisée Storm-1516, documentant le tout dans un roboratif rapport de plus de 40 pages badigeonné d’un conditionnel aussi lourd que la choucroute aux profiteroles.


Mais manque de pot ou lucidité des internautes moyens, personne ne semble prendre très au sérieux ces nouvelles fracassantes : peu importe les agitations officielles, les réseaux sociaux continuent de bruire des frasques de personnalités avec Epstein. Au-delà de Lang, cité partout et tout le temps, des noms reviennent sans cesse, notamment dans la nébuleuse macronienne.

Il faut agir, vite. Ça sent mauvais pour l’Élysée.

Deux angles se dégagent rapidement, et les nouvelles fiches de mots-clés et autres éléments de langages font sans tarder le tour des rédactions.

Le premier angle est simple. Il consiste à rappeler que toutes ces affaires donnent du grain à moudre aux complotistes.

Eh oui, c’est franchement rageant, mais ils ont eu raison depuis le début et c’est très fâcheux que tout le monde ait maintenant la preuve des complots, car cela transformerait presque les complotistes en personnes avisées et les fact-checkers… en clowns ou en producteurs de complots comme les Julien Pain, Rudy Reichstadt et autres Tristan Douille-France.

C’est gros, c’est gênant mais néanmoins, la presse va continuer à fredonner sur cette musique – et toute honte bue, les victimes se dissolvent dans les analyses de FranceIntox ou des saillies consternantes de Tristan ou Rudy. À la fin, il ne reste plus qu’une soupe d’approximations si gênantes que certains invités de plateau sont obligés de recadrer le néocomplotiste inassumé.

Pour nos Conspiplologues de combat, pas de doute, la post-vérité est là et ne compte pas s’en faire compter : pour eux et malgré les évidences, « Dire qu’on est face à une conspiration mondiale, c’est faux ». Ils sont formels : la Terre persiste à être plate, même si on retrouve des échanges, documentés, en provenance directe du Département de la Justice américain, montrant sans ambiguïté des actes criminels perpétrés dans une quinzaine de pays dont la France, le Royaume-Uni, la Belgique ou les États-Unis pour ne citer que ceux-là.

Du reste, les récentes vagues de démissions de personnalités en vue ne semblent pas avoir pénétré les petits crânes pourtant spacieux de nos experts en complotologie. Peu importent les Peter Mandelson (UK), Morgan McSweeney (UK), Tim Allan (UK), Mona Juul (Norvège), Jack Lang (France), Miroslav Lajčák (Slovaquie), Joanna Rubinstein (Suède), Brad Karp (US) ; oublions ceux actuellement dans l’eau chaude comme le Prince Andrew (UK), Sarah Ferguson (UK), la princesse Mette-Marit de Norvège, le prince Albert II de Monaco, le sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum (EAU)… Tout ça n’existe pas.


Parallèlement se met en place le second angle : c’est la minimisation, voire la nanométrisation du propos. De façon maintenant officielle, tout ceci n’est pas une affaire qui concerne la France, et donc n’en parlons plus.

C’est l’angle choisi par l’ectoplasme qui hante l’Élysée actuellement et qui peut d’autant plus se permettre cette position périlleuse que les journalistes en face de lui servent essentiellement de serpillière et ne ramènent pas le locataire élyséen à la réalité avec quelques remarques pourtant simples.

Ainsi, personne pour lui rappeler les accointances d’Epstein avec le pourtant très franco-français Jean-Luc Brunel, accusé d’avoir participé à un large réseau de détournement de mineurs, à des viols et des agressions sexuelles. Personne pour noter devant l’histrion élyséen qu’Epstein disposait d’un très grand appartement à Paris, ni que ce dernier a été, selon de nombreux témoignages, le décor à des agressions ou des viols.

Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’à la suite de la perquisition donnée par le Parquet de Paris dans les locaux d'Epstein en 2019, rien ne s’était passé ensuite, malgré des éléments pourtant accablants ?


Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’avec les nouvelles révélations, ce même Parquet n’a absolument pas bougé le petit doigt, au contraire d’il y a une semaine où, au moindre soupçon (fumeux) de pédocriminalité sur la plateforme d’Elon Musk, ce parquet a fait donner la charge médiatico-policière ?

Bref, fermez le ban, l’affaire ne concerne pas la France, voilà tout : le nuage Epstein s’est commodément arrêté à la frontière française.

Pauvres institutions, méprisables dirigeants qui, au sordide et l’abominable d’une affaire qui ne fait que commencer, ajoutent le grotesque et le scandaleux de leurs pénibles magouilles pour tenter d’étouffer les évidences et discréditer systématiquement ceux qui posent les bonnes questions. Il n’y a plus d’information, qu’une propagande d’un État visiblement malade, qui ne peut reconnaître s’être trompé au risque d’admettre que le mensonge n’était pas une erreur, mais un choix.

Reste à savoir combien de temps ces institutions peuvent survivre à ce genre de choix répétés.


https://h16free.com/2026/02/11/83431-epstein-la-france-et-son-art-dorganiser-le-silence