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10 mars 2026

Vincent Verschoore
10/3/2026

Les abus de pouvoir de VDL


Alors que le conflit iranien entre dans sa deuxième semaine, Ursula von der Leyen fait face à des critiques croissantes de la part des diplomates nationaux qui l'accusent de dépasser son mandat institutionnel. La présidente de la Commission européenne a été la première dirigeante européenne à réagir à l'agression israélo-américaine sur l'Iran, qualifiant les développements de « grandement préoccupants ».
Le point culminant des tensions a été son appel à une « transition crédible » en Iran, largement interprété comme un soutien au changement de régime. Cette position, qui s'aligne sur celle des États-Unis et d'Israël, n'a pas été approuvée par les 27 États membres. Lors d'un rare éclair de lucidité, Jean-Noël Barrot a ouvertement accusé von der Leyen de dépasser le mandat officiel de la Commission en usurpant le rôle diplomatique du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), dirigé par Kaja Kallas. « La Commission doit respecter la plus stricte observance de la subsidiarité », a déclaré Barrot devant les ambassadeurs de l'UE. On sait par ailleurs que les relations entre les deux blondes va-t-en-guerre sont plutôt tendues.
Critiquée pour son « power grab » en politique étrangère, von der Leyen a créé l'an dernier un « Security College » spécial réunissant les 27 commissaires, y compris ceux aux portefeuilles non traditionnellement liés à la sécurité comme l'équité intergénérationnelle. Ce mécanisme, présenté comme un outil de « préparation » aux menaces émergentes, reste flou pour de nombreux officiels bruxellois. Certains analystes y voient un véhicule pour étendre l'autorité institutionnelle.
Ce n'est pas la première fois que von der Leyen s'engage dans des domaines réservés par les traités à d'autres acteurs. Depuis son arrivée en 2019, elle a transformé chaque crise majeure – pandémie de COVID-19, invasion russe de l'Ukraine, conflit Israël-Gaza, guerre commerciale avec les États-Unis — en opportunité pour consolider l'autorité de la Commission et se positionner comme la figure la plus visible du bloc. L'été dernier, elle s'est assise aux côtés des chefs d'État lors d'une réunion sur l'Ukraine organisée par Donald Trump, un placement inhabituel pour un chef de l'exécutif européen.
Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris, dénonce une « mutation des traités » sans discussion : « Quand von der Leyen appelle les dirigeants du Golfe pour discuter du changement de régime en Iran, elle opère bien en dehors de son domaine de compétence et contre les traités. » Le député belge Marc Botenga (La Gauche) dénonce une tentative de concentration du pouvoir sans mandat clair.
Le scandale réside dans le fait que von der Leyen agit comme ministre des Affaires étrangères de l'Europe alors que l'Europe n'a pas encore décidé si elle en voulait un. Chaque crise expose le même écart : les capitales protègent leur souveraineté, Bruxelles tente de projeter une autorité, et le monde extérieur devine qui parle réellement au nom de l'Europe. La présidence de la Commission n'a jamais été conçue pour être le chef de la diplomatie de l'Union, et von der Leyen cherche à utiliser cet espace pour imposer l'EuroSoviet, une dictature technocratique corrompue servie par une Nomenklatura de hauts fonctionnaires et de politiciens.
Ce coup d'Etat permanent est inacceptable et la Commission européenne devrait être purement et simplement démantelée. Le Conseil des ministres, le Conseil européen (chefs d'État) et le Parlement suffisent amplement pour gérer une UE quelque peu démocratique, nul besoin d'un nid à lobbies baigné de corruption mené par une Führerin que personne ne contrôle. Le peu de cas fait par les politiques et les médias de ces abus illustre l'emprise du régime, sa capacité à promouvoir ou à faire taire, et l'urgence d'une réaction générale des populations concernées.