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15 janvier 2026

Yann Bizien

-15/1/2026- Tymochenko, l'égérie de la "Révolution orange", immédiatement reconnaissable à son imposante tresse enroulée autour de la tête, a été inculpée mercredi dans le cadre d'une enquête anticorruption pour avoir prétendument offert des pots-de-vin à des membres du Parlement ukrainien.
Notre argent de contribuables est détourné deux fois. Une première fois en France, par Emmanuel Macron, pour défendre sans aucune transparence une cause totalement étrangère à notre pays (les soldats ukrainiens ne se battent pas pour nous ni pour notre sécurité !), et une deuxième fois en Ukraine dans le cadre d’une corruption généralisée.
Sauf à être mal informé, je ne vois toujours aucune initiative parlementaire française pour enquêter et contrôler le flux d’argent français vers l’Ukraine.
Scandaleux.

COCUS ET VAINCUS DES DEUX RIVES

Gabriel Nerciat


- 15/1/2026 - Quand je pense que je suis déjà suffisamment âgé pour avoir connu les regrets et les désillusions des gauchistes ou des Maos qui espéraient une révolution prolétarienne en France, en Allemagne ou en Italie, au début des années 1970.
Je me souviens de cet ancien militant de la GP, longtemps proche de Benny Lévy et de Serge July, qui me disait, un peu triste, au début de ce siècle, en revenant sur les déboires lyriques de sa jeunesse : "Ce n'est pas tellement notre défaite qui me fait souffrir aujourd'hui, d'autant que pas mal d'entre nous avions une réelle vocation sacrificielle ; c'est la façon dont nous avons été vaincus, qui tenait bien plus à nos insuffisances et nos limites qu'à la supériorité de nos ennemis qui, elle, nous était connue."
Peut-être que désormais, nous allons connaître les regrets et les désillusions des pseudo-révolutionnaires de l'autre rive : néo-cons, droitards pro-israéliens, monomaniaques anticléricaux ou GOF du Printemps républicain, féministes mondains, etc. Je gage qu'elles seront beaucoup moins lucides et modestes.
Même BHL – qui fait le lien entre les deux générations et les deux courants, il fallait bien qu'il serve un jour à quelque chose – était prêt à idolâtrer Trump s'il avait imité son cher George Bush en Iran !
Mais non : tous ceux qui hier soir encore, vers minuit, attendaient fiévreusement le premier B2 américain au-dessus de Téhéran se sont couchés à l'aube, frustrés, déçus, épuisés, comme autant de gueulardes Madame Butterfly qui n'ont pas le courage de se faire seppuku.
Ce qui prouve que les partisans des contre-révolutions n'ont rien à envier aux partisans des révolutions. Sur ce point, Joseph de Maistre avait mille fois raison : même fanatisme, même aveuglement, mêmes poses avantageuses, même fausse conscience idéologique qui manipulent à dessein des hypocrisies contradictoires.
Tous ces souverainistes d'opérette qui sont prêts à jeter les souverainetés nationales aux orties dès lors que les dirigeants d'un Etat souverain ne leur plaisent pas ou font usage de violences sont aussi pitoyables que ces ilotes libertaires qui font assaut de déclarations militaristes quand tout d'un coup la guerre contre un régime illibéral leur paraît souhaitable.
Beaucoup d'entre eux aiment se réclamer de Voltaire, mais lui au moins n'a pas fini sa vie à Sans-Souci en courtisan servile de Frédéric II.
Il savait que la lutte contre l'Infâme clérical ne justifie pas n'importe quelle politique de puissance prête à embraser la vie de centaines de milliers d'hommes mortels sur les champs de bataille.

14 janvier 2026

Gastel Etzwane


- 14/1/2026 - Il faut souvent aller lire la presse étrangère pour se rapprocher de la réalité, car en France la couverture du conflit est dominée par une diabolisation systématique des Russes et, en miroir, par une véritable omerta, un silence presque total, sur les dérives, les crimes et la corruption du côté ukrainien.
À tel point que l’on a parfois le sentiment qu’il est devenu tacitement interdit d’en parler. L’Allemagne, en revanche, entretient un rapport plus ambivalent à la guerre d’Ukraine ; sa presse, pour des raisons historiques et politiques qui lui sont propres, se permet une parole plus directe et plus factuelle. À lire certains journaux allemands, on retrouve même ce que l’on avait observé durant la crise du Covid : la France semble devenue un champion européen de la désinformation par omission.
C’est dans ce contexte que le Berliner Zeitung publie un reportage sur la mobilisation forcée en Ukraine. Le journal y relate le témoignage d’un jeune homme de 26 ans, vivant à Odessa, interpellé en pleine rue par des agents du centre territorial de recrutement. Il décrit une arrestation brutale, des coups, une nuit de détention dans un sous-sol, sans téléphone ni possibilité de prévenir sa famille. Le lendemain, lors d’un examen médical expéditif, ses documents auraient été falsifiés pour le déclarer apte, alors même qu’il disposait de certificats médicaux contraires.
Son récit met au jour un système bien plus large. Des faux certificats médicaux circuleraient contre paiement, permettant à certains d’échapper au front, tandis que ceux qui n’ont ni relations ni argent sont embar­qués de force. La corruption serait devenue une variable centrale de la mobilisation : on peut acheter sa sortie, ou bien se retrouver projeté dans la machine militaire contre sa volonté. Des hommes en civil participeraient parfois à ces rafles, brouillant encore la frontière entre procédure administrative et enlèvement pur et simple.
Ce que décrit ce jeune Ukrainien n’est pas une prise de position politique ; c’est un témoignage humain, celui d’un pays sous pression extrême, où l’État cherche des hommes à envoyer au front, quitte à piétiner le droit, la santé et la dignité. Il dit aimer son pays, mais ne pas comprendre pourquoi on traite ses concitoyens comme des criminels pour continuer une guerre qui a déjà coûté tant de vies.
Ce type de récit, on ne le lit pratiquement jamais dans la presse française. Non parce qu’il serait faux, mais parce qu’il dérange une narration binaire et confortable. En Allemagne, il trouve pourtant sa place, noir sur blanc, dans un grand quotidien. Et c’est précisément là que réside le malaise : quand il faut traverser une frontière pour entendre ce qui se passe réellement chez notre allié, la question n’est plus celle de la propagande étrangère, mais bien celle de notre propre aveuglement.
Vincent Verschoore


- 14/1/2026 - Au conflit civil majeur qui se déroule actuellement en Iran se superpose une guerre de propagande, nourrie tout autant par ses ennemis géopolitiques que par le régime lui-même.
J'espère que personne ne croît un instant que les USA et Israël ont la moindre considération pour le bien-être et l'émancipation des Iraniens, leur but étant de défaire l'Iran en tant que puissance de l'axe des BRICS, fournisseur d'armes à la Russie, fournisseur de pétrole à la Chine, et éventuelle puissance nucléaire face à Israël.
La question n'est donc pas d'instaurer une quelconque démocratie à l'occidentale en Iran mais d'en prendre le contrôle, au mieux via une dictature militaire à l'égyptienne (et le fils de l'ancien Shah pourrait parfaitement tenir le rôle principal), ou de fractionner le pays à l'image de la Libye et de la Syrie, champ de bataille permanent entre différentes factions mais hors-jeu sur le plan géopolitique et aisément manipulable.
Pour les intérêts étrangers, les mollahs ne sont pas le problème, Américains et Israéliens s'entendent avec les wahhabites saoudiens comme avec n'importe quelle dictature allant à peu près dans leur sens. L'hypocrisie ne connaît pas de limites en la matière, comme on le constate de la part de gens qui applaudissent le massacre des Palestiniens à Gaza par la milice juive mais qui chouinent si l'on ne s'offusque pas suffisamment du massacre des révolutionnaires iraniens aux mains des milices islamiques.
Tout le monde ment dans ce genre de situation, les chiffres sont gonflés d'un côté et minorés de l'autre, le narratif d'une révolution populaire vendu par les uns étant contré par la dénonciation d'agents provocateurs et de déstabilisation extérieure par les autres. De fait, l'ex-patron de la CIA Mike Pompeo lui-même reconnaît la présence d'agents du Mossad au sein de la révolte. La propagande est alimentée par des fausses images, souvent générées par IA, et à moins d'avoir accès à un canal de confiance utilisé par des gens sur place, il devient risqué d'accorder un quelconque crédit à ce qui défile sur les écrans.
À moins d'être particulièrement bien renseigné, il est donc impossible de savoir dans quelle mesure la population non urbaine, traditionnaliste et pro-régime s'est effectivement révoltée, dans quelle mesure la milice populaire (bassidji, milice civile pro-régime d'au moins deux millions de membres) pourrait retourner sa veste, dans quelle mesure le puissant corps d'élite des Gardiens de la Révolution ne cherche pas à profiter de l'instant pour instaurer sa propre dictature islamo-militaire, et dans quelle mesure l'armée régulière va accepter de tirer dans le tas pour sauver les mollahs.
La seule certitude est que les ennemis de l'Iran ne feront que jeter de l'huile sur le feu, dénonçant à chaudes larmes le massacre de gens qu'ils détestent tout en profitant du détournement de l'attention médiatique pour eux-mêmes continuer à massacrer tranquillement les gens qu'ils détestent. Le petit personnel politico-médiatique, lui, en profite pour actionner ses grands principes moralistes tout en ne comprenant rien à ce qu'il se passe, comme d'habitude.

Bikinis et statistiques : la nouvelle terreur des dirigeants

H16
14/1/2026

Horreur, catastrophe et heures les plus sombres : de dangereux internautes seraient en train de ficher les musulmans de France !

Quelle abomination ! Il semble en effet qu’un site se charge de recenser toutes les mosquées de France.

Ce site, c’est Trouve Ma Mosquee et cette cartographie vient de déclencher une véritable crise d’hystérie dans les médias…


Ah, pardon, non, on m’explique que ce n’est pas de ce site dont il est question, mais de Où Va Ma France ! Il s’agit d’une plateforme en ligne qui agrège et visualise des données officielles sur les évolutions démographiques, sécuritaires, migratoires et culturelles en France, en se concentrant sur cinq thèmes principaux (insécurité, immigration, islamisation, défrancisation et « wokisme »), avec des indices synthétiques, des cartes interactives et un flux d’incidents en temps réel.

Le site, lié à un compte X actif qui partage des statistiques locales similaires, vise à informer sur l’état des lieux de la France à travers des tableaux de bord et des sources comme l’INSEE ou data.gouv.fr.

La polémique éclate au début de ce mois suite à un message posté sur X par son compte officiel, vantant une fonctionnalité permettant de localiser les centres pour migrants, les mosquées et les quartiers dits « émotifs » « sensibles » à proximité, présenté comme un outil pratique pour un déménagement.

Accusé par la députée écologiste Sabrina Sebaihi de « ficher » les musulmans en raison de leur origine, de recourir à des statistiques ethniques illégales et de mettre « des cibles dans le dos » des Français de confession musulmane, le site est perçu par ses détracteurs comme un outil discriminatoire et islamophobe, recyclant des thèmes chers à l’extrême droite tels que l’insécurité, l’immigration, l’islamisation, la « défrancisation » et le « wokisme », et, pire que tout, en s’appuyant sans vergogne sur des données publiques issues de sources officielles comme l’INSEE ou l’OFII. C’est un scandale !

Immédiatement, la presse prend le relais. Libération, BFM, Le Parisien et d’autres se fendent d’articles – à charge – pour tenter de faire monter l’outrage et camoufler l’absence de différence entre ce site et les données publiques disponibles sur la Cimade, la Finess ou le SIG officiel des villes de France.


Car voyez-vous, il y a la bonne information, celle qu’on peut trouver soi-même sur les sites officiels, sur les sites dédiés. C’est une information citoyenne et engagée qui permet de se faire une idée de l’endroit où l’on vit, les lieux de culte etc. Et il y a la mauvaise information, qu’on peut trouver soi-même sur les sites officiels ou dédiés qui est scandaleusement rassemblée par des citoyens engagés afin de transmettre une idée de l’endroit où l’on vit, des lieux de culte, etc.

Et ça, c’est scandaleux parce que c’est d’extrême droite et c’est forcément fasciste.


Parallèlement – et ce n’est pas sans lien – les plaintes contre X s’empilent.

Non, il ne s’agit pas d’une recrudescence de cette procédure pénale permettant à une victime de signaler une infraction dont l’auteur est inconnu, mais de l’accumulation de gémissements plus ou moins outrés contre la plateforme de Musk.

Depuis le rachat de Twitter par Musk pour en faire X, l’ensemble de l’intelligentsia occidentale s’est largement exprimée et agitée pour que cette plateforme écrabouille consciencieusement la liberté d’expression sous la bien-pensance, l’auto-censure et les thèmes gauchistes du moment. Au moment où il fut clair qu’il n’en serait rien, tout ce que la classe jacassante comptait d’influenceurs s’est mobilisé pour trouver des moyens de faire fermer X.

Bien évidemment, les autorités européennes ne furent pas en reste et les passes d’armes entre l’ex-Commissaire Breton et Elon Musk ont régalé de nombreux lecteurs, tant les fessées numériques infligées au premier par le second furent retentissantes (et méritées). Comme les échecs des détracteurs de X à faire fermer la plateforme s’accumulent, les prétextes deviennent de plus en plus rocambolesques.

Dernièrement, ce sont plusieurs officiels gouvernementaux qui ont jugé absolument scandaleuse la possibilité de produire, directement à partir de la plateforme en question et en utilisant l’intelligence artificielle Grok, des images de personnes en bikini. Sans surprise, ces critiques sont venues des suspects habituels ; au Royaume-Uni, ce fut notamment le premier ministre Kier Starmer qui a estimé que ces générations d’images était absolument scandaleuses et les menaces de sanctions ont rapidement fusé vers Musk que ce dernier a analysé comme un nouveau prétexte pour censurer la plateforme.

En France, ce fut notamment le cas de cette endive excitée de Jean-Noël Barrot. Nageant une fois encore dans cette confusion mentale épaisse qui semble présider à toutes ses prises de paroles publiques, il a choisi dans un tweet approximatif de rappeler qu’il avait porté une loi sur les « deepfakes à caractère sexuel » en incitant les victimes de ces photos en bikinis à porter plainte aussi vite que possible, que diantre.

Dans la foulée, le ministère de l’Économie – apparemment compétent pour épiloguer sur l’intelligence artificielle et les bikinis – s’est aussi fendu d’une communication étrange mentionnant des contenus illicites, jugeant sans doute – à raison – que voir Jean-Noël Barrot en bikini constituait une forme assez barbare de torture.


Au passage, on devra noter le timing particulièrement judicieux de ces demandes de censure puisqu’elles sont intervenues au moment même où tout internet fut coupé en Iran, l’actualité ayant probablement un sens élevé de l’ironie.

Et ici, peu importe que ces images de personnes en bikini concernent aussi bien les femmes que les hommes, ou que ces dernières ne contiennent pas, au terme de la loi, de caractère sexuel, ni que ces contenus puissent être produits aussi bien sur X via Grok que sur Gemini de Google ou ChatGPT d’OpenAI : il apparaît évident que les images de célébrités et de politiciens en bikini produites par X sont insupportables et justifient une épaisse censure de toute la plateforme, le plus rapidement possible, alors que les mêmes images produites par Gemini ou ChatGPT sont de simples contenus générés par l’intelligence artificielle et voilà tout. Quand une IA génère des bikinis, c’est de l’innovation mais quand c’est celle de Musk, c’est un motif de dépôt de plainte.


Et tant pour le site « Où Va Ma France » que pour ces histoires de bikinis, on retrouve les mêmes mécanismes de volonté de censure basés sur des sentiments offusqués propulsés par toujours les mêmes types de gauchistes qui veulent avant tout contrôler le discours et les informations disponibles pour le peuple. Dans un monde où l’information doit être à la fois publique et politiquement filtrée, rendre visible ce qui dérange devient un acte subversif.

Ces deux affaires révèlent une vérité simple : ce n’est pas la nature de l’information qui pose problème, mais qui la diffuse et comment. Des données publiques deviennent « dangereuses » quand elles sont trop facilement accessibles, des algorithmes d’IA deviennent « toxiques » quand ils ne sont pas entre les bonnes mains.

Le message est clair : l’information doit rester le privilège de ceux qui savent ce qui est bon pour vous.


https://h16free.com/2026/01/14/83179-bikinis-et-statistiques-la-nouvelle-terreur-des-dirigeants

13 janvier 2026

DU VAMPIRISME OCCIDENTAL

Gabriel Nerciat
13/1/2026


L'Occident aujourd'hui ?
Des nations déclinantes, souvent vieillissantes et/ou très violemment fracturées, qui croient vivre une deuxième jeunesse conquérante en envoyant ou en incitant une jeunesse étrangère qu'elles ne connaissent pas crever en masse sur le front ukrainien ou sur le pavé des villes iraniennes en révolte.
C'est sublime, au sens de Burke qui après Longin définissait ce domaine de l'âme comme celui que suscite la peur du tonnerre chez un homme à l'abri de la foudre, dans une demeure elle-même préservée de l'orage.
Le retraité occidental (quel que soit son âge) regarde le soir à la télévision, en sirotant sa verveine mentale, ses héros interlopes du jour : satrape mafieux de l'entité ukrainienne ou fausse insurgée iranienne qui brûle un portrait de Khamenei dans une vidéo filmée au Canada. Ce n'est pourtant pas très enthousiasmant ; il n'y a même pas la musique de Francis Lai qui rendait un peu moins ridicules les films grandiloquents ou maladroitement sentimentaux de Claude Lelouch.
D'aigle, l'Occident impérial est devenu vampire : il a perdu son énergie et sa prestance, mais essaie de rester dans la course grâce au sang frais dont il se nourrit depuis les nuits profondes de ses anciennes ou nouvelles périphéries orientales.
Si le régime tombe en Iran, il se persuadera que c'est sa victoire et pour la peine versera une larme d'émotion contenue, en ressortant ses éternelles photos sépias des jeunes femmes de la bourgeoisie perse en minijupe pendant les sanglantes années du Shah.
S'il se maintient, au contraire, il fera la moue, lancera quelques cinglantes injures anarchistes sur l'inaction ou la vilenie des puissants de ce monde, et puis passera à autre chose, comme sur Netflix on passe d'une série wokiste contre le patriarcat à une autre contre le racisme.
Hegel avait pressenti cela quand il parlait du dimanche de la vie qui égalise tout et éloigne toute idée négative.
Stoker a menti : le vampire est un humaniste. S'il a besoin de sucer autant de sang dans les veines des vivants, c'est parce qu'il veut alléger leur fardeau.
Et puis aussi, sans doute, parce qu'il jouit secrètement d'être libéré des passions violentes dont il contemple ravi les effets tragiques sur le cadavre de ses fétiches. Mais ça, il ne faut pas le dire : ce serait par trop irrespectueux.

12 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 12/1/2026 - Il y a quelque chose de profondément obscène dans la situation actuelle. La France, qui aime encore donner des leçons de morale géopolitique à la Russie ou aux États-Unis, en est désormais réduite à envisager l’importation de médecins cubains pour maintenir un minimum de soins dans ses territoires. C’est exactement le type de dispositif que l’on voyait autrefois dans des pays ravagés par la pauvreté, pas dans un État qui se vantait encore, en 2000-2001, d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde.
Pendant que les hôpitaux ferment, que des bassins entiers de population n’ont plus de médecins et que les urgences sont exsangues, la France continue pourtant à trouver des milliards pour financer des politiques qu’elle ne maîtrise même plus vraiment : contributions à la guerre en Ukraine, contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne, ouverture des marchés agricoles au Mercosur, concurrence déloyale pour ses propres producteurs. L’argent n’existe plus quand il s’agit de soigner les Français, mais il apparaît toujours quand il faut honorer des engagements extérieurs.
La France, un pays riche sur le papier, mais pauvre dans la réalité, qui bricole des solutions de pays sous-développé tout en prétendant encore jouer dans la cour des grandes puissances.

Régis de Castelnau
12/1/2026

Pour le choix de l’héritier de Macron en 2027, la justice dans les starting-blocks


Petit point rapide, en attendant un article plus copieux, sur la dimension judiciaire du coup d’État en préparation pour choisir l’héritier (pas le successeur, l’héritier) d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2027.

Par une décision illégale directement politique (je renvoie à mes articles de l’année dernière où je l’ai démontré) les magistrats avaient décidé de la jouer « no pasaran » pour Marine Le Pen, la fameuse néonazie qui mange les petits enfants. Et ont donc (fort démocratiquement, faut pas croire) décidé d’exclure la dirigeante du premier parti de France de l’élection principale de la Ve République. Je pense avoir démontré à cette occasion que la messe était dite, et que pour des raisons de procédure l’éligibilité de Marine Le Pen ne pourrait pas être restaurée, même si par miracle invraisemblable la cour d’appel décidait de la relaxer sans peine d’inéligibilité. Celle de première instance aurait continué à s’appliquer.

Rappelons que pour une affaire encore plus ancienne que celle du RN, les potes de Bayrou avaient été condamnés il y a deux ans. Bayrou était lui-même relaxé, ce qui avait provoqué l’éclat de rire de ceux qui connaissaient un tant soit peu le dossier ! Devant le scandale, Bayrou étant premier ministre en exercice à ce moment-là, le parquet avait dû quand même faire appel. Eh bien, figurez-vous que celui-ci n’est toujours pas audiencé. Et surprise, celui du RN vient de l’être neuf mois après le jugement de première instance. Comme pour les débuts de l’affaire Fillon, les magistrats savent être rapides quand il s’agit de rendre service à Macron.

Alors pourquoi cette accélération de la procédure ?

Pour une raison très simple. Tout le monde sait bien que, sous une forme ou sous une autre, l’inéligibilité de Marine Le Pen va être confirmée par la Cour. À la grande joie des imbéciles qui adorent faire de la politique par le juge interposé, car cela va lui donner une nouvelle légitimité à la disqualification et justifier une bonne fois pour toute sa mise hors course. C’est un des éléments essentiels du coup d’État prévu pour 2027. Parce que personne ne doit s’imaginer que le système va se soumettre aux aléas électoraux et aux humeurs du peuple français quand même ! Soyons sérieux. La présidentielle de 2027 sera truquée comme celle de 2017, même si ce ne sera pas de la même façon. Car il ne faut pas s’imaginer que ceux qui ont installé Macron au pouvoir vont se gêner.

Bardella alors ? Je répète, soyons sérieux.


Marine Le Pen liquidée, élection à laquelle Macron ne peut pas se représenter, reste quand même pour les grands intérêts un problème sérieux. Il faut pérenniser le système Macron et son caractère destructeur. Et le meilleur moyen, avant de choisir l’héritier, est d’abord d’écarter de la compétition les candidats qui pourraient être de rupture. Non pas qu’ils fassent vraiment peur, mais ce sont leurs électeurs qui inquiètent. Alors les militants du PNF se sont dit : « on ne sait jamais et deux précautions valent mieux qu’une ». Et au PNF, pour qui ose s’opposer à Macron, on s’inspire de Richelieu disant : « Donnez-moi six lignes écrites de la main de l’homme le plus honnête, j’y trouverai de quoi le faire pendre ». Donc en pratique si Bardella devient gênant pour le système, ni une, ni deux il sera liquidé. Concernant l’autre côté du spectre, c’est-à-dire Mélenchon, c’est déjà dans les tuyaux. En commençant par Sophia Chikirou au mois de mai prochain. Le patron de LFI, ce sera pour après. Les dossiers ouverts avec cette perquisition de 2018 continuent de mijoter à feu doux.

Ce qui est extraordinaire c’est que la justice ne fait même plus semblant, tout est devenu transparent.

La semaine dernière elle a condamné 10 clampins pour un soi-disant harcèlement à l’encontre de Brigitte Macron. Histoire de montrer qu’il est désormais interdit de critiquer Macron ou la fameuse « Première dame », parce que sinon c’est du harcèlement et que ça peut valoir un aller simple pour la taule. Et inéligibilité avec exécution provisoire, puisque ça, c’est devenu la routine.

Mais au fond c’est pratique. Pour savoir quel sera l’héritier de Macron en 2027, il suffit de regarder à qui la justice fout la paix la paix, puisque depuis Fillon c’est elle qui met en musique le choix du système. Attal ? Glucksmann ? En tout cas probablement pas Édouard Philippe. Car pour lui ça risque d’être compliqué. Il a l’air un peu brouillé avec Macron et comme il y a concernant la mairie du Havre, trois dossiers contre lui qui qui mijotent, il ne devrait pas aller loin.

Finalement, le trucage judiciaire des élections en Roumanie, c’était du travail de « petits joueurs ». En France nous avons de sacrés pros. Félicitations !

Dessin de Hic
Caddarik Von Orbàn
11/1/2026

UN TOTALITARISME EN TRAIN DE S’INSTALLER

Psychologue clinicienne et diplômée en sciences politiques, Marion Saint-Michel décrit un phénomène rarement nommé mais désormais visible : le totalitarisme ne serait plus une hypothèse théorique, mais un processus en cours en France et en Europe.
Selon cette analyse, le régime n’est pas encore totalement établi, mais il s’installe méthodiquement. Le moment que nous traversons est qualifié d’historique : il pourrait être le dernier où une résistance reste possible.
L’Union européenne occuperait une place centrale dans ce mécanisme. La dégradation progressive des États, notamment de la France, ne toucherait que les pays membres. Il ne s’agirait pas d’erreurs ou d’incompétence, mais d’un système structuré, où les crises sont utilisées, amplifiées, voire créées pour servir des objectifs précis.
La crise du Covid a agi comme un révélateur. Ce qui était en construction depuis près de quarante ans est apparu au grand jour : disparition du débat public, propagande, disqualification systématique des voix dissidentes, y compris des experts et des médecins. Une méthode classique d’ingénierie sociale.
Le pouvoir ne gouverne plus par la raison, mais par la peur. Une peur qui se transforme en terreur silencieuse, où certaines paroles deviennent interdites. Progressivement, la population intègre le mensonge, non par conviction, mais par fatigue et par contrainte.
Le mécanisme est pervers : lorsqu’on obéit à des injonctions injustes ou illégitimes, même sous pression, on entre dans une forme de compromission morale. C’est ainsi que les régimes totalitaires neutralisent les résistances sans avoir à les écraser frontalement.
Dans ce type de système, une minorité continue de parler. La majorité apprend à se taire.
Le totalitarisme ne s’impose pas brutalement. Il s’installe quand la peur remplace le débat, et que la soumission devient la norme.
Avec la mise en place de l'euro numérique ce sera le début de la fin !
L'UE c'est 27 pays, 27 cultures, 27 langues et des sensibilités politiques différentes !
Comment obtenir le consensus de ces 27 pays autrement qu'en imposant un système de soumission ?

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