Translate

20 février 2026

SÉGOLÈNE, UN CONTE ESPAGNOL

Gabriel Nerciat
20/2/2026

Elle s'appelait Dolorès, mais le monde entier la connaissait sous le nom de la Pasionaria.
Bien sûr, son fameux slogan "No Pasaran" aurait dû la vouer durablement au ridicule, puisque les franquistes sans demi-mesure sont passés, mais on ne lui en a pas tenu rigueur. Au contraire.
Depuis, tous les Antifas disent "No Pasaran" quand ils voient Trump ou Orban, par exemple. Et à chaque fois, Trump ou Orban sont élus (sauf quand il y a fraude). C'est presque automatique.
À la fin de la guerre civile, alors qu'elle s'apprêtait à gagner l'URSS pour faire publiquement allégeance à Staline, une fée progressiste lui apparut en rêve et lui dit : "Pour te féliciter de ton courage, je t'accorde un voeu. Que me demandes-tu ?".
Dolorès réfléchit à peine, et répondit : "Je veux mourir après Franco, quelle que soit sa longévité, et revenir à Madrid en vainqueur pour pouvoir cracher à satiété sur sa dépouille."
– Ton vœu sera exaucé, répondit la fée, mais pour la peine je dois accorder aussi un vœu à Franco, car après tout il est vainqueur et a droit à une compensation.
Le lendemain soir, la fée apparut en songe au Caudillo qui s'était endormi plus tôt que d'habitude, car il essayait en vain de lire la traduction espagnole de Mein Kampf.
– Dolorès Ibarruri a obtenu de te survivre. Même si cela ne me plaît pas, je dois t'accorder un vœu à toi aussi par compensation.
Le général Franco se tut pendant un moment, puis lança avec une petite moue cruelle et amusée que ses ennemis ne connaissaient que trop bien :
– Peu importe qu'elle meure après moi. Je veux qu'après sa mort à elle, elle se réincarne en une gourde social-démocrate poitevine affublée du plus ridicule des prénoms qu'une chrétienne puisse porter : Rossinante, ou mieux Ségolène. À chaque fois qu'elle dira No Pasaran, tous ceux qui l'entendront éclateront de rire. Et cela, jusqu'à ce que plus personne ne se soucie de l'écouter parler.
Contrariée, la fée réalisa les deux vœux, puis rentra au pays des elfes où elle déplora que les hommes soient encore suffisamment superstitieux, hétéronomes et aliénés pour accepter de formuler des vœux devant les fées.