Translate

Affichage des articles dont le libellé est Ferret Yannick. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ferret Yannick. Afficher tous les articles

26 août 2026

Yannick Ferret
21/8/2026


Le 1er septembre, la facturation électronique devient obligatoire. Près de 10 millions d'acteurs économiques sont concernés, dont plus de 7 millions d'entreprises.

Toutes les entreprises devront être capables de recevoir leurs factures électroniques par l’intermédiaire d’une plateforme agréée.

Artisans, commerçants, indépendants, TPE : tout le monde est concerné.

Et ce n’est que la première étape.

À partir de septembre 2027, les TPE et PME devront également émettre leurs factures par ce système.

Le problème n’est pas la facturation électronique en elle-même. Le problème, c’est la manière dont la France a choisi de l’imposer.

L’État avait initialement promis un portail public gratuit permettant aux entreprises d’émettre et de recevoir leurs factures. Il y a renoncé en 2024.

Les entreprises doivent désormais se tourner vers plus d’une centaine de plateformes privées agréées, avec leurs propres offres et leurs propres conditions commerciales.

À quelques jours de l’échéance, une partie des petites entreprises n’a toujours pas choisi sa plateforme ou ne maîtrise pas précisément ses nouvelles obligations.

Mais il y a un sujet bien plus sensible : celui des données.

Le nouveau système prévoit la transmission à l’administration de nombreuses informations contenues dans les factures et les transactions : identité du fournisseur et du client, montants, TVA, nature des opérations et, dans certains cas, données de paiement.

Nous allons donc faire circuler et concentrer une quantité considérable d’informations économiques sensibles sur nos entreprises.

Et cela au moment même où les systèmes publics viennent de subir plusieurs compromissions majeures.

⇨ 1,2 million de comptes bancaires concernés par un accès illégitime au fichier FICOBA.

⇨ Jusqu’à 11,7 millions de comptes concernés par la fuite de données de France Titres-ANTS.

⇨  678 000 particuliers et professionnels concernés cet été par une extraction frauduleuse de données de la DGFiP.

Ce sont des faits...

Bien sûr qu’il faut moderniser la facturation.

Bien sûr que le numérique peut simplifier la vie des entreprises, accélérer les échanges et contribuer à lutter contre la fraude.

Mais rien n’oblige la France à imposer cette généralisation dès 2026.

Plusieurs pays européens n’ont toujours pas d’obligation générale de facturation électronique entre entreprises. D’autres ont choisi des calendriers plus tardifs : 2027, 2028, voire au-delà.

Quant au dispositif européen harmonisé de déclaration numérique des transactions B2B transfrontalières, il ne doit entrer en vigueur... qu'en 2030.

La France n’est donc pas « en retard ».
Elle a choisi d’aller plus vite.
Une surtransposition de plus !

La vraie question est simple :

Pourquoi faudrait-il être toujours plus rapide pour imposer une nouvelle contrainte ?

En l'état actuel des choses, David Lisnard demande de suspendre l’obligation généralisée de la facture électronique.

Suspendre ne veut pas dire renoncer.

Cela veut dire prendre le temps de sécuriser le dispositif, garantir une solution réellement accessible à toutes les entreprises et protéger leurs données.

Les entrepreneurs ont besoin de stabilité, de simplicité et de confiance.

Pas d’une nouvelle usine à gaz administrative.

Vous êtes chef d'entreprise, artisan, commerçant, président d'association ?

Qu’en pensez-vous ?