Nicolas Maxime
14/8/2026
POLONY, SÉRIEUSEMENT ?
Face aux trois blocs qui se dessinent entre le bloc social-écologiste représenté par LFI, le bloc central libéral autour du duo Attal-Philippe et le bloc national-identitaire incarné par le RN, nombreux sont ceux qui recherchent une alternative par les urnes.
Et certains nous sortent la solution magique de Natacha Polony.
Pour ses partisans et quelques commentateurs, elle incarnerait le retour de la République. En réalité, c'est surtout la promesse d'un souverainisme mou, bien emballé dans un packaging pour séduire à la fois les déçus de la gauche étatiste et les nostalgiques d'une droite gaulliste. Cela plaira beaucoup aux turbo-souverainistes, ceux de la classe moyenne supérieure, cette bourgeoisie de province et ces cadres fonctionnaires dans des administrations qui apprécient Arnaud Montebourg et lisent L'Audace avec nostalgie. Une synthèse tiède qui prétend rassembler mais finit par se perdre dans un gloubi-boulga incompréhensible.
Car dès que l'on s'intéresse à la « France corps et âme », le vide s'installe.
Quelles mesures sociales ? Des incantations sur l'État stratège et la relocalisation, mais quel arbitrage concret face aux exigences du marché ? Qu'en est-il de l'Union européenne ? Frexit ? Sortie des traités européens ?
Sur le plan sociétal ? Cela ressemble à un équilibrisme permanent pour ne fâcher personne, oscillant entre conservatisme moral et républicanisme de façade.
En résultera un programme nulle part et partout à la fois, qui confond tribune médiatique et projet de gouvernement. Et cette prétendue « quatrième voie » républicaine et souverainiste ne fera, au bout du compte, pas plus de 1 %, aussi sympathique, et souvent pertinente, soit sa candidate. Polony, sérieusement ?
