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8 janvier 2026

Jean-Pierre Luminet
8/1/2026

Attention : Billet long et polémique.

J’essaie de comprendre pourquoi les revues et sites web « d’information scientifique » français comme Sciences et Vie, Sciences & Avenir ou encore Futura Sciences, avec qui j’ai encore plaisir à collaborer de temps en temps dès lors qu’il s’agit de parler d’astrophysique et de physique fondamentale, s’obstinent plus que jamais à promouvoir une doctrine sanitaire aberrante, à l’heure où dans tous les autres pays de la planète (qui en temps de Covid 19, s’étaient pourtant pour la plupart alignés sur la doxa de l’époque, à savoir vaccins quasi obligatoires y compris pour les enfants, passe sanitaire pour forcer les récalcitrants à se plier aux ordres, masques ridicules et autres instruments de contrôle des populations), à l’heure donc où tous ces pays – sauf le nôtre, ô Macronistan, honte de la planète ! – commencent à reconnaître leurs erreurs, centaines d’études scientifiques à l’appui dont je vous fais grâce des dizaines de références que l’on peut trouver par exemple dans les très sérieux billets de Patrick Stocco.

Voilà-t-il pas par exemple qu’une prétendue « étude » française récente, immédiatement propagée et ressassée par les médias en question, entend prouver l’efficacité des vaccins à ARN messager, l’absence de tout effet secondaire, les vies que ces vaccins auraient permis de sauver en temps de Covid s’ils avaient été obligatoires, etc. Bref, le son de cloche exactement inverse de ce qui s’écrit et se publie désormais partout ailleurs dans le monde.

J’ai donc commencé par m’interroger légitimement sur l’indépendance éditoriale de ces magazines. Plus largement, j’ai voulu savoir si des financements occultes et autres influences de l’industrie pharmaceutique pouvaient orienter leur ligne rédactionnelle. J’ai mené mon enquête et abouti aux conclusions suivantes.

1. Ces magazines sont-ils financés par l’industrie pharmaceutique ?
La réponse est NON !
Les « complotistes » sont-ils déçus ? Attendez un peu… Certes, il n’y a aucun financement DIRECT (l’adjectif est important, comme on va voir) de la part des laboratoires pharmaceutiques. Le modèle économique de ces revues repose en effet sur la publicité, les abonnements, et certains partenariats institutionnels (CNRS, Inserm, universités). Certes, il arrive que des publicités pour de douteux produits de santé apparaissent dans ces magazines – tout comme dans la majorité des magazines grand public –, mais aucune enquête crédible n’a montré de financement dissimulé par les grands labos pharmaceutiques comme Pfizer, Moderna, Sanofi, etc. Donc, il n’y a pas d’ingérence éditoriale pharmaceutique directe dans ces magazines, pas de financement occulte (ce que m’avait écrit à l’époque un journaliste pro-doctrine sanitaire, outré qu’on puisse même se poser la question).

2. Mais alors, quelle est l’explication de leur orientation systématiquement calée sur le discours officiel, politiquement conforme ? Eh bien la voici : elle résulte d’un « alignement éditorial par effet de structure ». Quézaco ? Ces magazines appartiennent à de grands groupes (Reworld Media, Crédit Agricole, etc.). Pour des raisons de pure rentabilité financière, leurs rédactions ont fortement diminué ces dix dernières années ; il s’ensuit que les articles de vulgarisation concernant la médecine reposent, non plus sur des enquêtes de journalistes spécialisés, mais sur les communiqués d’agences sanitaires : la HAS (Haute Autorité de Santé), l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), l’EMA (Agence Européenne du Médicament) la FDA (Food and Drug Administration aux USA), ainsi que les communiqués de presse émanant d’universités et d’entreprises pharmaceutiques. Le phénomène est classique : faible effectif = dépendance plus forte aux sources institutionnelles, ce qui conduit inévitablement à un discours uniformisé… allant dans le sens de la doctrine, car, on le sait, les organismes institutionnels cités sont, eux, bel et bien prébendés en bonne partie par la grande industrie pharmaceutique (laquelle, on le sait de façon sûre, a copieusement « arrosé » nombre d’instances sanitaires gouvernementales françaises et européennes, sans parler d’individus haut placés comme les Van der La Hyène, Véreux et autres corrompus de première).

3. Est-il vrai maintenant que dans la plupart des autres pays, les études ont montré l’inverse de ce qui se dit en France ? Il s’agit d’un sujet sensible, car il ne se réduit à la seule approche scientifique. Il y a aujourd’hui un « consensus » international au sens où les grandes agences sanitaires (EMA Europe, FDA USA, MHRA Royaume-Uni, PMDA Japon, TGA Australie, Santé Canada, SwissMedic, etc.) concluent la même chose : les vaccins à ARN messager ne sont pas exempts d’effets secondaires, notamment les myocardites chez jeunes, des péricardites, des syndromes grippaux intenses, infertilité, et autres effets secondaires très indésirables. Mais elles jugent prudemment que les bénéfices surpassent les risques pour les populations ciblées, et que le profil de sécurité global reste favorable. Hormis les États-Unis sous la nouvelle administration Trump, aucun autre pays n’a donc, que je sache, officiellement conclu dans ses évaluations sanitaires que les vaccins ARN sont dangereux ou ont une innocuité négative globale. Tel est donc le « consensus scientifique » actuel, consensus voulant essentiellement dire ici : « éviter tout embarras » !
Certains pays ont cependant réduit l'indication : le Danemark, la Norvège et la Suède ont par exemple limité l’utilisation de ces vaccins chez les jeunes afin de diminuer les risques de myocardite, le Japon a mis en avant la nécessité d’une transparence sur les effets secondaires indésirables.
La controverse apparaît avec de nombreuses études indiquant des signaux d'effets secondaires largement sous-estimés – pour ne pas dire cachés –, une baisse d’efficacité des vaccins et pseudo-vaccins plus rapide qu’annoncé par les lobbies, des incertitudes sur la pertinence des rappels vaccinaux multiples, etc. Ces études existent réellement, même si elles ne sont pas forcément majoritaires dans le flot des études « conformes à la doxa » (puisque financées par les laboratoires).

4. Alors, pourquoi les magazines « d’information scientifique » cités adoptent-ils un ton tellement pro-vaccination ? Les explications les plus plausibles sont les suivantes. En France, la vulgarisation scientifique se conforme largement au consensus du CNRS, de l’Inserm, des agences sanitaires, des sociétés savantes. LA FRANCE N’A PAS DU TOUT LA TRADITION ANGLO-SAXONNE DE LA « CONTROVERSE OUVERTE ». En outre, les magazines ont perdu la plupart de leurs journalistes scientifiques les plus qualifiés, et leurs cellules d’enquête objectives (que l’on ne me parle surtout pas des « fact-checkers », véritables trolls stipendiés par le pouvoir). Or, moins de moyens = moins de capacité à analyser de manière critique les études pharmaceutiques.
Vient ensuite la pression du « risque de désinformation ». Depuis 2020, les médias français ont la terreur d’être accusés de relayer de fausses informations, de s’opposer au « consensus scientifique » et donc de faire le jeu de groupes qualifiés de « complotistes » – un immense fourre-tout comprenant aussi les platistes, les négateurs des missions d’alunissage et autres dingos, ce qui permet aux doctrinaires de décrédibiliser jusqu’à des sommités du domaine médical comme les Montagnier, Raoult et autres Perronne. Il en résulte un alignement larvaire sur les communiqués officiels, et un discours uniformisé, parfaitement conforme à ce qui arrange les instances de contrôle politique (et non pas contrôle sanitaire).
En outre, question pratique, ces magazines estiment qu’il n’y aurait aucun avantage à publier des positions divergentes. Un magazine scientifique français n’a en effet rien à gagner, ni économiquement, ni institutionnellement, ni juridiquement, à questionner publiquement l’innocuité des vaccins.

5. En conclusion, je dirais donc que, si ces magazines « alignés » de façon aussi désolante ne sont pas directement financés par les lobbies pharmaceutiques, leur traitement reste calqué sur les versions institutionnelles pour des raisons économiques et structurelles. C’est consternant mais c’est ainsi. Et c’est une fois de plus une « exception française » qui, comme en beaucoup d’autres domaines, penche dans la mauvaise direction.
Puisse 2026 inaugurer dans notre pays le début du grand nettoyage, et pas seulement dans le domaine sanitaire. Tels sont les meilleurs vœux que je puisse formuler.