Gabriel Nerciat
6/6/2026
BERNADETTE, UN PORTRAIT NÉCROLOGIQUE
Cette mesquine et horrible bonne femme, qui condensait en elle toute la médiocrité atavique et le ressentiment des philistins propre à son milieu social, a joui généreusement de l'endurance et de la longévité remarquables que la méchanceté endurcie et le désir de nuire prodiguent parfois à certaines personnes de son sexe.
Elle qui aurait tant voulu avoir Sarkozy comme gendre et, avec l'aide de son cher Balladur, retarda d'une bonne décennie l'accession de son mari à la plus haute fonction de l'État (en évinçant, à la faveur de la défaite du RPR lors des élections européennes de 1979, les plus avisés de ses conseillers), elle avait attendu trop longtemps l'heure de sa vengeance pour ne pas y déployer le moment venu tout le fiel et la cruauté dont elle était capable.
Un aîné de mes amis, qui l'avait vue souvent lorsque Chirac était Premier ministre et maire de Paris, m'a dit qu'elle avait un regard tellement mauvais et venimeux qu'il se signait, machinalement, lorsqu'elle ou lui sortait de la pièce, afin de conjurer l'envoi d'un possible mauvais sort. Il rêvait de la présenter à Claude Chabrol pour qu'il puisse en quelque sorte la peindre sur le motif (ce qu'il ne parvint jamais à faire, car il fut liquidé en temps voulu comme les autres).
Maintenant que Bernadette va se présenter au Purgatoire des femmes trompées, il doit jubiler. Mais je crois surtout qu'une certaine Marie-France G., qui connaissait bien son mari, a vraiment hâte de la retrouver et de l'accueillir fraîchement.
Pas sûr, donc, qu'elle repose en paix.
