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1 juin 2026

Gastel Etzwane
31/5/2026

Le harcèlement téléphonique au service des parasites énergétiques

Vous êtes tranquillement en train de dîner ou de coucher les enfants quand le téléphone sonne pour la quatrième fois de la semaine : « Bonjour, je suis de [nom d’un fournisseur « alternatif »], on peut vous faire économiser jusqu’à 15 % sur votre facture EDF ! » Refusez poliment, ils rappelleront. Bloquez le numéro, un autre surgira. Ce démarchage agressif, souvent intrusif et parfois mensonger, est devenu le quotidien de millions de Français.
Derrière ces appels insupportables se cache une réalité beaucoup plus cynique. La plupart de ces « fournisseurs alternatifs » ne produisent absolument rien. Ils n’ont ni centrale nucléaire, ni barrage, ni éolienne significative. Ils achètent simplement l’électricité produite par EDF (via le mécanisme de l’ARENH à prix encadré) et la revendent avec une marge confortable en se présentant comme des sauveurs du pouvoir d’achat.
De véritables parasites du système.
Ils profitent pleinement du modèle français si caractéristique : privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes. Quand les prix de marché sont élevés, ils captent des clients avec des offres alléchantes. Quand la crise arrive (comme en 2021-2023), beaucoup font faillite ou renvoient leurs clients chez EDF, qui doit absorber les coûts, maintenir le parc nucléaire et financer les investissements massifs. Le contribuable paie deux fois : pour soutenir EDF et pour enrichir ces intermédiaires inutiles.
La Cour des comptes vient de rappeler cruellement à quel point ce système est absurde. Dans un récent rapport, elle juge que la nationalisation à 100 % d’EDF en 2022, qui a coûté environ 9,7 milliards d’euros à l’État, était une opération « coûteuse », aux avantages « difficilement identifiables » et dont la nécessité « n’est pas démontrée ». L’État contrôlait déjà largement l’entreprise (83,7 %). Cette prise de contrôle totale n’a rien réglé du déséquilibre structurel : les parasites continuent de prospérer.
Illustration parfaite de la mauvaise version française du capitalisme : on affaiblit le champion national, on crée une rente pour des intermédiaires inutiles, et on facture l’addition au contribuable. Pendant ce temps, le téléphone continue de sonner.