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11 mars 2026

H16

De la Start-Up à la Fed-Up Nation : la France perd encore une licorne aux USA

- 11/3/2025 - Youpi, la France est de retour : une nouvelle licorne arrive ! Pasqal, une société spécialisée dans l’informatique quantique, se lance dans un nouveau défi audacieux, celui de l’introduction en bourse. Et pour ce pari, elle choisit… le Nasdaq américain.


Oui, vous avez bien lu : suite aux travaux d’Alain Aspect, prix Nobel de physique en 2022, l’Hexagone aura permis l’émergence d’une belle entreprise qui aura choisi la finance et la bourse américaines pour les prochaines étapes de son développement.

Les faits sont simples et méritent qu’on s’y arrête un instant.

Pasqal, née à Palaiseau dans le giron de l’excellence académique française, vient de lever 340 millions d’euros et prépare une entrée au Nasdaq, pour une valorisation de deux milliards de dollars. Une cotation parisienne sur Euronext est vaguement envisagée, « plus tard, peut-être en 2027 ».


Bref, Paris passera après et pour une raison qui ne surprendra que les plus naïfs ou les plus bornés : « l’accès aux capitaux internationaux » ce qui veut dire concrètement que les investisseurs américains ont des carnets de chèques plus épais et une appétence pour la tech que la place de Paris ne parvient décidément pas à susciter.

Loin d’être une exception qui confirmerait une règle tacite selon laquelle la Start-Up Nation permet l’émergence de nombreuses licornes sur son sol, Pasqal n’est en réalité que le dernier avatar d’une longue liste de fuites de pépites, discrètes mais répétées loin du sol national.

Le phénomène ne date pas d’hier. Dès 2013, Criteo ouvrait le bal en s’introduisant directement au Nasdaq, récoltant au passage 33 % de hausse le premier jour pour une valorisation de deux milliards de dollars. En 2016, c’est Talend qui lui emboîtait le pas, avec 40 % de hausse à l’ouverture et 94 millions de dollars levés sur la même place new-yorkaise. Le message était limpide : pour réussir en bourse, il faut aller là où se trouvent les investisseurs qui comprennent la tech… C’est-à-dire manifestement pas à Paris.


La suite a confirmé la tendance avec une régularité de métronome.

Dataiku a carrément délocalisé son siège social à New York en 2019, invoquant sans rire la nécessité de « conquérir le monde » ce qui semblait apparemment impossible depuis le XIe arrondissement. Valorisée aujourd’hui à 4,6 milliards de dollars, elle prépare sa fusion avec sa filiale du Delaware, achevant ainsi une américanisation méthodique.

Algolia, surnommée le « Google français », n’a même pas attendu de devenir licorne pour filer : dès 2015, après un premier financement de 18,3 millions de dollars, le siège social migrait à San Francisco, permettant à la start-up d’accrocher les grands comptes américains que le carnet d’adresses parisien ne pouvait apparemment pas lui fournir.

Quant à Aircall, licorne de la téléphonie cloud, elle a suivi le même chemin en installant son quartier général outre-Atlantique dès 2016.

Et tant qu’à parler d’exception, comment ne pas évoquer le cas de Deezer, qui a justement choisi une introduction à Euronext en juillet 2022 pour aboutir à une contreperformance phénoménale de -22 % le premier jour, dont le titre ne s’est jamais remis. Voilà qui a dû convaincre les derniers hésitants : choisir Paris, c’est risquer le naufrage.

En réalité, c’est une véritable hémorragie de licornes qui atteint la France, dans une relative décontraction des médias qui continuent de louanger la French Tech et autres balivernes du même tonneau, et des politiciens qui n’y voient qu’une vague occasion de faire perdurer un capitalisme de connivence qui n’a jamais profité qu’à un petit cercle restreint d’initiés.

Les raisons de cette hémorragie sont évidentes et d’ailleurs évoquées par chacune de ces entreprises, soit à mots couverts, soit clairement en fonction du contexte économique.


La fiscalité tout d’abord. Proprement punitive avec un taux d’impôt sur les sociétés à 25 %, quand l’Irlande pratique 12,5 % et les États-Unis 21 %, la France part avec un handicap structurel. Mais c’est sur la fiscalité des fondateurs et des salariés que le bât blesse le plus cruellement : la taxation des plus-values à 30 % assortie de contributions exceptionnelles, un régime de stock-options d’une complexité byzantine et des BSPCE au cadre juridique aussi flou qu’instable transforment chaque succès entrepreneurial en cauchemar fiscal.

L’accès aux capitaux ensuite. Cela reste le talon d’Achille de l’écosystème français : les valorisations américaines dépassent de 30 à 50 % celles obtenues en Europe à profil équivalent. La liquidité du Nasdaq et du NYSE écrase celle d’Euronext, et les investisseurs institutionnels américains disposent d’une appétence pour la tech que leurs homologues européens, souvent plus frileux et plus conservateurs, peinent à reproduire. Quand Pasqal invoque « l’accès aux capitaux internationaux », c’est une façon polie de dire que l’argent intelligent se trouve ailleurs.

La complexité administrative française, enfin. Elle agit comme un repoussoir permanent : dans un écosystème où l’agilité est une condition de survie, la rigidité réglementaire hexagonale, légendaire, épique même (du droit du travail aux normes sectorielles en passant par les obligations déclaratives) constitue un frein que les entrepreneurs les plus déterminés finissent par contourner de la manière la plus radicale qui soit : en partant. Et comme chaque succès outre-Atlantique en inspire d’autres, un cercle vicieux s’installe où les « success stories » américaines attirent mécaniquement les suivantes, appauvrissant un peu plus l’écosystème national à chaque départ.

Compte tenu de ces éléments, on comprend une réalité douloureuse mais indépassable : le cas Pasqal n’est que l’arbre qui cache la forêt. Derrière cette licorne quantique qui trottine vers le Nasdaq se dessine la tendance lourde d’une Europe qui forme des champions pour les voir partir aux États-Unis, faute de terreau fertile sur le Vieux Continent. La France, véritable fer de lance de la bureaucratie métastasée et de la surréglementation hystérique, semble incapable d’inverser la tendance dans laquelle chaque Dataiku, chaque Algolia qui part affaiblit un peu plus l’écosystème et renforce l’hégémonie américaine sur les technologies d’avenir.

Emmanuel Macron, en fait de « Start-up Nation », a réussi à créer une « Fed Up Nation » dont les pépites, écrasées par les impôts, les normes et les boulets administratifs, finissent par devenir licornes outre-Atlantique.

C’est un bel échec.


https://h16free.com/2026/03/11/83688-de-la-start-up-a-la-fed-up-nation-la-france-perd-encore-une-licorne-aux-usa

10 mars 2026

Vincent Verschoore
10/3/2026

Les abus de pouvoir de VDL


Alors que le conflit iranien entre dans sa deuxième semaine, Ursula von der Leyen fait face à des critiques croissantes de la part des diplomates nationaux qui l'accusent de dépasser son mandat institutionnel. La présidente de la Commission européenne a été la première dirigeante européenne à réagir à l'agression israélo-américaine sur l'Iran, qualifiant les développements de « grandement préoccupants ».
Le point culminant des tensions a été son appel à une « transition crédible » en Iran, largement interprété comme un soutien au changement de régime. Cette position, qui s'aligne sur celle des États-Unis et d'Israël, n'a pas été approuvée par les 27 États membres. Lors d'un rare éclair de lucidité, Jean-Noël Barrot a ouvertement accusé von der Leyen de dépasser le mandat officiel de la Commission en usurpant le rôle diplomatique du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), dirigé par Kaja Kallas. « La Commission doit respecter la plus stricte observance de la subsidiarité », a déclaré Barrot devant les ambassadeurs de l'UE. On sait par ailleurs que les relations entre les deux blondes va-t-en-guerre sont plutôt tendues.
Critiquée pour son « power grab » en politique étrangère, von der Leyen a créé l'an dernier un « Security College » spécial réunissant les 27 commissaires, y compris ceux aux portefeuilles non traditionnellement liés à la sécurité comme l'équité intergénérationnelle. Ce mécanisme, présenté comme un outil de « préparation » aux menaces émergentes, reste flou pour de nombreux officiels bruxellois. Certains analystes y voient un véhicule pour étendre l'autorité institutionnelle.
Ce n'est pas la première fois que von der Leyen s'engage dans des domaines réservés par les traités à d'autres acteurs. Depuis son arrivée en 2019, elle a transformé chaque crise majeure – pandémie de COVID-19, invasion russe de l'Ukraine, conflit Israël-Gaza, guerre commerciale avec les États-Unis — en opportunité pour consolider l'autorité de la Commission et se positionner comme la figure la plus visible du bloc. L'été dernier, elle s'est assise aux côtés des chefs d'État lors d'une réunion sur l'Ukraine organisée par Donald Trump, un placement inhabituel pour un chef de l'exécutif européen.
Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris, dénonce une « mutation des traités » sans discussion : « Quand von der Leyen appelle les dirigeants du Golfe pour discuter du changement de régime en Iran, elle opère bien en dehors de son domaine de compétence et contre les traités. » Le député belge Marc Botenga (La Gauche) dénonce une tentative de concentration du pouvoir sans mandat clair.
Le scandale réside dans le fait que von der Leyen agit comme ministre des Affaires étrangères de l'Europe alors que l'Europe n'a pas encore décidé si elle en voulait un. Chaque crise expose le même écart : les capitales protègent leur souveraineté, Bruxelles tente de projeter une autorité, et le monde extérieur devine qui parle réellement au nom de l'Europe. La présidence de la Commission n'a jamais été conçue pour être le chef de la diplomatie de l'Union, et von der Leyen cherche à utiliser cet espace pour imposer l'EuroSoviet, une dictature technocratique corrompue servie par une Nomenklatura de hauts fonctionnaires et de politiciens.
Ce coup d'Etat permanent est inacceptable et la Commission européenne devrait être purement et simplement démantelée. Le Conseil des ministres, le Conseil européen (chefs d'État) et le Parlement suffisent amplement pour gérer une UE quelque peu démocratique, nul besoin d'un nid à lobbies baigné de corruption mené par une Führerin que personne ne contrôle. Le peu de cas fait par les politiques et les médias de ces abus illustre l'emprise du régime, sa capacité à promouvoir ou à faire taire, et l'urgence d'une réaction générale des populations concernées.
Gastel Etzwane
10/3/2026

Golfe Persique : une chute de 6,7 millions de barils par jour ébranle le marché pétrolier mondial


Quatre grands producteurs du Golfe, l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït, ont réduit leur production pétrolière combinée d’environ 6,7 millions de barils par jour, selon plusieurs informations relayées notamment par Bloomberg et reprises par divers médias internationaux. Cette réduction représente près d’un tiers de leur production habituelle et environ 6 % de l’offre mondiale de pétrole, alors que la production mondiale se situe ordinairement autour de 100 à 105 millions de barils par jour. Une contraction d’une telle ampleur est extrêmement rare et souligne la gravité des perturbations actuelles sur le marché énergétique.
Ces coupes ne résultent pas seulement des frappes militaires dans la région. La cause principale est la paralysie logistique liée au détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement près d’un cinquième du pétrole mondial. Les menaces et attaques dans cette zone stratégique ont entraîné l’évitement massif de la route maritime par les pétroliers, tandis que les capacités de stockage se remplissent rapidement dans les pays producteurs. Faute de pouvoir exporter leurs volumes habituels, les producteurs sont contraints de ralentir l’extraction pour éviter l’arrêt brutal des installations.
Dans ce contexte, les autorités iraniennes affirment se préparer à un conflit prolongé, estimant que les perturbations énergétiques finiront par exercer une pression économique majeure sur leurs adversaires. Les marchés pétroliers ont déjà réagi par de fortes fluctuations, avec des prix ayant brièvement dépassé les 100 dollars le baril. Si la situation devait se prolonger, plusieurs analystes redoutent désormais un choc énergétique susceptible d’affecter durablement l’inflation, les chaînes d’approvisionnement et la croissance mondiale.
Gastel Etzwane
10/3/2026

« La conspiration du fédéralisme européen »


À la fin des années 1940, Michel Debré adresse au général Charles de Gaulle une mise en garde restée célèbre : celle de la « conspiration du fédéralisme européen ». Il vise alors le projet porté par Jean Monnet, largement soutenu par les États-Unis, qui consiste à construire une Europe supranationale dans laquelle les nations historiques seraient progressivement dépouillées de leur souveraineté.
Pour Debré, il ne s’agit pas d’une simple coopération entre États, mais d’une mécanique politique destinée à faire disparaître les nations au profit d’un pouvoir technocratique situé au-dessus d’elles. C’est précisément pour conjurer ce danger que de Gaulle défendra plus tard l’idée d’une Europe des nations, fondée sur l’indépendance des États et la souveraineté des peuples.
Plus de soixante-dix ans plus tard, cette orientation demeure au cœur du projet européen. Les dirigeants actuels comme Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen s’inscrivent explicitement dans l’héritage politique de Monnet : celui d’une intégration toujours plus poussée, où les décisions essentielles sont progressivement transférées à des structures supranationales.
Le symbole en est particulièrement frappant : une réédition récente des textes de Jean Monnet a été préfacée conjointement par Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen, revendiquant ainsi clairement cette filiation intellectuelle et politique.
Le récent discours d’Emmanuel Macron sur le nucléaire et la sécurité européenne en constitue une illustration supplémentaire, particulièrement ambiguë : sous couvert de protection et de sécurité, il esquisse la perspective d’une européanisation accrue des questions stratégiques, dans un contexte où l’opposition politique apparaît étonnamment faible. Même le Rassemblement National, autrefois présenté comme une force de rupture, semble désormais incapable d’incarner une véritable alternative sur ces questions fondamentales.
Dans ce contexte, la mise en avant permanente de la menace de guerre et d’un climat d’insécurité stratégique devient un levier politique puissant : la peur et l’urgence servent à justifier de nouveaux transferts de souveraineté vers des structures fédérales européennes.
Relire aujourd’hui l’avertissement de Michel Debré est frappant : ce qu’il décrivait comme un risque pour l’indépendance de la France apparaît désormais, pour beaucoup, comme la trajectoire même suivie par le projet européen contemporain.

9 mars 2026

Gabriel Nerciat

ÉTRANGE ATTELAGE, ALLIANCE LOGIQUE


- 9/3/2026 - Il est assez frappant de voir qu'en Occident les deux milieux spécifiques qui se montrent aujourd'hui les plus ouvertement favorables à la guerre d'agression qu'ont initiée Israël et les Etats-Unis d'Amérique contre l'Iran sont d'une part les chrétiens protestants évangélistes qui pensent que l'avènement du Grand Israël précèdera le retour en gloire du Christ à Jérusalem, et d'autre part des francs-maçons souvent irréguliers, laïcards, rationalistes, féministes et/ou radicalement athées qui espèrent que la chute du régime islamique en Iran permettra la sécularisation et la libéralisation de la société iranienne.
Contradiction, paradoxe ? Je ne crois pas.
D'abord parce que ces deux milieux à mon avis représentent les deux franges les plus irrémédiablement dégénérées du monde occidental globaliste avancé. Il est donc normal qu'ils se suicident ensemble après avoir provoqué le maximum de désastres.
Et ensuite parce qu'il me paraît assez évident que si (par malheur) le Dieu des protestants évangéliques ou chrétiens-sionistes existe, il ne peut que céder la place assez vite au Grand Architecte anonyme des loges écossaises, ou mieux au Néant définitif que célébraient il y a plus de deux siècles le marquis de Sade ou Léopardi.
H16
9/3/2026

Désindustrialisation : et si c’était un plan depuis 50 ans ?

Trump, c’est entendu, a vraiment plein de défauts. Il suffit de lire la presse de grand chemin pour en avoir une liste constamment remise à jour.

Cependant, quand il fait quelque chose, il l’annonce clairement et ne s’en cache pas. Et si cette presse n’était pas complètement obsédée par disséquer chacun de ses défauts et le dépeindre systématiquement comme un abruti, elle prendrait peut-être le temps d’analyser ce qu’il fait et non ce qu’il dit, la politique qu’il mène et non ce qu’on lui prête comme intention, et s’attarderait sans doute un peu sur les explications que lui et son administration fournissent pour qui veut écouter.


Cette presse pourrait alors tenter de comprendre et d’expliquer (au lieu de camoufler) le changement paradigmatique qui s’opère actuellement. Pour le moment, c’est raté.

Ainsi, les prises de positions régulières de Trump, Rubio ou d’autres montrent toutes que l’actuelle administration américaine entend tenir une politique générale diamétralement opposée au globalisme, et surtout adhérer autant que possible à la politique hamiltonienne.

Celle-ci, nommée d’après Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor des États-Unis, repose sur la conviction qu’un État fort nécessite une économie industrielle diversifiée et une autorité fédérale centrale puissante. Hamilton prônait une alliance étroite entre le gouvernement et les intérêts financiers et industriels ainsi que l’indépendance vis-à-vis de l’Empire britannique. Son système s’appuyait alors sur un crédit solide et l’usage de tarifs douaniers protecteurs pour favoriser l’émergence des manufactures américaines face à la concurrence européenne. C’est cette politique qui a posé les bases du développement capitaliste américain en transformant les États-Unis d’une collection de colonies rurales en une puissance économique intégrée. La politique hamiltonienne considère que la liberté politique est indissociable de la puissance économique et de la stabilité financière.

Et si l’on s’en tient au récent discours du Secrétaire d’État Marc Rubio à la Conférence de Munich sur la Sécurité, c’est exactement cette doctrine que l’administration Trump met en place.

Ce discours n’est rien de moins qu’une rupture franche dans le paysage géopolitique mondial. La presse occidentale n’en a que fort peu parlé. Pourtant, Rubio y explique sans ambiguïté que ce que beaucoup considéraient comme une dérive inévitable du marché — la désindustrialisation de l’Occident — a été en réalité un « choix politique conscient » : il y a bien une volonté derrière cette désindustrialisation catastrophique occidentale. Ce n’est pas une simple rhétorique politique mais le rappel d’un plan orchestré il y a plus de 50 ans pour démanteler la souveraineté économique des nations : la pauvreté de la classe moyenne n’est pas un échec du marché, c’est une réussite politique de l’oligarchie.

Cette affirmation ne vient pas sans preuves même si ces dernières semblent n’avoir absolument pas intéressé la presse.

Essentiellement, on les trouve dans le rapport de 1977 du Council on Foreign Relations (CFR), intitulé « Alternatives to Monetary Disorder ». Dans ce document (p 55), les architectes de l’ordre mondial de l’époque appelaient explicitement à une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ». L’objectif était de substituer au développement industriel national un ordre économique international « modéré », plus facile à diriger par une élite financière transnationale.


Ce projet visait délibérément à briser le système américain hamiltonien : en délocalisant la production et en rendant les nations dépendantes de chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles, les décideurs de l’époque ont sciemment appauvri la classe moyenne occidentale pour consolider le pouvoir de l’oligarchie financière. En fait de désintégration contrôlée, c’est surtout la partie désintégration qui a bien fonctionné.

Dans ce cadre, la récente Conférence de Munich a été ni plus ni moins que le théâtre d’un affrontement entre deux visions irréconciliables. D’un côté, les « globalistes » européens et les restes de l’establishment américain, prônant un « ordre fondé sur des règles » dont tout indique à présent qu’il se dirige vers une auto-destruction minutieuse. De l’autre, on trouve une administration Trump qui affirme que la souveraineté nationale est inséparable de la puissance industrielle.

Et force est de constater que le contraste est frappant entre la situation des États-Unis et celle de l’Europe : alors que Washington amorce un retour vers une forme claire de protectionnisme et un franc soutien à l’économie réelle, l’Europe, elle, semble s’enfoncer dans une crise existentielle. Les récentes déclarations de Bart de Wever, le Premier ministre belge, lors du Sommet de l’Industrie à Anvers illustrent bien ce désastre : les fermetures dans l’industrie chimique européenne ont été multipliées par six en quatre ans


Folie verte, décarbonation, immigration massive à peu près incontrôlée, autant de raisons qui ont abouti à une véritable désindustrialisation forcée du Vieux Continent. Ceci rend le contraste avec les Américains d’autant plus fort : le choix de Trump de revenir à la doctrine hamiltonienne permet de redonner de solides marges de manœuvre aux États-Unis. Il suffit de voir avec quelle vitesse ces derniers se sont lancés dans la course à l’Intelligence Artificielle pour bien mesurer l’écart, notamment dans la capacité de l’administration actuelle à faire construire et rendre opérationnels des réacteurs nucléaires en un temps record (15 mois contre plusieurs décennies auparavant).

Cela ne se limite pas aux usines et s’attaque également à l’oligarchie financière. On peut ainsi noter la volonté affichée de Trump de placer les intérêts des ménages américains avant ceux des banques internationales, par exemple en limitant sévèrement les intérêts sur les cartes de crédit, ou les attaques virulentes de l’économiste Peter Navarro, actuellement conseiller du président américain, contre Jamie Dimon (l’actuel PDG de JP Morgan), qu’il qualifie de « voleur usurier » pour les taux d’intérêt excessifs des cartes de crédit.

Enfin, cette politique hamiltonienne s’étend jusqu’à la stratégie diplomatique américaine, en rupture totale avec ce qu’on avait pu observer jusqu’à présent. C’est notamment visible dans la façon dont Steve Witkoff a été introduit par Trump à la première réunion officielle du « Conseil de la Paix », en opposant son envoyé spécial à … Henry Kissinger : contrairement à ce dernier, adepte des fuites d’informations et de la gestion des tensions permanentes, l’administration actuelle se présente comme privilégiant une approche directe et souveraine, et Witkoff représente une vision diamétralement opposée à l’ancienne norme globaliste, poussant le concept de « paix par la construction » comme le pilier central de cette nouvelle ère, notamment à travers les récents accords pour Gaza. Plutôt que des résolutions diplomatiques théoriques comme on en voit régulièrement à l’ONU, l’accent est mis sur le développement économique concret, comme la construction de 100 000 logements à Rafah.

Là encore, c’est bien une approche « hamiltonienne » de la sécurité économique, dont l’objectif final est de permettre aux nations de sortir du système globaliste actuel.

En fait, le discours de Rubio marque bien un point de bascule d’une lutte cinquantenaire : le combat actuel n’est pas simplement une opposition droite-gauche classique, mais une guerre fondamentale entre la souveraineté (le droit des nations à se développer industriellement) et « l’Empire » (i.e. le contrôle non démocratique de ces nations par une élite financière).

Alors que l’Europe reste enchaînée à un modèle suicidaire de globalisme et de décroissance énergétique, les États-Unis semblent résolument choisir de restaurer les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale par la réindustrialisation massive.

Nul ne sait si l’administration Trump y parviendra. Cependant, elle indique en tout cas que le déclin n’est pas un accident de l’Histoire mais bien un projet conscient, et que celui-ci peut donc être renversé.


https://h16free.com/2026/03/09/83517-desindustrialisation-et-si-cetait-un-plan-depuis-50-ans

8 mars 2026

José Martin


- 7/3/2026 - La France sous influence étrangère. Olivier et Roxane, ces enfants terribles du système et surtout du « couple influenceur » de Tsahal :
le mari, de l’extérieur (porte-parole francophone de l’armée israélienne) et la femme, de l’intérieur (productrice d'émissions de télévision du service public et cinéma), co-actionnaire de StudioFact Media Group qui compte le fameux journal « Le Parisien » comme actionnaire à hauteur de 30%, le dit Parisien, propriété du groupe LVMH (famille Arnault, très intime des Macron).
On peut dire que, jusqu’à maintenant, tout est vraiment bien « ficelé »…
C’est même Mme Rafowicz qui guide un certain petit Jordan pour lui apprendre à marcher (dans les pas d’un futur président de la république).
Gilles Casanova

- 5/3/2026 - Vive crise entre la Hongrie et l'Ukraine à propos de l'approvisionnement en hydrocarbures de la Hongrie et de la Slovaquie, nouveau développement de la crise de l'Union européenne.

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7 mars 2026

Dessin de Jak Umbdenstock

Radu Portocala

- 7/3/2026 - L’ascendance germanique de l’homme orange de la Maison Blanche lui fait aimer l’ordre. Il dresse des plans précis et nous les communique. Ainsi, il a annoncé que la prochaine cible de son aimable campagne de colonisation sera Cuba. À ce sujet, il a prononcé une phrase ambiguë dont il ne ressort pas clairement s’il songe à un achat de l’île ou à une conquête précédée de dévastation démocratisatrice.
Après avoir signalé qu’il lui fallait absolument s’approprier le Groenland et le Canada, ou au moins ses États les plus prospères, après avoir fait le premier pas vers l’annexion du Venezuela, après s’être lancé dans une vaste opération de soumission de l’Iran, Cuba est, en effet, un objectif indéniablement légitime. Qui lui dira le contraire ? Personne, bien entendu.
Le candidat pacifiste n’attendait sans doute que le moment où il allait devenir un président croque-mitaine brandissant menace, punition et conquête devant les yeux d’un Occident idiotisé par la peur, qui n’arrive plus à espérer autre chose que l’asservissement.
Bien entendu, on est en droit de se demander quelle sera la proie qui intéressera le frustré du Prix Nobel de la Paix après Cuba. Quand on ne sait pas à quoi occuper son temps, on fait la guerre. Ça va très bien avec cette bienveillance agressive dont il se pare pour insulter les gens. Les fantasmes glorieux dont sont faits ses discours ces derniers jours vont dans le même sens : l’agressivité comme échappatoire.
Il avait promis le bien-être aux Américains, mais a oublié de leur dire que ce bien-être passe nécessairement par la prise de l’Iran. Et eux, dépourvus de vision, ne se rendent pas compte du bonheur que cette victoire leur procurera. À condition, bien entendu, qu’il y ait victoire. Car l’infecte sonnerie du réveil pourrait – et même va – interrompre le rêve juste au moment où il était le plus beau, lorsque sur un plateau en or des vestales sublimes apportaient la couronne de laurier. Détestable traîtrise du sommeil qui s’arrête alors que le destin était à portée de songe. Celui de l’homme orange ne sera probablement pas de monter sur le trône du monde. Il lui faudra peut-être se contenter de son horrible maison de Floride.