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14 août 2026

Natalia Routkevitch
11/8/2026


Le 2 août, l'historien et publiciste russo-israélien Artem Kirpichenok a disparu à son arrivée à l'aéroport Ben-Gurion de Tel-Aviv. Depuis, il n'a donné aucun signe de vie et toutes les tentatives pour le joindre sont restées infructueuses. D'après les informations recueillies par ses proches, il a été arrêté et serait détenu par le Shin Bet, les services de sécurité israéliens.
Artem Kirpichenok, qui résidait à Saint-Pétersbourg, était connu pour ses critiques de la politique israélienne. Auteur de nombreuses publications sur l'histoire du Proche-Orient, il était apprécié d'un certain nombre de lecteurs, dont je fais partie, et vivement contesté par d'autres.
Son arrestation confirme une réalité que certains avaient déjà comprise, parfois à leurs dépens.
Nika Dubrovsky, amie d'Artem et directrice de l'Institut David Graeber, créé en hommage à son époux, l'exprime dans l'article ci-joint :

« Avant l'arrestation d'Artem, beaucoup d'entre nous, moi comprise, avions encore l'impression qu'il existait des "zones de sécurité", des endroits où l'on pouvait être relativement à l'abri de l'arbitraire. Tant qu'on ne franchissait pas certaines lignes bien connues, on pouvait écrire, lire et parler à peu près librement. Ne pas adhérer à tel parti, ne pas soutenir telle organisation, ne pas prononcer certains mots. Mais ces lignes ont disparu. Aujourd'hui, ce que l'on murmure dans sa cuisine peut vous conduire en prison.
Le quotidien bascule peu à peu dans le cauchemar. La cuisine et la cellule deviennent une seule et même pièce. Nous sommes comme des grenouilles qui ne remarquent pas que l'eau dans laquelle elles nagent est en train de bouillir. Nous avons fini par considérer comme normal ce qui aurait dû nous paraître impensable.
Arrêter Artem, c'est intimider les simples citoyens. C'est leur dire de se taire et de rester dans leur coin. Arrêter un publiciste discret, dont les lecteurs sont peu nombreux, est facile. C'est un exemple idéal pour faire peur aux autres.
Les lieux que nous croyions encore préservés de l'arbitraire ne le sont plus… »

Il n'y a plus de zones de sécurité. Il n'est plus possible de se croire à l'abri, où que l'on soit. Beaucoup l'apprennent aujourd'hui à leurs dépens.
Des journalistes, des chercheurs, des militants et des personnalités publiques sont intimidés, réduits au silence, parfois arrêtés, dans des pays qui se présentent pourtant comme des démocraties exemplaires, garantes de la liberté d'expression et du pluralisme face aux "dictatures". Beaucoup d’individus, trop confiants dans cette image, en ont récemment fait l'amère expérience. D'autres découvrent, avec stupeur, les limites du mythe des élections libres et non truquées.
Combien d’autres vont s’en apercevoir dans les mois et les années qui viennent ?
Dans le contexte actuel de recomposition du monde, qui s'accompagne de la multiplication des conflits, de la lutte pour les ressources, les marchés, les zones d'influence, mais aussi pour des statuts symboliques qui rapportent des dividendes très concrets... bref, dans ce contexte-là, il faut s'attendre à voir se multiplier les arrestations, les expulsions, les morts suspectes, le contrôle accru des élections et les pressions de toutes sortes. Les services de sécurité disposeront partout d'une plus grande marge de manœuvre. On fermera les yeux sur toute sorte de violation des droits que l'on croyait acquis et garantis. On demandera de plus en plus aux simples citoyens de se taire et de rentrer dans le rang.
L'arrestation de Kirpichenok révèle une fois de plus une autre réalité : le caractère très sélectif de l'humanisme de ceux qui s'en réclament. Ceux qui dénoncent quotidiennement les crimes des "autocrates sanguinaires" et revendiquent la supériorité morale de leurs "démocraties" ont eu bien du mal à cacher leur satisfaction après son arrestation. Les commentaires odieux qui ont afflué après sa disparition se comptent par milliers.
Or, si l'on peut considérer comme une fatalité la violence des appareils répressifs d'États qui se sentent menacés, en revanche, la violence de particuliers, de surcroît lorsqu'ils se présentent comme des humanistes, des démocrates et des défenseurs du pluralisme, est autrement plus abjecte. Elle rappelle qu'en matière de la défense des droits de l'homme, il y a presque toujours « les nôtres » et « les autres ». Comme le disait, sans détour, l'icône de beaucoup de ces « défenseurs des droits de l'homme », Valeria Novodvorskaïa... Au moins avait-elle le mérite de l'assumer ouvertement, en déclarant qu'elle se fichait complètement du nombre de missiles que l'Amérique "démocratique" allait larguer sur l'Irak "antidémocratique".
Combien sont-ils, ceux qui demandent la libération, ou au moins un traitement humain, de tous les prisonniers politiques, quels que soient leur camp, leurs idées ou leur nationalité ? Ceux qui ont défendu Julian Assange comme Alexeï Navalny, Maria Kolesnikova comme Anna Novikova, Laurent Vinatier comme Alexandre Boutiaguine, Evguenia Berkovitch comme les frères Kononovitch, Boris Kagarlitski, Ian Taksur, Iouri Tkatchev, Tatiana Andriets… et tant d'autres. Une liste qui, malheureusement, ne cessera de s'allonger.
J'en connais quelques-uns, et ils sont très peu nombreux. Des personnes qui se soucient du sort de tous les prisonniers politiques, sans distinction ; qui savent que les rouages de l'Histoire sont impitoyables, mais essaient malgré tout d’alléger le sort de ceux qui y sont pris ; qui œuvrent pour améliorer les conditions de détention, favoriser les échanges de prisonniers et rappeler aux États leurs propres principes, tout en sachant que leur marge d'action est limitée, surtout aujourd’hui…
Ce sont des gens discrets. Ils font peu de bruit et beaucoup de choses très concrètes. Ils sont souvent critiqués, parfois persécutés, et incompris par tous les camps.
Heureusement qu’ils existent. Nous aurons grandement besoin d'eux dans les années qui viennent. J'espère qu'il y en a qui œuvrent en ce moment pour aider Artem Kirpichenok.

13 août 2026

Régis de Castelnau
13/8/2026

Rubrique : Harlequin


Et ça continue !
Les moujiks s’acharnent contre Glucksmann.
Qu’ils viennent encore une fois d’ingérer. Ils ne reculent devant rien pour le ridiculiser. Et en ingérant Salamé cette fois-ci.
Faux numéro de Paris match. Vulgarité de la photo grotesque d’une grosse gamelle baveuse à la limite du pornard. Accompagnée d’une légende neuneu en mode « Collection Harlequin ». Commentaires ridicules selon lesquels Léa Salamé serait une « hyperactive ». Alors que tout le monde sait que c’est une feignasse inculte.
Désolé les moujiks, mais si vous vous imaginez qu’on va marcher dans vos combines, vous vous ingérez le doigt dans l’œil jusqu’au coude.
Dessin d'Ignace

11 août 2026

Régis de Castelnau
9/8/2026

« Non mais ils y croient ma parole ! ». Pour se rassurer, la caste médiatico-politique a pris congé du réel


Le système médiatique mainstream appartenant à la ploutocratie, est par nature destiné à produire une image faussée du réel. L’objectif est bien sûr d’imposer une idéologie qui est celle de la classe dominante. Marx et Engels avec Gramsci et Lukacs à leur suite nous l’ont bien expliqué, l’idéologie étant un des enjeux de la lutte des classes. Le néolibéralisme autoritaire installé par les socialistes français dans notre pays depuis 40 ans a minutieusement détruit le système d’organisation de la presse nationale mis en place après la deuxième guerre mondiale. Les médias français sont désormais entièrement entre les mains d’un groupe limité d’oligarques, jusqu’au service public abâtardi, verrouillé par Macron, le fondé de pouvoir mis en place par ces oligarques. De mensonges en mensonges, de dévoiements en dévoiements, de propagandes ineptes en propagandes stupides, les médias français ont vu leur influence s’éroder et donnent actuellement le spectacle de son effondrement. La simple confiance dans ce qu’ils produisent est simplement anéantie. Le XXIe siècle nous a apporté Internet et surtout l’explosion des réseaux sociaux, où, comme dans tout l’Occident, la majorité des peuples va désormais s’informer. Cette donnée incontournable que toutes les études reflètent a d’abord provoqué l’inquiétude qui s’est maintenant transformée en panique. Les oligarques dominants et leurs domestiques ont d’abord commencé à verrouiller leur propre système. Pour ne prendre qu’un exemple le sort fait au magazine Marianne créé par Jean-François Kahn en est l’illustration. L’oligarque étranger propriétaire, après avoir déployé tous ses efforts pour en modifier une ligne éditoriale vaguement populiste de gauche, a utilisé la manière forte. Tous les récalcitrants dehors, l’imposteur Frédéric Taddeï au verrouillage, accompagné de la capitulation en rase campagne de Natacha Polony occupée paraît-il à préparer (sans rire ?) une candidature à la présidentielle 2027. Marianne est désormais un torchon pro-génocide délivrant des opérations de lynchage médiatique à la commande.

Mais pendant ce temps, le tsunami numérique se poursuit. Et tout le monde sait bien que quoi que chaotique, c’est bien le chemin qui permet l’accès au réel. Et là on parle non seulement de l’explosion des nouveaux médias, mais également et c’est essentiel, des réseaux sociaux par lesquels les citoyens se parlent. Alors, à l’inquiétude a succédé le désarroi, puis désormais la panique. Et l’on assiste au spectacle d’une caste affolée cherchant désespérément à stopper l’inondation qui les submerge, et ne voyant son salut que dans une censure finalement impraticable. Parce que s’imaginer que les brochettes d’incapables et d’ignorants qui tentent de construire des remparts de sable, vont arriver à leurs fins, est une illusion. Même s’il faut combattre ces nuisibles sans merci pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des ennemis de la Nation et de la démocratie, il ne faut pas non plus se laisser guider par la peur. La première raison étant que l’on a quand même affaire pour certains de ces « décideurs », c’est-à-dire ceux qui temporairement, tiennent encore le manche, à de sombres nullités. Le spectacle d’une incompétence vertigineuse, récemment donné par un certain Laurent Lafont, adepte de la répression de « l’ingérence intérieure », auditionnant le patron français de YouTube, est quand même là pour le démontrer.

Les différentes séquences auxquelles on a assisté depuis quelques semaines, sont là pour convaincre que si ces gens sont dangereux, ils ne maîtrisent plus grand-chose. Toutes les tentatives récentes de diversion, Butch, Fedorova, ingérences russes, tombent à plat malgré l’importance des moyens. Les glapissements de douleur des minuscules Glucksmann, Attal et autres Philippe, pour avoir été « ingérés » suscitent massivement quolibets et éclats de rire. Et on prévoit une course à l’échalote au sein de la trentaine de candidats (valeur du jour) de l’extrême centre qui ont des velléités de candidature à la présidentielle. « L’ingérence » russe fantasmée étant perçue comme critère de légitimité. Au point où on en est de la farce, vous allez voir que le Conseil constitutionnel va l’exiger pour la recevabilité des dossiers de candidature…

Mais on a quand même l’impression que cette histoire « d’ingérence », évidemment utilisée directement par Macron pour tenter de sauver son système, a provoqué un phénomène désormais extrême.

Non seulement la presse française dit absolument n’importe quoi sur tous les sujets, mais il ne s’agit plus de propagande, de réalités arrangées, de mensonges par omission plus ou moins subtils, mais carrément d’une prise de congé avec le réel. Même si celui-ci est évident, même si une recherche de quelques secondes sur Internet ou les réseaux permet d’y accéder, tous les journaux, toutes les émissions d’information télévisée, toutes les chaînes d’infos décrivent rigoureusement le contraire.

Que ce soit sur le plan interne ou sur le plan international, le bloc élitaire, la caste médiatico-politique et leur presse ont basculé dans une forme de folie. Car désormais il s’agit moins d’influencer ou de convaincre, que de se rassurer en affirmant un monde qui n’existe pas.

Car comme le disait Jean Gabin dans « Les Grandes Familles » : « Non mais ils y croient ma parole ! »

Gastel Etzwane
11/8/2026

Ukraine : la chasse à l’homme ordonnée par Kiev


Quand l’État ukrainien transforme ses propres citoyens en gibier

Il y a des images qui ne quittent plus l’esprit. Des hommes trainés de force dans des fourgons, des coups portés en pleine rue, des mères qui hurlent, des passants qui filment en tremblant. Ce n’est pas une scène de guerre civile dans un pays du Sud. C’est l’Ukraine de 2026, en plein centre-ville d’Odessa, de Kharkiv ou de Lviv. C’est la « mobilisation » selon Kiev.
Le journal allemand Berliner Zeitung, dans une série de reportages de son correspondant Lukas Moser, décrit ce que les autorités ukrainiennes appellent encore officiellement un « devoir civique ». La réalité, elle, porte un nom plus exact : la chasse à l’homme. Des équipes mixtes de militaires et de policiers sillonnent les rues, les centres commerciaux, les stations de métro. Ils arrêtent, souvent sans aucune procédure, des hommes en âge de combattre. La force brute n’est plus l’exception : elle est devenue la méthode.
Le médiateur ukrainien lui-même, Dmytro Loubinets, a fini par le reconnaître. En mars 2025, il dénonçait déjà des violations « systémiques et généralisées » de la part des centres territoriaux de recrutement (les fameux TRC ou ТЦК). En juillet 2026, il a franchi un pas supplémentaire : selon lui, 90 % des cas de mobilisation s’accompagnent aujourd’hui de violations directes des droits des citoyens.
Détentions illégales, refus d’accès à un avocat, dissimulation du lieu de détention, coercition pour faire signer des documents, coups et blessures. Le tableau est glaçant. Et il émane non pas d’un opposant pro-russe, mais du défenseur officiel des droits de l’homme nommé par le Parlement ukrainien.
Ce que Berliner Zeitung raconte depuis des mois n’est donc pas une « propagande ennemie ». C’est le quotidien documenté d’un pays qui, pour combler les pertes effroyables de son armée, a décidé de traiter une partie de sa population masculine comme du bétail. Des hommes sont arrachés à leur famille sous les yeux de leurs enfants. D’autres sont enfermés des jours entiers dans des locaux où les caméras ne fonctionnent pas, où les avocats ne sont pas admis, où la commission médicale devient une simple formalité destinée à valider l’envoi au front.
Le drame humain est immense. Derrière chaque « busification », ce terme cynique inventé par les Ukrainiens eux-mêmes pour désigner l’embarquement forcé dans des minibus, il y a une existence brisée. Des pères de famille, des ouvriers, des étudiants, des hommes déjà meurtris par trois années de guerre, qui n’ont plus d’autre choix que de se cacher, de fuir ou de se laisser emmener. Certains paient. La corruption prospère. Ceux qui n’ont pas les moyens, ou qui refusent par principe, partent. Souvent mal formés, parfois déjà blessés, parfois malades. Loubinets a rapporté des cas de mobilisés souffrant de pathologies graves, maintenus de force dans les centres de recrutement malgré des reports valides.
Les autorités ukrainiennes, elles, continuent de parler de « nécessité vitale » et de « défense de la patrie ». Elles préfèrent regarder ailleurs. Elles tolèrent, voire organisent, des méthodes qui rappellent les pires pratiques des régimes autoritaires. Elles laissent se développer un climat de terreur intérieure qui ravage le tissu social bien plus sûrement que les missiles russes. Quand un État en vient à chasser ses propres citoyens dans les rues, à les frapper, à falsifier leurs dossiers médicaux et à les envoyer se faire tuer sous la contrainte, il a déjà perdu une part essentielle de ce qu’il prétend défendre.
Le silence relatif de la plupart des chancelleries occidentales sur ces pratiques est, lui aussi, accablant. On finance, on arme, on applaudit. On regarde ailleurs lorsqu’il s’agit de la dignité des hommes ukrainiens. Berliner Zeitung a eu le courage de documenter. Dmytro Loubinets a eu celui de parler. Il reste à savoir combien de temps encore on pourra feindre de ne pas voir que, derrière les discours héroïques, se joue une tragédie humaine d’une rare noirceur.
Les méthodes de recrutement forcées en Ukraine ne sont pas un détail de la guerre. Elles en sont le visage le plus hideux.
Gabriel Nerciat
10/8/2026

LE CHAOS ET LA CONTINUITÉ

Le changement dans la continuité (à l'attention des plus jeunes, c'était le slogan de campagne de Giscard dans les années 1970), c'est vraiment ringard.
La continuité dans la continuité, c'est beaucoup mieux.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, aussi ? La bonne bourgeoisie centriste et libérale n'a plus à feindre de craindre Mai 68, de nos jours.
Au moins, le maire du Havre a l'honnêteté de reconnaître que l'appartenance de la France à l'Union européenne et aux accords de Schengen lui interdit toute autre politique migratoire que celle pratiquée depuis François Mitterrand et intensifiée par Nicolas Sarkozy puis Emmanuel Macron (on le savait déjà grâce à Giorgia Meloni, mais tout le monde hélas ne s'intéresse pas à l'Italie).
Nos élites aiment tellement le chaos qu'elles tolèrent ou autorisent, qu'elles penseraient déchoir en ramenant un peu d'ordre. Et puis, c'est fatigant, de modifier ce qui est ; elles ne sont pas payées pour ça. Les patrons après tout ont besoin d'esclaves et les partis de gauche ont besoin d'électeurs.
Tant que les veaux et les cochons consentent à aller d'eux-mêmes à l'abattoir, pourquoi donc changer quoi que ce soit ? Ce n'est pas l'attitude des gens sérieux.

Marc Amblard
8/8/2026

À CEUX QUI SOUTIENNENT QUE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE N’AURA PAS LIEU EN 2027


La rumeur circule de plus en plus sur les réseaux sociaux.
Rappelons tout d'abord que cela fait 178 ans (1848) que les élections présidentielles existent en France.
Ensuite, l'article 6 de la Constitution est sans ambiguïté : le président est élu pour cinq ans, et « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Emmanuel Macron ayant été élu en 2017 puis réélu en 2022, il ne peut donc pas exercer son mandat au-delà de 2027.
Plus important encore, l'article 7 impose l'organisation de l'élection. Il ne laisse aucun choix :
« L'élection du nouveau Président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du Président en exercice. »
Ce n'est donc pas une élection que le gouvernement pourrait simplement décider de ne pas organiser.
Ni une guerre, ni l'état d'urgence, ni même l'exercice des pouvoirs exceptionnels de l'article 16 ne donnent en eux-mêmes au président un pouvoir lui permettant de supprimer l'élection présidentielle ou de prolonger discrétionnairement son mandat.
Il faudrait distinguer une situation beaucoup plus extrême : une catastrophe ou un conflit rendant matériellement impossible l'organisation du scrutin. On entrerait alors dans une crise constitutionnelle exceptionnelle et la question du report pourrait effectivement se poser. Mais ce serait un report nécessité par l'impossibilité matérielle d'organiser l'élection, pas la suppression de l'élection ni l'octroi d'un 3ème mandat à M. Macron.
D’ailleurs, faut-il rappeler que le gouvernement a officiellement fixé les dates de la présidentielle de 2027 lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 : premier tour le 18 avril 2027, second tour le 2 mai 2027.
La présidentielle aura bien lieu l’année prochaine, le droit constitutionnel en vigueur ne permettant pas à Emmanuel Macron de décider de l'annuler pour rester au pouvoir.

9 août 2026

Gilles Casanova
9/8/2026


L’Ukraine annonce qu’elle n’a plus d’armes de défense aérienne, alors que les bombardements russes n’ont jamais été aussi forts. Les manifestations de masse contre Zelensky et son gouvernement déferlent dans les rues. La foule s’affronte aux recruteurs violents.
Et, à Paris, des gens prostituent le journalisme.
Gilles Casanova
9/8/2026


Il peut arriver dans l'Histoire qu'un peuple d'un grand pays ait le sentiment que sa direction a été captée, capturée par une mafia cynique, corrompue et violente.
Il peut mettre sur le compte de leur violence et de leur force le fait que ce groupe ait pu prendre le pouvoir, à la manière de la bande armée de Franco en Espagne.
La force attire toujours une partie de la population et il se trouve nécessairement dans ce peuple des personnes qui vont être admiratives de la violence qui a permis cette conquête, et qui permet son maintien.
Les amis de Franco, comme les fascistes italiens ou les nazis, aussi abominables qu’ils aient été, ont trouvé un véritable soutien populaire sincère chez des femmes et des hommes de ces trois pays, soutien engendré parfois par l'admiration devant leur comportement violent, qui leur semblait relever du courage physique…
Des personnes qui sont très hostiles par principe aux mafias, peuvent être respectueuses, voire admiratives du courage physique de certains de leurs membres.
Mais, c'est la sidération qui domine un peuple d'un grand pays qui assiste à un phénomène comparable, mais sans qu'aucune force physique, aucun courage, ni physique, ni moral ne puisse être attribué aux membres de cette mafia, courage qui inspirerait respect ou admiration, mais qu'ils ont simplement l'impression que ce pouvoir a été saisi d'une façon comparable à l'action du prestidigitateur, par une bande mafieuse, qui loin de rivaliser, avec celle d'Al Capone, semble plutôt vouloir concurrencer, avec difficulté, la troupe du cabaret « Chez Michou ».
Jak Umbdenstock
Gabriel Nerciat
9/8/2026

A BAS LES VIEUX !


Il est vraiment idiot, ce Premier ministre.
Pourquoi désindexer les retraites (précipitant ainsi les retraités de la classe moyenne, épine dorsale de l'extrême centre, dans les bras de Marine Le Pen) alors qu'une loi récente et progressiste permet plus efficacement de les euthanasier ?
Ah, mais j'y pense : non, c'est très malin.
On appauvrit d'abord les vieux (ils le méritent, hein : ils ont fait 68, aimé Claude François, vu les films de Lelouch et voté Mitterrand, Maastricht puis Macron) et puis quand ils sont devenus trop débiles, désespérés ou souffrants, on les liquide d'une simple piqûre létale, au nom de l'autonomie individuelle et de l'équilibre financier de la Sécurité sociale.
J'aurais dû être libéral et humaniste, moi aussi. Je ne sais pas pourquoi j'ai raté le coche.
C'est ce courant idéologique qui a le mieux saisi vers quoi tendait l'espèce humaine, dès lors qu'elle commence à être atteinte de sénescence.

8 août 2026

Kiev à bout de souffle : l’aveu que la presse française refuse d’entendre

Gastel Etzwane


- 7/8/2026 - En ce début d’août 2026, tandis que les médias français, largement financés ou orientés par le pouvoir, persistent à évoquer une possible victoire de l’Ukraine, un journal allemand de premier plan dresse un tableau radicalement différent.
Le Berliner Zeitung écrit textuellement :
« Volodymyr Zelensky semble de plus en plus désespéré. Selon lui, l’Ukraine risque de faire face à un horrible barrage de missiles russes cet hiver, Kiev ne disposant plus que d’un seul missile intercepteur PAC-3 Patriot. Zelensky a environ six mois pour en acquérir de nouveaux. Les chances d’obtenir de nouvelles livraisons de missiles sont tombées pratiquement à zéro. Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Zelensky a eu des entretiens avec le président américain Donald Trump dans l’espoir d’obtenir une licence pour produire des intercepteurs capables d’abattre les redoutables missiles balistiques russes. Cependant, moins d’une semaine plus tard, après un appel téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, Trump a changé d’avis. »
Ce constat, issu d’une rédaction allemande pourtant engagée dans le soutien à Kiev, met en lumière une réalité que le narratif dominant en France s’emploie à occulter : l’Ukraine s’enfonce dans une situation de plus en plus désespérée. À court d’intercepteurs critiques, sans perspective crédible de réapprovisionnement avant l’hiver, et après l’échec de ses dernières démarches diplomatiques auprès de Washington, le pays se trouve confronté à une vulnérabilité stratégique majeure.
Pendant ce temps, en France, l’obsession demeure celle de la désignation d’un ennemi : la Russie. Or la Russie n’a jamais considéré la France comme un ennemi. C’est le pouvoir français qui a besoin d’en inventer un, afin de tenter de créer une unité artificielle dans un pays profondément divisé.
Là où la presse française continue de parler de victoire possible pour l’Ukraine, la Berliner Zeitung décrit, sans détour, un Zelensky à bout et une défense aérienne ukrainienne au bord de l’effondrement.
Gastel Etzwane
7/8/2026

7 août 2026

Gabriel Nerciat
6/8/2026

LE SIONISME A L'HEURE ALLEMANDE

J'espère que les partisans de la fusion européiste franco-allemande ainsi que les thuriféraires libéraux de l'état de droit apprécieront l'importance de l'évènement, et ne manqueront pas de souhaiter l'extension de cette nouvelle jurisprudence aux tribunaux correctionnels de France.
Même s'il convient toujours de rappeler qu'Auschwitz ne définit pas in abstracto l'essence d'un génocide.


TRT Français

- 3/8/2026 - Une cour d’appel allemande a jugé que comparer Israël au régime nazi ne constitue pas une infraction pénale dans certaines circonstances, annulant la condamnation d’une utilisatrice d’Instagram qui avait été condamnée à une amende pour des publications associant des symboles nazis à des critiques d’Israël.
La Cour régionale supérieure de Zweibrücken a estimé que les publications de cette femme visaient clairement à critiquer les actions d’Israël, et non à approuver ou à glorifier l’idéologie nazie. Le tribunal a indiqué que l’infraction liée à l’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles ne s’applique pas lorsque ces symboles sont employés pour exprimer une condamnation explicite des crimes commis à l’époque nazie.
Cette décision annule un précédent jugement rendu par un tribunal de Ludwigshafen, qui avait infligé à cette femme une amende de 2 400 euros pour avoir utilisé des symboles nazis interdits. La cour d’appel a également mis en garde contre une interprétation trop large des restrictions en vigueur en Allemagne concernant ces symboles, estimant qu’une telle approche pourrait porter atteinte à la liberté d’expression.

6 août 2026

H16
5/8/2026

Le carnet de bal du docteur Fauci

Le 15 mars 2020, un homme de 79 ans ouvre son carnet et écrit « BIG DAY ! » en lettres rouges. Il exulte : il vient de convaincre le maire de New York de fermer les écoles de la ville. Le lendemain, il notera ses passages à la télévision, tout comme le surlendemain également et ainsi de suite pendant trois ans.

Il existe des documents qui accablent leur auteur par ce qu’ils révèlent mais celui-ci accable le sien par ce qu’il contient de parfaitement banal.


1.141 pages, de décembre 2019 à décembre 2022, tel est le volume des notes de service quotidiennes mémoires qu’Anthony Fauci a tapées sur des ordinateurs fédéraux et laissées sur onze serveurs gouvernementaux distincts, d’où Robert Kennedy Jr les a exhumées avant de les faire parvenir au sénateur Rand Paul, qui les a mises en ligne fin juillet.

Sans surprise, l’intéressé proteste aujourd’hui contre ce qu’il appelle « la divulgation de son intimité » ; il a cependant rédigé son journal avec le matériel du contribuable, sur le temps du contribuable, et l’a rangé dans les armoires du contribuable. Eh oui : il ne s’agit ici que d’un sentiment d’intimité, et voilà notre homme très gêné.


D’autant plus que ce que l’on découvre dans ces armoires n’est pas un cerveau au travail mais un véritable carnet de bal.

Le mémorialiste-en-chef du NIAID y comptabilise ainsi ses apparitions médiatiques avec la constance d’un adolescent qui relève ses likes. Il consigne les célébrités croisées, les coups de fil des puissants, l’humeur du président, ses propres bons mots. Il dîne chez Jake Tapper, présentateur sur CNN, courant 2020, c’est-à-dire au beau milieu des confinements qu’il recommande à la Terre entière. En trois années d’annales de la petite cour de Bethesda, on ne trouve pas une ligne qui donne à penser que l’auteur ait jamais douté d’être le sujet le plus intéressant de la période.

En pratique, on cherchait un homme de science, pardon Science™ mais on ne trouve qu’un banal chroniqueur mondain.


Reste que ce chroniqueur décrochait son téléphone, comme par exemple le 15 mars 2020 : « J’ai parlé à Bill de Blasio et je l’ai convaincu, sur la base de ce que je disais publiquement et de notre conversation de ce soir, de fermer les écoles de New York. » Suit une phrase sur les bars et les restaurants, que le maire fermera « sur ma recommandation ». Le même jour, un appel similaire avec la directrice de cabinet de Gavin Newsom aboutit à la fermeture des écoles californiennes. Cinq jours plus tard, de Blasio veut confiner la ville entière, Cuomo renâcle, et notre diariste lui conseille d’y aller quand même.

Pourtant, en octobre 2022, sur ABC, le même homme expliquait n’avoir « rien eu à voir » avec la fermeture des écoles. Plus de 7 millions d’enfants américains sont restés hors des salles de classe un an ou davantage, et les administrations locales qui ont suivi le mouvement l’ont fait en invoquant une autorité scientifique qui, dans le secret de son carnet, se félicitait du résultat.


Sur les origines du virus, la mécanique est identique et le décalage plus ancien encore.

Dès le 26 janvier 2020, les notes indiquent que les données génomiques désignent le marché de Wuhan comme un amplificateur et non comme la source. Le 1er février, lors d’un appel avec onze virologues sur la possibilité d’une insertion délibérée du site de clivage furine, le nombre de participants estimant la chose impossible s’élève à… 2. Nonobstant et pendant les deux années suivantes, l’hypothèse d’un accident de laboratoire sera publiquement rangée au rayon des divagations, et ceux qui s’obstinaient à la formuler seront bannis des réseaux sociaux, désinscrits des plateaux, traités d’assassins et de complotistes.

Ces gens qui lisaient les préprints complotistes n’ont pourtant jamais prétendu détenir la preuve d’une fuite. Ils disaient simplement que la question restait ouverte. Les carnets de Fauci montrent sans l’ombre d’un doute que celui qui la déclarait close la savait en réalité ouverte. Sans vergogne, le docteur a vendu comme une certitude ce que lui-même tenait pour incertain et a alimenté la vague de défiance contre ceux qui osaient douter, pourtant à bon droit.

Convoqué le 29 juillet devant la Commission de la sécurité intérieure du Sénat, notre homme a trouvé la parade et a invoqué le Cinquième amendement, … plus de cent fois : sur les origines, sur le financement des recherches à Wuhan, sur les fermetures d’écoles, sur à peu près tout ce qui pouvait ressembler à une question. Son avocat, qui s’était installé à la table des témoins contre les instructions du président de séance, a été prié de sortir par la police du Capitole. Un vote visant à le déclarer en outrage au Congrès a été programmé dans la foulée.


Détail important, Joe Biden a signé le 19 janvier 2025 une grâce préventive en faveur d’Anthony Fauci, inconditionnelle, couvrant toute infraction éventuellement commise entre le 1er janvier 2014 et la date de signature. L’homme est donc gracié par avance pour onze années de carrière mais il refuse quand même de répondre.

Restait à savoir comment la presse qui l’avait sanctifié allait raconter la chose.

On imaginait un silence gêné, mais, pignouferie de la presse oblige, elle a plutôt couvert, voire recouvert : dépêche AFP, correspondants sur place, papiers en ligne dès le lendemain, rien n’a manqué mais le sujet a simplement changé en route. Ainsi, le Temps a parlé du « calvaire » de Fauci et de son caractère « jugé vaniteux ». La Libre a ouvert sur l’obsession de Rand Paul, c’est-à-dire sur la ligne de défense de l’accusé. En 48 heures, l’architecte de la politique sanitaire planétaire est devenu un octogénaire harcelé par un sénateur du Kentucky, avec deux ans de dévotion quotidienne, matin, midi et soir, plateaux, unes et portraits admiratifs, pour terminer avec quinze lignes compassionnelles.

Tout ceci n’étonnera que les plus naïfs : ceux qui ont recopié studieusement pendant deux ans les certitudes d’un homme dont on sait désormais qu’il n’en avait pas ne vont pas rouvrir eux-mêmes le dossier de leur propre crédulité. Et hop, ils ne l’enterrent pas, ils esquivent, résument, survolent, biaisent de tous les côtés. Pour ceux qui n’y prêtent pas plus attention, ça ne laisse pas de trace.

Il faudrait, pour bien faire, mettre la main sur les carnets de Jean-François Delfraissy, sur les notes d’Olivier Véran, sur les échanges du conseil scientifique, sur les fiches des « fact checkers » de la République qui distribuaient les brevets de rationalité à la chaîne. C’est sûr qu’ils existent, quelque part, sur des serveurs de l’une ou l’autre administration…

Mais personne ne les publiera jamais, non parce qu’ils seraient introuvables, mais parce qu’il ne viendrait à l’idée de personne, ici, d’aller les chercher : avouer qu’on s’est fait berner comme des bleus, et qu’on a trompé des millions de personnes, avec mépris, morgue, assurance voire méchanceté, voilà assurément un travail absolument hors de portée de la presse actuelle.


https://h16free.com/2026/08/05/84886-le-carnet-de-bal-du-docteur-fauci