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15 février 2026

LA MORT DE QUENTIN, DIES IRAE

Gabriel Nerciat


- 15/2/2026 - Des jeunes gens comme Quentin, des étudiants nationalistes un peu bagarreurs mais catholiques observants et férus de philosophie politique ou religieuse, j'en ai fréquentés plusieurs dans ma jeunesse et au début de ma vie d'adulte. Et même si je ne leur ressemblais pas en tout, je les aimais profondément.
Le meurtre glacial de ce jeune homme par des sicaires Antifas lyonnais est bien plus qu'un drame et une iniquité ; il annonce d'autres morts et le début de tragédies futures dont on peut craindre qu'elles emportent une partie des jeunesses occidentales vers d'inexpiables guerres civiles ou urbaines des deux côtés de l'Atlantique (aux États-Unis, d'ailleurs, c'est déjà le cas, comme on a pu le voir ces derniers mois à Minneapolis, où même Trump a été contraint d'abdiquer).
Les blasés et les hypocrites viendront me dire que la violence politique a toujours existé, qu'en 68 c'était pire, que les jeunes aiment bien se foutre sur la gueule, que ce n'est qu'une diversion alimentée par le pouvoir ou les médias pour qu'on ne parle pas de ceci ou de cela, etc, etc.
Mais ce n'est pas vrai, ou ce n'est vrai qu'en partie : j'ai vu de près des batailles rangées entre militants FAF et hordes gauchistes au Quartier latin dans les années 1990-2000 ; elles n'avaient rien de commun avec ce qui se passe aujourd'hui, où des nervis en grappe se précipitent sur un homme à terre pour le lyncher et le rouer de coups dans la tête qu'ils savent très bien pouvoir être mortels (le plus fanatique des boutefeux lambertistes ou anarchistes n'aurait jamais fait ça il y a encore vingt ans).
On a écrit des livres entiers de sociologie politique ou historique pour expliquer comment et pourquoi à telle ou telle époque une nation se décompose au point qu'il devient habituel et même légitime de chercher à éliminer tel ou tel de ses compatriotes ou de ses voisins. Des amis libanais ou yougoslaves m'en ont parlé jadis, mais j'éprouvais la fatuité des Européens de l'Ouest qui pensent que ça n'arrivera jamais ici.
Les guerres civiles sont comme l'amour déformé par le cinéma ou la pornographie : leur représentation caricaturale, méticuleuse ou lyrique ne correspond pas à l'expérience vécue dans l'intimité des chairs humaines.
Plus une nation se fragmente au contact de crises intérieures et extérieures, plus il devient difficile et même insensé de chercher à faire rentrer dans leur lit des fleuves furieux qui débordent.
Entre les hommes qui sont restés fidèles à une terre et ceux qui veulent pouvoir reconfigurer sauvagement le monde à leur guise, il ne peut pas y avoir de destin commun ni même peut-être de langue commune. Au-delà des haines de classe et des passions religieuses, c'est peut-être aussi dramatiquement simple que cela.
Quand je vois ce qu'écrivent sur les réseaux sociaux ceux qui ont connu Quentin et ceux qui cherchent à amoindrir sinon à justifier sa mort (FB a supprimé en quelques heures plusieurs statuts de militants de gauche – pas seulement LFI mais aussi écologistes – qui se félicitaient de voir enfin vengé Clément Méric), je ne suis pas loin moi-même de hurler de rage et d'appeler intérieurement certains actes que la loi et la morale chrétienne réprouvent.
Pour autant, je sais très bien que c'est parfaitement idiot.
Comme d'ailleurs était totalement idiote (je rejoins tout à fait sur ce point l'excellente Gersende Bessède, injustement vilipendée) la décision de Némésis d'aller chahuter la conférence de Rima Hassan à l'Institut des Sciences politiques de Lyon (qu'on l'aime ou pas, cette dernière est une élue de la Nation, et a droit de se produire librement dans tous les lieux publics où elle est invitée). Il serait peut-être temps que les activistes droitards se montrent un peu plus malins que les décervelés gauchistes qu'ils prétendent combattre et qu'ils ne font la plupart du temps qu'imiter.
Mais l'essentiel demeure : un des nôtres est mort, fauché par des salopards masqués à l'âge de 23 ans. Et aucune parole d'apaisement ne parviendra à calmer la colère que cette mort est en train de faire germer en nous.
Comme aurait dit une infante espagnole, il ne suffira pas de laisser tomber les eaux.
Dessin de Chaunu

Pourquoi les Français ne se révoltent pas (encore)

Guy de Lussigny
15/2/2026


La France est en colère. Les sondages le montrent, les conversations privées le confirment, les urnes le murmurent à chaque élection. Colère contre la pression fiscale, contre le déclassement social, contre la perte de souveraineté, contre un pouvoir jugé arrogant et sourd. Et pourtant, rien. Pas de révolution. Pas de soulèvement massif. Pas même une contestation durable capable de faire plier l’exécutif. Comment expliquer ce paradoxe français : un peuple politiquement conscient, historiquement rebelle, mais aujourd’hui immobile ?

La réponse tient moins à une soudaine docilité qu’à une neutralisation méthodique de la colère.

La première raison est matérielle. Les Français souffrent, mais pas tous en même temps, ni de la même manière. La pression est diffuse, étalée, progressive. Inflation, fiscalité, normes, précarisation du travail, services publics dégradés : chaque coup pris isolément est supportable. Ensemble, ils épuisent, mais ne provoquent pas l’effondrement brutal nécessaire à une révolte collective. On serre les dents, on ajuste, on rogne, on tient. La société est sous tension, pas en rupture.

Ensuite, il y a l’État-providence. Même affaibli, même mal géré, il continue de jouer son rôle d’amortisseur social. Allocations, aides, subventions, reports, dispositifs exceptionnels : le système empêche la chute libre. Il maintient les individus juste au-dessus du seuil de rupture. C’est un filet de sécurité, mais aussi un anesthésiant politique. On souffre, mais on ne tombe pas assez bas pour se lever ensemble.

La deuxième raison est institutionnelle. La Ve République concentre le pouvoir exécutif d’une manière quasi unique en Europe. Une fois élu, le président dispose d’outils constitutionnels qui lui permettent de gouverner même contre une majorité sociale. Emmanuel Macron n’a rien inventé : il exploite pleinement un système qui permet de contourner le Parlement, de réduire le débat, et de transformer la contestation en bruit de fond. Le message est clair : manifester ne change rien, débattre ne change rien, voter change peu.

Ce sentiment d’inutilité est central. Les Français ne se révoltent pas parce qu’ils ont intégré l’idée que ça ne sert à rien. La rue ? Ignorée. Les syndicats ? Marginalisés. Les référendums ? Enterrés. Les élections ? Piégées entre un vote de rejet et un vote par défaut. Une révolution suppose l’espoir d’un résultat. Or aujourd’hui, la colère n’est pas accompagnée d’une perspective crédible de victoire.

La troisième raison est médiatique et culturelle. Le pouvoir n’a pas besoin de censurer brutalement. Il suffit de cadrer. Toute contestation est immédiatement disqualifiée : populiste, extrémiste, complotiste, irresponsable. Peu importe qu’elle vienne d’ouvriers, de cadres, d’entrepreneurs ou de fonctionnaires. Le procédé est efficace : il empêche la convergence. Personne ne veut être assimilé à une caricature. Alors chacun râle dans son coin, en silence ou à voix basse.

Les médias jouent ici un rôle ambigu. Le débat existe, mais il est verrouillé dans ses termes. On discute des modalités, jamais du cap. On admet des erreurs de gestion, jamais une erreur de trajectoire. On invite les mêmes experts, les mêmes profils, les mêmes raisonnements circulaires. Résultat : la contestation n’est pas supprimée, elle est diluée. Elle devient un bruit permanent, inoffensif.

Il y a aussi une raison psychologique profonde : la peur du chaos. La France a été travaillée par l’idée que toute rupture mènerait au pire. Guerre civile, faillite économique, isolement international, autoritarisme brutal. Cette peur est constamment entretenue. Le pouvoir se présente comme un rempart, même contesté, face à l’inconnu. Beaucoup de Français détestent la situation actuelle, mais la jugent moins dangereuse que ce qu’on leur décrit comme alternative.

À cela s’ajoute la fragmentation sociale. Il n’y a plus de « peuple » homogène, mais une mosaïque de statuts, de territoires, de modes de vie. Métropoles contre périphéries, salariés protégés contre indépendants, retraités contre actifs, public contre privé. Une révolution suppose une identité commune. Aujourd’hui, chacun se vit comme un cas particulier. La colère est réelle, mais elle n’est pas collective.

Le pouvoir a également appris à désynchroniser les conflits. Une réforme après l’autre, des sujets techniques, sectoriels, complexes. Jamais un choc global qui fédère tout le monde en même temps. Toujours une catégorie touchée pendant que les autres regardent, soulagées de ne pas être concernées. Cette stratégie empêche la cristallisation d’un mouvement unifié.

Enfin, il y a la fatigue. Une fatigue morale, civique, presque existentielle. Beaucoup de Français ont le sentiment d’avoir déjà tout essayé : voter, manifester, argumenter. Ils n’attendent plus rien. Ils se replient sur leur sphère privée, leur famille, leur travail, leurs stratégies individuelles de survie ou d’évitement. Ce retrait est souvent confondu avec de l’acceptation. C’est une erreur. C’est une résignation lucide.

Mais l’absence de révolte n’est pas un signe de stabilité. C’est un signe de déconnexion profonde entre le pays réel et le pouvoir. Les sociétés ne tiennent pas indéfiniment sur l’inertie et la peur. Quand la rupture survient dans ce type de configuration, elle n’est jamais organisée, jamais maîtrisée. Elle est déclenchée par un événement externe, un choc imprévu, dans un corps social déjà fragilisé.

La vraie question n’est donc pas pourquoi les Français ne se révoltent pas aujourd’hui. La vraie question est : jusqu’où peut aller un système qui gouverne sans consentement actif ? L’histoire montre que ce genre d’équilibre est toujours provisoire. Il peut durer longtemps. Mais il se termine rarement bien.
Nicolle GT

- 15/2/2026 - Les agences de renseignement occidentales peuvent déterminer la cause du décès de Navalny (poison de grenouille dard d'Équateur) sans avoir accès au corps (en Russie), mais elles semblent incapables de découvrir qui a fait exploser Nord Stream ou quoi que ce soit concernant Epstein.
Annoncé opportunément lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Olivier Delorme
13/2/2026

Bruno Retailleau

Le type est le chef d'un parti-cul qui a tout trahi, tout vendu, tout raté depuis 1974, qui n'a plus de militants, plus d'électeurs mais encore quelques notables rances et des élus véreux prêts à toutes les compromissions pour conserver leur gamelle un an et demi de plus ; le type a été ministre macronard, son parti-cul est la dernière roue du carrosse macronard et le déambulateur parlementaire de Macron qui lui permet de continuer de vendre le pays à la découpe, aux Ricains, aux Boches ou à n'importe qui ; le type a des élus qui ne lui obéissent même pas, des ministres exclus du parti-cul qui leur donne quand même son investiture, d'autres qui passent leur temps à lui tirer dans le dos... et il voudrait qu'on le prenne au sérieux quand il prend son air de père la morale constipé pour dire qu'il va redresser la France!
Sérieusement ?
Régis de Castelnau
11/2/2026

Rubrique : termites

Révélations du « Fond Epstein » : un Occident irréformable.
La publication du « fond Epstein », de ces 3 millions de documents donne à voir quelque chose de terrible. Au-delà des manipulations, de la propagande on ne peut plus échapper au spectacle de ce qu’est devenue la « Maison Occident ». Du toit au sous-sol, de la charpente aux murs, des tuyaux aux huisseries, tout l’édifice est totalement pourri.
Trois conséquences :
• Aucune alternance paisible démocratique ne sera possible. Sans ces quatre éléments : rupture, purge, jugement et punition, aucune reconstruction ne sera possible.
• Les gens qui actuellement dirigent et incarnent cette pourriture ne céderont JAMAIS le pouvoir. Il faudra le leur prendre.
• Le Sud global, et en particulier la Chine et la Russie qui conduisent le changement l'ont compris. C’est la raison pour laquelle ils agissent avec cette prudence pour l’accouchement du Nouveau Monde.
Petite vidéo en forme d’appel.

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14 février 2026

Marc Amblard
14/2/2026

LA QUESTION ANTISÉMITE, DÉFINITIONS

Gabriel Nerciat
13/2/2026


Je commence à en avoir un peu assez de tous les crétins patentés qui viennent ici m'expliquer régulièrement ce qu'il faut dire ou ne pas dire quand on évoque Israël, ou telle personnalité qui lui est liée, ou la judéité de tel ou tel, etc.
Pour ne plus y revenir et pouvoir désormais barrer sans préavis les importuns, les incultes et les fâcheux, on va se contenter de donner aujourd'hui aux nécessiteux quelques définitions de base.
1) "Judaïsme" et "sionisme" ne sont pas synonymes. Non seulement pas mal de Juifs (même si c'est désormais une minorité) ne sont pas sionistes ou a minima n'éprouvent aucun sentiment d'appartenance ou de solidarité particulières avec l'État fondé par Ben Gourion au XXe siècle, mais de plus (et surtout) un très grand nombre de sionistes ne sont pas juifs. Inutile de donner les noms : ils sont très nombreux, et chacun les connaît.
2) En conséquence, quand on dit que tel Juif (Scholem, Jankélévitch, Heschel ou Levinas, par exemple, pour citer des auteurs morts il y a longtemps) sont sionistes, cela veut dire que c'est sous l'angle de leur adhésion au projet idéologique et territorial du sionisme qu'on les considère en usant du qualificatif. Et pas d'abord en tant que Juifs – le judaïsme, rappelons-le, n'étant rien d'autre qu'une religion (pas un peuple ethnique, même s'il y a une ascendance des noms juifs par filiation matrilinéaire).
Il est quand même étrange qu'un grand nombre de partisans d'Israël considèrent l'emploi même du terme "sioniste" comme une manifestation d'antisémitisme, sous prétexte que pas mal d'antisémites avérés venus de la gauche ou du communisme (Alain Soral, par exemple, ou tel député décolonial mélenchoniste) assimilent indûment les deux termes. C'est d'autant plus malhonnête qu'eux-mêmes, la plupart du temps, font exactement la même chose, et sans aucun complexe, avec "islam" et "islamisme".
3) L'antisémitisme, sauf à pervertir le sens des mots, ne consiste pas à critiquer et attaquer, même de façon radicale ou virulente, l'État d'Israël (surtout maintenant qu'il s'est lui-même affranchi du lien de plus en plus ténu qui le rattachait aux nations européennes et à la civilisation du même nom), ni même d'ailleurs à exprimer tel ou tel préjugé à l'encontre de la religion de Moïse.
Un antisémite est quelqu'un qui considère que les Juifs en tant que Juifs forment une entité "en soi" indépendante des peuples "gentils", et qui leur serait foncièrement hostile.
En France, l'antisémitisme consiste à dénier la citoyenneté des Français juifs pour cette raison ; pas à rappeler que dans une République laïque et prétendument indivisible, il n'existe qu'un seul peuple national et pas deux (ou plus).
Voilà.
À bon entendeur, salut.
Si ça ne vous plaît pas, c'est le même tarif, de toute façon. Car aucune loi de censure n'y changera rien, il faut quand même que les censeurs abusifs soient prévenus.
Gastel Etzwane

- 14/2/2026 - On a parfaitement compris la manœuvre : l’obsession du président est de verrouiller les réseaux sociaux bien avant l’échéance présidentielle de 2027. Il faut absolument que le prochain locataire de l’Élysée demeure dans la sphère macroniste la plus orthodoxe, quelqu’un de totalement compatible avec les amis milliardaires, les cercles mondialistes et l’idéologie du « toujours plus d’Union européenne ».
Et surtout, il ne faut pas que les réseaux sociaux viennent perturber le scénario en informant librement les citoyens, en laissant circuler des vérités dérangeantes ou des voix qui ne passent pas par le filtre officiel.
C’est pour cela que Le Parisien, journal structurellement déficitaire, maintenu à flot par les apports d’un milliardaire réputé proche de l’Élysée, relaie cette ligne comme s’il s’agissait d’une grande avancée sociétale.
Ces médias détenus par des milliardaires ne supportent plus que l’information existe en dehors de leur canal. Ils ne font plus du journalisme, ils assurent un relais : on leur indique l’orientation, ils publient.
Sans les réseaux sociaux, on croirait encore qu’Epstein s’est « suicidé » après avoir simplement « fréquenté » quelques adolescentes, et que toutes les interrogations autour de lui relevaient du fantasme complotiste. Autour de cette affaire, sans les réseaux pour diffuser massivement les fichiers Epstein en 2026, Jack Lang serait toujours à la tête de l’Institut du monde arabe, et quantité d’autres responsables haut placés dormiraient encore paisiblement, après des comportements qui ne seraient jamais apparus au grand jour.
Sans les réseaux, on ignorerait également que l’« ingérence russe » en Roumanie relevait d’un parti parfaitement officiel ayant joué avec le feu en propulsant un candidat provocateur, sans aucune intervention venue de Moscou.
Et c’est précisément au moment où les citoyens prennent conscience que l’information officielle accumule les contre-vérités, tandis que sur les réseaux émergent des enquêtes brutes et courageuses, que le pouvoir se crispe et entend restreindre toujours davantage l’accès à l’information indépendante. Plus le contraste devient évident entre le récit institutionnel et la parole libre, plus la tentation de la censure s’accélère.
En clair : sans les réseaux sociaux, plus d’information citoyenne, brute, parfois chaotique, souvent courageuse. Seulement un mince filet d’information contrôlée, diffusé par des rédactions dépendantes.
C’est pour cela que le verrouillage s’intensifie. Non pour « protéger les enfants », mais pour préserver un monopole sur ce qu’il est permis de penser, et pour que les affaires dérangeantes demeurent enfouies jusqu’en 2027 et au-delà.

Jacques Cotta
13/2/2026

La galaxie Epstein et ses dessous embarrassants…

Epstein est réduit dans la plupart des commentaires à un délinquant sexuel d'envergure. Mais si cela servait à camoufler une réalité plus dérangeante. Jeffrey Epstein ne serait-il pas l'incarnation du système dans son ensemble, le capitalisme mondialisé qui ne tolère aucun obstacle pour atteindre son but, le profit, le pouvoir, le plaisir...

Vidéo de 11min13s ↴