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6 septembre 2023

Allemagne : la transition écologique vers le charbon ne se passe pas tip top

H16

Tiens, voilà que RWE, le deuxième producteur d’électricité en Allemagne, est actuellement en train de mettre plusieurs éoliennes à la casse, afin de faire de la place… à sa mine de charbon à ciel ouvert.


L’information n’a pas fait beaucoup de bruit dans la presse française et, reconnaissons-le, c’est bien dommage et parfaitement logique.

C’est bien dommage car cela fait encore une information à côté de laquelle passeront beaucoup trop de Français alors qu’elle donne de précieuses indications, notamment sur les décisions prises par les gouvernements européens en matière d’énergie et d’écologie…

Mais cette discrétion reste fort logique puisque la quantité d’ironie interne d’une telle nouvelle passe largement la dose acceptable dans les médias de grand chemin français qui calancheraient immédiatement face à une dose si massive. Quant aux écologistes, l’étouffement – voire une myocardite soudaine et coïncidente – n’est pas à écarter.

Contraints malgré tout de transmettre cette information, les officines françaises de propag d’information insistent lourdement sur le fait que la mine de charbon sera fermée d’ici 2030 au lieu de 2038 (petite victoire des écolos malgré tout), et rappellent que c’est pour surmonter l’actuelle crise énergétique européenne et ♩ sans transition ♪ passons bien ♫ vite ma chère Sandrine ♬ à la météo pardon au climat avec des températures tOTaLeMeNt anOormAales pour cette fin de saison ahem broum broum etc.


La réalité refuse cependant de se gommer derrière les pudibonderies des médias français : oui, la production d’énergie allemande patauge dans un marasme assez profond (ce qui entraîne des effets de bords déjà visibles en termes économiques sur l’Allemagne et donc sur toute l’Europe), et oui, les discours écologiques sur la transition ou l’importance des énergies renouvelables s’écrasent lamentablement devant les lois de la physique, à savoir que les rendements éoliens sont catastrophiques, intermittents et surtout largement insuffisants pour un pays développé comme l’Allemagne.

Bref, à choisir entre des moulins à vents dispendieux et capricieux et des centrales fiables au charbon, les pragmatiques Teutons ont choisi : l’éolien passe à la trappe et le charbon fait un nouveau bond en avant.

Mais tout ceci n’est en pratique qu’une petite partie des raisons qui poussent ainsi la Verte Allemagne à choisir ainsi ses exploitations de lignites sur ses petits moulins à vent décoratifs. Ce serait un peu cavalier de s’arrêter à ces raisons, si l’on oubliait de mentionner pourquoi les besoins électriques allemands doivent à présent être remplis par leurs grosses centrales à charbon cracra : après tout, ne trouvait-on pas, il y a quelques années, des centrales électriques au gaz, bien plus propres ? N’existait-il pas des réacteurs nucléaires parfaitement fonctionnels, eux aussi encore plus propres puisqu’ils ne dégagent pas du tout de dioxyde de carbone, celui-là même qui sert actuellement d’étalon de mesure à ces Verts allemands très remontés contre les énergies fossiles ?

Ah mais sapristi, ce serait ballot d’oublier que ce sont ces mêmes Allemands qui ont fait des pieds et des mains non seulement pour se débarrasser du nucléaire chez eux mais aussi pour l’en sortir de la taxonomie verte européenne et inciter les autres à s’en débarrasser aussi !

Pour rappel, cette taxonomie est celle qui permet de définir les sources énergétiques qui sont définies comme “durables”, et qui permettront d’atteindre le graal grotesque des émissions “zéro carbone” (et seront donc aptes à sinon recevoir des subventions au moins à ne pas se retrouver tabassées de malus lors de leur utilisation).

Discutée depuis 2018, cette taxonomie avait d’abord rejeté toute idée d’inclure le nucléaire dans ces énergies permettant d’atteindre ce chimérique “zéro carbone”. Les Allemands avaient ensuite très largement contribué, par leur entêtement délicieusement loin de toute réalité économique et écologique, à ce que cette source énergétique soit bannie de cette taxonomie. Cependant, les récentes difficultés énergétiques, apparues dès 2021 et aggravées avec le conflit russo-ukrainien en 2022, avaient amoindri la position allemande et, de façon assez surprenante, le nucléaire a finalement pu retrouver une place dans les énergies “de transition” autorisées.

Entre temps cependant, le pouvoir allemand, décidément pas plus fin que le français, avait fait fermer les réacteurs nucléaires encore en activité, le dernier fermant en avril de cette année, alors même que l’état critique de la production électrique du pays était connu, laissant le pays sans la moindre alternative qu’accroître sa propre dépendance au charbon cracra et grotesquement pas écologique.


Autrement dit, l’écologie au pouvoir a non seulement mis l’intégralité de l’industrie allemande dans une merde noire très carbonée en la privant d’une énergie bon marché, fiable et très peu polluante, mais en plus a-t-elle forcé le pays à accroître sa pollution atmosphérique, à détruire des centaines d’hectares de pâturages et de sols arables, à démanteler des éoliennes le tout sans parvenir à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles (tant américaines que russes, du reste).

Ce fiasco magnifique est l’illustration parfaite de ce que l’idéologie dogmatique, l’écologie politique, peut provoquer lorsqu’elle est accouplée avec l’incompétence et l’inculture technique et économique de base de dirigeants en roue libre.

Mais ce fiasco, aussi douloureux soit-il, allume aussi une petite lueur d’espoir.

Petit-à-petit, les citoyens allemands commencent à prendre la mesure du fourvoiement dans lequel les partis écolonigauds et les belles (mais stupides) paroles de leurs dirigeants les ont fourrés. De même, à mesure que les nouveaux tarifs électriques, stratosphériques, revitalisent les factures des consommateurs, les citoyens français s’aperçoivent du foutage de gueule que constituent cette transition écologique et l’abandon d’un nucléaire qui garantissait, il n’y a pas si longtemps, des tarifs jadis très abordables.


Petit-à-petit, même certains activistes se rendent compte du chapelets d’imbécilités qu’on les force à gober et commencent à s’élever contre les diktats de plus en plus idiots d’associations lucratives à buts destructifs comme Greenpeace au point d’appeler l’organisation à abandonner sa campagne “démodée et non scientifique” contre l’atome.

Petit-à-petit, des citoyens commencent à comprendre que derrière les objectifs ripolinés à la grosse brosse verte d’un “zéro carbone” inatteignable se cachent en réalité des mesures strictement liberticides qui ne visent qu’à asservir toujours plus les populations : prison ville de 15 minutes, zones “ultra basses émissions” à Londres et ailleurs, … On observe une véritable bousculade d’engagements unilatéraux des dirigeants actuels pour des mesures parfaitement attentatoires aux libertés essentielles et, pire, au simple bon sens, alors même que les citoyens montrent de façon de plus en plus claire qu’ils n’en veulent pas.

Oh bien sûr, il y a encore loin avant un retour à la raison, celle qui devrait rendre évident que la décroissance énergétique et ces projets de décarbonation pour imbéciles en plastique semi-rigide ne sont que des projets malthusiens, profondément anti-humanistes, des tentatives d’infliger misère et désolation au plus grand nombre.

Mais sachons nous réjouir de ces nouvelles ridicules qui éclairent enfin quelques esprits.


https://h16free.com/2023/09/06/75141-allemagne-la-transition-ecologique-vers-le-charbon-ne-se-passe-pas-tip-top
Radu Portocala

Éric Branca, L’ami américain, Ed. Perrin, coll. Tempus, 2022

En ce temps où l’Europe est en passe de s’inféoder inconditionnellement aux États-Unis et où la politique désastreuse de ceux-ci conduit tout le continent à la ruine, le livre d’Éric Branca est une lecture indispensable.
Spécialiste de de Gaulle et des États-Unis, Éric Branca a étudié les archives déclassifiées de Washington, retraçant toutes les étapes de l’hostilité contre le Général qu’ont manifestée les diverses administrations américaines durant ses mandats à la tête de la France. Toutes leurs tentatives, aussi, de déstabiliser le pays pour mieux le soumettre.
Il est surprenant de découvrir dans ces pages que ce que les Américains ont tenté de faire en France, à partir de 1945, est similaire à ce que les Soviétiques ont fait, à la même époque, dans l’Europe de centre et de l’Est qu’ils venaient de placer sous leur obédience.
De Gaulle s’y est opposé avec une fermeté qui lui a valu beaucoup d’animosités dans le monde occidental et même en France. Ses successeurs, eux, se sont laissés dominer, avec une docilité qui, d’un mandat à l’autre, est allée en s’accroissant.

5 septembre 2023

L’homme du mensonge et des échecs

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


Voilà que l’on voudrait nous refaire le coup de l’homme providentiel, en la personne d’Édouard Philippe. Macron l’imagine comme son légitime successeur, se croyant en Chine, où les présidents sont cooptés par le parti. Voilà le modèle politique du prince, rien de républicain et encore moins de démocratique. Édouard Philippe c’est en réalité la fausse bonne solution pour sortir la France du marasme dans lequel elle est… et dont le poulain est largement responsable. Son bilan comme premier ministre est calamiteux et il doit compter, sans doute, sur une mémoire à court terme des électeurs. Comme toujours, ceux qui ont échoué quand ils étaient aux commandes, se présentent, après une période de purgatoire forcé ou voulu, comme habités de la vertu et des talents qu’ils ont été incapables de mettre en œuvre quand ils le pouvaient.

En quoi l’homme qui a failli une première fois à rassembler les Français autour de son projet de l’époque, pourrait miraculeusement détenir les clés de la réussite à présent ? C’est pourtant ce que les médias de grands chemins s’ingénient peu à peu à fabriquer. La méthode est connue, imposer l’homme du système, choisi par les oligarques comme l’unique solution, et faire en sorte que le peuple, après un matraquage soigneux, ne voit effectivement plus que lui, les autres passant au second plan, ou mieux, se trouvant impliqués à la dernière minute dans de sordides affaires, comme ce fut le cas pour Fillon. Il y a bien un genre de système supérieur qui décide de qui peut se présenter, de qui a des chances d’être élu, de qui sera le challenger idéal du second tour, mais il faut que le vainqueur soit celui qui a été prévu. Des fois, ça rate, comme quand on nous a présenté Balladur, ou Strauss-Khan, qui étaient déjà élus par la presse et vendus aux Français comme futurs présidents.

Ne nous leurrons pas, il n’est pas le sphinx que l’on tente de nous dépeindre, ni l’homme de la situation, d’ailleurs Macron ne s’y trompe pas lui-même, qui le considère surtout comme la continuité de son « œuvre », son homme de paille… En gros, le parfait porte-flingue pour en finir avec ce qui reste de la France. On ne veut justement pas et très majoritairement, d’une continuité macroniste, on veut un changement radical. Nous avons besoin d’une personne capable de s’affranchir des injonctions des cabinets-conseils, qui aime la France et fasse passer l’intérêt des Français avant ceux d’amis étrangers, tous rencontrés et fréquentés dans le groupe international de Bilderberg, dont Philippe est répertorié en 2016, comme l’un des membres. Cela fait 40 ans que les mêmes arguments sont mis en avant pour installer au pouvoir des valets serviles, soumis soit à l’Europe, soit aux US, quand ce n’est pas aux deux en même temps. Nous avons besoin de justice, d’honnêteté et d’une prise de conscience que c’est au peuple qu’il faut demander de trancher sur des questions essentielles. Philippe n’est rien de tout cela, puisqu’il a été incapable, par faiblesse ou complicité, de s’opposer aux injonctions de Macron. Certains pourraient comparer la situation avec ce qui exista en Russie, entre Poutine et Medvedev. La comparaison s’arrête là. Macron se prenant pour un génie, est rejeté partout dans le monde, considéré comme un inconséquent prétentieux, incontrôlable, et obséquieux. Philippe sans charisme, atone, a menti à la tribune de l’Assemblée sur les masques. Il est l’homme du 80km/h, dont tout le monde revient. L’homme d’un Notre-Dame-des-Landes, où les gendarmes ont baissé la culotte devant des activistes professionnels. L’homme de la supercherie sur le volume des malades Covid dans le système hospitalier : 2 à 5 %. Il faut se souvenir qu’il avait été choisi, comme presque inconnu, sans doute pour sa seule capacité à ne pas faire d’ombre au président et à lui obéir en toutes circonstances.

Il serait donc temps que les oppositions s’occupent de rappeler quel a été son rôle dans la déchéance et le déclassement de notre pays, tout en veillant à ce que le prince ne parvienne pas à réaliser son nouveau crime constitutionnel. Mais là encore, la lenteur et la mollesse de leurs interventions ne nous rassurent pas sur leurs capacités à défendre leurs idées et les intérêts de notre pays. A les voir s’effacer aussi facilement devant ce qui arrive, nous ne pouvons qu’être inquiets sur leurs réelles envies de prendre le pouvoir et de changer les choses. Nous feront-ils mentir, c’est le vœu que nous formulons puisque nous sommes les seuls ou presque, à nous dresser contre cette fausse bonne solution.

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com
Yann Bizien

Extrait de la "Lettre aux instituteurs et aux institutrices" de Jean Jaurès (1888)

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés sont Français et doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confèrent, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation.
Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils sachent quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force.
Il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain. Alors, et alors seulement, lorsque par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.
Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Lorsque vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.
Jean Jaurès (3 septembre 1859 - 31 juillet 1914)
Jonathan Sturel

MERCREDI 13 SEPTEMBRE 2023 DE 18:00 À 19:15

Rencontre et dédicace avec Jonathan Sturel
La Nouvelle Librairie


Rendez-vous avec Jonathan Sturel pour son livre, "L'arrière-petit-fils et autres nouvelles" aux Éditions du Verbe haut.
Que reste-t-il à ceux qui ont besoin de s’échapper un instant des torpeurs qui nous entourent ? À cette question, Jonathan Sturel répond : la littérature.
Comme lecteur, il cherche dans les livres des passerelles vers des époques révolues où les âmes nostalgiques se plongent avec mélancolie et vers des lieux qu’on ne visite plus. Comme auteur, avec L’arrière-petit-fils, il invite à des voyages de cet ordre. Au fil des cinq histoires qui composent le recueil, il emmène le lecteur en pleine Troisième République dans les salons enfumés d’Hippolyte du Boidechêne pour y voir se dérouler une étonnante affaire politique et familiale ; ailleurs, c’est à l’ombre des murs d’une ancienne abbaye lorraine qu’il propose à son lecteur d’accompagner un personnage tourmenté par le deuil ; ici, c’est au fond de la boutique d’un antiquaire lyonnais que nous suivons un jeune homme à la recherche de son aïeul…
Dans les décors d’une France qui se dissipe, au milieu de couleurs familières et attachantes, l’auteur aborde entre autres la question de la mort et du deuil, de la transmission et de l’héritage, de la gloire invisible de Dieu et de la paix de l’esprit, de l’ambition littéraire et des mirages de la notoriété…
Jonathan Sturel est auteur et éditeur. Avec La délégation des siècles, il réédite des incontournables de la littérature et de la pensée enracinées, notamment les œuvres de Maurice Barrès, de Charles Péguy, de Léon de Montesquiou ou d’Hippolyte Taine.

4 septembre 2023

Véronique Faucheux

Immigration choisie...

Bien sûr, mais derrière ces belles paroles se cache énormément d'hypocrisie et de cynisme.
Drainer les diplômés africains chez nous, c'est à la fois se donner l'opportunité de les exploiter (on sait qu'ils seront beaucoup moins regardants sur les conditions de travail) et vider leur pays d'origine des forces vives et des compétences susceptibles de contribuer au développement de leur économie locale et donc d'accéder à leur indépendance.
La politique mondialiste, c'est la continuité de l'esclavage derrière des apparences d'humanité.
Le seul intérêt de l'Occident est d'exploiter les ressources de l'Afrique, matérielles et humaines. Il n'a aucun intérêt à ce que l'Afrique devienne indépendante.

Bruno Le Mammouth écrase les prix

H16

Snif, snif, mais quelle est cette étrange odeur ?

Pas de doute : voilà qu’une délicieuse fragrance vient d’envahir la France ! Alors que tout le monde avait les yeux rivés sur les thermomètres et les cartes cramoisies caricaturales d’officines météos propagandistes, de fortes volutes chargées d’une essence de collectivisme subtil avec une pointe de dictature zimbabwéenne se sont répandues dans le pays qui en respire maintenant de grosses bouffées odorantes.

C’est ainsi qu’on apprend, quelque peu surpris non par l’annonce mais plutôt par le culot déployé, qu’Emmanuel Macron regrette presque amèrement que les quinquennats soient actuellement limités à deux : déclarant que cette limitation est une connerie funeste, notre adulé président espère sans doute qu’en vocalisant ainsi de façon claire ses regrets, la liesse populaire qui l’entoure saura propulser un élan nouveau dans les deux chambres parlementaires qui, d’ici 2027, pourraient alors s’ouvrir à cette si délicieuse possibilité et travailler à une révision constitutionnelle permettant à notre politicien prodige d’enfiler un troisième mandat sous les bravos de la foule subjuguée.


Outre l’envie manifestement dévorante de vouloir comptabiliser finalement plus d’années au pouvoir qu’un Mitterrand actuellement détenteur du record de la Cinquième République, notre freluquet tente donc de conserver le pouvoir indépendamment de toute réalité constitutionnelle et, plus important encore, de toute réalité citoyenne, son assise réelle pouvant objectivement être remise en question. Qu’à cela ne tienne : des ballons d’essais ont déjà été lancés et peu importe leur côté grotesque, on prépare l’opinion à avaler cette nouvelle couleuvre qui ne dépareillerait pas un régime africain, sud-américain ou soviétique d’antan.

Et puisqu’il est question de ces réussites collectivistes menées par des Hommes Providentiels à Poigne auxquels Macron semble vouloir s’identifier de plus en plus, difficile de passer à côté des dernières déclarations de l’ineffable Bruno Le Maire dont les dilatations intellectuelles ne finissent plus d’emplir l’actualité française.

Il faut dire qu’avec cette rentrée, particulièrement chargée en misères et pénibleries, le terrain était propice et la sciure déjà étalée sous le chapiteau pour que les pitreries de nos clowns à roulettes du gouvernement s’enchaînent avec frénésie : avec une inflation officiellement autour de 4.5% (et 13% en ressenti) et qui ne permet plus de placer la France parmi les pays épargnés par le phénomène dans la zone euro, il était temps pour eux de montrer de quel bois éco-conscient recyclé ils se chauffent sans particules fines.


C’est donc tout logiquement que le Bruneau de Bercy a décidé d’écraser des milliers de prix : après avoir, comme tout petit caporal d’une dictature digne de ce nom, convoqué sommairement des industriels et des dirigeants de la grande distribution pour leur rappeler qui est le patron en France, il a décrété un solide blocage des prix sur 5 000 produits “qui ne bougeront pas ou baisseront”, selon les mots du ministricule.

Selon le gouvernement, l’objectif est d’obtenir une baisse des tarifs dès le mois de janvier 2024.

Ce relatif éloignement temporel est fort commode : d’ici là, il est possible que l’inflation – qui porte pour le moment essentiellement sur l’alimentaire – sera plus fortement ressentie sur l’énergie, ce qui permettra de désigner d’autres responsables (les méchants pétroliers et le vilain Poutine, très certainement). Et comme en quatre mois, il se passera forcément beaucoup de choses, plus personne ne se souviendra alors des gesticulations de Bruno à la fin du mois d’août.

En outre, on peut raisonnablement se demander quel instrument pratique notre ministricule va bien pouvoir utiliser pour contraindre effectivement les vendeurs et bloquer les prix : on sent un effet d’annonce, de la pure communication, du verbal au petits bras, mais on peine à voir comment, concrètement, Bruno pourrait s’y prendre sans se retrouver dans un imbroglio juridique ou, plus simplement, sans montrer sa totale impuissance.

Bref, c’est un pari risqué et ce d’autant plus qu’un blocage des prix n’a jamais abouti qu’à une chose : l’apparition spontanée, systématique et prévisible de pénuries sur les denrées concernées.

Ceci n’est pas une figure de style et de nombreux exemples, passés et récents, illustrent fort bien ce qui, inévitablement, va se passer dans les prochains mois en France.

Ainsi, on pourra exhiber l’exemple du Zimbabwe qui a cru malin de juguler une hyperinflation particulièrement musclée en plafonnant les prix et qui s’est retrouvé très vite avec des rayons vides dans ses supermarchés. Cette situation est tout à fait similaire avec ce qui se passe régulièrement dans les pays d’Amérique du Sud, Venezuela ou Argentine en tête, dont les dirigeants ont les mêmes pulsions démocratiques que Macron et la même finesse d’analyse économique que le Bruneau et aboutissent tous à la même litanie de pénuries, d’abaissement drastique de qualité des biens et services rendus, publics ou non, dès lors que ces blocages sont mis en place.


Les récents événements au Sri-Lanka ont en partie été provoqués par un blocage des prix du riz, suite à des décisions aussi écologiques que débiles sur les pesticides, du reste (et non, la concomitance des idées idiotes en écologie et en économie ne doit rien au hasard).

Est-il utile de s’étendre sur un autre blocage de prix, celui des loyers typiquement, qui aboutit – là encore de façon systématique – à un accroissement du nombre des sans-logis et une baisse de l’entretien et de la qualité des logements mis sur le marché ? L’actuelle situation parisienne, dont certains loyers sont bloqués administrativement, illustre parfaitement le problème.


Enfin, un exemple récent de blocage des prix sur… le gel hydroalcoolique, qui avait presqu’instantanément provoqué sa disparition de toutes les pharmacies de France, aurait dû laisser des traces malgré les mémoires de piaf de nos dirigeants. Eh non, Bruno, le gel hydro-alcoolique de 2020, il fallait t’en servir comme une leçon économique et non l’avaler goulûment !

Bref, il n’y a pas beaucoup à parier que cette lumineuse expérimentation supplémentaire d’un blocage des prix se terminera de façon rocailleuse pour le Français : ou bien les rayons vont étrangement s’éclaircir et un marché noir se développer et le consommateur va devoir s’adapter à ces pénuries ou ces nouveaux modes de consommation sous le manteau, ou bien, à l’autre bout du spectre, de nombreux fabricants ou producteurs vont subitement fermer leurs portes.

Plus de blocages, plus de pénuries, plus de chômage ? Décidément, les mois qui viennent s’annoncent pétillants ! Décidément, la France était au bord du gouffre et Macron l’a mise En Marche.


https://h16free.com/2023/09/04/75143-bruno-le-mammouth-ecrase-les-prix

3 septembre 2023

IMMIGRATION ET UTILITARISME LIBÉRAL

Gabriel Nerciat

Une fois de plus, les libéraux cosmopolites, bras armés de la propagande progressiste et atlantiste en France et en Europe, repartent à l'attaque avec toujours le même argument : démographique et économique (laissant à la gauche et à l'extrême-gauche, par une bonne division du travail, l'argument humanitaire et moral).
La rhétorique est simple, bien rodée : les Français sont vieux et de moins en moins prolifiques, ou alors jeunes mais très fainéants ; sans l'apport de l'immigration arabo-africaine, l'économie française, en manque de bras et de nouveaux cerveaux, est condamnée à dépérir et à mourir.
Que vaut le risque d'un ou deux, voire même de deux cents ou trois cents Mohamed Merah, en échange des millions de vaillants travailleurs allogènes que le Maghreb, l'Afrique occidentale ou l'Afghanistan sont prêts à nous fournir pour le demi-siècle qui vient...
Cet argument utilitariste et économiciste, je ne l'ai pas entendu une ou deux fois dans ma vie, mais des dizaines de fois.
Je me souviens notamment de ce cadre dirigeant d'une des plus célèbres et importantes entreprises multinationales françaises, qui lors d'une conférence devant des étudiants parisiens à laquelle je participais, il y a déjà sept ou huit ans, leur a asséné : "Non seulement les migrants qui viennent d'Afrique feront les enfants que vous ne ferez pas, mais en risquant leur vie pour venir s'installer en Europe, ils doivent devenir des exemples pour vous qui n'avez eu qu'à naître ici. Si vous n'en voulez pas dans ce pays auprès de vous, alors c'est nous qui ne voudrons plus de vous."
Dans le public, personne n'a osé broncher, et des désirs de meurtre m'ont traversé le cerveau.
A chaque fois que je suis confronté à ce laïus, je me contente comme alors de faire remarquer que si le déclin démographique d'une nation est certes préoccupant à plus d'un titre, il a en revanche une vertu : il rend plus précieuse la valeur du travail d'un jeune autochtone dans un pays en manque de main d'oeuvre salariale.
Quand j'ai avancé l'idée, j'ai vu quelques discrets sourires s'esquisser devant moi - et je crois bien que la pulsion homicide a changé de boîte crânienne.
Les jeunes gens à qui l'on assène ces insanités sont-ils capables de comprendre que si la France perd d'ici quelques années une dizaine de millions d'habitants, non seulement elle ne disparaîtra pas, mais mécaniquement elle verra les salaires des actifs redevenir nettement plus attractifs ou décents qu'ils ne sont depuis quinze ans, du fait précisément de la concurrence légale et illégale suscitée par l'immigration de masse, et aggravée par les contraintes du libre-échange et de l'euro.
Les scores du RN, et l'âge moyen de ses électeurs, aux dernières élections nationales sembleraient l'accréditer, mais ma foi on n'est sûr de rien. Ce ne serait pas la première fois que le dogmatisme et l'idéologie obscurciraient la raison. 3/9/2023


2 septembre 2023

Jean-Dominique Michel

Ceux qu'on voit et ceux qu'ils cachent...
Premier volet de la conclusion des 40 épisodes de "Covid non-censuré".
Avec LA question qu'il faut poser : qui est responsable de cette dérive totalitaire et de cette tentative de coup d'État ?
Émission du 1er septembre 2023


La série intégrale est accessible sur : https://odysee.com/@Covid-non-censure
René Chiche

1 septembre 2023

Radu Portocala

Pendant douze ans, à l’école, j’ai porté – nous avons tous porté – un uniforme. Il n’était pas beau, mais il n’était pas horrible, non plus. Juste de mauvaise qualité. Il s’usait, donc, vite et prenait un aspect assez misérable qui n’était pas sans nous déplaire.
Nous ne nous sentions pas vexés ni brimés par cette obligation. Nous avions, pour cela, d’autres raisons, bien plus graves – et ces autres raisons pourraient, hélas !, se retrouver aujourd’hui, ici, dans cette société chancelante, compliquée, appauvrie.
En 1981, je vivais encore à Athènes. Arrivés depuis peu au pouvoir, les socialistes ont aboli l’uniforme à l’école. Lorsque cette mesure « révolutionnaire » est entrée en vigueur, la très jeune fille de mes voisins est revenue à la maison en disant à ses parents : « Maintenant on sait qui est riche et qui est pauvre. » Belle victoire de la libéralisation socialiste…
On brasse beaucoup d’air, ces derniers jours, en France, à ce sujet. J’entends des gens à qui l’éventuelle introduction de l’uniforme obligatoire à l’école semble faire peur, comme s’il s’agissait d’une forme de persécution dictatoriale infligée aux élèves. Les mêmes gens qui, par ailleurs, regardent avec une certaine indifférence toutes les formes de censure qui s’installent, les manipulations qu’ils subissent, le lavage permanent de leurs cerveaux. Non. Pour eux – et ils ne sont pas peu nombreux – le danger, c’est l’uniforme.

La Macronie, ou le foutage de gueule permanent

Vincent Verschoore

À l'heure où la sécurité énergétique française est attaquée par ses "amis" américains et allemands qui veulent la fin de son parc nucléaire, à l'heure où la récession économique frappe à la porte et où un nombre conséquent de familles "déconsomment" massivement, c'est-à-dire ne mangent plus correctement, ne sortent plus, et auront froid cet hiver du fait de la participation française à la démence euro-atlantiste, à l'heure où certains industriels utilisent l'inflation galopante pour cacher des hausses de prix qui, en plus d'une fiscalité punitive, obèrent les comptes de ces mêmes ménages, à l'heure où le taux de faillite des PME/TPE atteint des records, à l'heure où la santé publique part en vrille sous les coups de l'ineptie technocratique et des effets du covidisme (plus personne ne veut travailler là-dedans), le psychopathe en chef fait la seule chose qu'il sache faire : gagner du temps en maniant le "et en même temps" et la rhétorique de l'absurde, genre "la limite à deux quinquennats est une funeste connerie" ou prétendre sauver une éducation nationale au stade terminal en interdisant l'abaya.
Du temps qui permet à sa politique de destruction et de vassalisation au profit de ses amis du grand capital de faire son œuvre, et pour laquelle il sera ensuite grassement récompensé au sein de prestigieux conseils d'administration chez, au hasard, McKinsey, Pfizer, Amazon et quelques joyaux du complexe militaro-industriel. À moins qu'il ne brigue la présidence de l'UE, là où comme sa pote Ursula aujourd'hui, il pourra baigner tranquillement dans la corruption permanente d'un EuroSoviet décomplexé.
Macron n'est évidemment pas seul. Des gens similaires occupent des postes similaires dans la majorité des pays occidentaux, et il a le support de "la caste" dont il est issu, nom donné à la clique des hauts fonctionnaires qui utilisent leur mainmise sur l'État pour garantir leurs propres privilèges en instaurant une démocratie de pacotille.
Mais, au fond, que veulent ces gens ? Ils instaurent le chaos puis en appellent à "l'ordre", ils encensent la guerre (contre le Covid, contre les Russes) justifiant les privations (qu'ils ne connaissent évidement pas eux-mêmes). Ils semblent rêver d'un monde où chacun (hors eux-mêmes et ceux dont ils ont besoin, bien sûr) serait pisté, QRcodé, décérébré, affamé, matraqué, refroidi voire non-né au nom d'une gestion agricole des populations, là où les confinements et les "médications" non consenties vont de soi, et où n'importe quel crétin chef de sévices sauce Castex ou Véran peut décider si le café se prend assis, debout, ou pas de café. [...]

Une rentrée sous le signe de la déroute totale

H16

Nous sommes le premier septembre et conformément à tout ce qu’on pouvait prévoir, la rentrée est déjà particulièrement piquante pour Macron et son gouvernement.

Il faut se résoudre à l’évidence : la situation est quelque peu tendue.

Sur le plan politique, la multiplication des 49.3 et autres agitations cosmétiques commencent à peser sur le petit chef de l’État à tel point que, pour ne pas changer les formules qui occupent le terrain médiatique sans produire le moindre résultat, il a une nouvelle fois convoqué des gens pour leur parler. Parfois, ce sont des citoyens. D’autres fois, des grands patrons. Cette fois-ci, ce fut les chefs de partis de l’Assemblée.

De ceci, il ne ressortira d’autant plus rien du tout que très visiblement, même Macron n’a aucune idée de ce qu’il fait. Il brode. Il improvise. Il frétille.


Pendant ce temps, la France coule.

C’est visible partout, et les gesticulations politiques – qui n’intéressent finalement qu’un petit milieu autocentré – ne parviennent plus à camoufler le véritable effondrement de ce qui, jadis, faisait la réputation française.

Certes, pour le moment, l’art culinaire n’est pas encore complètement saboté mais il n’en va pas de même du légendaire système de soins (que le monde nous aurait envié, il y a encore quelques dizaines d’années). Les articles se suivent et se ressemblent de personnes mourant dans des couloirs d’urgences ou de patients oubliés des douzaines d’heures sans soins.

Petit à petit, les Français se rendent compte que leurs urgences hospitalières n’offrent plus aucune garantie ni de moyen, ni de résultat et que pour certaines, il y a une vraie prise de risque à les fréquenter comme en témoigne le récit affolant de cette mère de famille confrontée au CHU de Bordeaux dont on se demande s’il n’a pas sombré dans le tiers-monde avec certains quartiers de la ville.

La France, c’était aussi – il y a vingt ou trente ans – une diplomatie reconnue sur toute la planète. Les choix calamiteux, consternants et systématiquement contre-productifs dans le domaine des présidents Sarkozy, puis Hollande et Macron à présent ont résolument conduit au désastre actuel qui touche son apothéose avec ce qui se passe actuellement au Niger et, plus récemment encore, au Gabon.

Avec une obstination qui confine au crétinisme pathologique, nos décideurs se rassureront en expliquant que tout ça n’est que la faute des Russes, forcément.


La France, c’était aussi une instruction à la portée de tous.

À présent, c’est devenu un véritable champ de foire et l’occasion pour certains de pousser leurs agendas politiques les plus toxiques de toutes les façons possibles. La récente polémique vestimentaire (les abayas, ça change vraiment des burkas et des tchadors, tiens), attisée par ce freluquet d’Attal, nouveau ministricule maintenant en charge de l’Éducation nationale, masque mal l’absence maintenant complète d’objectifs clairs pour l’institution, en perdition dans ses programmes, ses réformes et ses principes grandiloquents depuis longtemps inapplicables, et surtout de résultats tangibles pour les élèves français dont le niveau sombre inexorablement.

La France qui fut jadis une nation puissante et riche, doit maintenant tenter de rétablir ses finances grâces aux fabuleux conseils d’un poussif auteur de romans de gare sulfureux dont les élucubrations économiques ont déjà provoqué de gros dégâts. Prétendant lutter contre l’inflation, c’est sur Bruno Le Maire qu’on devra compter pour tenter de juguler l’effondrement de la consommation des Français : si l’épicerie et la crèmerie baissent par exemple de 2%, l’entretien, la droguerie, l’hygiène et les alcools dégringolent de 10% ce qui est sans précédent.

Le peuple coupe dans le non-essentiel avant d’avoir à le faire aussi dans l’essentiel (l’alimentaire), pendant que le Bruneau de Bercy se gargarisera de ses résultats fantasmés.

Bref, c’est une déroute totale.

Malheureusement, ces constants n’ont en fait rien de surprenant : les dirigeants français se succèdent au pouvoir depuis trente ans en s’entre-promouvant les uns et les autres, sans pourtant avoir démontré la moindre capacité à prévoir, planifier et anticiper ce qui se passe et ce qui, bien souvent, était pourtant prévisible et même prévu.

Certains, trop généreux, partiront du principe que ces bourdes à répétition et ces choix politiques calamiteux sont le fait d’un plan mûrement réfléchi, d’une espèce de volonté de sabotage qui aurait, plus loin, une concrétisation, un aboutissement spécifique recherché par ces dirigeants. Malins, tout se déroulerait comme prévu, c’est-à-dire mal.


Ce n’est pas le cas : s’il est clair qu’il y a – parfois – la volonté d’obtenir l’une ou l’autre réaction de la part de l’opinion publique, s’il est évident que des opérations psychologiques sont – parfois – mises en place et que ces dirigeants ont bien du mal à cacher une vision à la fois malthusienne, collectiviste et complètement viciée de l’Humanité, il est aussi clair que les actuels dirigeants n’ont tout simplement pas les moyens pratiques et encore moins intellectuels d’aboutir à leurs fins sans se gameller assez spectaculairement.

Et non seulement, comme tout humain faillible, ils font des erreurs, des bévues, des boulettes et des gaffes, mais elles ont actuellement tendance à se multiplier à mesure que leurs plans, leurs historiettes (qu’on appelle “narratifs” de nos jours pour être à la mode) sont dépassés par la réalité, que leurs petites manipulations sont éventées, que leurs manigances tournent au fiasco.

Confondant leur suffisance avec un machiavélisme qui leur est inatteignable, toisant le peuple seulement parce que ceux qui les entourent sont avachis ou encore plus bas qu’eux, ils affichent leur arrogance de plus en plus ouvertement (dernier exemple en date ici).

Alors oui, ils ne sont pas tous idiots, mais il est loin le temps où les dirigeants étaient effectivement issus de l’élite, qu’ils s’illustraient par la vivacité de leur esprit, des traits de caractères brillants ou une intelligence hors norme.

La France n’est plus que l’ombre d’elle-même : cela fait longtemps que nous n’y avons plus sélectionné des dirigeants parmi la crème de la crème. Nous n’avons plus que des arrivistes, bourrés de tics et de vices, qui nous emmènent à la misère et à leur propre destruction, tout en étant persuadé d’avoir tout mieux compris que les autres.

Ce pays est foutu.


Maxime Tandonnet

Une analyse de l’invitation des chefs de partis politiques par le président de la République (pour Atlantico, avec M. Michel Maffesoli)

• Alors qu’Emmanuel Macron organise un dîner travail avec les principales figures de la majorité ce mardi et alors qu’il s’apprête à recevoir ce 30 août toutes les forces politiques du Parlement à un après-midi de discussions pour bâtir des accords « utiles pour la France », dont certains pourraient être soumis à référendum, le chef de l’État est mobilisé dans le cadre de son « initiative politique d’ampleur ». Même si les compromis transpartisans peuvent être utiles, ils ne peuvent se substituer à une orientation globale tranchée. Or, Emmanuel Macron n’asphyxie-t-il pas la démocratie et le débat public à travers cette stratégie ? Le chef de l’État ne confond-il pas les valeurs, les mesures techniques et le cynisme tactique ?

En soi, il n’y a rien d’extraordinaire à ce que le chef de l’État réunisse les leaders des partis politiques. Il est dans son rôle traditionnel de président de la République. Le problème tient au contexte dans lequel cette initiative intervient. Le président passe sa vie et son mandat à vouloir occuper le terrain médiatique par des initiatives de communication. Depuis six ans, il semble engagé dans une course perpétuelles aux formules qui lui permettent de se maintenir au-devant de la scène : les slogans « transformation de la France » et sortie de « l’ancien monde », les « conventions citoyennes » avec tirage au sort (sur la fin de vie, ou l’écologie), le « grand débat » après la crise des Gilets Jaunes, « le jour d’après » à l’issue du premier confinement, puis « la fin de l’abondance » à la rentrée 2022, le « conseil pour la refondation », les « cent jours » destinés à l’apaisement après le mouvement social sur les retraites et désormais « l’initiative d’ampleur » en vue d’un « préférendum » (sic). Tout cela débouche sur une succession de fiascos. Cette mise en scène perpétuelle ressemble à une fuite en avant pour étouffer la réflexion sur le bilan de son action ou l’absence de cap, de projet.

Que faut-il penser de la mécanique intellectuelle à l’œuvre chez Emmanuel Macron à travers ces projets ? La volonté du chef de l’État à dépasser les clivages ne s’apparente-t-il pas à un nouveau gadget et cela ne fragilise-t-il pas la démocratie ?

Parler de « mécanique intellectuelle » ne me semble pas approprié. C’est sans doute plutôt au niveau de sa psychologie qu’il convient de se situer. A la suite de son élection surprise en 2017, l’actuel chef de l’État s’est présenté en « président Jupiter » c’est-à-dire le dieu des dieux de l’Olympe et en héros national, affirmant que son parcours répondait au « goût des Français pour le romanesque ». Puis, il n’a jamais cessé d’essuyer les revers, les déceptions, l’impopularité. La sensation de prestige se transformait en humiliation. A la suite de sa réélection de 2022, produit des circonstances que furent le covid 19, la guerre d’Ukraine, l’absence d’adversaire crédible, et une nouvelle fois la présence de Mme le Pen au second tour, le résultat des élections législatives, lui refusant une majorité absolue, a représenté un désaveu populaire cinglant. De coup de com’ en coup de com’, le chef de l’État se trouve engagé dans une course sans fin pour exister, être reconnu, tenter de reconquérir l’estime du pays dans son ensemble. Il apparaît et parle quasiment tous les jours. On s’est beaucoup moqué de « l’hyper présidence » de Nicolas Sarkozy. Or nous sommes désormais dans l’hyper présidence au centuple mais cela n’intéresse plus personne à force de banalisation. Un engrenage infernal est enclenché : plus le président se met en scène, plus il banalise sa présence et moins il intéresse l’opinion. Et dès lors, il lui faut toujours plus paraître pour se donner en spectacle et forcer l’attention… L’enjeu est à ses yeux de tenir le terrain pendant un an jusqu’aux JO où il compte renouer avec le triomphe. Tout cela n’a évidemment plus aucun rapport avec la démocratie au sens du pouvoir du peuple. Nous sommes dans une pièce de théâtre absolument déconnectée de la réalité de la France profonde et de ses difficultés.

En quoi Emmanuel Macron cherche-t-il à rendre les oppositions impuissantes en niant le clivage et les corps intermédiaires, alors que c’est ce qui est au fondement de la démocratie ? Les gadgets déployés par Emmanuel Macron ne démontrent-ils pas sa propension à rejeter le clivage et son utilité démocratique alors qu’il permet la canalisation de la violence de la société par la politique ?

Nous sommes dans le paradoxe de la personnalisation du pouvoir à outrance. Emmanuel Macron se présente, depuis 2017, en président Jupiter, unique incarnation de l’autorité politique en France. Mais le mythe du chef tout puissant est une sorte de compensation à l’impuissance du pouvoir. Plus le pouvoir politique se montre dans l’incapacité intrinsèque de répondre aux difficultés ou aux malheurs de la France (déclin scolaire, industriel, énergétique, pauvreté, violence, inflation, crise de l’hôpital et du logement, perte de la maîtrise des frontières, etc), plus il est tenté de cultiver l’image du père protecteur, sauveur providentiel et la grandiloquence. Cette conception du pouvoir est profondément manipulatrice et mensongère car dans la société moderne, les ressorts de l’autorité sont infiniment complexes et le destin d’une nation, aujourd’hui, ne tient pas dans les mains d’un seul individu. En tout cas cette vision autocratique aboutit à vouloir affaiblir ou soumettre toute autre source rivale de pouvoir : le gouvernement, exclusivement composé de ministres courtisans, le Parlement dont la souveraineté est anéantie à l’image d’une réforme des retraites immensément impopulaire et adoptée sans vote de l’Assemblée nationale, les collectivités territoriales, méticuleusement asphyxiées, la haute administration, asservie et saccagée par la suppression de ses métiers (préfets, ambassadeurs, etc). Une opération de communication comme la convocation des chefs de partis, ou encore l’annonce d’un « préférendum » vécu comme un gadget inutile, auront du mal à couvrir cette destruction pierre par pierre de la démocratie vivante qui s’accompagne d’un effondrement de la confiance populaire.

Ces tentatives d’Emmanuel Macron de reprendre la main sur le plan politique ne servent-t-elles pas à masquer les dissensions au sein de la macronie, sur l’immigration notamment ?

Sans doute, mais ce n’est qu’un aspect du sujet. La situation présente est profondément absurde. Nous avons un président élu qui est censé incarner à lui seul le pouvoir politique. Il est en place pour encore quatre ans et, du fait des institutions, intouchable et protégé de toute mise en jeu de sa responsabilité personnelle. Privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale, il se trouve plus que jamais réduit à l’impuissance. On ne dira jamais assez à quel point la supposée réforme des retraites, adoptée aux forceps et au prix d’une profonde déchirure de la France, est creuse et inconsistante. Mais la situation politique semble irrémédiablement bloquée. Un homme d’État de caractère et visionnaire tenterait quelque chose pour sortir de l’impasse : une dissolution ou un référendum sérieux mettant en jeu la poursuite de son mandat sur un modèle gaullien. Nul n’imagine l’actuel chef de l’État, dont la grandiloquence se présente comme le masque de la prudence le concernant et de l’indécision, prendre un tel risque. Au-delà de sa personne et à travers elle, c’est tout un système, un régime fondé sur la vision mensongère du « chef tout-puissant » pour compenser la faillite du pouvoir politique à régler les problèmes des Français, qui montre aujourd’hui son extrême toxicité. 31/8/2023

https://maximetandonnet.wordpress.com/2023/08/31/une-analyse-de-linvitation-des-chefs-de-partis-politiques-par-le-president-de-la-republique-pour-atlantico-avec-m-michel-maffesoli/

"Slava Ukraini" : un excellent biopic sur BHL qui donne envie d’envahir la Pologne

Samuel Piquet - Marianne


« Slava Ukraini », le film de BHL sur BHL joué par BHL renouvelle le genre du film de guerre en le mettant au service des deux seules véritables valeurs contemporaines : le narcissisme et l’onanisme.

C’est un peu l’évènement de la rentrée, au moins aussi attendu que les premiers récits de vacances des collègues à la machine à café. Le film de BHL, Slava Ukraini, qui avait déjà réuni pas moins de 1 024 personnes en salles dont 1 023 journalistes, soit seulement 20 442 976 personnes de moins que Bienvenue chez les ch’tis est désormais visible sur Canal plus à la demande. Oppenheimer et Barbie peuvent trembler. À mi-chemin entre Platoon et Starship Troopers, ce grand film sur la guerre en Ukraine de BHL a été réalisé par Bernard-Henri Lévy, joué par Bernard-Henri Lévy et narré par Bernard-Henri Lévy. Sans qu’on ne parvienne jamais à savoir si le ton employé et la scansion, qui feraient passer Michel Houellebecq pour un monstre de dynamisme et feu Benoît XVI pour un sacré boute-en-train, sont volontairement parodiques. C’est un des deux mystères du documentaire avec l’intérêt des interventions du philosophe.

On ignore si c’est lui également qui joue au piano la musique du film mais cela ne nous étonnerait pas tant ce virtuose a plus d’un tour dans son gilet pare-balles qu’il porte avec élégance sur le costume pour mieux tromper l’ennemi. On le voit tour à tour prendre la parole dans un anglais impeccable que n’aurait pas renié Raffarin, parler aux généraux, aux soldats, inspecter une arme, écrire « Victory is close » sur un drapeau ukrainien ou consoler les affligés, et ce n’est que par pudeur qu’il ne s’est pas filmé en train de guérir les malades.

Au bout de 4’05 a lieu le premier évènement du film : un plan sans BHL sans doute glissé par erreur et qui perd par conséquent tout intérêt. Fort heureusement, toute la suite n’est qu’une longue déclinaison des talents de l’auteur, aussi innombrables que les neurones d’Aurore Bergé. Car beaucoup l’ignorent, mais BHL est un grand stratège, ce n’est donc certainement pas par vanité qu’il se met en scène dans des villes dévastées, mais par pure générosité, pour faire bénéficier l’armée ukrainienne de son génie géopolitique au moins équivalent à celui d'Anne Hidalgo. Régulièrement, il n’hésite pas à désarçonner ses interlocuteurs en leur posant des questions aussi décisives et ingénieuses que : « Les Russes vous tirent dessus ? ». Sans son documentaire, qui l’aurait su ? Il s’interroge aussi sur « cette guerre folle » sachant trop bien qu’historiquement il ne s’est toujours agi que d’actes raisonnables et d’envois de ballons en forme de cœur ou de missiles de barbe à papa. Bref, comme il le dit si bien lui-même après avoir interrogé un témoin, « ça change des experts occidentaux qui, au même moment, nous prédisent une guerre sans vainqueur. »

ENTRE PYTHIE ET PITIÉ

Comme on le devine à cette réflexion, BHL est aussi un grand visionnaire, une sorte de prophète moderne capable de prononcer des oracles avec la fréquence d’un twittos compulsif car il sait mieux que quiconque que « tout au fond était écrit ». Il déplore : « L’Europe court à l’abîme et nul ne veut l’entendre ». Pas l’auteur de Looking for Europe qui aurait certainement préservé la paix sur notre continent si tout le monde avait couru voir sa pièce.

Bien conscient de son rôle de messie de notre époque, celui que Dominique de Villepin avait qualifié de « Christ sans plaies » parsème généreusement son documentaire de références à ses anciens films afin de multiplier les chances des téléspectateurs d’accéder au salut par la foi en lui. Rencontrant l’officier du renseignement du régiment Azov, Ilia Samoilenko, dans les sous-terrains d’Azovstal, le narrateur-acteur principal se demande par exemple : « Quel souvenir a-t-il de notre dialogue d’alors et de l’idée que j’avais lancée d’un bateau français de la dernière chance évacuant dans l’honneur les assiégés de Marioupol ? » C’est effectivement LA seule question qui vaille. Même lorsqu’il visite une aciérie, le demi-dieu français ne peut s’empêcher de rappeler un épisode passé le mettant en scène et loue « ces ouvriers d’Ukraine en train de produire des containers semblables à celui qui nous abrita sur la route de Koupiansk ». L’unité de temps de lieu et d’action du théâtre classique peut aller se rhabiller : elle est définitivement surpassée par l’incroyable unité du « tout est BHL ».

SUBLIMÉ PAR LA POÉSIE DE BHL

Mais l’orateur-prophète sait également se muer en philosophe-poète pour délivrer son message avec plus de force. Il sait aussi bien prendre des accents hugoliens (« Et cette vérité terrifiante qui sourde la terre pétrifiée : nulle part il n’est écrit que l’humanité doive durer ») que poser des questions métaphysiques aussi profondes qu’Augustin Trapenard : « Les chemins de la liberté seraient-ils aussi ceux de la mort et du deuil ? ». On a déjà hâte de ne pas connaître sa réponse.

In fine, hormis quelques rares témoignages de soldats ou de bénévoles assez ennuyeux et hors-sujet sur leur rôle dans l’évacuation des habitants, ce biopic sur BHL est très réussi. Le réalisateur parvient constamment à se départir d’un manichéisme facile et à introduire des nuances qui donneraient presque envie de prendre la nationalité russe : « L’idée des Russes, c’était, une fois de plus, celle des mauvais combattants et des lâches. Vaincus à la loyale, on se venge sur les civils et comme Hitler signant le 19 mars 1945 le décret de la terre brûlée, on détruit tout avant de se retirer. » Comme il est impossible d’écrire aussi bien que le philosophe-poète, laissons-lui l’honneur de conclure par cette nouvelle prière qu’il nous tarde déjà d’inscrire dans les missels progressistes de l’Église du Saint-Poncif : « Puisse ce film sans fin et que nous livrons ainsi en cours de route alors que l’ange de l’histoire hésite encore armer les cœurs et les âmes, faire que l’esprit de résistance perdure et dissiper en nous les cendres de la grande lassitude. » Amen. 31/8/2023

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