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14 février 2024

La guerre contre la Russie pour rester au pouvoir ?

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


14/2/2024 - Que reste-t-il au camp des gentils pour sceller dans l’histoire la marque de l’absolutisme dont ils parent leurs actions, sous couvert de valeurs qu’ils détournent, violent et méprisent ? La guerre, voyons. Elle occupe toutes les rédactions, constitue la seule alternative pour régler un différend international. Il ne vient plus à l’idée d’un journaliste de penser qu’une négociation vaut mieux que des milliers de morts. N’est-ce pas Brissot qui poussa la France au combat, martelant que c’était le seul moyen de sauver la liberté de la nation face à la tyrannie royaliste et de ses conspirateurs réfugiés au-delà de nos frontières. « Nous lui devons 23 ans de guerre » écrira Jaurès. Les brissotins sont de retour, pour cette fois préserver les intérêts d’une caste en chute libre, déconnectée et sanguinaire. L’exaltation est la même, dépouillée du talent de l’orateur révolutionnaire. 50 milliards pour que se poursuive un massacre dont l’issue est scellée.

Pourtant ils insistent, comme si leur salut dépendait nécessairement d’un embrasement plus vaste, ne cherchant plus un autre horizon que celui d’un conflit qui permettrait d’installer un état d’urgence justifiant un régime autoritaire ? La surenchère est lancée, à présent notre ministre des affaires étrangères veut un emprunt de 100 milliards et se mettre sous la tutelle de l’OTAN et de l’UE, pour suivre le plan diabolique qui nous conduira à cette guerre dont ils rêvent. Ce n’est plus une simple vue de l’esprit, c’est le dessein qui s’affiche avec effroi. Il y a d’abord eu les inconséquentes déclarations de Macron, en Suède, sur la mise à disposition de notre dissuasion nucléaire à l’ensemble de l’Europe. Puis celles de Séjourné et voilà les chiens de garde envoyés pour préparer les foules. Nicolas Tenzer, haut fonctionnaire, philosophe essayiste, professeur, à des lieues de toute formation purement militaire, déclare sur LCI : « nous avons tout à fait les moyens d’intervenir sans déclencher une troisième guerre mondiale ». Que sait-il de la réaction de Poutine ? Justement, de l’avis des militaires, nous ne les avons pas, ces moyens. Comme l’an passé, Macron livrant des armes en s’auto-estimant non-cobelligérant. Ces gens tournent autour de leur suffisance. Pour ce faire, il envisage la possibilité de « … frapper des troupes russes, toutes les bases logistiques, avec nos armes ». Le même personnage avait l’an dernier appelé à la « dérussisation » de la Crimée, c’est-à-dire à son nettoyage ethnique. Les provocations n’ont plus de limites.

Quelle marge de manœuvre existe-t-il entre ces dérapages verbaux et leurs concrétisations en actes ? Ce n’est plus une volonté, c’est de l’acharnement. Une frénésie guidée par le culte du drame, une fascination pour la force et la destruction. La passion morbide d’un conflit où ces piètres personnages veulent exhiber une virilité guerrière qu’ils n’approchent qu’en fantasmes, ou à travers des jeux vidéo. Inconséquences, faiblesses, ces âmes égarées se rêvent puissantes sous de mâles accents qui leur font cruellement défaut, confondant puissance et respect, avec violence et intimidation. Face au bruit du canon, l’attitude de ces pleutres est toujours la même, la fuite. Macron ne vient-il pas d’annuler sa visite en Ukraine pour des raisons de sécurité ? Lorsque le courage ne s’exerce que dans les mots et loin des risques, la poltronnerie n’est jamais bien loin. Mais le personnage nous a habitué à ces débandades. Souvenez-vous, pendant la crise des Gilets jaunes, ou plus récemment avec les agriculteurs, où était-il quand la rue grondait ? Le bravache ne se déplace jamais sans des milliers de gendarmes, quand il ne fait pas boucler tout un centre-ville, interdisant aux habitants de sortir. C’est la figure même du héros combatif, aucun doute.

La paix n’est pas de son langage, il n’en veut pas, que ce soit en interne ou à l’international. Nous le pressentions et l’avions écrit avant le second tour de la présidentielle, avec Macron nous aurons la guerre. Son esprit est déjà installé dans l’hexagone en forme de terreur civile, avec les attaques aux couteaux qu’on ne compte plus, plus d’une centaine par jour. Il s’invite à l’extérieur de nos frontières, par sa recherche systématique de la confrontation avec la Russie. Le plus sûr moyen d’apaiser une crise est-il de menacer l’adversaire, ou de montrer une réelle volonté de parier sur la paix ? L’Europe ne veut pas de cette option, elle semble bien décidée à nous entraîner dans un conflit total. Est-ce par folie, ou par calcul politique ? Seule alternative pour éviter la défaite aux prochaines élections et qui sait, des poursuites judiciaires pour les responsables de toutes les ignominies commises envers les peuples depuis sept ans ? La fuite en avant s’accélère. L’Allemagne en pleine récession s’apprête à mobiliser toutes ses ressources pour être prête à cette guerre dans 5 ans. Quelle folie, quelle absurdité. Ces gens sont fous et nous assistons depuis quelques semaines à une multiplication de ces imprécations. Sans avenir car sans solution, ils veulent en découdre.

Tous ces milliards pour rien, si ce n’est prolonger le conflit et permettre de trouver l’excuse qui mettra le feu aux poudre. Sans compter qu’une partie de ces sommes faramineuses termine dans des intérêts privés. Chaque jour, de l’aveu d’un médecin à Kiev, c’est entre 1000 et 1200 soldats qui sont éliminés sur le front. Quelle conscience abjecte peut supporter semblable sacrifice, pire, le nourrir d’une volonté perverse ? Qui, à part un monstre assoiffé de sang, prétextant sauver des valeurs que l’on cherche en vain dans les discours et agissements non seulement des dirigeants Ukrainiens mais européens. L’inconséquent Nicolas Tenzer a-t-il un moment lu la doctrine nucléaire de la Russie pour s’emporter dans cette belliqueuse déclaration ? Au-delà de l’imprudence des mots employés, il démontre l’impitoyable méconnaissance du dossier, c’est tout aussi inquiétant, car c’est avec ces informations que se forgent dans le mensonge les opinions publiques. Toute attaque des troupes russes par une nation sera traitée par des frappes préventives nucléaires. Quand on connaît la puissance de l’arsenal russe, on prend conscience qu’un seul missile serait suffisant pour réduire la France au silence. Ceux qui s’imaginent que l’on peut tirer sur le territoire russe sans craindre une riposte au motif qu’on prétend, par une argutie démente, ne pas avoir officiellement déclaré la guerre, sont de dangereux crétins. Ce n’est pas la Serbie ou l’Irak, états contre lesquels on pouvait sans trop de risques, déverser des bombes. L’imaginaire d’une immunité acquise à vie à force d’attaquer des nations faibles rend aveugle, le monde change et ne supporte plus la façon qu’à l’Occident de régler les conflits.

La macronie est le parti de la guerre. C’est là le malheur de laisser les commandes d’un pays à des amateurs et des incultes. Leurs inconséquences peuvent nous coûter cher. Une rébellion des oppositions serait la bienvenue, et nous verrions d’un œil rassurant des voix prônant la paix, donc l’arrêt des subventions dont l’unique résultat a été, est, et sera, la mort de milliers de pauvres bougres dans l’indifférence des dirigeants européens, ou pire, dans une jouissance perverse dont l’ insupportable évidence effleure de plus en plus nos esprits. À l’encontre de Brissot nous aimerions entendre la paix. N’y a-t-il donc aucun Robespierre, de la première heure, pas celui de la terreur, pour s’y opposer ? La peur sciemment entretenue en interne se heurte aux colères empilées depuis plus de sept ans. Le pouvoir acculé, affolé, ne peut plus rien faire pour conserver son trône et n’a trouvé que la guerre comme porte de sortie.

Pendant que les parlementaires s’augmentent, le gouvernement prétend faire des économies

H16

14/2/2024 – TotalEnergies, fleuron français de l’énergie, enregistre des bénéfices records. Immédiatement, les appétits gouvernementaux s’aiguisent.

Cinq minutes de lecture de la presse de grand chemin suffisent pour comprendre l’étonnante atmosphère qui règne en France : alors que dans tout autre pays, on se serait bruyamment félicité des bénéfices records d’une entreprise nationale, il semble qu’une partie de la population française déplore âprement l’enrichissement de TotalEnergies, au point que l’entreprise en soit réduite à s’excuser de distribuer des dividendes dodus à ses actionnaires, en sus de belles augmentations salariales (on évoque 5% cette année, après 7.5% l’année dernière) des employés de la firme et d’un intéressement de participation de 9000€.

Et sans surprise, la députaillerie et le gouvernement frétillent déjà à l’idée de raboter ici ou là un si beau magot via des taxes, des impôts et des ponctions exceptionnelles, expliquant qu’après tout, ce n’était que justice sociale tant “le pays” (comprenez l’État) avait actuellement besoin de cet argent.

Cette agitation médiatique autour des bénéfices de TotalEnergies impose pourtant une autre question, d’autant plus lancinante en France qu’elle ne trouve jamais de réponse auprès des décideurs, des politiciens et du gouvernement : mais au fait, où passent donc toutes ces taxes, tous ces impôts ? Où diable dépense-t-on donc ce pognon “de dingue” ?


La réponse courte est pourtant simple : pour une très large partie, cet argent s’évapore dans tout le système social(ist)e de sécurité, depuis les retraites jusqu’à l’assurance maladie en passant par la couverture chômage, autant de postes qui n’en finissent pas de croître d’autant plus vite qu’à peu près rien n’est plus fait pour stimuler, a contrario, le travail et l’innovation.

Cependant, à ces hippopostes de dépense (qui représentent des centaines de milliards d’euros mobilisés chaque année), et si l’on passe pudiquement sur le service de la dette (dont une partie, stupidement indexée sur l’inflation, grossit donc violemment), le reste du fonctionnement de l’État français représente là encore une masse considérable d’argent du contribuable pour des résultats franchement médiocres.

Peut-être est-ce dû à cette habitude, ancrée dans tous les ministères, dans toutes les administrations, à tous les niveaux de pouvoir étatique depuis le national jusqu’au municipal, qui consiste à ne faire réellement attention à aucune dépense ? Peut-être l’habitude de claquer des thunes de façon absolument débile est-elle maintenant si fortement ancrée dans les agissements des villes, des départements, des régions et de l’État français que plus personne ne sait réellement ce qu’équilibrer un budget veut dire, ce que faire des économies signifie concrêtement ?

Parce qu’apparemment, entre deux productions littéraires douteuses, Bruno Le Maire vient de s’apercevoir qu’on allait devoir faire un peu attention à nos dépenses, le déficit gouvernemental atteignant des records : peut-être serait-il possible d’économiser autour de 12 milliards d’euros par an, non ?

C’est en tout cas le bobard que tentent de nous vendre Bruno et Gabriel, le freluquet en charge du gouvernement, feignant de croire qu’une si petite économie pourrait améliorer les finances du pays alors que, pour rappel, l’actuel déficit court autour de 146 milliards d’euros (soit douze fois le montant évoqué par ces clowns minimalistes).


Vous l’aurez compris : même devant la monstruosité du trou déficitaire, même devant l’énormité de la montagne de dettes, l’actuel gouvernement bricole à la marge, pleurnichant que ces 12 petits milliards d’euros sont un effort colossal demandé à des administrations déjà exsangues (ou presque). Mieux encore : les premières explorations pour débusquer les niches d’économies semblent avoir levé quelques lièvres au niveau des maladies chroniques (ou Affections de Longue Durée, ALD) qu’un déremboursement partiel permettrait d’alléger et autoriserait nos politiciens à imaginer 6 milliards d’euros d’économies soit la moitié de l’objectif pourtant rikiki fixé par le gouvernement.

Dans le même temps, certaines villes continuent de dépenser des sommes considérables dans des opérations essentiellement médiatiques, la ville de Paris illustrant brillamment ceci avec sa consternante consultation électorale afin de justifier une surtaxe du stationnement parisien, dont, au passage, rien n’indique qu’elle aura une quelconque validité légale. Exemple typique d’argent foutu en l’air en toute décontraction.

Devant l’état des finances du pays, des administrations ou des municipalités, tous les politiciens et tout le gouvernement devraient être mobilisés pour arrêter les dépenses d’apparat et pour réduire toutes celles qui peuvent l’être, et pas en commençant par les services que les Français payent, mais plutôt par les services que personne ne finance et que la charité institutionnelle et la société civile gèreraient bien mieux que l’État.

Ce n’est absolument pas ce qu’on observe.

Alors même qu’Attal débitait ses platitudes devant l’un ou l’autre micro mou de la République, les sénateurs en profitaient pour augmenter discrètement leurs frais de mandat de 700 euros par mois, rapidement suivi par les députés qui procédaient à une augmentation de 300 euros de leur côté. Dans un pays normal, on appelle cela du foutage de gueule.


Pour rappel, un précédent billet de ces colonnes montrait de façon claire que quelques coupes bien menées dans les émoluments de nos élus permettraient de réaliser 600 millions d’euros d’économies par an (au bas mot) et, pour seulement 7500 ronchons environ, obtenir 65 millions d’heureux d’un coup (électoralement, ça vaut le coup d’y réfléchir, non ?). Ce ne serait certes pas suffisant (loin s’en faut) mais ce serait un début salué par tout le pays.

Rassurez-vous cependant : avec le calibre des actuels guignols au pouvoir, il n’y aura pas plus de réduction substantielle des émoluments versés à notre classe politique qu’il n’y aura d’économies palpables, car au moment même où la brochette de clowns émet l’idée qu’il faille couper dans certaines dépenses (de préférence sur les ALD), on apprend qu’elle va être contrainte de diviser par deux ses prévisions de croissance du pays.

Autrement dit, l’économie de 12 petits milliards va passer de difficile à impossible, et la dette va s’obésifier de plusieurs douzaines de milliards d’euros joufflus.

Le constat est affolant : alors que la France n’a jamais autant ponctionné les Français, il n’y a plus un rond dans le système. Bravo Bruno : l’Occupant intérieur a saigné le pays à blanc.

Ce pays est foutu.


L'UE va s'effondrer comme l'URSS ! (vidéo)

Charles Gave

https://www.youtube.com/watch?v=qQZa6EXrMzA

13 février 2024

Comment une démocratie s'est transformée en tyrannie en quelques mois

Adina de Souzy

Chers amis, je souhaite vous annoncer la sortie de mon livre témoignage « Une dictature nommée démocratie » un livre écrit sous la forme d’un journal tenu ici sur Twitter. Certains d’entre vous s’y retrouveront.

Il est essentiel de ne pas oublier ce que nous avons vécu ces quatre dernières années. Pourquoi ?!
Pour comprendre cette période folle, comprendre comment en si peu de temps, une démocratie s’est transformée en dictature.

Il est évident que nous avons vécu la plus grande entreprise d'ingénierie sociale associée au plus grand scandale sanitaire de toute l’histoire de l’humanité qui sans ambiguïté a marqué le début d’un régime totalitaire aberrant et liberticide.

*Il s’agit de mes textes écrits dès le début de la folie Covid pour ceux qui me connaissent depuis 2018, ceux qui étaient abonnés à mon compte @AdeSouzy censuré à l’époque et retrouvé depuis le rachat de Twitter par Elon Musk.

Le livre est en précommande sur le site :
À partir de la semaine prochaine dans les librairies, la Fnac, etc…

Fidèles sujets de l'Amérique perdante

Radu Portocala

S’il fallait résumer en peu de mots les quelques années d’après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, que pourrait-on dire ? Que l’Union soviétique s’est emparée d’une partie du continent pour créer un glacis dont l’inspiration lui venait du « cordon sanitaire » avec lequel l’Occident avait tenté de l’isoler après la prise du pouvoir par les bolcheviks. Que les États-Unis se présentaient en sauveurs de l’Europe – ce qui n’est que partiellement vrai – et s’imposaient désormais en tant que ses défenseurs obligatoires. Que les deux avaient l’arme nucléaire. Enfin, que la peur était devenue le cœur de la politique étrangère de l’Occident.

L’OTAN, alliance défensive, a été créée pour apaiser cette peur – mais aussi pour l’entretenir – et les États-Unis se sont placés, comme il se devait, à sa tête. Le Pacte de Varsovie a été la réponse soviétique à cette initiative, et elle a agacé les Occidentaux, qui y voyaient les prémisses d’une agression. La « course aux armements » commençait. On ne savait presque rien des capacités militaires soviétiques, mais nous étions sûrs de notre supériorité. On ne savait rien des intentions de Moscou, mais nous étions sûrs qu’un jour ou l’autre, l’URSS devait nous faire la guerre. Et que nous allions la gagner.

Cette crainte et ces certitudes vaines, faisaient le pouvoir des États-Unis. Seule la France du général de Gaulle a su se tenir à l’écart de cet amalgame, se méfier des avertissements-assurances que Washington répandait. Mais cela est fini depuis longtemps.

Pendant quarante ans, la menace d’une invasion soviétique imminente a été le modus vivendi des Occidentaux, alimentée par les prévisions américaines. Nous nous agglomérions apeurés sous le « parapluie » des États-Unis, nous louions son existence providentielle et, de plus en plus, nous nous soumettions aux volontés de ce « grand frère » bienveillant.

À partir de 1989 – démantèlement du glacis est-européen de l’Union soviétique –, et 1991 – démantèlement de l’Union soviétique elle-même –, nous nous sommes mis à crier victoire, incapables, cependant, de dire comment nous avions vaincu. Incapables, en fin de compte, de reconnaître qu’il n’y avait eu aucune victoire de notre côté, et que nous avions tout simplement assisté à un effondrement dont nous ne sommes toujours pas en mesure de trouver les raisons, et dont nous ne voulons surtout pas imaginer qu’il ait pu être une ruse dirigée contre nous. Parce que cela ferait de nous, tout simplement, les perdants d’un jeu que nous ne comprenons pas.

Après le retrait de la Russie d’Allemagne de l’Est, le moyen a été trouvé de justifier post factum la peur et l’allégeance trans-atlantique. À plusieurs reprises, il nous a été raconté que des documents abandonnés par l’Armée Rouge – comme si cela était envisageable ! – prouvaient amplement les intentions guerrières du Kremlin ; des plans militaires détaillés montraient même comment la vaste offensive du Pacte de Varsovie contre l’Europe de l’Ouest se serait déroulée. Mais, devait-on comprendre, la vigilance de l’OTAN, sa force, son armement puissant avaient suffi pour tenir en respect le colosse de l’Est. Combien, donc, avions-nous eu raison de nous placer sous la coupe des lucides et puissants États-Unis ! Ils nous avaient fait éviter le pire – même si ce pire n’a jamais été démontré, sauf par ces trouvailles jamais prouvées.

L’époque Eltsyne semblait conduire vers la fin de la peur. Il se laissait faire, il donnait l’impression de vouloir adopter pour la Russie nos « valeurs », il paraissait accepter que son pays devienne un petit wagon attaché au long train américain. Mais Eltsyne n’a pas duré. Et Poutine, venu le remplacer, a montré bien vite qu’il n’acceptait pas de laisser choir la Russie à la position d’annexe quelconque. Et que nos « valeurs » l’intéressaient peu. C’était le bon argument pour que l’Occident aille de nouveau trouver réconfort à l’ombre de cette Amérique dont l’étrange toute-puissance lui faisait perdre, depuis 1945, toutes les guerres qu’elle déclenchait. Ces débâcles, semble-t-il, rassuraient un Occident qui se plaisait à glisser voluptueusement sur la pente de l’absurde.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche mit l’enthousiasme en pause. On ne savait plus, dans nos brillantes chancelleries, quel ogre détester le plus : Poutine ou Trump – dont la victoire, nous expliquait-on, fausses preuves à l’appui, n’avait été possible que grâce aux ténébreuses manipulations russes.

Débarrassés de Trump, nous retrouvâmes notre ancienne certitude : celle qu’il nous est impossible de vivre sans l’Amérique. Que nous devons la suivre dans tous ses contre-exploits. Que nous devons faire nôtres toutes ses folies, qu’il s’agisse de ses lubies géopolitiques ou de ses désastreuses révolutions politiquement correctes. Elle est le sang qui coule dans nos veines. Même la gauche, autrefois radicalement anti-américaine, s’est fait son chantre. Dans un mouvement aux airs de suicide joyeux, nous nous accrochons à l’Amérique, refusant avec obstination de voir qu’elle ne nous veut aucun bien et que, très probablement, elle ne serait même plus en mesure de nous défendre.

D’où nous vient ce besoin d’acquiescement permanent, d’humble soumission ? Ce rejet de toute indépendance ? La « souveraineté européenne » dont Macron a fait son tellement creux fonds de commerce doit s’entendre « sous direction américaine ». Cette incapacité, ce refus à être nous-mêmes, de quel complexe vient-il ? Nous nous sommes affaiblis par notre volonté, petit à petit, comme si nous ne cherchions pas autre chose que d’arriver au plus vite à la mise sous tutelle. Jamais nous n’avons été à ce point inféodés à l’Amérique, absurdement heureux de notre sort précaire, et jamais elle ne nous l’a fait payer aussi cher. Car, guidés par notre mentor et suivant ses volontés, nous perdons tout, dans le monde et chez nous, et allons vers la ruine.

Comme les êtres voués au désastre de la drogue, nous sommes tombés sans raison dans cette dépendance, devenue, ces dernières années, vertigineuses. Sans nous rendre compte que notre protecteur est lui-même fragile. Et sans compter que s’il s’effondre, comme le laissent prévoir de plus en plus de signes, nous ne pourrons plus nous relever. L’Amérique nous aura lancé, certes, une bouée de sauvetage, mais il sera trop tard quand nous constaterons qu’elle est trouée.


Radu Portocala est écrivain et journaliste, spécialisé notamment en Relations Internationales.

Né, comme il dit, "à la pire époque de la Roumanie communiste", "venu au monde entre deux arrestations, celle de mon grand-père, tué en prison, et celle de mon père, c'est pour éviter ma propre arrestation, en 1977, que le gouvernement grec a fait des efforts immenses pour me faire sortir de Roumanie".

Il a travaillé pour Radio France International, a été correspondant de Voice of America, de la BBC, a également réalisé des émissions pour Radio Solidarnosc.

Il a collaboré au magazine Le Point, Courrier International, puis, plus récemment à Causeur, Atlantico et Politique Magazine.

Il a notamment publié :
- Autopsie du coup d'État roumain, Calman-Lévy,1990
- L'exécution des Ceausescu, Paris, Larousse, 2009
- Le vague tonitruant, Paris, Kryos, 2018
- La chute de Ceausescu, Paris, Kryos, 2019

https://www.laplace.news/

Dérives sectaires

Marc Amblard

Yann Thibaud

Après l'écroulement du mur de Berlin et la dislocation de l'empire soviétique, la Russie a traversé une terrible crise et a ainsi cessé de constituer une menace pour l'Occident.
L'OTAN, devenu sans objet, aurait alors dû se dissoudre.
Mais il faut croire que les décideurs Occidentaux avaient intérêt ou envie de continuer à se focaliser sur un ennemi.
Et cette paranoïa, cette incapacité de vivre dans la paix et la concorde avec les autres nations, constituent assurément le nœud du problème.
Au tournant du siècle, les Occidentaux ont ainsi raté une occasion de passer à un stade supérieur d'évolution planétaire, car la Russie a alors demandé à faire partie de l'OTAN, ce que les États-Unis ont refusé.
Et aujourd'hui encore, la propagande médiatique nous présente la Russie comme un dangereux agresseur pour l'Europe entière, alors même que Vladimir Poutine, dans sa récente interview avec Tucker Carlson, a répété, une fois de plus, qu'il n'en était aucunement question, ses intentions étant seulement de sécuriser son propre territoire.
Pour d'obscures raisons, les dirigeants occidentaux ont fait le choix de la guerre et désirent ardemment nous y entraîner, coûte que coûte.
Pourtant, cela n'arrivera pas car, contrairement à leur prétendue élite, les peuples occidentaux ne sont aucunement intéressés à la venue d'une troisième guerre mondiale, désirant fondamentalement vivre en paix, et étant de plus en plus dubitatifs à l'égard de la politique erratique de leurs gouvernements décadents.
Voilà pourquoi il est si important, et là réside l'éveil de l'humanité, que les peuples fassent montre d'esprit critique à l'égard de leurs dirigeants.
Car le totalitarisme et la guerre ne peuvent advenir qu'avec l'accord et l'adhésion des peuples, et cet accord, contrairement à ce qui s'est passé lors de l'arrivée au pouvoir des totalitarismes du 20e siècle (fascisme, nazisme, stalinisme, maoïsme), n'est plus du tout présent aujourd'hui.
Conclusion : c'est le développement de l'esprit et de la pensée critique qui sauveront le monde !
Vincent Verschoore

"Dans l’immobilier, le délire normatif n’a plus de limites. Nombre de propriétaires le disent : ils vivent un véritable enfer ces derniers temps, surtout lorsqu’ils sont bailleurs. En cause : le fameux DPE, ou diagnostic de performance énergétique. Trois lettres qui font désormais la pluie et le beau temps sur leur bien immobilier, décidant s’ils pourront continuer ou non à le mettre en location dans les années à venir."

Le but est clair : paupériser au maximum les classes populaires "qui ne sont rien" et ainsi précipiter leur extinction, pendant que les potes à Macron rachètent à bas prix les logements que les petits bailleurs ne peuvent mettre aux normes.


Tiephaine Soter

12/2/2024 – Vous l'avez certainement vu, Macron annule une visite prévue du 13 au 14 février à Kiev, pour des "raisons de sécurité".
La situation ukrainienne sur le front est "difficile" (c'est peu dire). Les autorités à Kiev viennent de se rendre compte que malgré 1 million de mobilisés censément sous les drapeaux, il n'y avait que 300 000 hommes réellement sur le front. De ce million, il faut retrancher les innombrables blessés et mutilés, qui sont au moins temporairement hors d'état de combattre. Mais il faut surtout retrancher les innombrables morts et disparus sur le front, que les commandants d'unités ne déclarent pas pour pouvoir continuer à percevoir leur solde, et ainsi la détourner. Kiev n'a rien dit jusqu'à présent, parce que ça évite de payer des pensions aux familles, mais là, le système devient trop visible. Sur le million d'hommes que compte en principe l'armée ukrainienne, seuls 300 000 sont en état de combattre, ce qui implique des pertes (morts, blessés, disparus, prisonniers de guerre) à hauteur de 700 000 depuis deux ans. Mais ce n'est pas "nouveau", et ce n'est pas la situation sur le front qui inquiète l'Elysée.
De plus en plus de personnes estiment que Zelensky est en train de préparer sa fuite à l'étranger (notamment vers Dubaï où il vient d'acquérir un appartement de 600 mètres carrés pour 17 millions de dollars), et qu'il s'apprête à fuir purement et simplement un coup d'État militaire sur le point de survenir. Le limogeage de Zaluzhny est mal vécu par l'armée, y compris les factions ultra nationalistes, et son remplaçant n'a pas d'autre alternative stratégique que de monter des assauts qui vont une fois de plus coûter la vie de milliers d'hommes inutilement.
La guerre pourrait prendre fin plus vite qu'on ne le pense, et pas de la manière prévue.

8/2/2024 - Zaluzhny a donc été limogé par Zelensky. Cela faisait plusieurs mois que le conflit entre les deux hommes couvait en raison de désaccords majeurs sur la stratégie ukrainienne. Zelensky demande des attaques à outrance, fidèle à la doctrine stratégique germanique puis communiste qui a tant marqué les livres d'histoire, mais beaucoup moins les manuels militaires en raison des pertes catastrophiques de matériels et d'hommes que ce genre de stratégie implique.
Zaluzhny est trop populaire, et va donc essuyer les plâtres des multiples erreurs stratégiques commises par le camp OTAN/Ukraine. Seulement, du point de vue de l'armée, c'est un "bon" commandant. Nul doute que sans les incessantes interventions et parasitages des conseillers de l'OTAN et de Zelensky lui-même, l'armée ukrainienne serait dans un état meilleur aujourd'hui. C'est notamment grâce à lui que les défenses ukrainiennes sont aujourd'hui solides, et permettent de dissuader les Russes de mener de grandes offensives, à moins de devoir accepter beaucoup de pertes humaines. Il connait très bien les stratégies russes, pour les avoir étudiées, notamment les écrits du général Gerasimov.
Ce n'est pas un imbécile, loin de là. Il a su se concilier l'armée, y compris ses factions extrémistes (les ex-bataillons Aidar, Azov et autres formations mineures telles que Kraken, désormais intégrées pleinement dans l'armée ukrainienne). Il s'est d'ailleurs affiché il y a quelques jours avec un des responsables militaires de Aidar, devant un portrait de Stepan Bandera...
Le nouveau commandant des forces armées ukrainiennes, Syrsky, est responsable de la désastreuse défense de Soledar et surtout de la défense ultra meurtrière et faillie de Bakhmut, face à Wagner, il y a un an. Les pro-occidentaux clament que c'est lui qui a "libéré" la région de Kiev en mars 2022 (région que les Russes avaient volontairement évacuée en gage de bonne foi dans les négociations de paix torpillées par Boris Johnson et Zelensky), puis qui a libéré la région de Karkhov, là aussi volontairement évacuée par les Russes (sans réelle explication cette fois), mais il est facile de remporter des batailles que l'ennemi ne combat pas... Les échecs à Soledar et Bakhmut/Artemovsk, en revanche, on provoqué une détestation féroce de ce type au sein de l'armée ukrainienne. L'échec de la contre-offensive de juin 2023, qu'il avait largement préparée avec les conseillers de l'OTAN, n'a clairement pas aidé à redorer son blason... augurant de sérieux problème à venir.
Il est entendu que Zelensky sait très bien qu'il ne pourra pas tenir l'Ukraine comme il le fait encore bien longtemps. Il multiplie les achats de villa et de yachts à l'étranger ces derniers mois, en prévision d'une future fuite du pays... s'il n'est pas victime d'un coup d'Etat avant.
Mon analyse prédictive de juin dernier (puis août), dans laquelle un coup d'Etat renverse Zelensky au profit d'un gouvernement ultra radical monté à partir d'éléments venus de Pravy Sektor et de l'ensemble de l'extrême droite nationaliste ukrainienne et dont l'attitude sera suicidaire et digne d'un véritable Götterdämmerung, me semble plus plausible que jamais. Il ne manque qu'une opportunité. La chute annoncée d'Avdiivka pourrait catalyser certaines ambitions et certains mécontentements...

Droit du sol à Mayotte

Maxime Tandonnet


13/2/2024 - Une croyance largement partagée (et cyniquement entretenue) veut que la naissance sur le territoire français suffise à obtenir la nationalité française. Tel n’est pas le cas. En réalité, pour bénéficier de la nationalité au titre du droit du sol, il faut être né en France de parents étrangers mais aussi y avoir vécu pendant 5 ans à l’âge de ses 18 ans.

Dès lors, il est à la fois excessif et inexact de faire croire que la perspective de voir son enfant, né à Mayotte, obtenir la nationalité française à l’horizon de ses 18 ans serait le déterminant essentiel des migrations vers cette île française. Quand on embarque dans des conditions périlleuses pour affronter la mer et les vedettes de la gendarmerie, c’est dans l’espoir d’un Eldorado à court terme et sûrement pas, à titre principal, dans la perspective d’une éventuelle acquisition de nationalité pour ses enfants à l’horizon d’une quinzaine ou d’une vingtaine d’années…

D’ailleurs, la réforme draconienne limitant le droit du sol à Mayotte, adoptée en 2018 dans le cadre de la loi Colomb (avoir un parent en situation régulière depuis au moins trois mois), annoncée comme une clé de la sortie de crise migratoire, n’a pas permis d’améliorer d’un iota la situation sur place. Le mythe du droit du sol comme déterminant de l’immigration à Mayotte (ou ailleurs…) sert de leurre – ou de chiffon rouge – pour détourner l’attention d’une situation infiniment plus complexe.

En vérité, c’est le différentiel de niveau de vie qui est l’unique déterminant du flux migratoire et qui explique pourquoi environ la moitié des 300 000 habitants de Mayotte (au moins) sont des migrants en situation irrégulière. Le revenu moyen à Mayotte est plus de 12 fois supérieur à celui des Comores : 1500 €/mois contre 135 $/mois. Les habitants d’Anjouan, à 80 km de Mayotte sont dépourvus de tout : hôpitaux, écoles, services publics, eau potable et sont condamnés à la misère dans l’un des pays les plus pauvres du monde. La tentation de gagner l’îlot de prospérité qu’est Mayotte, ses écoles, son hôpital (sur le standard de la métropole), la perspective d’un revenu 12 fois supérieur, est dès lors inévitable !

En revanche, la suppression du visa territorial annoncée en parallèle par le gouvernement, elle, peut exercer une influence considérable, mais dans le sens de l’accueil en métropole… Car la plupart des titres de séjour délivrés par la France à Mayotte ont aujourd’hui une particularité : ils ne valent que pour Mayotte (à l’exception des titres de résident de longue durée – 10 ans – accordés notamment aux réfugiés reconnus par l’OFPRA). Les titres de séjour de courte durée d’un an ou pluriannuels, distribués à la masse des personnes régularisées, ne permettent pas aux étrangers qui en bénéficient à Mayotte de se rendre en métropole. Les détenteurs de ces titres de séjour doivent en plus demander un visa territorial, accordé par le préfet de Mayotte, pour se rendre en métropole, à condition d’offrir toutes les garanties de leur retour à Mayotte par la suite. Ce dispositif représente une précieuse garantie pour maîtriser l’immigration comorienne, malgache ou africaine en France métropolitaine… Donc, pour alléger la pression migratoire sur Mayotte, la suppression des visas territoriaux pourrait bien créer un appel d’air vers la métropole.

12 février 2024

Marc Amblard
11/2/2024

DONALD TRUMP EXCLU DU SCRUTIN PRÉSIDENTIEL EN NOVEMBRE 2024 ?
VOICI POURQUOI LA COUR SUPRÊME DES ETATS-UNIS LUI DONNERA RAISON

Bref rappel des faits

Il y a quelques semaines, la Haute Cour du Colorado a décidé d’exclure l’ancien président des bulletins de vote en novembre prochain. L’argument légal : celui-ci aurait incité ses troupes à pénétrer de force dans le Capitol le 6 janvier 2021 pour contester le résultat des élections présidentielles. Ainsi Trump aurait prétendument violé l'article 3 du 14e amendement de la Constitution américaine, une disposition qui interdit aux officiers qui se sont engagés dans une rébellion ou une insurrection d'exercer leurs fonctions.

Évidemment, Donald Trump a fait appel de cette décision devant la Cour Suprême des USA (Scotus). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le jugement du Colorado ne tient pas la route une seule seconde. Quatre raisons majeures :

1) Il n’a jamais été prouvé que Trump avait participé à une insurrection. Bien au contraire, il a encouragé ses électeurs présents à Washington ce jour-là à rentrer pacifiquement chez eux (si vous en doutez, regardez la vidéo de son discours). Il n’a jamais appelé à prendre les armes pour pénétrer illégalement dans le Capitol ;

2) l'article trois cité par la constitution précise clairement que le pouvoir de disqualifier un candidat revient au Congrès et non pas aux États ;

3) confirmer la décision du Colorado priverait de leur choix les électeurs des 49 autres états. De quel droit un seul état pourrait grever la liberté d’un pays entier en condamnant des millions de voix ? Autrement dit, pourquoi un État devrait décider de qui sera le président des États-Unis ;

4) maintenir la décision du Colorado pourrait pousser d'autres États à « riposter » en disqualifiant potentiellement d'autres candidats à la présidentielle. Impensable.

Affaire à suivre, la Scotus n’a pas encore rendu sa décision. RDV dans quelques semaines.

Carlson interroge Poutine : le désespoir des médias traditionnels

H16

12/2/2024 - Petit vent de panique dans les médias et les réseaux sociaux : Tucker Carlson a réalisé un entretien avec Vladimir Poutine, ce qui ne manque pas d’attiser de nombreux commentaires, pas tous indispensables.

Pour ceux (rares sans doute) qui n’auraient pas compris le sujet ou trouvé l’entretien en question, son intégralité est disponible ici sur X : en deux heures, Carlson pose quelques questions à l’actuel président russe, couvrant ses motivations dans l’invasion ukrainienne, son avis sur les tendances globales du monde et notamment la perte d’influence des États-Unis sur la scène internationale, l’affaiblissement du dollar et différents aspects géopolitiques imposés par les événements actuels.

On pourrait disserter sur les réponses de Poutine, mais le brouhaha des commentaires de la presse et des réseaux sociaux suffit amplement.

En revanche, on pourra noter quelques aspects périphériques que ce brouhaha ne couvre presque pas et qui n’en constituent pas moins des informations très éclairantes de l’état actuel, réel et palpable du monde, de plus en plus éloigné de l’image qu’en retransmettent fébrilement les médias occidentaux.

Rien que la mise en place de l’entretien constitue en lui-même un message que peu de journalistes de la presse politiquement autorisée peuvent se permettre de relayer sans froisser de très vocales susceptibilités : par contraste, on se rappellera des réceptions par le même Poutine de dirigeants occidentaux comme Scholz ou Macron qui eurent amplement la place de gesticuler, au contraire d’un Tucker Carlson fort rapproché du président russe.


Nul doute que cela pourra être interprété par les uns comme un désir pour Poutine de paraître chaleureux, pour d’autre de confirmer que Carlson est évidemment stipendié par le FSB. Charge pour Macron ou Scholz d’en tirer, peut-être, un enseignement diplomatique.

Et tant qu’à parler de contraste, on ne pourra s’empêcher d’en noter d’autres : au contraire des performances télévisuelles de Macron qui débite ses phrases creuses avec un aplomb que seuls les cuistres possèdent, Poutine expose clairement un point de vue qui s’embarrasse assez peu du “en même temps” invertébré de Macron. Certes, ce point de vue peut amplement être vu comme un mensonge ou de la propagande, mais au moins peut-il se targuer d’une substance et d’une constance dont le président français n’a jamais pu faire preuve : s’il ment, Poutine le fait de façon cohérente et contraste fort avec la girouette Macron dont les petites phrases, au mieux grandiloquentes, au pire insultantes, n’ont que très rarement eu de portée au delà du périphérique parisien.

Contraste aussi important lorsqu’on compare les deux heures d’entretien d’un dirigeant que des rumeurs occidentales insistantes voulaient mourant ou en proie à quelques cancers carabinés, et les quelques minutes de conférence de presse de son équivalent américain pendant lesquelles l’actuel locataire de la Maison-Blanche évoque le président allemand Mitterrand ou le président mexicain Sissi, dans un brouillard mémoriel quelque peu préoccupant.

On notera au passage que pour certains, le commentaire historique de Poutine (trop long, il est vrai) serait sans intérêt ou carrément hors-sujet pour justifier ou contextualiser l’actuel conflit russo-ukrainien, mais que les mêmes s’empresseront d’en appeler à l’histoire concernant Israël sur les cinq mille dernières années dans un deux poids, deux mesures décontracté qui n’étonnera que l’observateur extérieur réellement neutre. Du reste, cette partie de l’entretien est, sur le plan de la communication, assez désastreux : la plupart des auditeurs n’ont plus, depuis des lustres, l’habitude de ce genre de réponses longues, les réponses courtes permettant une bien meilleure viralité…


Mais en réalité, on peut s’interroger sur le but réel poursuivi par Poutine avec cet entretien : beaucoup d’Occidentaux le commentent en partant du principe (peut-être faux) que le dirigeant russe essaie de leur faire passer un message, voire de les séduire.

C’est sans doute en partie vrai et on ne peut écarter l’influence de ce genre d’opération sur les opinions publiques en général. Cependant, c’est aussi probablement une erreur d’oublier que Poutine, en donnant ce genre d’entretien, s’adresse aussi au reste du monde et que ce dernier continue de grandir en importance géopolitique (actuellement au détriment de l’Occident, d’ailleurs). Ainsi, de nombreuses déclarations de Poutine sont rapidement virales en Chine, générant des centaines de millions, voire des milliards de vues sur des sites tels que Weibo, soit des engagements bien plus importants que la population entière de la plupart des pays occidentaux.

En outre, il ne fait aucun doute que l’entretien sera aussi disséqué et analysé par l’ensemble des alliés de la Russie et de ses partenaires commerciaux ; dans ce contexte, on comprend mieux la réaction ulcérée de la presse occidentale avant que l’entretien ne paraisse, ou les appels quelque peu consternants de certains politiciens à sanctionner Tucker Carlson en Union Européenne. Apparemment, le journaliste américain a touché une corde sensible que d’autres, avant lui, n’avaient pas même frôlée : le narratif occidental serait-il si fragile et si menacé par un tel entretien ?


En tout cas, à plus de 170 millions de vues, on comprend surtout que la puissance de frappe des médias occidentaux n’est plus ce qu’elle a été, nonobstant le ban plus ou moins ferme de certaines plateformes et de certains médias.

Dans un monde où Macron rêverait sans doute réaliser un dixième de cette audience, l’entretien réalisé par Tucker Carlson montre surtout que les médias traditionnels, politiquement corrects et officiellement sanctionnés, n’ont plus du tout la cote auprès du public : il apparaît clair que la presse traditionnelle, bâtie sur un contrôle fin des contenus et des canaux de diffusion, généralement subventionnée (ou au moins autorisée) par les États, lourdement “sponsorisée” par des intérêts et un capitalisme de connivences, a perdu de son pouvoir de pénétration des esprits : à l’exception sans doute des générations les plus âgées qui restent cantonnées à la radio et à la télévision traditionnelles, les canaux d’information sont maintenant tous sur internet et les labels “agréé ou subventionné par l’État” voire “avec des vrais bouts de fact-checking dedans” apparaissent de plus en plus comme des repoussoirs, tant et si bien que l’audience de ces médias s’effondre.


En définitive, les réactions à l’entretien en disent beaucoup plus long sur ceux qui réagissent que sur Poutine ou Carlson, et ce d’autant plus lorsque les réactions sont virulentes et font appel à l’émotion plutôt qu’à la raison.

La multiplication des adjectifs péjoratifs voire des insultes (tant envers Poutine qu’envers Carlson), les cris d’outrage, les appels au boycott voire à la censure ou, encore plus éclairant, à ouvertement lancer des rumeurs ou de la désinformation pour contrer l’influence supposée de cet entretien indiquent sans le moindre doute, que le calme et la pondération s’étant totalement évaporés, leurs auteurs ont pris – même confusément – conscience d’une réalité pour eux insupportable : ils ne contrôlent plus l’information, l’opinion publique va devoir se former sur des sources multiples y compris contradictoires mais surtout, sans eux.

C’est la panique : ils ont peur.


10 février 2024

Vincent Verschoore

L'énorme arnaque menée par l'agrobusiness (FNSEA) et le régime Macron sur le dos de la paysannerie est bien synthétisé par ce paragraphe, extrait d'un article du 3 février sur le site de la Confédération paysanne :
"Nous dénonçons le choix du gouvernement de traiter différemment les mobilisations et les organisations syndicales. Les dirigeants de la FNSEA ont obtenu du gouvernement des réponses liées à leurs intérêts personnels d'agri-managers spéculateurs. Ces derniers ont ainsi permis au gouvernement de s'exonérer de répondre à la question centrale de cette mobilisation : le revenu."
Dindons (français) de la farce (européenne), la Conf n'a pas désarmé, mais la flicaille a aussi changé de ton car les paysans, ça ressemble quand même un peu aux Gilets jaunes. La presse aux ordres a enterré l'affaire, mais le mouvement agricole est loin d'être enterré, et se propage partout : Pologne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pays de Galles voient des cortèges de tracteurs réclamer moins de taxes, moins de normes, et moins de concurrence déloyale depuis l'extérieur (Maroc, Ukraine...), mais aussi intérieure : en réponse aux cargaisons espagnoles ou portugaises détruites sur les barrages français, des Espagnols vident des camions citernes de vin français...
Peut-on tout avoir, c'est-à-dire des produits agricoles de qualité qui respectent l'environnement, un revenu correct pour les (petits) agriculteurs, pour une alimentation financièrement accessible au plus grand nombre ? Il faudrait ici un large débat, prenant aussi en compte le coût, pour la société, d'une mauvaise alimentation et de terres invivables.


« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage » (Jean Jaurès, 1895)

Denis COLLIN

4/2/2024 - Au moment où l’OTAN effectue les plus grandes manœuvres en Europe depuis la fin de la « guerre froide », on ne peut ne pas penser à cette phrase de Jaurès.

Ce qui se passe depuis quelques décennies — c’est-à-dire depuis que la Chine, suivie de l’Inde, est devenue un des acteurs majeurs du capitalisme mondial — c’est une restructuration en profondeur des rapports de forces au sein de ce système « national-mondial hiérarchisé », avec le déclin de l’hégémonie des États-Unis et le développement d’une concurrence féroce entre puissances qui veulent établir leur domination sur le marché mondial ou du moins réclament un nouveau partage du monde. On se souvient que ce type de situation fut très exactement celui qui conduisit à la Première Guerre mondiale. La comparaison ne s’arrête pas là : l’historien Christopher Clark a publié en 2012 chez Allen Lane Les Somnambules. Été 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre ; il est de plus en plus évident que ce sont des somnambules du même qui préparent la prochaine conflagration mondiale, laquelle pourrait d’ailleurs être vraiment la « der des ders » : les éventuelles suivantes se feront avec des pierres comme le prédisait Einstein.

Nous avons des puissances impériales déclinantes : les États-Unis et la « vieille Europe » qui a cessé d’être une puissance autonome, mais se survit comme prolongement des États-Unis — c’est encore beaucoup dire : les États-Unis sont prêts à dépecer l’Europe et à la réduire à l’état de champ de pommes de terre (le destin que Roosevelt promettait à l’Allemagne) s’ils jugent que c’est nécessaire pour la défense de leurs intérêts. Nous avons en face la puissance montante chinoise, première puissance économique mondiale, un statut gagné très largement parce qu’Européens et Américains du Nord ont jugé malin d’en faire l’usine du monde pour se débarrasser de cette chose ennuyeuse qui s’appelle la production. La Chine est bien devenue une puissance impérialiste, selon les critères de Lénine, puisque l’exportation des capitaux est devenue aussi importante que l’exportation des marchandises. Histoire de donner le change, par exemple, on construit bien en Europe des usines de batteries pour les voitures électriques, mais partout on trouve des capitaux chinois. L’un des leaders de l’électrique en Europe est MG, groupe britannique vénérable, mais devenu filiale d’un groupe chinois. Dans le domaine des hautes technologies, tant l’informatique que les biotechnologies, les Chinois sont en train de prendre une bonne avance et pour montrer ce dont ils sont capables, ils viennent d’interdire l’exportation des technologies d’extraction et de filtration des terres rares… Après la Chine et les États-Unis, la troisième puissance mondiale (si on prend le PIB en PPA comme indicateur) est l’Inde qui, elle aussi, commence à prendre pied, en Europe et ailleurs. Nous avons aussi des « impérialismes régionaux », c’est-à-dire des nations qui commencent à jouer leur propre partition sans obéir aux ordres des « super-grands ». On pense à l’Iran, à l’Arabie Saoudite, à l’Afrique du Sud, etc., mais surtout à la Turquie, très influente en Afrique et qui impose de plus en plus ses prétentions, appuyées par les pays proches, notamment linguistiquement, comme l’Azerbaïdjan. Il faut mettre à part le cas de la Russie, un pays immense, faiblement peuplé (à peine plus que le Japon), mais disposant de ressources naturelles gigantesques et qui a connu, sous la férule de Poutine, un redressement notable à tous points de vue, quand on compare l’état actuel de ce pays à celui que la décennie de décomposition de l’URSS avait laissé. La Russie est un double enjeu : d’une part, sa défaite et le chaos qui pourrait s’en suivre donneraient à la Maison Blanche quelque espoir pour contenir la Chine ; d’autre part, les ressources notamment agricoles (et pas seulement gazières !) font baver d’envie les capitalistes du monde entier.

Tous les ingrédients sont réunis pour une période de guerres, plus ou moins généralisées, plus ou moins longues — la longueur dépend du moment où le feu nucléaire sera déclenché — et dans cette période, il est fort probable que l’Europe s’abîme, étant donné que nos somnambules à nous sont aussi des candidats au suicide. Pouvons-nous échapper à cette issue qui semble de plus en plus probable ? À certains égards, c’est impossible. Les conséquences de ces crises et de ces guerres ne laisseront personne à l’abri. Le monde d’hier est en train de mourir et celui de demain ne sera certainement pas celui des lendemains qui chantent. Mais nous ne sommes pas totalement impuissants : nous pouvons suivre l’exemple de Jaurès qui n’a jamais perdu l’espoir d’enrayer la mécanique infernale et qu’il a fallu assassiner pour déclencher le feu qui a mis l’Europe à genoux.

Pour nous, citoyens français, qui ne peuvent parler pour les autres, mais dont l’exemple pourrait faire tache d’huile, nous avons la possibilité d’agir politiquement, c’est-à-dire de changer la politique et les dirigeants de notre nation. Trois axes devraient nous guider : 1° quitter l’OTAN et proclamer notre neutralité ; 2° renoncer à toute politique impériale et achever la liquidation de la « Françafrique » pour renouer des relations amicales et des partenariats égalitaires avec les différents pays du continent africain traditionnellement liés à la France ; 3° quitter l’Union européenne. Le troisième est à la fois condition et la conséquence nécessaire deux premiers.

La neutralité permettrait à la France de jouer un rôle pour œuvrer à l’issue pacifique des conflits les plus dangereux aujourd’hui, qu’il s’agisse de la guerre en Ukraine ou du conflit israélo-palestinien. Ce qu’on propose ici n’est pas très révolutionnaire : des pas dans cette direction (des petits pas tout de même) avaient été faits par de Gaulle, tant par la sortie du commandement intégré de l’OTAN que par des grands discours comme le discours de Phnom Penh. Redisons-le : la guerre entre l’Ukraine et la Russie n’est pas la nôtre et nous devons seulement œuvrer à la cessation des hostilités et à trouver les moyens d’une paix durable. Ici comme au Moyen-Orient.

Si nous devenons un pays neutre et si nous renonçons solennellement à toute politique impériale, si nous renonçons, de bon cœur, au « pré carré africain » qui n’a plus aucune existence sérieuse, si nous renonçons aux bases militaires et si nous renonçons à faire des leçons morales mal venues aux autres gouvernements, alors nous pourrons renouer des partenariats utiles à tous en Afrique. Et ailleurs aussi ! Faisons le pari que les idéaux de la Révolution française, qui furent largement à l’origine des mouvements anticolonialistes, ne sont pas morts.

Enfin si nous sortons de l’UE, si nous ne sommes plus les membres indispensables de ce « machin » dirigé par des fous comme Mme von der Leyen, alors nous devrons à nouveau apprendre à compter sur nos propres forces, à redevenir un pays qui produit ses conditions matérielles d’existence et qui ne peut compter que sur l’enthousiasme, le labeur et l’intelligence de ce peuple qui saura se montrer digne des meilleurs moments de son histoire et de tout ce qu’il a apporté à la culture de l’humanité.

Il est vain de réclamer des refondations de l’Europe ou de l’ordre international. Nous devons nous concentrer sur ce qui dépend de nous. Il est évident que tout ce qui est proposé ici est totalement contradictoire avec la perpétuation de la domination du mode de production capitaliste, c’est-à-dire avec la liberté du renard libre dans le poulailler. Faire prévaloir les intérêts de tous, redonner sa priorité au bien commun, telles sont les conditions pour être libres. Évidemment, comme le disait Périclès aux Athéniens, selon une phrase rapportée par Thucyide, « il faut choisir, se reposer ou être libre ».

Un article 4 anti-science

Gilles La Carbona


L’attaque des esprits liberticides de la macronie ne cesse jamais. Ils ont ce besoin viscéral de contraindre, terroriser, harceler, c’est leur ADN. Le projet de loi visant à criminaliser ceux qui s’élèveront contre les prochains traitements et les vaccins, a été adopté hier par la commission des lois de l’Assemblée nationale. Le Sénat, dans sa première lecture, avait supprimé l’article 4, le plus déviant et contestable de cette loi. La macronie, dont le principal souci pour rester au pouvoir et persister dans sa folie, est de tout contrôler, censurer, vient de le réintroduire. Il est à souligner que ledit projet avait été sévèrement jugé par le Conseil d’État en novembre 2023. On peut déplorer que son avis consultatif n’ait pas été suivi, d’autant que ses arguments ne pouvaient manquer d’interpeller les consciences, quant à sa conformité avec notre Constitution. Il avait en effet considéré que les mesures prévues étaient disproportionnées et présentaient un risque de dérives sectaires et de censure du débat scientifique. Pour protéger une prétendue vraie science en opposition à une fausse, la macronie n’hésite pas à décréter que la Vérité ne peut avoir qu’une source dont elle s’arroge, en toute humilité, la possession exclusive et qu’une fois révélée elle devient légalement incontestable, oubliant que la science est faite de recherches de tâtonnements, de comparaisons et d’erreurs.

Sans discussion de ce genre, nous filons tout droit vers un retour à la vision pré-galiléenne, où un tribunal aux accents théologiques jugera des méfaits de l’interrogation sur un traitement. Le même Conseil d’État estime qu’il est nécessaire de garantir un équilibre entre les droits constitutionnels afin de ne pas remettre en cause la liberté des débats scientifiques. Il rappelle que la Cour européenne des droits de l’Homme a souligné la liberté fondamentale d’accepter ou de refuser un traitement spécifique, ou de choisir un autre type de traitement, essentiel à la maîtrise de son propre destin et à l’autonomie personnelle, en l’absence de pressions inappropriées. (Cour EDH arrêt n° 302/02 du 10 juin 2010).

La volonté sous-jacente est de masquer tout ce qui pourrait établir une responsabilité dans l’explosion des effets secondaires des récents vaccins, pourtant reconnus et dénoncés avec force en Australie ou aux États-Unis, par exemple. Le besoin de protéger les artisans d’une vaccination forcée camouflée, qui se révèle être une catastrophe sanitaire générant une augmentation soi-disant inexpliquée de la mortalité, est évident. Le Royaume-Uni vient d’avouer un accroissement de celle-ci de 22% en 2023 pour les jeunes de 1 à 14 ans, les États-Unis enregistrent un taux de +16% chez les moins de 25 ans. Curieux tout de même. Que s’est-il passé depuis cette date au niveau mondial pour arriver à ce résultat ? Ces augmentations brutales interviennent toutes après 2021 et nos gouvernants se refusent toujours à se poser les bonnes questions, évitant soigneusement d’entendre ceux qui ne pensent pas comme eux et qui apportent des preuves tangibles. Ils font avec la médecine ce qu’ils font avec tout le reste. Ne rabâchent-ils pas depuis le début, que la Russie perd la guerre ? Que l’économie russe est à bout de souffle ? Nos libertés sont plus que jamais menacées. Nous l’écrivions déjà en novembre 2023, il est utile de le rappeler encore une fois.

« Voilà comment on fait de la loi l’outil d’une répression, le marqueur d’une propagande qui de fait devient légale. La loi ne préserve pas de l’arbitraire, ni de l’ignoble, elle peut même lui donner un statut licite et donc un visage moral. Les lois anti-juives étaient légalement incontestables, elles n’en demeuraient pas moins atroces et honteuses. Celles sur l’esclavagisme également. Quand le pouvoir législatif est laissé à la seule initiative d’un pouvoir autoritaire qui tente de protéger ses amis ou de se mettre soi-même à l’abri de poursuites, la démocratie n’existe plus. Le cadre n’est plus qu’un habillage destiné à faire croire que tout reste conforme aux institutions, elles-mêmes phagocytées et infiltrées pour rendre les verdicts que l’on attend d’elles. Ce fut le cas du Conseil Constitutionnel avec le passe vaccinal, que Fabius dénonça plus tard comme non conforme devant des journalistes. »

L’État qui se veut de droit, ne protège pas de l’arbitraire, la preuve, le Conseil d’État, dont l’avis est sans nuance, est ignoré. Il y a urgence à saisir nos députés de l’opposition pour rappeler ces faits. Derrière cette loi qui empêchera cette dérive maléfique érigée en conscience messianique de s’attaquer à tous les autres sujets ? Rien ni personne. Il est temps de se concentrer sur l’essentiel, la préservation de la richesse du débat contradictoire et non l’excommunication de toute personne ayant une vue contraire à celle du pouvoir. Cet article 4 est fondamentalement en contradiction avec notre Constitution. Le préambule contient la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, celle-ci précise dans son article 19 :

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Le fait même que l’article 4 de ce projet de loi soit maintenu en considération de ces hauts principes doit nous alarmer. Il est improbable que les députés de cette commission des lois ne connaissent pas ces éléments. C’est donc sciemment qu’ils les violent. Ces gens ne sont plus respectueux du texte le plus sacré de notre République, il y a urgence à leur rappeler que s’ils font la loi, c’est dans un cadre précis et qu’il ne leur appartient pas de le modifier en s’affranchissant de ses contraintes, sans passer à minima devant le peuple pour en être autorisé.

La parole du pouvoir n’est pas un évangile que l’on récite dans une adoration béate en se prosternant devant son Dieu. Elle est sujette à erreur, même si la Macronie conteste cet état, en se décrétant infaillible. Un tel article n’a pas à être discuté, il doit être retiré séance tenante.

Sommes-nous entrés dans une factice république aux accents religieux, où l’obscurantisme deviendrait la règle contre la philosophie des lumières qui s’est ingéniée à pourchasser les prédicateurs arriérés, donnant ses lettres de noblesse à l’esprit qu’il fût scientifique, artistique, ou littéraire ? Ou plus basiquement, les responsabilités et les enjeux financiers énormes valent-ils un coup de force législatif, dans un monde dégradé, où les bases démocratiques sont piétinées ? Il nous manque des Voltaire, des Diderot, des Montesquieu. Ne serait-on plus capable de cette excellence sous prétexte que notre siècle est différent, plus violent, ou moins sûr ? L’est-il réellement ou est-il simplement plus volatile, plus imbriqué, plus corrompu aussi ? Faut-il déplorer un manque de courage, ou une pauvreté de réflexion ? Cette loi, si elle devait passer, confirmerait que l’héritage de Vichy n’est plus un mauvais fantasme, mais une inquiétante réalité. Se soumettre à la volonté d’un pouvoir qui désire maîtriser les pensées qu’il autorise au débat, rappelle les réunions de Macron où il décidait avant, des questions et de qui les poseraient. Nous attendons de toutes les oppositions une levée de boucliers et un seul mot, NON, à cet article 4.