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13 septembre 2026

Tchamé Dawa
7/9/2026

Journal d'anti-campagne (suite et fin)

J'avais imaginé il y a 2 ou 3 mois tenir un journal d'anti-campagne, destiné à dénoncer à ma manière, sur un ton humoristique et caustique, le grand cirque électoral et l'évidente stérilité de l'élection présidentielle. L'idée centrale était de tourner en ridicule tous ces candidats, de pointer leur vacuité et d'insister sur leur technique de racolage qui très souvent n'a rien à envier à la prostitution. Bref, il s'agissait de se foutre de leur gueule sans perdre le sourire !
Car c'est un fait ! Jean-Luc, Marine, Gabriel, Edouard et les autres tapinent allègrement matin, midi et soir, et leurs gesticulations, populistes, démagogiques, fallacieuses et trompeuses tournent en boucle sur les réseaux. S'y succèdent leurs effets de manche, de tribune, leurs prestations en cuisine, dans les champs de canne ou à l'intérieur des éoliennes, et aussi leurs récupérations des épisodes de canicule, etc., etc... Chacun semble nous annoncer que s'il est élu, tout ira pour le mieux, la prospérité reviendra, les aveugles verront à nouveau et les tétraplégiques se lèveront de leur siège. Car voyez-vous, ce sont tous des incarnations d'un messie d'un nouveau genre, qui indépendamment de l'UE et de l'Otan, ferait la pluie et le beau temps dans notre beau pays. S'ils étaient élu, nous marcherions sur l'eau.
La vérité, c'est qu'il se soumettraient tous à l'UE sans exception et que le cycle de destruction de la France (et de l'Europe entière) se poursuivrait inéluctablement. La production industrielle, continuerait de chuter, l'école formerait de plus en plus de crétins, les traités de libre-échange continueraient d'éradiquer tous nos producteurs (agricoles ou autres), on mourait chez soi pour un rien ou bien dans les couloirs des urgences, faute de services de santé performants, tandis que la mortalité infantile continuerait d'être en hausse.
De plus, l'UE – qui nous impose ce qu'elle veut comme elle a imposé des bouchons à la con non détachables de la bouteille –, non seulement nous prépare une guerre, mais en plus de cela, organise le monde numérique totalitaire de demain. Il y a un tas de saloperies qui viennent de l'UE : en faire la liste serait fastidieux et déprimant, car ce que contient cette liste n'est pas sexy du tout. C'est ce qui explique sans doute, en plus du fait que l'UE participe significativement au confort et aux opérations des partis nationaux, que nos tapineurs médiatisés, comme s'ils respectaient un commun accord, repoussent aux calendes grecques le dossier Frexit.
Jean-Luc ose bien encore dire qu'il désobéira aux traités (il faut ratisser large et on ne peut pas laisser dire qu'il ne parle pas de l'UE), mais outre le fait que s'il le faisait la France serait sévèrement sanctionnée, quiconque l'observe et l'écoute depuis longtemps voit qu'en réalité il a toujours respecté les choix imposés par le système, en bon soumis. C'est d'ailleurs ce qui lui a fait dire en 2022 que si l'OMS (le système) rendait la vax Covid obligatoire, il poursuivrait chacun d'entre-nous pour le mener à l'aiguille.
Je passe sur la vacuité Gluksmanienne et la récente candidature du traître Roussel.
Depuis quelques jours, je suis fatigué de suivre ce cirque et de commenter le néant. J'ai senti que quelque chose n'allait pas lorsque j'ai commencé à perdre mon sens de l'humour et à devenir acide, remâchant des idées à la con.
Le spectacle pathétique offert par ces clowns est une pollution dont la plupart des gens ne se rendent pas compte, bien qu'elle nous mine tous.
La politique ce n'est pas ça. Il faut comprendre et accepter la réalité : ce n'est pas une élection qui va changer le destin de ce pays.
Quitte à faire de la politique, il faut la faire autrement qu'en encourageant et nourrissant cette tartuferie électorale, il faut la faire vraiment, sur le terrain, dans la vie de tous les jours, dans des collectifs, les associations, dans sa vie quotidienne, et s'engager dans des actions précises et concrètes. Solliciter la justice pour se défendre ou pour faire avancer les projets si nécessaire et surtout, surtout, désobéir aux injonctions du système autant que possible.
Pour l'heure, bien que je fasse déjà tout ça, je vais en sus faire une pause.
Les tapineurs n'auront pas pour les mois qui viennent mon temps de cerveau disponible.
Ainsi va (mal) notre beau pays.

5 septembre 2026

Christian Potier
5/9/2026

Lettre ouverte à Monsieur Édouard Philippe

Monsieur Philippe,
Vous venez de vous tirer une balle dans chaque pied. Et pour notre plus grand bonheur, en direct sur X.
Après la promesse de Louis Aliot de couper le robinet à Kiev, vous chargez le RN. La droite nationale menacerait la sécurité européenne au profit de Vladimir Poutine. Couper le robinet à l'Ukraine ce serait servir la Russie. Affaiblir l'Ukraine comme le désire Marine Le Pen ce serait menacer la sécurité de l'Europe. Vous ferez tout pour l'en empêcher.
On a bien lu, Monsieur le patron d'Horizons. On a bien compris.
Vous, l'ancien Premier ministre qui a mis la France à genoux sous Macron, vous venez nous donner des leçons de sécurité européenne ?
Votre sécurité européenne, c'est la nôtre qui s'effondre. Votre générosité pour Kiev, c'est la misère pour Roubaix.
Depuis 3 ans, vous avez ouvert les vannes : 3,8 milliards, 6 milliards, des canons Caesar, des missiles, des formations, des chèques. L'argent magique, il existe, mais seulement pour Zelensky. Pour les Français ? 49.3, taxes, dettes, et fermez vos gueules.
Et vous osez dire que couper le robinet, c'est servir la Russie ?
Non Monsieur Philippe. Couper le robinet, c'est servir la FRANCE.
Servir la France, c'est dire stop à une guerre qui n'est pas la nôtre. Servir la France, c'est refuser que le peuple français paie l'addition d'un conflit voulu par l'OTAN et entretenu par Bruxelles. Servir la France, c'est comprendre que la sécurité de l'Europe ne se joue pas à Donetsk, mais à Marseille, à Paris, à Lille où vos politiques ont laissé entrer le chaos.
Vous parlez de menacer la sécurité de l'Europe ? Mais vous l'avez déjà menacée, Monsieur Philippe. Avec Macron, vous avez désarmé la France, bradé Alstom, vendu nos fleurons, ouvert nos frontières, et ruiné notre armée à force de la saigner pour l'Ukraine.
Le vrai patriotisme, ce n'est pas d'envoyer nos canons à Kiev pendant que nos gendarmes n'ont plus d'essence pour patrouiller à Souzy-la-Briche. Le vrai patriotisme, c'est Louis Aliot qui a raison : on aide son peuple d'abord.
Les Français n'en peuvent plus de vos grands discours atlantistes. Ils veulent du pouvoir d'achat, pas des discours sur Poutine matin, midi et soir.
Vous ferez tout pour l'en empêcher ? Mais qui êtes-vous pour empêcher la volonté du peuple ? Vous avez déjà été balayé une fois. Le peuple vous re-balayera.
La France d'abord, Monsieur Philippe. Pas l'Ukraine d'abord. Pas Bruxelles d'abord. Pas Washington d'abord.
Et ça, ni vous, ni vos amis macronistes ne pourrez l'empêcher.
Un Français qui a coupé le robinet de vos leçons.

Alain Callede
5/9/2026

RN : LE GRAND DÉCHIREMENT

Ça y est.
Je l’annonçais depuis quelque temps : on le voyait venir.
Les ambitions, les ego, les rivalités…
À force de tirer chacun de son côté, ils allaient finir par se bouffer le nez.
Eh bien voilà.
Bardella fait son caca nerveux.
Marine Le Pen reprend la main.
Marion Maréchal revient dans le jeu.
Et Bardella, présenté il y a encore quelques mois comme le grand favori, se retrouve aujourd’hui sérieusement marginalisé dans la stratégie présidentielle de Marine Le Pen.
Et ce n’est pas seulement Bardella.
C’est toute son équipe qui semble passer à la trappe.
Le petit prince de la droite nationale découvre donc une vieille règle de la politique : tant que vous êtes utile, vous êtes magnifique. Dès que vous gênez, on vous range.
Et maintenant, une question :
Bardella va-t-il changer de cheval ?
Pourquoi pas rejoindre Zemmour ?
Après tout, ce serait assez logique.
Le grand rassemblement des ambitieux déçus.
Mais le plus important est ailleurs.
Ces gens nous expliquent qu’ils veulent diriger la France.
Très bien.
Mais avant de diriger 68 millions de Français, ils pourraient peut-être commencer par réussir à diriger leur propre boutique.
Ils nous promettent l’ordre.
Ils mettent déjà le bordel chez eux.
Ils nous promettent la stabilité.
Ils se déchirent avant même d’être au pouvoir.
Ils nous promettent de gouverner la France.
Qu’ils commencent donc par gouverner le RN.
Parce que franchement…
Faire confiance à cette équipe pour diriger la France ?
Décidément, NON.
Et le meilleur reste peut-être à venir.

31 août 2026

Gastel Etzwane
31/8/2026


C’est à Tourcoing, hier. Tablier marron, baraque à frites, Philippe qui saute le panier, Darmanin qui sale. On appelle ça une rentrée politique. On devrait appeler ça un malaise filmé.
La copie est totale. Trump, Pennsylvanie, 2024 : tablier, friteuse McDo, quinze minutes de spectacle, déjà passé à autre chose. Chez lui, ça tient. L’homme est un produit de télévision depuis quarante ans. Le ridicule ne l’atteint plus : il s’en nourrit. Aux États-Unis, le candidat-qui-sert-un-burger est une tradition de foire, un gag de campagne parmi d’autres. Il fait le numéro, on change de plan.
Transposer ça à Édouard Philippe, c’est autre chose. On a sous les yeux le fils politique d’Alain Juppé, l’énarque lisse, l’homme qui n’a jamais eu à gagner sa vie en dehors de l’État et des cabinets. Le voir « préparer des frites » n’est pas populaire. C’est une reconstitution. On sent le conseil en com’, le « il faut humaniser le candidat ». D’où le malaise : ce n’est pas un homme du peuple qui sert une barquette. C’est un notable qui joue un rôle, pendant que les caméras font semblant d'y croire.
Et c’est se foutre des Français une fois de plus. Personne n’attend d’un prétendant à l’Élysée qu’il recycle le storyboard américain. On a une histoire, des formes, une dignité publique, même imparfaite. Manifestement cela n’existe plus. Le « rassemblement de la droite et du centre » commence par une portion de frites. Darmanin, salière à la main : « Voilà à quoi je sers dans cette campagne. » Au moins un des deux a dit vrai.
Pitoyable, oui. Pas parce que les frites du Nord seraient indignes. Parce que deux ministres croient encore que la France se gagne en plagiant un clip de Trump, et que le pays n’a plus assez d’estime de soi pour leur rire au nez.
Potier Christian
31/8/2026

ÉDOUARD PHILIPPE : 28 ANS DE CARRIÈRE POLITIQUE POUR ÇA ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS D'EXPÉRIENCE !


On nous le vend comme l'homme d'État, le sérieux, le costard bien taillé, le futur Président.
28 ans de carrière politique, de 27 à 55 ans ! Maire du Havre en 2010, Premier ministre de 2017 à 2020, chef de son petit parti Horizons, et maintenant candidat à la Présidentielle 2027.
28 ans pour en arriver là ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS DE CARRIÈRE !
Parce que quand il était Premier ministre, avec 660 collaborateurs à Matignon, il nous a fait QUE DES CONNERIES !
On fait la liste, chef ?
⇨ LES GILETS JAUNES : C'est lui qui allume la mèche ! C'est sous Philippe que la taxe carbone explose, que le peuple se soulève, que la France est mise à feu et à sang tous les samedis. Sa réponse ? Des LBD, des grenades, des yeux crevés !
⇨ LES 80 KM/H : L'idée la plus conne de la décennie ! Une mesure punitive contre les ruraux, contre les travailleurs, qui n'a sauvé aucune vie mais qui a rapporté des millions par les radars ! Et il en était fier !
⇨ LA RÉFORME DES RETRAITES : C'est lui qui commence à vouloir nous faire bosser jusqu'à 67 ans ! Le fossoyeur de nos retraites, c'est Philippe avant Macron !
⇨ LE COVID : Masques inutiles, puis masques obligatoires, confinements absurdes, attestations pour sortir acheter du pain ! Le champion du "en même temps" qui enferme 67 millions de Français pendant que les avions continuent d'arriver de Chine !
Avec 660 collaborateurs, 660 cerveaux à son service, voilà le bilan ! OÙ EST SA MATIÈRE GRISE ? TOUTES SES LUMIÈRES NE SONT PAS ALLUMÉES EN HAUT !
Un Premier ministre qui n'a jamais travaillé dans le privé, jamais créé un emploi, jamais connu le SMIC ! 28 ans à vivre sur le dos du contribuable, de cabinet en mairie, de mairie en ministère !
Et il y a un seul domaine où il est HEUREUX COMME UN POISSON ROUGE DANS L'EAU : L'IMMIGRATION !
Là, tout s'allume ! Là, il est brillant ! Davantage d'étrangers, de régularisations, d'accueil ! Tout comme ses copains Borne, Attal, Castex, Lecornu... Son leitmotiv, c'est les autres, jamais les Français !
Les Français qui souffrent ? Il s'en fout !
Les Français qui n'arrivent plus à se loger à cause de la submersion migratoire ? Il s'en fout !
Les Français qui voient leur école, leur hôpital, leur quartier s'effondrer ? Il s'en fout !
Son seul projet, c'est le Grand Remplacement de la population par une immigration massive, pour faire plaisir à Bruxelles et au MEDEF !
28 ANS DE CARRIÈRE POUR FINIR COMME ÇA ? UN GESTIONNAIRE MÉDIOCRE, UN MONDIALISTE SANS ÂME, UN HOMME QUI A OUBLIÉ LA FRANCE ET LES FRANÇAIS !
La France n'a pas besoin d'un fonctionnaire qui a passé 28 ans à nous punir. Elle a besoin d'un patriote !
NON MERCI, ÉDOUARD ! RENTRE AU HAVRE !

28 août 2026

Gabriel Nerciat
28/8/2026

POLITIQUE, MON DISCOURS DE LA MÉTHODE


Dans mes derniers jours de vacances, je regarde les débuts de la campagne présidentielle de façon très distante (dès que j'ai vu hier à Roland-Garros le niveau des propos des principaux candidats - le plus nul de tous étant sans conteste Retailleau, suivi de près par l'accablant Edouard Philippe, et la plus stupide, sans surprise, Marine Tondelier – j'ai préféré assez vite m'éloigner du poste pour profiter des derniers moments de soleil).
Chose curieuse : alors que tout le monde sait déjà que la campagne va se jouer entre deux ou trois candidats appelés à dominer les autres (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et celui ou celle qui parviendra à incarner l'héritage ripoliné de l'extrême-centre macronien, vraisemblablement rallié par les derniers notables LR en phase de déshérence terminale), on voit quasiment tous les jours arriver un nouveau gus improbable qui veut participer à la grande épreuve quinquennale alors qu'absolument personne ne lui demande rien : Bertrand, Hollande, Lisnard, peut-être bientôt Natacha Polony, Alexandre Jardin, Michel-Edouard Leclerc, Jérôme Guedj ou même le pauvre Henri Guaino (je l'aime bien, j'espère qu'il ne sombrera pas dans le ridicule).
Sans parler du malheureux Eric Zemmour, qui semble avoir disparu corps et âme, harnaché et vampirisé par son encombrante, dérisoire et ambitieuse maîtresse (quel destin pathétique, quand on y songe, pour l'idole en berne des soi-disant virilistes).
Il ne manque que Francis Lalanne, en plus de l'improbable Sylvain Durif, et je me demande bien pourquoi car il est, esthétiquement et intellectuellement, très supérieur à la plupart de ceux que je viens de citer.
En réalité, la sélection des candidats se fait pour moi de façon assez simple et de manière essentiellement négative (comme il arrive souvent depuis l'élection de Chirac).
Vous barrez le nom de tous ceux qui :
- pensent qu'il n'y a pas assez d'étrangers et de migrants, réguliers ou non, en France et qu'il faudra en importer beaucoup plus ;
- prétendent que le problème le plus urgent à régler est celui de la dette publique et de la réduction du déficit budgétaire (le nombre de sottises qu'on entend, dans un sens ou dans l'autre, à propos de cette scie antédiluvienne est impressionnant) ;
- affirment qu'il va faire de plus en plus chaud et que cela doit nous contraindre à reconfigurer l'essentiel de l'organisation de la société et des moeurs françaises ;
- répètent qu'il n'y a pas d'avenir sensé hors de l'intégration européenne renforcée.
- menacent d'entrer en guerre contre la Russie au nom de l'Ukraine ou de la Pologne ou des nains baltes (au choix).
Une fois éliminés tous ceux qui ont coché, à un moment ou à un autre, l'un de ces cinq critères, vous regardez ce qui reste. Et le choix est fait, faute de mieux.
C'est facile, en fait, la politique. Pas besoin d'aller l'étudier pendant cinq ans rue Saint-Guillaume.

27 août 2026

Alex Borg
27/8/2026

Je viens de regarder le début de la grande foire présidentielle et j’ai découvert un concept formidable : élire un président français qui commencera chacune de ses promesses par “si nos partenaires européens sont d’accord”.

Mélenchon veut agir sur la dette : faudra négocier. Marine Le Pen veut changer les marchés publics : faudra négocier. Marine Tondelier sort le “protectionnisme européen” : faudra convaincre. Et puis arrive Édouard Philippe, majestueux comme un grille-pain en costume trois pièces, qui veut carrément obliger la Chine à produire dans la zone euro.
ÉDOUARD. MON GRAND. La Chine.
Le pays qui fabrique la moitié de ce qu’on achète pendant que l’Europe organise des réunions Teams pour décider de la taille réglementaire des couvercles de yaourt. Mais bien sûr, Pékin va recevoir ton courrier et répondre : “Merde, Édouard Philippe n’est pas content, déménageons Shenzhen dans la Creuse.”
Donc gros FUCK à Édouard Philippe sur celle-là, parce que vendre une promesse dont tu ne maîtrises même pas les leviers, ce n’est plus un programme présidentiel : c’est un ticket de Loto avec Ursula von der Leyen qui tient le tirage.
Et c’est ça qui me tue dans ce débat : ils promettent tous des trucs qu’ils conditionnent immédiatement à Bruxelles.
“Je ferai ceci… si l’Europe accepte.”
“Je changerai cela… si les partenaires suivent.”
“Je protégerai les Français… après renégociation.”
Mais bordel, dans ce cas-là, pourquoi vous candidatez à l’Élysée ? Candidatez directement au conseil syndical de Bruxelles, on gagnera du temps.
Une promesse politique que tu ne peux pas garantir n’est pas une promesse. C’est un pari. Et quand les mêmes personnes savent très bien qu’il faut l’accord de 26 voisins avant de repeindre les chiottes, ça commence sérieusement à sentir le casino où le joueur connaît déjà le résultat de la roulette.
Alors qu’on soit pour ou contre la sortie de l’Union européenne, il y a au moins UNE question qu’ils devraient avoir l’honnêteté de poser aux Français :
À quoi sert réellement d’élire quelqu’un sur un programme national si une partie essentielle de ce programme dépend ensuite d’accords européens qu’il ne peut absolument pas garantir ?
Parce qu’à ce rythme-là, en 2027 on n’élit pas un président.
On élit le mec qui ira demander poliment la permission.

26 août 2026

Natacha Polony
26/8/2026

Avis de gros temps, ça va turbuler dans le bloc central !

Pas plus qu’un autre, le sondage de rentrée Harris publié hier n’a de valeur prédictive. Mais il doit être pris pour ce qu’il est : un objet politique qui va entraîner des réactions en chaîne non pas tant dans l’opinion, qui est pour sa part bien plus avisée, mais chez les acteurs politiques, qui sont eux bien plus drogués à cette amphétamine.
Et la zizanie est à prévoir au sein de la macronie élargie. Car Édouard Philippe et Gabriel Attal seraient désormais au coude à coude ; mais dans le meilleur des cas incapables d’assurer la qualification face à Jean-Luc Melenchon ; quant au 2nd tour, même Édouard Philippe est donné perdant face à Marine Le Pen et sort de la marge d’erreur ! En résumé, non seulement ni Philippe ni Attal ne peuvent être des garanties pour le bloc central, mais ils n’apparaissent même plus comme des opportunités. Leur remplacement dans la course élyséenne va donc être à l’ordre du jour de la macronie en cette rentrée.
Même pagaille en vue à gauche comme à droite : Retailleau et Glucksmann restent collés au sol et sont incapables de tirer parti de l’affaissement du bloc central. Et comme le total gauche (entre 32 et 34%) comme celui de LR (8 à 10%) restent dans leurs étiages historiquement les plus bas, toute substitution interne n’y changerait là non plus strictement rien.
En l’état, le match de la tripartition va virer au duel. Un duel que 100% du corps électoral rejette puisque même les Insoumis prétendent priver Marine Le Pen de 2nd tour et que les partisans de cette dernière veulent éliminer Jean-Luc Mélenchon dès le 1er.
Consternante pagaille !
Il y a bien sûr un défaut d’offre politique sur le fond pour une France de la production, souveraine et du vivre mieux. Et ce défaut d’offre politique se retranscrit sur l’échiquier électoral. On ne sortira pas de l’ornière sans rebattre les cartes pour 2027. Et pendant que la frénésie de l’agitation interne va enivrer les vieilles maisons, une irruption est plus que jamais nécessaire pour créer le grand chamboule-tout électoral seul à même de remettre de l’ordre dans le destin de la France.

24 août 2026

Georges Kuzmanovic
23/8/2026

AMFIS 2026 : Mélenchon entre en campagne et promet une VIe République écologique, sociale et populaire

Lors des AMFIS 2026, dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa bataille présidentielle autour de l’écologie, de la justice sociale et de la refondation de l’État. Un projet ambitieux, mais où la question de la réindustrialisation, de l'international et de l'Union européenne sont largement absents

Jean-Luc Mélenchon, discours de clôture des AMFIS2026, Châteauneuf-sur-Isère, 23 août 2026 © Image tirée de la vidéo du discours

Les AMFIS de La France insoumise se sont déroulés près de Valence dans la Drôme, du jeudi 20 au dimanche 23 août. Quatre jours de débats, de formations et de rencontres au bord du lac de Châteauneuf-sur-Isère, avec une l'ambition de lancer véritablement la bataille de l’élection présidentielle de 2027.
LFI revendiquait cette année 23 sessions de formation, 79 conférences, sept « temps forts », huit grands entretiens et une importante programmation culturelle. Le mouvement avait annoncé plus de 4 000 inscrits dès la fin juillet, puis quelque 7 000 participants, tandis que les organisateurs revendiquent plus de 10 000 personnes pour le meeting final.
Si ce chiffre est difficile à vérifier, il apparaît clairement que le public militant était au rendez-vous en nombre et que LFI a rassemblé ses forces avant la confrontation présidentielle de cette année, offrant à voir un de ses atouts constitué au fils de trois présidentielles : sa force militante justement.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’objectif est désormais limpide, s’imposer comme le candidat naturel de la gauche et parvenir, après avoir échoué à quelque 420 000 voix du second tour en 2022, à franchir cette fois l’obstacle. Comme à son habitude, il ne veut entendre parler d’aucune « primaire de la gauche » – on peut d’ailleurs lui reconnaître que ce type d’exercice a souvent davantage produit de divisions que d’unité et se soit avéré stérile – et considère que la question doit être tranchée directement par les électeurs. Sur son chemin se trouvent donc d’abord les autres candidats déclarés ou potentiels de gauche. Fabien Roussel, François Ruffin, désormais tricard chez les Insoumis – ces deux là seront immédiatement et en priorité attaqués. Raphaël Glucksmann, mais aussi l'hypothèse François Hollande, éternel adversaire idéologique et personnel de Mélenchon... avec ce clin d'œil de l’histoire que c'est en participant à la constitution du Nouveau Front Populaire en 2024, Mélenchon a contribué de facto aux conditions qui ont permis à l’ancien président de retrouver un siège de député et, avec lui, une place dans le jeu politique national.

Des AMFIS tournés vers 2027

Tout, à Châteauneuf-sur-Isère, respirait la présidentielle. Des maillots de football « Mélenchon 27 » étaient vendus sur place et le mouvement a multiplié les appels aux « parrainages citoyens », tout en préparant déjà la véritable bataille des 500 signatures d’élus nécessaires pour accéder au scrutin. Dans le meeting de clôture, les animateurs ont ainsi lancé un défi, celui de dépasser les 350 000 soutiens citoyens et mobiliser les militants afin qu'ils démarchent les maires. « Nous avons un programme, nous avons une équipe, nous avons un candidat », résumait-on à la tribune avant l’arrivée de Mélenchon.

Ces AMFIS ont cependant été davantage qu’un simple rassemblement militant. LFI cherche depuis plusieurs années à construire autour d’elle un véritable écosystème politique et culturel. Économistes, universitaires, écrivains, artistes, militants écologistes et responsables associatifs ont participé aux débats. Frédéric Lordon, Pierre Lemaitre, Éric Vuillard ou encore Didier Fassin figuraient notamment parmi les invités annoncés, tandis que l’Institut La Boétie – structure fondée par la France Insoumise pour rassembler les compagnons de route, comme boîte à idée et comme source de financement – occupait une place importante dans le dispositif.

Le meeting final lui-même a été construit pour illustrer cette volonté d’agrégation. Avant Mélenchon sont intervenus des représentants du monde culturel et militant, dont l’écrivain Pierre Lemaitre et l’activiste écologiste Marie Chourau. Cette dernière a défendu une écologie explicitement « anticapitaliste », « antiraciste » et « antifasciste », réclamant notamment un moratoire sur les mégabassines et certains grands projets d'infrastructures, la lutte contre l’artificialisation des sols et une remise en cause de l’agro-industrie.

« La victoire est possible »

Puis Jean-Luc Mélenchon monte à la tribune avec un message central, « La victoire est possible », soulevant fort logiquement l'enthousiasme des militants présents. Il présente l’élection de 2027 comme un moment de bascule historique et reprend l’une de ses constructions politiques favorites, la bipolarisation du pays entre un « pôle populaire » qu’incarnerait LFI et un bloc adverse réunissant progressivement le centre, la droite et l’extrême droite. « C'est eux ou nous. Il n'y a rien au milieu ».
C'est largement une extrapolation marquant surtout la volonté de Mélenchon de fixer l'attention de l'élection présidentielle sur ce second tour idéalisé, la réalité du pays est celle d'une tripartition de la vie politique avec un bloc central – ou plutôt extrême centre néolibéral, atlantiste et européiste – que là encore, Le Nouveau Front Populaire a contribué à sauver, en particulier les députés macronistes. Par ailleurs, le RN dispose, lui aussi, sinon plus encore, d'un vote populaire sociologiquement identifié.

Mélenchon refuse explicitement de faire du nombre de candidatures à gauche le problème central. Selon lui, l’histoire montre qu’il y en eut beaucoup, y compris lors des victoires de 1981 et 1988. « Ce qui compte et qui est le plus important, ce n'est pas le nombre de candidatures, c'est le nombre d'électeurs », explique-t-il. Son objectif n’est donc pas l’unité préalable des appareils mais une « unité populaire » réalisée directement dans les urnes autour d’un programme de rupture.
Cela a le mérite de la clarté, d'autant que Jean-Luc Mélenchon est un tribun accompli qui n'a rien perdu de sa verve et de son talent oratoire, clairement le meilleur et de loin, relativement à tous les autres candidats déclarés ou supposés.

C’est aussi une manière de signifier à ses concurrents qu’il n’entend négocier ni sa candidature ni l’essentiel de son programme.

Censure du budget 2027 et relance par la demande

Sur l’économie, Mélenchon commence par l'annonce d'une bataille politique immédiate, en annonçant que les députés insoumis censureront le gouvernement de Sébastien Lecornu sur le budget 2027, estimant que les nouvelles réductions de dépenses promises précipiteraient une économie française déjà « sur le fil du rasoir de la récession ».
Certes, le budget que présentera Lecornu sera aux antipodes idéologiques des Insoumis, mais... la manœuvre est aussi habille : Mélenchon, entre les lignes, annonce que ceux qui ne voteront pas cette motion de censure annoncée, et en premier lieu les députés socialistes, se feront les défenseurs d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Soit ces députés votent contre la motion de censure, sauvent Lecornu et se discréditent complètement pour la suite de l'élection présidentielle (« coucou François Hollande »), soit ils la soutiennent et se rangent symboliquement derrière Mélenchon et les Insoumis qui mènent la bataille – et pour la prochaine élection législative, il ne fera pas bon, à gauche, de s'être opposé à Mélenchon.

Face à la dette et au déficit, il récuse l’austérité et promet au contraire de « remettre de l’ordre dans les comptes publics » par une politique de recettes nouvelles et de relance. Il veut faire davantage contribuer les grandes fortunes et les multinationales, taxer les superprofits, supprimer certaines niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation populaire et soutenir l’investissement. Il reprend également sa proposition de placer certaines dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne « au congélateur », en commençant par les dettes accumulées pendant la période du Covid.

Les principales propositions ou orientations avancées pendant le meeting peuvent ainsi être résumées :
• censurer le projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu ;
• accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits ;
• augmenter les salaires afin de soutenir la consommation populaire et l’activité ;
• supprimer des niches fiscales considérées comme inefficaces ou « prédatrices » ;
• demander à la BCE de neutraliser une partie de la dette publique, notamment celle héritée du Covid ;
• généraliser une véritable planification écologique ;
• produire en France des bombardiers d’eau et renforcer les moyens de la sécurité civile ;
• créer une « conscription écologique » alimentant une réserve mobilisable en cas de catastrophe ;
• transformer les régions actuelles en « écorégions », organisées principalement autour des bassins versants ;
• confier à ces écorégions des compétences sur l’eau, les forêts, les sols, les littoraux, les mobilités, l’économie circulaire et la santé environnementale ;
• reconstruire un État républicain stable et impartial et limiter les passages des hauts fonctionnaires vers le privé ;
• instaurer la VIe République, le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Programme plutôt cohérent, même si, comme avec le programme du Nouveau Front Populaire en 2024, il n'apparaît pas clairement comment « accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits »... Quarante années de néolibéralisme, de libre-échange, de paradis fiscaux, et d'évolution des outils informatiques et numériques rendent cet objectif déclaratif quasiment impossible à réaliser dans ces termes.

Jean-Luc Mélenchon est aussi resté étonnement assez réservé sur le nucléaire, qui n'est cité qu'une seule fois dans le discours, alors que dès 2018, et dans le but de pouvoir coopérer avec les écologistes d'EELV, la France Insoumise se donnait comme objectif de sortir totalement du nucléaire. La crise énergétique, aggravée par les guerres d'Ukraine et d'Iran, est passée par là, et puis, Jean-Luc Mélenchon qui veut « en même temps » conserver la dissuasion nucléaire sait fort bien qu'il n'y a pas de nucléaire militaire sans nucléaire civil – une petite contradiction que la dissonance cognitive naturelle du militant obère. Donc une petite entaille contre le nucléaire qui fait plaisir au petit cœur du militant EELV moyen présent en force aux AMPHIS2026 : « Voyez le nouveau programme nucléaire de monsieur Macron. Comme si le problème du refroidissement des centrales et la baisse des débits des cours d'eau n'existaient pas. que de temps, que d'argent perdus pour les énergies renouvelables »... oubliant les investissement massif sous Macron dans les énergies renouvelables (et à mauvais escient) et ignorant les centrales au Thorium, projet abandonné par son ennemi François Hollande, alors Président et là encore pour complaire à EELV. Clin d'œil de l'histoire, la Chine, que Jean-Luc Mélenchon admire, développe, elle, et à bon escient, des énergies renouvelables (en fait autant que le reste de la planète), mais aussi... des dizaines de centrales nucléaires dont deux centrales au Thorium dans des zones arides, comme le désert de Gobi, car cette technologie ne nécessite pas de refroidissement par eau.
Ce n'est pas avec Mélenchon Président que le nucléaire français sera relancé, ni donc son indépendance énergétique.

Une gauche de transformation… mais où est passée la production ?

On ne s'étonnera pas de ma lecture républicaine, sociale, gaullienne, aussi marxiste, du discours de Jean-Luc Mélenchon qui fait apparaître à la fois sa force et sa principale faiblesse.

Il faut d’abord reconnaître à Mélenchon une conception de l’État beaucoup plus structurée que celle d’une large partie de la gauche contemporaine. Son attaque contre le démantèlement néolibéral des administrations, la privatisation rampante des missions publiques, le recours aux cabinets de conseil, le pantouflage ou l’idée d’un spoils system à l’américaine touche à une question fondamentale, celui d'un État qui n’est pas seulement une machine administrative, mais l’instrument par lequel la nation transforme une volonté politique en action collective – il y a là chez Mélenchon de la grandeur et une vision, si rare chez les autres candidats. Mélenchon le dit d'ailleurs presque dans ces termes, l’État a historiquement permis à la nation française de devenir « une conscience collective, une volonté collective ».

Cette conception peut rencontrer une tradition républicaine et même, sur certains aspects, gaullienne avec la primauté de l’intérêt général, la continuité de l’État, l'indépendance de la haute fonction publique, le refus de sa capture par les intérêts privés et restauration de capacités de planification. Sa critique du spoils system proposé par Gabriel Attal est à cet égard pertinente : un État républicain n’est ni la propriété d’un parti ni celle d’une caste administrative, il doit être capable de mettre loyalement ses compétences au service du gouvernement légitimement choisi par le suffrage universel.

Mais une question considérable demeure presque absente de ce discours : que produit la France, comment le produit-elle et comment recommence-t-elle à produire massivement ?

Mélenchon parle beaucoup de redistribution de la richesse, de fiscalité, de consommation, de services publics, de protection des biens communs et de planification écologique. Il évoque certes la nécessité de changer « nos manières de vivre, de produire et d’échanger » et avance quelques propositions productives concrètes, notamment la fabrication française de bombardiers d’eau et la relance des métiers de la filière bois. Mais il ne place pas au cœur de son raisonnement la reconstruction de l’appareil productif français.

Or c’est précisément là que devrait se situer l’un des piliers d’une gauche républicaine de gouvernement. On ne redistribue durablement que ce que l’on produit. On ne finance ni l’hôpital, ni l’école, ni l’armée, ni la transition écologique, ni la Sécurité sociale uniquement en taxant davantage un stock de richesse existant et en chassant « les riches » comme des papillons. Il faut créer de nouvelles richesses, produire des machines, de l’énergie, des médicaments, des trains, des semi-conducteurs, des véhicules, des équipements agricoles, des matériaux et des biens industriels. La souveraineté politique elle-même devient largement fictive lorsque le pays dépend de l’étranger pour ses approvisionnements essentiels.

La planification écologique proposée par LFI gagnerait donc à devenir également une planification industrielle et productive. De Gaulle avait le Plan, une politique énergétique, de grands programmes industriels et technologiques et une conception de l’État stratège. La gauche républicaine d’après-guerre partageait largement cette culture de la production. Or, dans le discours de Mélenchon, la production apparaît surtout à travers ses externalités écologiques et la nécessité de transformer les modes de consommation, beaucoup moins comme la condition matérielle de l’indépendance nationale et du progrès social.

Cette faiblesse est d’autant plus frappante que Mélenchon identifie correctement la décomposition de l’État. Mais reconstruire l’État sans reconstruire simultanément l’appareil productif risque de donner à la puissance publique davantage de missions sans lui restituer la base économique permettant de les financer.

Il est bien mort « le plan B »

Notons également que l'Union européenne est aux abonnés absents dans ce discours : elle est critiquée dans le cadre de la crise des incendies de cet été et dans sa volonté de financer des armes de guerre (ce qui est par ailleurs juste), mais rien sur son rôle dans la paralysie de la France, de son industrie. Déjà avec le programme du Nouveau Front Populaire, comme avec le programme du Parti Socialiste présenté (ailleurs) par Chloé Ridel, des économistes de gauche avaient critiqué ce silence gêné en des termes relativement acerbes : quasiment rien de ce programme n'est réalisable dans le cadre du fonctionnement actuel de l'Union européenne.

Il faut rappeler que le « plan B » européen constituait en 2017 un verrou stratégique de L’Avenir en commun, et non une proposition secondaire parmi d’autres. Il a aujourd'hui disparu du programme de la France Insoumise, remplacé par un vague « changer l'Europe de l'intérieur » que ressasse le Parti Socialiste et ses épigones depuis plus de trente ans sans réellement y croire.
Dans l’édition présidentielle de 2017, dont l’introduction était signée par Jean-Luc Mélenchon lui-même, la question européenne était posée comme une condition de possibilité du programme. LFI partait du constat que nombre de ses mesures – politique budgétaire expansive, investissements publics, protectionnisme, harmonisation sociale et fiscale, intervention accrue de l'État ou modification du rôle de la BCE – entreraient en contradiction avec les traités et les règles européennes existantes. Le programme comportait d'ailleurs une partie explicitement intitulée « L'Europe en question, sortir des traités européens ».

La doctrine tenait dans une formule particulièrement claire : « L’UE, on la change ou on la quitte. » Elle reposait sur deux étapes. Le plan A consistait à engager, une fois au pouvoir, un rapport de force avec les autres États membres afin d'obtenir une sortie concertée des traités européens existants, suivie de la négociation de nouvelles règles avec les pays qui le souhaiteraient. Mais cette négociation n'avait de sens, selon Mélenchon, que parce qu'elle était accompagnée d'une menace crédible : le plan B.
Le plan B, en cas d'échec des négociations, consistait donc à ce que la France sorte unilatéralement du cadre des traités européens et propose de nouvelles formes de coopération aux États disposés à la suivre. Mélenchon le disait lui-même dès 2016 : pour la France, le plan A était une sortie collective des traités et le plan B une sortie individuelle. Il ne s'agissait donc pas nécessairement d'un « Frexit » conçu sur le modèle britannique, c'est-à-dire d'un repli national suivi d'une rupture de toute coopération européenne, l'idée était plutôt de désobéir puis de s'affranchir du cadre juridique existant pour reconstruire d'autres coopérations européennes – largement préparée alors lors des « sommet européen du plan B ». La décision finale devait être soumise au peuple français par référendum.

C'était surtout la cohérence politique fondamentale du dispositif : sans possibilité réelle de rompre, le plan A perdait l'essentiel de sa force de négociation – très exactement ce dont avait souffert la Grèce de Tsipras en 2015 lors des négociations face à Troïka, comme l'expliquait alors Yanis Varoufakis. Mélenchon l'expliquait encore pendant la présidentielle : il fallait que les partenaires européens sachent que, si les négociations échouaient, « la France s'en ira ». L'expérience grecque de 2015 était précisément à l'origine de cette doctrine : après la capitulation du gouvernement Tsipras devant ses créanciers, Mélenchon et Éric Coquerel avaient estimé qu'une gauche arrivée au pouvoir ne devait plus jamais se retrouver sans solution de rechange face aux institutions européennes.

Autrement dit, le message de 2017 était beaucoup plus radical que la ligne européenne progressivement adoptée ensuite par LFI : cette Europe, on la change ou on la quitte. Et ce préalable était déterminant, car l'idée était bien que, sans rupture avec les traités si leur renégociation échouait, une partie substantielle de L'Avenir en commun ne pourrait tout simplement pas être appliquée. Ce n'était donc pas seulement une position sur l'Europe, c'était la clé de voûte permettant de rendre crédible l'ensemble du programme de rupture. Cette stratégie Plan A / Plan B fut encore revendiquée officiellement par LFI après 2017 comme nécessaire pour pouvoir appliquer L'Avenir en commun.

Clairement, tout cela a été oublié et enterré et le programme de la France Insoumise fait face là à une contradiction majeure et une réelle inopérabilité.

L’écologie comme nouvelle architecture de l’État

Le cœur doctrinal du discours est ailleurs, dans l’écologie. Mélenchon consacre une grande partie de son intervention aux incendies, aux canicules, à l’eau, aux forêts et à la santé environnementale. Le changement climatique n’est plus présenté comme une politique sectorielle mais comme le phénomène qui doit déterminer l’organisation générale du pays. La « planification écologique », dit-il, n’est désormais plus seulement une « ardente obligation », mais une « exigence de survie ». Il faut dire que le cœur du dispositif militant de la France Insoumise est composé d'une jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise, souvent en voie de déclassement, mais intellectualisée, catégorie sociologique particulièrement intéressée par l'écologie et également la plus sujette à « l'éco-anxiété » – Mélenchon fédère d'abord ses troupes.

Mais le discours déploie quelques idées intéressantes. La proposition la plus originale est celle des « écorégions ». Il s'agirait de régions administratives actuelles, amis restructurées autour des bassins versants. Ces nouvelles collectivités auraient la responsabilité de l’eau, de l’air, des forêts, de la fertilité des sols, des côtes, des mobilités, de l’économie circulaire et d’une partie de la santé environnementale. Mélenchon envisage même de leur accorder un pouvoir normatif, à condition qu’il ne permette aucune régression par rapport à la législation nationale... au risque d'aggraver le mille-feuille administratif qui rend fou nombre de Français.

L’idée est ambitieuse, mais elle soulève là encore une interrogation républicaine. Organiser certaines politiques environnementales autour des réalités physiques des bassins versants est rationnel. Faire de ces espaces le principe structurant de l’organisation territoriale de la République est beaucoup plus discutable. Une nation et ses collectivités ne sont pas uniquement des écosystèmes, elles sont aussi le produit d’une histoire, d’une géographie humaine, d’infrastructures, de solidarités économiques et d’une construction politique. À trop vouloir faire correspondre l’organisation politique aux écosystèmes naturels, on risque de substituer une logique environnementale à la logique historique et civique qui structure la République.

Reconstruire « l’État républicain »

La dernière partie du discours est probablement la plus républicaine. Mélenchon décrit un État français devenu « l’ombre de lui-même » après des décennies de recul des services publics et neuf années de macronisme. Il prend l’exemple de la facturation électronique obligatoire : si l’État impose une nouvelle obligation à un artisan ou à un petit commerçant, affirme-t-il, il doit fournir le service public permettant de s’y conformer, plutôt que de contraindre l’intéressé à acheter une prestation sur le marché.

Il réclame un État « impartial », dans lequel un citoyen ne serait jugé ni selon ses opinions politiques, ni selon son adresse, ni selon sa couleur de peau, un État stable, disposant de fonctionnaires protégés de la précarité, mais également un État placé sous le contrôle d’un peuple rendu « souverain en permanence » par le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Sur ce terrain, Mélenchon retrouve une veine ancienne de son discours, celle du républicanisme social, de la souveraineté populaire et de la critique du dépérissement de l’État sous l’effet du néolibéralisme, peut-être une des plus grandes forces de son discours. Mais, elle cohabite toutefois désormais avec un discours beaucoup plus marqué par les catégories militantes de la gauche identitaire contemporaine, omniprésentes dans plusieurs interventions ayant précédé la sienne. Les AMFIS auront ainsi juxtaposé deux cultures politiques : celle de la République sociale et de l’État, que Mélenchon continue de mobiliser, et celle des luttes intersectionnelles, antiracistes, décoloniales et identitaires qui occupe désormais une place considérable dans l’écosystème militant insoumis.

L’international est quasiment absent

Autre surprise de ce discours de lancement présidentiel, l’international est quasiment absent. Mélenchon évoque certes en quelques phrases le bouleversement des équilibres mondiaux, affirme que « Trump et Netanyahu sont défaits en Iran » et que « Poutine est enlisé en Ukraine » [en conformité avec ce que se dit dans les médias en Occident et qui est complètement en décalage avec la réalité du terrain et de l'aspect économique et géopolitique de la guerre], puis concentre ses critiques – en toute logique compte tenu de la sociologie militante de ces AMPHIS2026 – sur Gaza, Israël et l’alignement diplomatique d’Emmanuel Macron. Mais il ne développe ni doctrine pour l’Ukraine, ni proposition de règlement du conflit, ni architecture de sécurité européenne [un des arguments au cœur de ses campagnes de2017 et 2022 et clairement nécessaire], ni véritable stratégie concernant l’Iran et le Moyen-Orient. Plus étonnant encore, la paix, élément structurant et fort du mélanchonisme, n’est pas structurée comme un grand axe programmatique du discours, alors même que les guerres se multiplient, que le risque d’escalade entre grandes puissances s’accroît et que les questions diplomatiques, militaires et nucléaires relèvent directement des prérogatives essentielles du président de la République. Il eut été facile et logique d'invoquer la mémoire de Jean Jaurès, mais non...

Le contraste avec les AMFIS de 2025 est d’autant plus remarquable. Un an plus tôt, Mélenchon avait consacré une place importante à l’Ukraine et s’était montré, assez étonnement, extrêmement critique envers Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à déclarer, « Il n’est président de rien », en référence à l’expiration de son mandat électif initial – or c'est maintenant que des pans importants du peuple en Ukraine demandent son départ et la tenue d'élections alors qu'explosent de multiples scandales de corruption. Il posait alors explicitement la question de savoir qui disposerait de la légitimité nécessaire pour signer un accord de paix, plaidait pour de nouvelles élections en Ukraine et défendait l’idée que d’éventuelles modifications territoriales devraient être soumises aux populations concernées. Il avait également contesté la thèse d’une Russie se préparant à attaquer le reste de l’Europe. Sa position avait suscité une vive polémique, y compris à gauche. En 2026, presque tout cela a disparu, l’Ukraine se résume, dans ce discours, à quelques mots sur l’enlisement de Poutine. On appelle cela « enjamber la question »

Pourquoi un tel effacement ? Mélenchon craint-il que ses positions internationales deviennent un handicap dans la campagne présidentielle qui commence ? Après les controverses suscitées par ses déclarations sur l’Ukraine, mais aussi par les accusations récurrentes de ses adversaires sur les positions internationales de LFI, peut-être préfère-t-il déplacer le centre de gravité de son discours vers des terrains jugés électoralement plus favorables, écologie, services publics, fiscalité, VIe République et critique du macronisme. Ce n’est à ce stade qu’une hypothèse, ce discours du jour ne permet évidemment pas d’établir les raisons de ce choix, mais l’écart avec 2025, et avec les position antérieures de Mélenchon, est suffisamment important pour que la question soit posée.

Cette discrétion est d’autant plus paradoxale que Mélenchon a longtemps fait de l’indépendance diplomatique de la France, du non-alignement et de la sortie de l’OTAN des marqueurs importants de son identité politique. Ainsi, là encore c'est une surprise, pas un mot sur les BRICS qui étaient au cœur de sa doctrine géopolitique depuis des années et toujours évoqués dans ses discours. À l'heure où l'Europe se réarme, où la guerre en Ukraine demeure ouverte et où le Moyen-Orient connaît une succession d'affrontements qui entraîneront au minimum une grave crise économique en Europe et donc en France, on aurait pu attendre d'un candidat qui ambitionne l'Élysée qu'il explique quelle politique de paix, quelle diplomatie et quelle indépendance stratégique il entend proposer à la France. Sur ces sujets comme sur la réindustrialisation, les AMFIS 2026 laissent donc, pour l'instant, une partie importante du projet présidentiel dans l'ombre.

« Ce n’est pas une affaire d’unité des appareils »

Reste enfin la stratégie. Mélenchon ne croit pas à une réconciliation préalable de la gauche. Il entend la dépasser. Son raisonnement est cohérent avec toute la stratégie développée depuis 2017, celle de constituer un « pôle populaire » suffisamment puissant pour absorber une partie de l’électorat des autres gauches, mobiliser les abstentionnistes et accéder directement au second tour. Les dernières législatives de 2022 et de 2024, la NUPES et le Nouveau Front Populaire donnent raison à Mélenchon : la France Insoumise y est centrale et point d'élection de député sans elle ; elle est la principale force à gauche

« C'est la part de responsabilité de chacun et ce n’est pas une affaire d’unité des appareils politiques », affirme-t-il. La rupture doit au contraire rester « nette » et « claire ». Autrement dit, pas question de diluer L’Avenir en commun dans un compromis avec les socialistes, les communistes ou les sociaux-démocrates pour obtenir une candidature unique.

À neuf mois du premier tour, les AMFIS 2026 auront donc moins ressemblé à une université d’été classique qu’au premier grand rassemblement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. LFI possède incontestablement une organisation, des militants, un programme, une capacité de mobilisation et un candidat qui a de l'expérience, du verbe, une vision et de la force, malgré ses 75 ans au compteur mais qu'il porte semble-t-il très bien. Le mouvement se pense déjà comme l’un des deux pôles du second tour.

Son projet dessine une France profondément transformée : VIe République, souveraineté populaire permanente, planification écologique, écorégions, reconstruction des services publics et redistribution massive des richesses. Mais il laisse encore largement dans l’ombre une question qui pourrait pourtant déterminer toutes les autres : quelle puissance productive pour la France de 2030 ? Surtout dans un contexte de crises économiques mondiales et géopolitiques graves.

Car pour refaire un État fort, financer la République sociale et retrouver une véritable souveraineté, il ne suffira pas de mieux répartir les richesses. Il faudra aussi recommencer à les produire en France.

18 août 2026

Régis de Castelnau

Rubrique : tandem

Le macronisme finissant donne l’image d’une étonnante laideur. Au sein du gang qui s’enfonce dans le marécage, il y a ceux qui ont compris le naufrage qui vient, et se précipitent, en espérant en vain monter dans les canots, pour échapper à la noyade (coucou Jacques Attali). Il y a ceux qui, armés de leur bêtise et de leur indécence morale, ne comprennent rien à ce qui se passe et répondent toujours présent quand il s’agit de se livrer à une saloperie de sicaire (coucou Nunez, coucou Bergé). Il y a ceux qui ont bien compris, et qui se taisent en préparant leur émigration en Israël où ils s’imaginent qu’ils vont ainsi échapper à leur sort (coucou BHL). Et puis il y a ceux qui se sont gavés en prenant en charge tous les sales boulots, et qui s’accrochent à des morceaux de bois pourris en espérant que ce sera suffisant pour flotter, et qui sait peut-être retrouver la terre ferme. Darmanin est l’un d’eux. Depuis la trahison initiale de son camp, son palmarès dans l’infâme est rutilant. Il sait bien que pour lui le temps s’est couvert, que les nuages s’accumulent et passent en mode cumulo-nimbus. Alors il regarde les sondages et jette son dévolu sur le moins grotesque des 52 candidats du bloc central en apportant son « soutien » à l’éborgneur.
Les Français haïssent Emmanuel Macron et son système. Mais dans le gang il y a probablement une hiérarchie de la haine. Les plus stupides, et Dieu sait s’ils sont nombreux, (coucou Braun-Pivet) bénéficient peut-être d’une vague indulgence, de celle que l’on réserve aux innocents du village. Mais le tandem Philippe Darmanin, exécuteurs conscients et volontaires, des basses œuvres du psychopathe de l’Élysée, concentre à l’évidence cette rancune rageuse que l’on voit s’exprimer partout.

15 août 2026

Marion Saint-Michel - TVL

2027 : Vers un nouveau pervers pour gouverner la France ?

- 15/8/2026 - En plein été et à moins d'un an de la présidentielle 2027, une question dérange : et si le problème n'était pas Emmanuel Macron, mais le système qui l’a fabriqué lui comme ses successeurs ? Alors que la campagne commence tout doucement, les profils interchangeables se présentent, manipulent et mentent parfois éhontément. Qu’ont fait les Français pour mériter cela ? Marion Saint-Michel, psychologue clinicienne et diplômée en Sciences politiques, auteur de "La gouvernance perverse, la décoder, s'en libérer" (Éditions Résurgence, 2025), décrypte les mécanismes psychologiques du pouvoir en France : sélection des élites, manipulation politique, déconnexion des dirigeants, dérives autoritaires et critères d'un véritable homme ou femme d'État. Une analyse sans concession sur ce que le pouvoir fait aux hommes politiques… et ce que les Français attendent vraiment en 2027.

Cliquer sur l'image (vidéo de 26 min 35 s) ↴

14 août 2026

Didier Maisto
11/8/2026

2027 : l'élection de la dernière chance


Il est des moments dans l’histoire d’un peuple où le temps cesse d’être une simple succession de jours et devient une ligne de fracture. La France se trouve aujourd’hui sur cette ligne. Non pas au bord d’une simple alternance politique, mais face à une question existentielle : accepterons-nous de continuer à habiter un système qui se présente comme le dernier rempart de la raison et de la démocratie, alors qu’il construit, jour après jour, une prison dont les barreaux sont faits de règlements, d’interdits et de discours moralisateurs ?
Ce que l’on appelle l’extrême centre n’est pas une simple coalition de partis. C’est une forme de pouvoir qui a réussi le tour de force de se présenter comme neutre, technique, inévitable. Il parle le langage de la vertu, de la science, de l’urgence climatique, sanitaire ou géopolitique. Il se proclame le camp du bien. Et, par un retournement aussi vieux que le pouvoir lui-même, il désigne tous ceux qui refusent sa logique comme des ennemis de la démocratie, des dangereux, des irresponsables, des complices d’ingérences étrangères.
C’est ainsi que se construit un fascisme qui ne dit pas son nom : non pas par les bottes et les drapeaux, mais par l’extension infinie du domaine de la réglementation et de l’interdit. Regardez autour de vous. Tout est réglementé, puis interdit. La parole, d’abord. Sous prétexte de lutter contre la haine, on criminalise le désaccord. Sous prétexte de protéger la vérité, on confie à des autorités non élues le pouvoir de décider ce qui peut être dit et ce qui doit être effacé. Le numérique, le DSA, les lois à venir ne sont pas des outils techniques : ce sont les verrous d’une cage qui se referme.
Chaque nouvelle norme, chaque nouvel algorithme de contrôle, chaque obligation de transparence imposée aux citoyens mais refusée au pouvoir lui-même, resserre le filet. On ne brûle plus les livres ; on les rend invisibles. On n’enferme plus les dissidents dans des camps ; on les enferme dans le silence social, dans la perte d’emploi, dans la ruine réputationnelle. Ce monde-là est concentrationnaire au sens le plus profond du terme : non parce qu’il ressemble aux images d’hier, mais parce qu’il repose sur la même logique.
Une logique qui divise l’humanité entre ceux qui détiennent la vérité officielle et ceux qui doivent être corrigés, rééduqués ou exclus. Une logique qui a besoin d’ennemis permanents pour justifier son existence. Hier le virus, demain le climat, après-demain encore et encore l’ingérence russe, chinoise, indienne ou je ne sais quelle autre. L’ennemi change de nom, mais la structure reste : il faut toujours un dehors menaçant pour légitimer le contrôle de l’intérieur. Et ce contrôle, une fois installé, ne se retire jamais de lui-même.
Ce système nous emmène vers la guerre. Non pas seulement la guerre des armes, mais la guerre permanente contre une partie de sa propre population. Guerre culturelle, guerre morale, guerre administrative. Et, lorsque les tensions internes deviennent trop fortes, il n’est jamais loin de chercher la distraction ou la légitimité dans un conflit extérieur. Un peuple qui a accepté que l’on décide à sa place de ce qu’il peut manger, de ce qu’il peut dire, de ce qu’il peut penser, est un peuple déjà désarmé face à ceux qui, un jour, décideront de ce qu’il doit mourir. Ce processus est d'ailleurs lui aussi largement engagé.
L’élection qui vient n’est pas une opportunité comme les autres. Elle n’est pas un aboutissement. Elle est un point de départ possible, la dernière porte avant que le verrou ne se ferme définitivement. Ceux qui voteront encore pour les candidats de cet extrême centre -qu’ils portent le visage rassurant du libéralisme gestionnaire, du socialisme moralisateur ou de l’écologie punitive- ne font pas seulement un choix partisan. Ils ratifient le principe même de la cage. Ils acceptent que le camp du bien continue à parler au nom de tous, et que tous les autres soient traités comme des suspects.
Il faut casser cette logique. Il faut cesser de croire que la démocratie consiste à laisser gouverner ceux qui se proclament ses seuls défenseurs légitimes. La démocratie, si le mot a encore un sens, est le droit de contester, de refuser, de choisir une autre voie sans être immédiatement rangé dans la catégorie des ennemis de la République. Tant que ce droit sera présenté comme une menace, tant que le désaccord sera assimilé à de la collusion avec des puissances étrangères, tant que la réglementation se substituera à la liberté, nous ne serons plus dans une démocratie. Nous serons dans un régime qui a réussi à faire passer la contrainte pour de la protection et la censure pour de la responsabilité.
Français, le moment n’est plus aux demi-mesures ni aux espoirs naïfs ! L’extrême centre ne se réformera pas. Il ne deviendra pas plus tolérant avec le temps. Chaque année qui passe, chaque nouvelle loi, chaque nouveau dispositif numérique, rendra plus difficile, puis impossible, de le déloger. C’est pourquoi cette élection est celle de la dernière chance. Non pour installer un paradis, mais pour empêcher que l’enfer réglementaire ne devienne définitif. Pour ouvrir une brèche. Pour rappeler que la France n’appartient pas à ceux qui se croient investis d’une mission civilisatrice envers leur propre peuple.
Il est encore temps de dire non. Non à la prison douce. Non au monde où tout est d’abord réglementé, puis interdit. Non à la désignation permanente d’ennemis intérieurs et d’ingérences fantômes. Non à ce fascisme qui a appris à sourire, à parler de bienveillance, et à présenter ses chaînes comme des protections. Le choix n’est plus entre la droite et la gauche, entre le progressisme et le conservatisme. Le choix est entre la poursuite d’un système qui nous enferme et la décision, enfin, de le briser. Après, il sera trop tard. Après, il n’y aura plus d’élection digne de ce nom. Il n’y aura plus que la gestion d’une population surveillée, moralisée, et destinée à la guerre permanente contre elle-même et contre le monde.
C’est maintenant. Ou jamais.
Nicolas Maxime
14/8/2026

POLONY, SÉRIEUSEMENT ?


​Face aux trois blocs qui se dessinent entre le bloc social-écologiste représenté par LFI, le bloc central libéral autour du duo Attal-Philippe et le bloc national-identitaire incarné par le RN, nombreux sont ceux qui recherchent une alternative par les urnes.
​Et certains nous sortent la solution magique de Natacha Polony.
​Pour ses partisans et quelques commentateurs, elle incarnerait le retour de la République. En réalité, c'est surtout la promesse d'un souverainisme mou, bien emballé dans un packaging pour séduire à la fois les déçus de la gauche étatiste et les nostalgiques d'une droite gaulliste. Cela plaira beaucoup aux turbo-souverainistes, ceux de la classe moyenne supérieure, cette bourgeoisie de province et ces cadres fonctionnaires dans des administrations qui apprécient Arnaud Montebourg et lisent L'Audace avec nostalgie. Une synthèse tiède qui prétend rassembler mais finit par se perdre dans un gloubi-boulga incompréhensible.
​Car dès que l'on s'intéresse à la « France corps et âme », le vide s'installe.
​Quelles mesures sociales ? Des incantations sur l'État stratège et la relocalisation, mais quel arbitrage concret face aux exigences du marché ? Qu'en est-il de l'Union européenne ? Frexit ? Sortie des traités européens ?
​Sur le plan sociétal ? Cela ressemble à un équilibrisme permanent pour ne fâcher personne, oscillant entre conservatisme moral et républicanisme de façade.
En résultera un programme nulle part et partout à la fois, qui confond tribune médiatique et projet de gouvernement. Et cette prétendue « quatrième voie » républicaine et souverainiste ne fera, au bout du compte, pas plus de 1 %, aussi sympathique, et souvent pertinente, soit sa candidate. Polony, sérieusement ?

11 août 2026

Gabriel Nerciat
10/8/2026

LE CHAOS ET LA CONTINUITÉ

Le changement dans la continuité (à l'attention des plus jeunes, c'était le slogan de campagne de Giscard dans les années 1970), c'est vraiment ringard.
La continuité dans la continuité, c'est beaucoup mieux.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, aussi ? La bonne bourgeoisie centriste et libérale n'a plus à feindre de craindre Mai 68, de nos jours.
Au moins, le maire du Havre a l'honnêteté de reconnaître que l'appartenance de la France à l'Union européenne et aux accords de Schengen lui interdit toute autre politique migratoire que celle pratiquée depuis François Mitterrand et intensifiée par Nicolas Sarkozy puis Emmanuel Macron (on le savait déjà grâce à Giorgia Meloni, mais tout le monde hélas ne s'intéresse pas à l'Italie).
Nos élites aiment tellement le chaos qu'elles tolèrent ou autorisent, qu'elles penseraient déchoir en ramenant un peu d'ordre. Et puis, c'est fatigant, de modifier ce qui est ; elles ne sont pas payées pour ça. Les patrons après tout ont besoin d'esclaves et les partis de gauche ont besoin d'électeurs.
Tant que les veaux et les cochons consentent à aller d'eux-mêmes à l'abattoir, pourquoi donc changer quoi que ce soit ? Ce n'est pas l'attitude des gens sérieux.

Marc Amblard
8/8/2026

À CEUX QUI SOUTIENNENT QUE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE N’AURA PAS LIEU EN 2027


La rumeur circule de plus en plus sur les réseaux sociaux.
Rappelons tout d'abord que cela fait 178 ans (1848) que les élections présidentielles existent en France.
Ensuite, l'article 6 de la Constitution est sans ambiguïté : le président est élu pour cinq ans, et « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Emmanuel Macron ayant été élu en 2017 puis réélu en 2022, il ne peut donc pas exercer son mandat au-delà de 2027.
Plus important encore, l'article 7 impose l'organisation de l'élection. Il ne laisse aucun choix :
« L'élection du nouveau Président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du Président en exercice. »
Ce n'est donc pas une élection que le gouvernement pourrait simplement décider de ne pas organiser.
Ni une guerre, ni l'état d'urgence, ni même l'exercice des pouvoirs exceptionnels de l'article 16 ne donnent en eux-mêmes au président un pouvoir lui permettant de supprimer l'élection présidentielle ou de prolonger discrétionnairement son mandat.
Il faudrait distinguer une situation beaucoup plus extrême : une catastrophe ou un conflit rendant matériellement impossible l'organisation du scrutin. On entrerait alors dans une crise constitutionnelle exceptionnelle et la question du report pourrait effectivement se poser. Mais ce serait un report nécessité par l'impossibilité matérielle d'organiser l'élection, pas la suppression de l'élection ni l'octroi d'un 3ème mandat à M. Macron.
D’ailleurs, faut-il rappeler que le gouvernement a officiellement fixé les dates de la présidentielle de 2027 lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 : premier tour le 18 avril 2027, second tour le 2 mai 2027.
La présidentielle aura bien lieu l’année prochaine, le droit constitutionnel en vigueur ne permettant pas à Emmanuel Macron de décider de l'annuler pour rester au pouvoir.

6 août 2026

Régis de Castelnau
6/8/2026

« Célérusses ! Célérusses ! » Quand, face au naufrage, le système en panique psalmodie une incantation comme un talisman


Comme l’Occident auquel il appartient, notre pays est en bout de cycle. le XXe siècle n’en finit pas de mourir et l’enjeu est désormais d’enfin passer au 21e. La guerre mondiale qui nous oppose à un reste du monde décidé à tourner la page de cette globalisation installée par l’Occident comme forme moderne de sa domination, se déroule sur plusieurs théâtres. Où des dirigeants incompétents et corrompus ont définitivement rompu avec le réel. La France, insérée dans un système européen moribond poursuit sa dégringolade à vitesse constante. Avec à sa tête, un psychopathe minutieux mandaté par la partie la plus corrompue du bloc élitaire. Entouré d’un gang qui se délite, il est minutieux dans la destruction de la Nation, à la tête de laquelle un coup d’État l’a porté. Le naufrage est si proche qu’une partie de l’équipage mesurant son caractère inévitable, est passé du désarroi à la panique et maintenant au sauve-qui-peut. L’appareil judiciaire qui fut pourtant essentiel à l’arrivée de Macron au pouvoir, et à l’exercice de celui-ci, vient de lui notifier à plusieurs reprises que son système ne bénéficierait plus de son soutien. Allant, chose incroyable, jusqu’à rendre à Marine Le Pen une éligibilité, en forme d’investiture pour l’élection présidentielle de 2027.

Désarroi, panique et sauve qui peut

Ce sont maintenant des parties importantes de l’appareil d’État qui prennent la suite et se précipitent vers les canots pour se tenir éloignés des tourbillons qui vont accompagner l’engloutissement politique du macronisme. Aux scandales de corruption, succèdent les tragédies judiciaires, puis les désastres civils, sans que le pouvoir puisse s’opposer à l’énorme montée de rage populaire devant l’évidence de la responsabilité du système Macron, perçu désormais, et à juste titre, comme un fléau. Toutes les diversions grotesques, Barbara Butch, Fedorova, bellicisme inepte, animées par les médias mainstream à la dérive, font long feu. L’opinion publique revient encore et toujours à Macron et ses responsabilités. Ce qui finit par accentuer la panique au sein du bloc élitaire, comme le démontre par exemple l’ahurissante vidéo publiée par Jacques Attali, l’un des principaux organisateurs du coup d’État de 2017. Voyant les fourches se rapprocher, on l’entend gémir qu’il n’y est pour rien, qu’il n’a fait que conseiller et qu’on ne l’a pas écouté.

La France traverse non seulement une crise institutionnelle de « démocratie minoritaire » depuis la défaite de Macron aux législatives 2022, mais aussi une crise politique caricaturale. Deux mouvements politiques ostracisés par le système préemptent une assez large majorité du corps électoral. Il y a d’une part le mouvement gazeux LFI dirigé par un vieux cheval de retour, et d’autre part un parti populiste de droite relativement classique issu de l’épicerie familiale Le Pen. Laissant entre eux, un petit espace à un « extrême centre », conglomérat de semi-groupuscules dirigés par de spectaculaires nullités. Où se côtoient socialistes d’extrême droite, socialistes de droite (il n’y a pas de socialistes de gauche, ça n’existe pas), écologistes vert-de-gris, épaves politiques centristes, survivants opportunistes de partis du XXe siècle en voie de disparition, macronistes de la 1ère heure, macronistes de la 11ème heure, on en oublie. La bataille fait rage pour savoir qui aura l’honneur de briguer la succession de Macron et se ridiculiser le 2 mai prochain.

Reprenons ici la petite revue de détail et publiée ailleurs :

Il y a Édouard Philippe avec ses casseroles judiciaires qui mijotent, et ses accointances suspectes avec les narcotrafics du port du Havre. Gabriel Attal muni de sa couscoussière de cocaïne et des vidéos de ses chemsex. David Lisnard qui ne comprend rien et s’imagine que la France est à l’image de sa ville de Cannes et ses boomers comateux qu’il y croise. Bruno Retailleau, candidat officiel du groupuscule LR, en route vers le glorieux score 2022 de Valérie Pécresse. Le plus répugnant de tous François Hollande, le parjure des accords de Minsk et le président « vomi par les Français » en 2017. Ségolène Royal qui désormais ne pense qu’à une chose, foutre la merde. Olivier Faure, au charisme d’une serpillière humide, et Boris Vallaud qui le lui dispute. Bernard Cazeneuve lugubre croque-mort que personne ne connaît. Thierry Breton, la dernière niaiserie de ce pauvre François Bayrou. L’assureur Xavier Bertrand notre Séraphin Lampion national à nous qu’on a. Élisabeth Borne, avec sa tête de pionne aigrie. Marine Tondelier, bavarde comme une pie, mais complètement paumée dès qu’elle quitte le 11e arrondissement de Paris. François Ruffin, englué dans sa collection de mensonges. Dominique de Villepin qui nous rejoue éternellement son discours à l’ONU de 2003, alors que ce qui nous intéresse, ce sont les explications sur le bradage des sociétés d’autoroute au privé et les rétro commissions qui lui auraient rempli les poches. Et maintenant on nous annonce l’intention de Macron de faire une Medvedev en installant une marionnette pour récupérer le poste en 2032. Lecornu accompagné de son chien ont été présentés par les domestiques de la presse mainstream pour faire le taf. Comme ça n’a pas marché, on a changé de cheval pour prendre Jean Castex. Avec cet argument imparable qu’il aurait réussi à la SNCF ! Les usagers d’un service public effondré apprécieront.

Raphaël Glucksmann, candidat officiel de Macron

Et puis il y en a un autre, que le parti socialiste est allé dénicher il y a quelques années. Raphaël Glucksmann, fils de son père et comme lui, agent véhément de l’hégémonie guerrière américaine et partageant scrupuleusement ses opinions. Affichant dès l’origine les deux caractéristiques de ce genre de profession : la détestation de la France, et le financement direct ou indirect par les agences américaines. Prestement ripoliné par Olivier Faure, voilà qu’on le présente désormais comme un patriote de « gauche ».

Une fois le fou rire passé, on se demande ce que ce type fout là. Parce que c’est quand même curieux, voilà quelqu’un sorti de nulle part lui aussi (tiens tiens), intronisé tête de liste socialiste aux élections européennes en 2018 et systématiquement présenté par tout le système comme un perdreau de l’année aux solides valeurs de gauche républicaine et, pourquoi pas, présidentiable. En occultant, bien sûr, son passé de néocon américain, collaborateur appointé d’un tyran criminel géorgien, et de probable agent américain depuis l’origine. Affligé lui aussi d’un charisme de serpillière humide, il fut totalement discret pendant tout son premier mandat européen. Sa seule marque distinctive politique étant sa liaison avec une speakerine de télévision particulièrement inexpressive.

Mais depuis quelques temps on l’a vu à nouveau pointer le bout du museau et les gazettes en ont assuré la promotion comme futur candidat à la succession d’Emmanuel Macron en 2027. Personne de normalement constitué et disposant de quelques neurones fonctionnels ne pouvait prendre cette hypothèse au sérieux. Toutes ses apparitions faisant apparaître une consternante inconsistance bovine, a priori complètement rédhibitoire. Il y eut certes le fameux épisode où deux journalistes, Patrick Cohen et Thomas Legrand, modèles de servilité macronienne furent surpris, comme curés au bordel, en grande conversation avec des dirigeants du parti socialiste. Pour discuter des modalités de la mise à la disposition du service public de l’audiovisuel, à la candidature de l’ectoplasme, rien que ça. Malgré un certain tintamarre, l’incroyable scandale fut absorbé. Et les journalistes dévoyés, furent confirmés dans leur sale boulot. Nous aurions dû être plus attentifs.

De prestations calamiteuses en prestations si lamentables qu’elles en devenaient terriblement gênantes, la routine s’est poursuivie. Et la perspective même d’une candidature Glucksmann disparut des radars.

Mais Emmanuel Macron a de la suite dans les idées. Depuis le début, il a fait des soi-disant « ingérences étrangères » un des éléments essentiels des manipulations, qu’il entend mettre en œuvre pour truquer l’élection présidentielle de 2027. Il l’a annoncé dès ses vœux de fin d’année 2025, et ses factotums les plus zélés (Barrot et Nunez) sont passés à la mise en œuvre. Comprenons-nous bien, il s’agit exclusivement des soi-disant « ingérences russes », les américaines et les israéliennes bien réelles celles-ci ne sont absolument pas concernées. De projets de loi, en création de commissions indépendantes (défense de rire), en passant par l’invention du concept fasciste « d’ingérence intérieure », la chasse aux mal-pensants a redoublé.

Concernant la Russie, petite alerte en mode test mi-juillet, avec l’annonce d’une « opération de désinformation russe » dirigée contre Édouard Philippe. Personne n’a rien vu, rien entendu et ne l’a par conséquent prise au sérieux. Comment les Russes qui ont quand même d’autres chats à fouetter, pourraient-ils s’intéresser au Fantomas du Havre. Et puis soudain, changement de braquet, nouvelle alerte : les Russes attaquent ! Et cette fois-ci la cible de cette nouvelle opération est le brillant Raphaël Glucksmann. Là non plus, il n’y a rien, personne n’a rien vu ni entendu, mais ce coup-ci ça va changer, parce que le système est en ordre de bataille. Et devinez qui sont les premiers à porter le pet ? Le Canard enchaîné évidemment, qui comme chacun sait travaille à la commande, et a été le déclencheur de l’opération Fillon en 2017 aboutissant à l’élection de Macron. Auquel il a manifesté depuis cette date une scrupuleuse indulgence. Pour faire bon poids on implique Edwy Plenel, le célèbre Moustache fraudeur fiscal, également travailleur à la commande. Et pourquoi pas le faux opposant Blast généreusement soutenu financièrement par l’État ? L’opération est grossière, mais Glucksmann lui-même se précipite, soutenu bruyamment par toute la macronie. Le parti socialiste en tête évidemment, mais aussi tous les journalistes de la presse mainstream y vont de leurs commentaires outrés. Chacun vilipende ces horribles moujiks, dénonce cet attentat contre une démocratie française en si bonne santé, cette volonté de déstabiliser notre société. Il ne manque personne pour venir au secours de la république menacée. La grossière opération macronienne est plus qu’évidente, mais au sein de la cohorte outrée on procède par affirmations. Il n’y a personne pour réclamer la publication des éléments permettant de caractériser la réalité de l’horrible agression. Ou pour se demander ce que les Russes, là aussi, qui ont quand même quelques problèmes sérieux à régler, auraient à faire de l’infinitésimal Glucksmann.

Le ralliement de Jean-Luc Mélenchon

Jusqu’à Jean-Luc Mélenchon qui publie un tweet absolument consternant dans lequel il se range directement derrière Emmanuel Macron dans la dénonciation de l’ingérence russe en réclamant même l’activation de textes répressifs liberticides (!) pour mettre fin à ces « ingérences étrangères ». Pour faire bon poids on parle de l’ingérence israélienne de Toulouse, mais cela ne trompe personne. Il s’agit bien d’un alignement derrière une opération venue directement de l’Élysée. Alignement qui dit plusieurs choses.

Depuis 2017 où il n’avait pas appelé à voter Emmanuel Macron au deuxième tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon l’a toujours soutenu après son virage Terranova de 2018. En 2022, que ce soit au deuxième tour de la présidentielle ou lors des législatives bizarrement transformées en élections pour un premier ministre (!). Il l’a même ensuite carrément sauvé, en 2024 en inventant un soi-disant front républicain, qui n’a eu pour effet que de maintenir Macron au pouvoir, alors que sa défaite politique aurait pu être totale, et son départ par destitution ou démission obtenu. Ces trois ans de répit pour Macron, de cauchemar supplémentaire pour la France, c’est à Jean-Luc Mélenchon que nous les devons. Avec un groupe parlementaire macronien qui aurait dû disparaître, trois ans de Braun-Pivet maintenue au perchoir, un parti socialiste revigoré, avec François Hollande ressuscité d’extrême justesse, soutenant, sans participer, le gouvernement Lecornu.

Et comme le feuilleton grotesque se poursuit, Mélenchon en remet une couche. Gabriel Attal englué dans une attaque boomerang contre les gens du voyage avec laquelle il se ridiculise, cherche la parade. Toute trouvée ! Le voilà qui glapit : « moi aussi, moi aussi je suis ingéré ! Moi aussi les moujiks m’ingèrent » donnant une ampleur supplémentaire à la farce. Et cette fois-ci le patron de LFI, après NUPES, NFP, Front républicain, ne propose rien de moins qu’un grand « Front Commun » avec les candidats de l’extrême centre qui passent leur temps à l’injurier en le traitant d’antisémite ! Pour recevoir immédiatement une réponse enthousiaste de Lecornu. Et comme première étape pour cette nouvelle grande alliance, Mélenchon insiste pour l’adoption d’un texte liberticide.

Mais quand on y réfléchit, comment être surpris ? On peut considérer que l’enjeu essentiel de la présidentielle de 2027 est bien de mettre fin au système Macron, dernier fondé de pouvoir en date de l’oligarchie néolibérale. De casser les reins de l’expérience de l’extrême centre fascisant que celui-ci met en œuvre. De rouvrir enfin, par effet de rupture, un nouveau champ des possibles. Et ceci dans l’intérêt de la France. Mais pourquoi voudrions-nous que Jean-Luc Mélenchon partage cette analyse et même ces objectifs ? Amélie Ismaeli a réalisé un travail de recension de toutes les occurrences utilisées depuis neuf ans pour accuser les Russes. De l’opposition à la réforme des retraites, en passant par les Gilets jaunes, les punaises de lit, l’affaire Epstein etc. etc. jusqu’à la dernière, l’accusation d’avoir mis le feu à la forêt des Landes.

Avec son ralliement au thème des « ingérences russes » utilisées depuis l’origine par le système Macron pour toutes les manifestations d’opposition à la mise en œuvre de ses politiques par le psychopathe de l’Élysée, Jean-Luc Mélenchon vient de nous donner la réponse. Il doit savoir que s’il atteint le deuxième tour de la présidentielle, il ne sera pas élu président de la République. Même ce soudain alignement sur le macronisme ne pourra pas lui garantir la possibilité d’un nouveau front républicain au deuxième tour contre Marine Le Pen. Ses objectifs sont probablement plus simples, plus prosaïques, plus personnels. L’intérêt national n’y pèse pas lourd. Politicien professionnel socialiste il a été toute sa vie, politicien professionnel socialiste il restera. Sa meilleure chance sera de renforcer son groupe parlementaire, de continuer à diriger son « mouvement gazeux » et de remplacer définitivement et enfin le parti socialiste. Ceux qui espéraient plus pour notre pays, dont l’auteur de ces lignes, sont des rêveurs. Dans la partie historique qui est en train de se jouer, la place de Mélenchon sera celle d’un figurant.

En attendant, ce que l’épisode Glucksmann vient de nous apprendre, ou plutôt de nous confirmer des intentions d’Emmanuel Macron, c’est sa volonté maintenue de tenter de truquer l’élection. À l’aide de la soi-disant lutte contre les « ingérences russes » et avec l’investiture qu’il vient de donner par système macronien interposé au catastrophique Raphaël, devenu par cette opération son candidat marionnette officiel. Il est probable que rien de tout cela ne marchera. Les marges de manœuvre du kéké de l’Élysée sont désormais beaucoup trop étroites. La haine du pays est trop forte, sans compter celle de ceux de son camp que le pervers a tant humiliés, et devant le spectacle des fourches qui se rapprochent, une partie de ceux qui l’ont soutenu et protégé l’ont désormais lâché. Et face à l’iceberg qui se rapproche, ils ont réservé leur place dans les canots.

Quant à Glucksmann, comme Macron, il finira dans les poubelles de l’histoire.