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20 mai 2023

Radu Portocala

Une poésie que, dans la Roumanie communiste, tous les élèves de ma génération ont dû apprendre par cœur et étudier commençait par ces mots : « Le parti est en tout. »
Aujourd’hui, « le parti » pourrait être remplacé par le nom de Zelensky, sans que le rythme (dans la version roumaine du texte) ait à souffrir. Car l’homme au tricot kaki est en tout, partout. À l’ONU, aussi bien qu’à la cérémonie des Oscars, à l’Union européenne, aux grandes compétitions sportives, dans les parlements du monde, à la Ligue arabe, au G7 – rien, aucun grand sommet, aucune cérémonie ne s’ouvre ou ne se ferme sans sa présence virtuelle ou réelle.
On lui fait le même type de propagande qu’on faisait au parti communiste dans la Roumanie stalinienne. Et, comme le parti, il admoneste et il donne des directives, il distribue au monde les bonnes et les mauvaises notes, il nous montre que nous n’avons pas d’autre choix que de l’accompagner dans son échec.
Mais c’est la facilité, le naturel avec lequel l’Occident a fait sien ce type de propagande qui m’étonne – alors qu’en réalité, l’ambiance dans laquelle nous vivons depuis un certain temps devrait m’empêcher de trouver cela curieux. Comme l’abominable poète roumain de naguère, l’Occident ne sait plus autre chose que d’être le chantre docile des idées – en général, mauvaises – que les excités de toutes sortes imposent à son attention. Révolutions tordues, fausses causes qui le font mourir lentement, les yeux écarquillés et la bouche ouverte tel un poisson que l’air suffoque.

Faire la paix, décidément, n'est plus à l'ordre du jour

Yann Thibaud

Alors que ce devrait être l'objectif de tout responsable politique sensé, conscient et responsable.
L'humanité, visiblement, n'a pas encore suffisamment et clairement compris que la guerre est une folie !
Je m'étonne ainsi qu'il y ait si peu de manifs pour la paix.
Et que la mode soit, encore et toujours, depuis plus d'un an, au déferlement des passions guerrières.
Quel parti politique demande l'établissement, de toute urgence, de négociations, le recours à la diplomatie, plutôt que d'entretenir sans fin le fracas des armes et les souffrances et destructions, effroyables et inacceptables, qui en résultent nécessairement ?
Combien de temps faudra-t-il à l'humanité pour se réveiller enfin, et cesser de diaboliser un peuple et de surestimer des dirigeants bellicistes ?
Il semble bien que le peuple humain éprouve le besoin de retomber, une fois encore, dans les mêmes ornières afin, il faut l'espérer, d'en sortir définitivement et de décider de bâtir dès aujourd'hui un monde pacifique et heureux.

LE DOUBLE EMBLEME DES PHILISTINS

Gabriel Nerciat

S'il y a bien une chose qui m'a toujours exaspéré, c'est cette forme de bêtise latente, de philistinisme agressif et borné qui consiste, sous couvert d'universalisme moral (je suis le premier à dire que Rousseau et Kant comptent parmi les plus grands génies de l'Occident, mais alors les rousseauistes et les kantiens c'est rarement le cas) à ne pas savoir ou plutôt vouloir différencier et hiérarchiser la qualité des mérites ou des fautes au nom desquels on prétend juger les individus.
Par exemple, ce qui vaut pour un artiste ou même un philosophe ne vaut pas pour un homme d'Etat ou un homme d'Eglise (par exemple).
Le fait qu'un écrivain ou un métaphysicien, même s'il veut passer pour le meilleur des hommes, mente sur lui ou plus souvent ne dise qu'une partie de la vérité, voire qu'il assume un certain nombre de contradictions dans sa vie ou dans son oeuvre, n'a rien pour me choquer – et ne devrait à vrai dire choquer personne de suffisamment érudit, civilisé ou intelligent (laissons les militants woke et les ligues de vertu coasser entre eux et ne les imitons pas).
Comme l'a rappelé ce matin Régis Debray au micro d'Alain Finkielkraut, un grand artiste n'a pas besoin d'être (en plus) un type bien pour être admiré comme un grand artiste.
J'ajouterais : même un artiste moyen qui a su produire quelques oeuvres de valeur (c'est dans cette catégorie que je classerais, pour ne citer qu'eux, Philippe Sollers, qui vient de nous quitter, ou Roman Polanski).
Je ne suis même pas loin de penser que chez certains auteurs c'est en partie la tension, consciente ou inconsciente, qui résulte de l'écart entre leurs idées et leurs actions, ou entre leur morale et leur tempérament, qui contribue à la valeur de leurs oeuvres (qu'on pense à Platon, à Tolstoï, à Gide, à Malraux, à Montherlant, à Julien Green, à Picasso, à Deleuze, etc.).
J'évoquais Rousseau à l'instant, mais tous les sermonneurs que j'ai entendus depuis des lustres me dire : "Ah, Rousseau ! Mais quand on a abandonné ses enfants à l'Assistance publique, on s'abstient de donner des leçons de vertu aux autres ou de protester de sa bonté comme si de rien n'était..." me font l'effet d'imparables idiots, de crétins somptuaires.
Même quand on leur explique que sans lui et ses Confessions, personne n'aurait jamais su qu'il avait abandonné ses enfants – lesquels, d'ailleurs, n'étaient sans doute pas tous biologiquement les siens –, ils ne démordent pas de leurs convictions, les sots.
Idem pour Hugo, Céline, Genet, Aragon, Morand, Rebatet, même Sollers, donc, avec Mao ou l'affaire Matzneff.
Mais comment ont-ils pu ?...
Ils ont pu, c'est tout ce qui compte, pauvre Perrichon, et rien ne permet d'affirmer, comme le voulait Philippe Muray, que Céline aurait été capable d'écrire Le Voyage ou Mort à crédit s'il n'avait pas été aussi capable de devenir l'auteur de Bagatelles.
En revanche, il en va tout à fait différemment pour ceux qui dirigent un Etat, votent des lois ou se retrouvent investis d'une fonction morale, prescriptive ou sacerdotale dans un cadre institutionnel ou même médiatico-culturel.
Un type qui se fait élire au nom d'une doctrine ou d'un projet et qui fait exactement, en tout, le contraire une fois qu'il est devenu président ou Premier ministre – Jacques Chirac a été le cas le plus emblématique sous la Ve République – n'a droit à aucune excuse ni aucune circonstance atténuante.
Idem pour ceux qui prétendent éviter la division d'un peuple ou d'une nation, et qui sciemment font tout pour l'intensifier et l'exaspérer jusqu'à engendrer des pulsions insurrectionnelles et violentes irréversibles (voyez à qui je pense).
Et ne parlons même pas de tous les Tartuffes de toutes les confessions religieuses – comme de la plupart des coteries progressistes.
C'est la raison pour laquelle on peut par exemple estimer que François Mitterrand aurait pu sans doute devenir un très bon écrivain ou plutôt un fabuleux personnage de roman stendhalien, mais qu'en lieu et place il fut bien, pour notre malheur et sans erreur possible, le pire chef d'Etat parmi tous ceux qui se sont succédé en France depuis 1958.
Moyennant quoi, le philistin va toujours vous expliquer que Mitterrand, quand même, malgré tout, c'est un grand homme (notamment parce qu'il a cocufié une grande partie de ceux qui ont voté pour lui et/ou abusé des amis proches qui se dévouaient pour lui – en faisant Maastricht, en rapprochant la France de l'OTAN, en instrumentalisant l'antiracisme, en faisant un enfant dans le dos des communistes, etc.) mais que Voltaire, Malraux, Aragon, Picasso, Montherlant, Céline, Sollers, Chaplin, Polanski, vraiment ce sont des moins que rien, des menteurs, des falsificateurs, des poseurs, des vicieux, voire des criminels, etc.
J'ai fait l'essai suffisamment souvent, ici et ailleurs, pour être sûr hélas de ce que j'avance.
Parfois, certains me demandent ce qui à mes yeux distingue les êtres de valeur des autres.
Eh bien là, je viens de donner l'un des critères qui me semble le plus important, le plus souverainement décisif.
Chacun, bien sûr, est libre de l'approuver ou pas.


Autorité ou autoritarisme (ou autocratie) ?

Maxime Tandonnet

M. Charles de Courson est de toute évidence l’homme de l’heure, l’homme de la situation présente. Il est l’un de ceux qui ont dénoncé avec le plus de fermeté l’imposture des « 64 ans ». Le choix de la vérité et l’absence d’esbroufe et d’obséquiosité, le refus de la courtisanerie qui le caractérisent apportent une bouffée d’oxygène dans l’étouffoir politique actuel. Entré en dissidence contre les magouilles destinées à bâillonner la représentation parlementaire (article 47, 40, 49-3, de nouveau article 40), il parle de l’urgence de contrer une « dérive autoritaire ». Mais est-ce vraiment la meilleure formule ? L’autorité, d’où dérive le mot autoritaire, peut être une valeur positive. En effet elle suppose une adhésion, en accord dans les profondeur du pays. L’autorité n’est jamais jupitérienne, verticale ou à sens unique. Elle n’existe pas sans la confiance. Autorité et confiance sont comme les deux faces d’une pièce de monnaie. [Je te suis et non je t’obéis, parce que je te fais confiance.] La société actuelle a besoin d’autorité – impliquant la confiance – et non d’autocratie. Or ce qui se passe aujourd’hui ne relève pas de l’autorité, mais d’autre chose : autoritarisme, autocratie sont des mots mieux adaptés. Une caste de petits marquis hors sol, ivres d’eux-mêmes, qui s’estiment (à tort) plus intelligents et plus éclairés que les autres, détenteurs du savoir et de la lumière, prétend soumettre une Nation, un peuple, en lui imposant et en trichant, des normes qu’il refuse à 80 ou 90%. Il ne les refuse pas par paresse ou par refus de l’effort, comme le prétendent les petits marquis – dont beaucoup n’ont jamais travaillé – mais parce qu’il les juge inefficaces, inutiles et injustes – avec raison. La logique de ce processus est tout le contraire de l’autorité – supposant la confiance. Elle relève de l’autoritarisme absurde ou de l’autocratie débile qui conduit à la désintégration et au désastre.

Charlie et la chocolaterie

Anne-Sophie Chazaud

Chers amis, quelques mots rapides en passant par ici sur deux affaires insupportables en cours, insupportables dans la manière dont elles sont traitées.
- J’affirme que les macronnards et leurs zélés relais (préfets, magistrats, médias-système etc…) qui depuis quelques jours hurlent à cause d’une caricature grimant Macron en Hitler (chose qui arrive depuis 70 ans à tous les hommes et femmes politiques de France et de Navarre) sont aussi immondes et dangereux que les islamistes qui ont dénié à Charlie le droit de caricaturer le Prophète.
J’ajoute qu’en outre ils sont encore plus dangereux dans la mesure où ils viennent, rétroactivement et de manière structurelle, paradigmatique, légitimer le désir de censure des caricatures qui a motivé lesdits meurtres.
Cette attitude est un crachat de plus, après l’affaire du fonds Marianne, sur la tombe de Samuel Paty qui est mort pour avoir enseigné ce droit.
Alors, on va le répéter encore et encore : la liberté d’expression est indivisible, et le droit à la satire n’est pas négociable.
Le fait de vouloir faire interdire ces caricatures du chef de l’État (dont on suppose par conséquent que pour les macronnards il est encore plus sacré et intouchable que Mahomet pour les islamistes) aurait par ailleurs tendance à démontrer qu’elles disent un petit quelque chose de vrai : de Gaulle fut grimé en Hitler, lui le vrai résistant, et jamais ne le fit censurer.
Vouloir démontrer que l’on n’est pas un dictateur en faisant progressivement tout interdire, interroge.
- Second point : le battage médiatique continuel depuis quelques jours sur l’affaire de la chocolaterie Trogneux est simplement insupportable : si je condamne évidemment et tout à fait fermement la débilité de tels agissements qui doivent, s’ils sont établis (ce qui reste à faire dans le détail), être condamnés, je rappelle que les Français sont, eux, livrés quotidiennement à la violence (y compris celle émanant du pouvoir), aux agressions, aux viols, à la délinquance, sans que les médias macronnards ne s’en émeuvent.
Une octogénaire a par exemple été violée il y a quelques jours, car le viol de personnes âgées est la nouvelle mode dans l’ensauvagement en cours, et je n’en ai pas entendu parler en continu aux informations, alors que ce fait est autrement plus grave, pour tout ce dont il est le symptôme, qu’une baston chocolatée.
Il convient vraiment d’en finir avec le mode propagandiste et hémiplégique de traitement de l’information dans notre pays qui n’est plus que désinformation continuelle, le tout appuyé par des relais du pouvoir qui ont pour mission de disqualifier tout discours divergent ou dissident (je pense par exemple à la mission Bronner supposée lutter contre le complotisme et lequel Bronner, hier, se répandait en obscènes louanges et reptations serviles dignes des plus ridicules courtisans de la Cour).
[NB : si mon compte saute à cause de la publication assumée et revendiquée de cette caricature, je vous invite à me retrouver sur mon site personnel qui est à l’abri de la censure et que je vais alimenter un peu davantage dans les prochaines jours]


Moral en berne

Eric Vial

Si on plonge une grenouille dans l'eau froide et qu'on porte très progressivement cette eau à ébullition, alors la grenouille s'engourdit ou s'habitue à la température pour finir ébouillantée.
D’abord on nous avait dit « des casques et des gilets pare-balles uniquement pour se défendre de l’agression ».
Ensuite, on a fourni des armes en expliquant que les blindés seraient une ligne rouge.
Les blindés sont arrivés mais « jamais au grand jamais, de chars ».
Les chars ont été donnés.
« Nous n’irons pas plus loin, les missiles seront une ligne rouge à ne pas franchir ».
Nous avons donné des missiles et même des missiles en uranium appauvri.
« Mais promis juré craché c’est fini, pas d’avions de chasse ! »
Depuis hier, nous savons que nous allons fournir des avions…
Jusqu’à quand tout cela s’arrêtera ? Et après quoi, des hommes ?
Dois-je déjà ressortir mon uniforme d’officier de réserve et commencer à embrasser ma famille devant l’escalade ?
Oserais-je dire, dans le silence actuel des populations qui sont figées par la peur d’être considérées comme traîtres pour un mot de trop, que le contexte actuel me terrorise également, que tout cela me mine, que je n’arrive pas à faire semblant ?
Que dès qu’un sujet sérieux est abordé la grande matrice des réseaux sociaux le place dans les oubliettes des commentaires ; comme si nous devions tous obligatoirement être heureux sans devoir nous poser aucune question sur un avenir angoissant – Big Brother veille sur nous ?
Oui, je suis malheureux de ce qui se passe dans le monde, profondément.
Non décidément, je n’y arrive pas : je n’aime pas la guerre et ses morts.
Oui, je considère que les grands hommes de notre histoire sont ceux qui ont trouvé la paix ; ce ne sont pas des belligérants.
Ce que je veux ?
Que cela s’arrête pour sortir de la casserole avant d’être définitivement… ébouillanté.
Après avoir été le dormeur du val, j’irai me prendre au petit-déjeuner une vieille prune cul sec, un petit trou sur le côté, pour tenter de cicatriser mon cœur qui saigne.
Parfois c’est comme ça… Je me lève le matin et je hais notre monde.

Jonathan Sturel

Pour se moquer de ceux qu'ils appellent «les antivax», les triples-dosés s'amusent aujourd'hui à leur demander avec une ironie moqueuse «où sont les centaines de milliers de morts du vaccin» qu'ils annonçaient. C'est leur façon de se rassurer et de continuer à s'entretenir dans l'idée qu'ils ont eu raison, eux, de courir au centre de vaccination chaque fois que Véran jouait de son sifflet.
La question qu'ils n'aiment pas qu'on leur pose cependant, c'est : où sont les montagnes de cadavres de non-vaccinés que EUX nous annonçaient ? Où sont les cimetières d'antivax et les charniers de complotistes ? Où sont les villes fantômes jadis habitées par les anti-passe ?
Ce n'est même pas une question provocatrice pour simplement répondre au sarcasme par le sarcasme : c'est une véritable question scientifique adressée à des gens qui ont réellement annoncé l'apocalypse aux non-vaccinés, au nom de la science derrière laquelle ils prétendaient s'être rationnellement rangés.
Alors ?

19 mai 2023

Trogneux

Jonathan Sturel

La chocolaterie Trogneux, même si elle appartient à la famille de la femme d'Emmanuel Macron, est en réalité une entreprise par essence et par définition anti-macronienne.
Cet établissement enraciné dans sa ville se perpétue depuis six générations, soit un siècle et demi. Il travaille avec artisanat et raffinement, perfectionne l'esthétique classique de ses vitrines et propose des produits de goût. Pour cela notamment, il fait honneur à la France et donne une idée précise de l'importance de la transmission : là-bas, on se passe les clés de la boutique de génération en génération et chacune travaille par conséquent à honorer l’œuvre de la précédente pour faciliter l'ouvrage de la prochaine.
C'est cela que nous aimons et que nous voulons voir : des familles qui transmettent, des établissements qui s'enracinent dans la durée et deviennent un élément de la vie locale. Aujourd'hui, en 2023, un habitant de la ville d'Amiens peut pousser la porte de cet établissement comme l'avait fait son père 25 ans plus tôt, son grand-père 50 ans plus tôt, son arrière-grand-père 75 ans plus tôt, etc. Lorsque six générations de Trogneux font du chocolat au même endroit, cela signifie qu'un Amiénois peut répéter des habitudes prises par ses ancêtres depuis plus d'un siècle.
Il n'y a rien de plus contraire à l'idéologie macronienne qui elle ne rêve que de déracinement, d'extra-territorialité, d'uniformisation, de renouvellement permanent et de globalisation.
Ennemis de Macron, peu disposés à apprécier son étrange femme, nous nous inclinons cependant devant l’œuvre enracinée de la chocolaterie Trogneux et de toutes les enseignes locales qui entretiennent le trait d'union entre hier et aujourd'hui.
Roland Gori

L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs.

Le malaise structurel des FDO

Pierre Duriot
Porte-parole du RPF


Rien ne va plus chez les policiers et les gendarmes, depuis le Covid. La Cour des comptes qui s’est penchée sur les hommes en uniformes, se contente des constats et de la correction politique. On ne trouve pas trace de ces missions qui ont consisté à fliquer le promeneur sans son auto-autorisation, ou l’adepte du café bu assis, ou debout. Pas trace non plus des effets de l’obligation vaccinale, complètement inutile, on le sait maintenant. Pas non plus d’allusion à ces missions dans lesquelles les FDO sont envoyées au contact des populations mécontentes, pour se prendre force projectiles sur la figure, alors même que ces hommes subissent, comme le peuple, les effets ravageurs de la politique actuelle. On pourrait même hasarder que les FDO ne sont plus spécialement au service de la protection de la population, mais servent d’outil de maintien d’un système devenu inique et totalement impopulaire. Toujours est-il que des policiers et gendarmes rêvent de partir et que trop peu de candidats, rêvent d’y aller. (...)

« Le retour à la normale de l’activité opérationnelle n’a pas entraîné de retournement de la situation budgétaire par rapport à 2021. Les programmes ont continué à sous-consommer leurs crédits de masse salariale à cause de difficultés de recrutement et de fidélisation qui s’accroissent

10 840 départs dans la Police, soit +33 % en quatre ans et 15 078 dans la gendarmerie, soit +25 %. Et ce malgré une augmentation des rémunérations, comme quoi, le problème ne se situait pas là.

Plus grave, les responsables de programme sont contraints « de dégrader la qualité des recrutements et des formations », c’est à dire que les représentants des forces de l’ordre, sont à la fois recrutés avec moins de qualités et en plus, ils sont moins bien formés. Les seuils de sélection ont été abaissés, pour pallier le manque de candidats et on se retrouve à admettre des gens qui voici quelques années, n’auraient eu aucune chance. Le problème est le même avec les réserves opérationnelles. Et la Cour des comptes de préconiser une amélioration des conditions de travail et une gestion « plus dynamique » des ressources humaines. Allez donc savoir ce que signifie le « plus dynamique ».

Comme tous les Français, les forces de l’ordre subissent aussi l’inflation, qui se traduit par des tensions sur les dépenses de fonctionnement de la mission. Le tout, mis bout à bout peut contribuer, à grande échelle, à « abaisser le potentiel opérationnel de la police nationale », s’inquiète encore la Cour des comptes.

Non seulement, en très haut lieu, on minimise tous ces paramètres, mais en plus on feint d’ignorer où se situe la délinquance la plus palpable et celle qui nécessiterait qu’on augmente à la fois le nombre et la qualité des personnels. Le Ministre se concentre sur la « lutte contre l’extrême droite », dont on cherche vainement les exactions. Ses gesticulations en sont devenues cocasses. Mais sur le terrain, on lutte contre les mineurs isolés d’importation, les quartiers sensibles, où les lois de la république ne s’appliquent plus, les phénomènes de drogue, de violences de toutes natures, qui sont majoritairement circonscrits à des zones et des types de populations parfaitement identifiés, mais dont personne au gouvernement, n’a l’air de vouloir prendre acte.

En résumé, à force de sciemment se tromper de cible, de cantonner les personnels à des tâches dictées par l’idéologie et non par les réalités de terrain, la lassitude a envahi les troupes, les départs sont nombreux, le moral, au plus bas et tout porte à croire que la protection des populations victimes défaille.

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com

17 mai 2023

Borne commence à péter un câble

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF, chargé du suivi de la vie parlementaire

Borne veut à tout prix que la proposition de loi de la LIOT, susceptible d’annuler la réforme des retraites, ne puisse pas être votée, et pour cela elle est prête à tout notamment à demander à la présidente de l’Assemblée nationale d’invoquer l’article 40 pour la déclarer irrecevable. Cette irrecevabilité viendrait du fait que l’annulation de la loi provoquerait un déséquilibre budgétaire. L’affaire est cocasse puisque les caisses de retraite ont été en excédent cette année et qu’elles le seront pour l’année prochaine également. Présumer d’un déficit pour le futur, surtout dans les conditions évolutives que nous connaissons actuellement c’est jouer à madame Irma. Si madame Borne est si soucieuse que cela des finances publiques, pourquoi ne s’emploie-t-elle pas à rétablir les comptes, en remboursant les sommes indûment prises par ses prédécesseurs et qui devaient, dans le cadre du fonds de réserve pour les retraites de Jospin, assurer cet équilibre à hauteur de plus de 150 milliards. S’il y a eu irrecevabilité et spoliation c’est bien les gouvernements successifs qui en sont les auteurs, et qui ont créé ces fameux déséquilibres, en puisant allégrement dans ce pactole.

Il serait donc normal que madame Borne, dans un souci budgétaire, se fasse un honneur de rembourser cet argent. Mais sa préoccupation n’est pas là, elle ne veut pas que l’on touche à sa réforme. Tous les moyens seront mis en œuvre pour empêcher de débattre et de voter la proposition de la LIOT. Nous en parlions il y a peu, ce gouvernement se moque totalement de la paix sociale, il suit un agenda et doit passer cette loi en force, tout le reste est de la littérature. Pour elle, le parlement n’est qu’un obstacle, qu’il faut parvenir à contourner par tous les moyens, en donnant l’illusion qu’on le respecte. Il n’y aura pas eu pire anti démocrate que toute cette clique de macronistes sous la Vème république. Non seulement ils méprisent le peuple au point de se réjouir de le voir crever, mais en plus ils repoussent la représentation nationale. La LIOT doit donc s’attendre à devoir remballer sa proposition et à envisager un autre angle d’attaque, à savoir, de destituer Macron. Il est d’ailleurs étonnant que madame Borne s’inquiète à ce point des finances de la France, au moment où Macron débloque des milliards pour l’Ukraine. Depuis le début, combien exactement nous coûte cette aide ? N’y a-t-il pas déséquilibre ici, et sans le consentement de la représentation nationale. Macron distribue des milliards un peu à tout le monde, sans jamais passer par la case Assemblée nationale. Pour autant nous n’avons pas entendu notre brave premier ministre, s’insurger contre ces dons. Y aurait-il donc une nuance très macronienne encore une fois, dans l’origine ou le contenu d’un déséquilibre budgétaire. S’il vient de l’opposition c’est très grave et il faut l’interdire, si c’est le prince tout est permis. Il peut jouer avec l’argent des Français, faire exploser la dette, augmenter le budget de l’Élysée sans réel fondement, changer la déco du palais pour faire plaisir à madame, sans aucune remontrance de madame Borne, comme c’est curieux.

C’est vrai que dans un régime autocrate comme le nôtre, le pouvoir est autorisé à tous les excès et le peuple n’a pas de compte à lui demander. La réalité est que madame Borne est tout sauf une démocrate, elle n’en a pas la plus petite qualité. La macronie tremble face à cette proposition de loi, si elle pouvait elle supprimerait l’Assemblée nationale, d’un trait de plume. Elle s’obstine à ne pas reconnaître le caractère juste d’un tel examen, pour elle la démocratie s’arrête aux exigences du pouvoir de l’exécutif. Elle refuse d’entendre que c’est son 49.3 qui a déclenché ce qu’elle vit tous les jours, à savoir des comités d’accueil qui l’empêchent de se déplacer, elle et ses collègues. Mais dans une folie démentielle elle persiste et signe, obtuse jusqu’à la déraison, autiste jusqu’à l’absurde, elle ne peut pas supporter l’idée que son texte, ou une partie, soit retoqué. C’est la marque des arrogants, pétris de l’idée de leur supériorité, sourds à ce qui vient de l’extérieur, seuls dans leur délire, persuadés de détenir l’absolue vérité. Elle trépigne, la démocratie elle s’en fout, la paix sociale aussi, tout ce qui l’intéresse c’est de rouler dans la farine l’ensemble des partis et des syndicats et de faire passer sa réforme quoi qu’il en coûte, pour satisfaire Bruxelles. Une fois la forfaiture faite, elle se plaît à se gargariser de qualités qu’elle n’a pas, pour vanter son sens de l’ouverture, du dialogue et de l’écoute. Hypocrite et fabulatrice, elle se rêve une personnalité, incapable de se voir telle qu’elle est. La démocratie, c’est accepter que l’avis du premier ministre ne soit pas toujours suivi. Sans majorité, la décence imposerait que l’on s’ingénie à prendre des mesures qui seront approuvées par tous, à défaut d’être capable de cette adaptation, il faut quitter le pouvoir. Mais c n’est certainement pas contourner l’obstacle et faire comme si vous aviez tous les pouvoirs. Pancher, de la LIOT, devrait brandir si Borne s’obstine à vouloir empêcher l’examen et le vote de cette loi, l’Article 68 de la destitution, contre le 40 de l’empêchement de la démocratie.



Segundo Cimbron

Entendre des députés Renaissance et des ministres mettre sur le même plan l'incendie de la maison d'un maire (qui était dans la maison...) par des fachos opposés à l'accueil de demandeurs d'asile, et des autocollants "64, c'est non" sur la vitrine de leurs permanences, ou les concerts de casseroles par des opposants à leur coup de force antidémocratique :
C'est insupportable et c'est à gerber.
Outre qu'il est immonde d'instrumentaliser la tentative de meurtre de ce maire courageux pour se poser en victimes à ses côtés (alors que LEUR État l'avait abandonné), ces gens-là ne détruisent pas seulement nos services publics, notre modèle social et notre démocratie, ils sont prêts à se justifier en détruisant jusqu'aux repères les plus élémentaires qui nous permettent de distinguer ceux qui luttent pour l'émancipation humaine et ceux luttent pour son asservissement.
Est-il possible de faire pire ?

Pourquoi cet étalage de blancs-becs en Occident ?

François Asselineau

Les individus à la tête des principaux pays occidentaux ont tous en commun d'être totalement dépourvus d'expérience. Cette aberration n'est pas le fruit du hasard, elle résulte de la volonté d'oligarques qui placent leurs pions aux endroits stratégiques. En faisant élire, par des stratégies de manipulation d'opinion, des jeunes gens sans expérience, ils s'assurent la docilité d'obligés qui conduiront des politiques favorables à leurs intérêts. François Asselineau analyse cette situation et dénonce les motivations des responsables de ce jeu de dupes dans lequel les peuples sont les grands perdants.


INDIGNATIONS EN CHOCOLAT

Gabriel Nerciat

Indignation totale, viscérale, cosmique, hesselienne contre l'agression de Jean-Baptiste Trogneux à Amiens hier.
Quelle idée !
C'est le président de la République que les Français veulent rouer de coups et décapiter, pas le petit-neveu de sa femme.
Toutefois, peut-être aurait-on dû suggérer préventivement à ce dernier de confectionner et de commercialiser des Macron en chocolat.
Même si la période pascale est terminée, le régicide anthropophage et symbolique pourrait être au final le meilleur garant de l'intégrité physique et corporelle de la famille Trogneux.


Le rift entre le peuple et ses dirigeants continue de croître

H16

Que c’est beau, une République en marche à pas cadencés, vers un futur qu’on imagine plein d’avenir et de discours aériens pour ne pas dire venteux d’Emmanuel Macron ! Chaque jour qui passe est l’occasion pour le pouvoir en place de mettre de nouvelles pierres à l’édifice de progrès bigarré qu’il entend construire, même et surtout lorsque le peuple, graduellement conscient que la direction pourrait ne pas être la bonne, montre des signes clairs de ralentissement.


Et dans ces nouvelles pierres, on pourra mentionner la discrète obligation de pavoisement des mairies de plus de 1500 habitants avec le drapeau européen : apparemment, la nouvelle loi a créé quelques intéressants remous dans l’hémicycle avant d’être fièrement votée par le croupion législatif actuel.

Eh oui : il semblerait qu’une partie du peuple ne soit pas tout à fait d’accord avec cette nouvelle obligation. Étrange, d’autant que ça occupe peu d’espace, et que tout le monde trouvera ça très bien une fois que ce sera en place.

N’est-ce pas ?

Oh, une autre pierre va s’ajouter alors même que les drapeaux n’ont pas encore eu le temps d’être hissés ! La République ne marche plus, elle trottine gentiment vers son futur de lait et de miel dans lequel la mixité sociale en milieu scolaire va être imposée par quelques lois bien troussées et quelques quotas bien calculés, ce qui, on s’en doute, remplira le peuple d’aise.

Et puis, même si, en pratique, la plupart des parents et des enseignants s’accordent plutôt pour dire que la priorité réside plutôt sur un retour rapidissime aux fondamentaux complètement sabotés alors que le niveau est passé de médiocre à alarmant en quelques années, cette introduction de la mixité au vérin hydrolico-législatif ne fera pas de mal : après tout, ça n’occupe pas tant d’espace que ça, et tout le monde trouvera ça très bien une fois que ce sera en place.

N’est-ce pas ?

On peut même aller plus loin : tant qu’à faire dans la mixité, autant l’importer directement et l’accueillir dignement (au frais du contribuable, ne mégottons pas), comme le peuple le réclame joyeusement…

Enfin presque : apparemment, cela ne se passe pas toujours bien dans certaines communes, et à St-Brévin, cela s’est traduit par des pressions sur le maire lorsqu’il a été question de déménager un centre d’accueil pour migrants à côté d’une école, puis par l’incendie du domicile de l’édile, poussant le maire à démissionner.

Démission qui a été fort bien relayée par les médias : alors que l’enquête sur cet incendie criminel vient tout juste de débuter, la presse et le gouvernement ont immédiatement désigné l’extrême droite et ont multiplié les déclarations de politiciens scandalisés par cet acte. Pourquoi pas ? Après tout, l’extrême droite peut être violente. L’extrême gauche tout aussi bien (et y compris dans ce contexte ou une exploitation politique est tout à fait envisageable), mais c’est l’extrême gauche, qui est au bon chasseur ce que l’extrême droite est au mauvais.

N’est-ce pas ?


Au passage, l’unanimité et la spontanéité de toute la classe politique et médiatique à réagir sur cette affaire interroge quelque peu l’observateur moyen : après tout, il s’agit de ces mêmes politiciens qui ont amplement démontré leur capacité de calme, de pondération et de respect dans toutes leurs actions ces dernières années, tout comme il s’agit aussi de cette presse qui a tant fait pour établir la vérité et la mesure de toutes choses pendant la même période, qui a tant contribué à apaiser les débats, à faire porter la parole des sans-voix (et des sans-dents) aux élus et aux leaders politiques et qui a permis à toute la France de s’écouter et aux dirigeants de continuer à dialoguer sereinement avec la base et réciproquement.

N’est-ce pas ?

Or donc, cette presse nous informe, unanime dans tous ses titres et ses formats, de la démission de ce maire, tout en oubliant parfois de mentionner que le centre en litige doit accueillir 120 hommes africains qui, pour y accéder, devront passer par la porte de l’école jouxtant le centre – détail sans importance probablement mais qui aurait gagné à donner du contexte quand on parle d’une opposition au projet puisque c’est cette opposition qui est hardiment désignée comme responsable de l’acte criminel contre l’édile…

Et cette même presse qui nous informe de cette démission s’est trouvée des pudeurs de gazelle lorsqu’il s’agissait de la démission de plusieurs centaines d’autres maires, ailleurs en France, pour des motifs souvent proches, à savoir la véritable démission de l’État et de ses dirigeants devant les réalités du terrain…

Cependant, au-delà de l’aspect spectaculaire de ce fait divers et de l’aspect spectaculaire de l’unanimité de la presse, on ne peut s’empêcher de noter que l’opposition à ces projets, de façon surprenante, est fort absente des débats ; la presse n’en parle que très peu, lorsqu’elle y est contrainte et lorsqu’elle le fait, l’amalgame est non seulement facile mais presque systématiquement fait avec une extrême droite dont le spectre n’a bizarrement pas cessé de s’étendre vers la droite. Coïncidence troublante : c’est le même schéma qu’avec d’autres amalgames pour d’autres sujets, depuis les complotistes jusqu’aux climatosceptiques, amalgames qui, tous, avaient pour le but de présenter cette opposition comme aussi illégitime qu’issue de factions minoritaires et dangereuses.

Et à mesure qu’à la violence réelle ou supposée de ces factions répondait la violence institutionnelle de plus en plus visible du pouvoir officiel, l’opposition réelle, argumentée, produite par des gens sains, équilibrés voire – soyons fous – respectables a rapidement disparu des médias à tel point d’ailleurs qu’elle n’existe plus non plus dans l’hémicycle parlementaire.

De fil en aiguille, médias et politiciens se sont nourris les uns les autres de ces mensonges par omission, gommant l’opposition, de cette fable selon laquelle une franche opposition aux discours ambiants (pro-migration, pro-écologie, liberticides, pro-interdictions et pro-obligations tous azimuts) ne pourrait être qu’extrémiste, menée par une frange aussi populiste que minoritaire de la population et donc, par nature, dangereuse.

À présent, ceux qui ont l’audace, l’impudence voire la folie furieuse de croire autre chose que les discours officiels et ceux relayés par les médias, ne sont plus dignes d’écoute. La classe jacassante a clairement défini ceux qui décidaient (facile, c’est eux), ceux qui devaient écouter et obéir (les autres, qu’ils appellent fallacieusement “le peuple”) et ceux qu’on allait pouvoir mépriser, faire taire et emmerder harceler de toutes les façons possibles (les factieux, les complotistes, l’extrême droite).

Le problème étant maintenant que ce dernier groupe est devenu largement majoritaire, et que la partie restante, congrue, s’en éloigne à grande vitesse, tout en continuant mordicus à tenir ses discours délirants et ses objectifs de plus en plus en butte avec le reste de la société française.

Ce n’est plus un décalage ou un simple écart qui existe entre le peuple et la classe jacassante, celle des politiciens des grandes villes et des quelques rédactions métropolitaines des médias de révérence référence ; c’est un véritable gouffre, un canyon, un rift tectonique.

Et à la violence institutionnelle croissante continuera de répondre une violence populaire croissante, l’une alimentant l’autre, agrandissant le rift.

Cela va bien se terminer, n’est-ce pas ?