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15 janvier 2024

Un remaniement qui ne change rien

H16

Avec une surprise très modérée et une effervescence médiatique aussi théâtrale que peu crédible, le gouvernement Borne a cédé sa place, la semaine dernière, au gouvernement Attal. Et globalement, à peu près tout le monde s’en fout.


On pourrait certes écrire de longs paragraphes plus ou moins bien troussés sur les mouvements de postes, sur les heureux nominés et les partants. Par exemple, on pourrait aisément se réjouir de voir le gluant Véran enfin éjecté, en espérant que les prochaines élections européennes permettront de le satelliser durablement en dehors de la vie politique, une humiliation électorale lui étant largement méritée.

On pourrait aussi se lancer dans une analyse politico-politicienne rapide de ce jeu de chaises musicales alors que le Titanic français continue de couler :

Que peut-on réellement dire d’Attal et de son bilan inexistant sur tous les postes qu’il a occupés ? Son passage éclair à l’Éducation nationale fut bien trop bref : que peuvent réellement en dire les enseignants ou les organisations syndicales ? Rien, à la vérité : il est resté trop peu de temps, il a lancé quelques bricoles en l’air qui n’ont même pas eu le temps de retomber (les uniformes, quelques autres bricoles sociétales périphériques) et ce alors même que le niveau continue de s’effondrer de façon spectaculaire. L’idée de remettre l’ordre ou un peu de discipline au cœur de “l’école républicaine” est toujours absente, tout comme le retour à des méthodes éprouvées. L’école à la maison est combattue. Bref, zéro, zilch, nada.

Au-delà du ministère des Finances (ou de ce qu’il en reste dans ce pays) – l’Économie étant une notion impénétrable pour les clowns à roulettes qui font semblant de diriger le pays – qui ne risquait pas de changer de tête de gondole, les postes régaliens n’ont pas plus changé de ministre et cela en dit très long sur les réelles difficultés pour Macron de trouver des individus simplement volontaires pour reprendre ces maroquins.


Le ministère des Affaires étrangères mérite une mention spéciale afin de noter le subtil placement de Séjourné, parfait incapable mais surtout ex-concubin du Premier ministre, ce qui n’a pas manqué de choquer un peu partout dans le monde sauf, bien sûr, en France où la basse-cour médiatique n’y a vu que du feu.

Pour le reste, les ministères potiches ont, eux, renouvelé leurs têtes, ce qui démontre que ces dernières n’ont aucun impact réel sur les directions prises réellement par ces ministères et leurs administrations : il est maintenant admis qu’ils se gouvernent, se dirigent, croissent et s’auto-congratulent sans l’aide de personne et surtout pas du gouvernement.

Le seul point vaguement saillant est l’arrivée de Rachida Dati à la Culture. Il faut être jeune ou très naïf pour ne découvrir que maintenant la duplicité de l’ancienne Garde des Sceaux sous Sarkozy, sa présence dans un gouvernement de Macron constitue surtout une preuve supplémentaire du délitement complet des Républicains, épave politique aussi moribonde que le Parti socialiste dont on peine à se rappeler qui le dirige, qui en fait partie et s’en revendique réellement et surtout, qui s’en soucie vraiment.

Et c’est ce constat qui confirme aussi que le monde des jacassants – politiciens et journaleux – froufroute beaucoup autour de ces mouvements de palais, sans qu’en réalité ni le peuple, ni les industriels, ni les institutions et les administrations n’en aient réellement quelque chose à carrer. Ici, tout le monde comprend très bien que ce petit événement est aussi artificiel que construit pour occuper la galerie alors que, politiquement, absolument rien n’a changé : le Sénat n’a pas bougé et la composition de l’Assemblée nationale reste la même, soit une majorité très relative pour Macron ce qui signifie encore une nouvelle bordée de 49.3 lorsque les prochains projets les plus destructeurs seront présentés.


Autrement dit, tout montre que l’actuel parti présidentiel n’est rien de plus qu’une voiture balai des partis traditionnels en évaporation, sorte de gros centre mou qui a déjà absorbé les amibes du Modem, les blobs Républicains et les larves Socialistes et qui réussit l’exploit par sa propre vacuité d’attirer le néant des autres partis pour former une sorte de trou noir démocratique d’où aucune force politique concrète ne peut jamais sortir.

Or, de façon problématique, cette petite ébullition médiatique qui agite un peu Paris n’est pas du tout ce dont le pays a besoin : malgré des bidouillages intenses et acrobatiques visant à masquer la réalité (la récession n’est évitée qu’à ce tortillement grotesque), les chiffres économiques sont très mauvais avec une dette et des prélèvements records. La pauvreté s’étend chaque jour un peu plus, le niveau global des services publics, déjà fort peu élevé, continue pourtant de s’affaisser et aucun des ministres (les nouveaux comme les anciens) ne montre de disposition palpable pour s’attaquer au problème.

Pire, ce remaniement démontre une nouvelle étape de dissociation entre le petit Paris et tout le reste du pays, entre la classe jacassante et le reste du peuple, avec un gouffre de plus en plus large.

Enfin, il est impossible de ne pas voir la volonté manifeste ou bien de fusiller Attal, perçu comme un concurrent gênant, en le laissant suffisamment longtemps en poste pour qu’il s’y fasse détester – ce qui ne sera pas très long vu le sentiment général réel des Français à l’égard du pouvoir actuel – ou bien plus probablement, de le positionner comme crédible dans la course à l’Elysée pour 2027 ; il ne devra pas rester trop longtemps et sera dans cette hypothèse probablement exfiltré l’année prochaine, écrivant ainsi un nouveau chapitre pathétique de politique politicienne française.

Mais quoi qu’il en soit, rappelons après des années de Macron et de ses gouvernements tous plus consternants les uns que les autres, que ceux qui croient que cette nouvelle mouture va leur vouloir du bien sont probablement ceux qui croient aussi que les strip-teaseuses les aiment. Ceux-là vont aller au devant de nouvelles déconvenues. Les autres savent déjà à quoi s’attendre : absolument rien de bon.


Yann Thibaud

L'ordre ancien, religieux, hiérarchique, disciplinaire et dogmatique n'est plus ; il s'est effondré, a laissé la place, tout au moins en Occident.
Car ailleurs dans le monde, l'ordre ancien résiste et reprend même des couleurs.
En Afrique et au Moyen-Orient, l'islam est flamboyant et bien souvent hégémonique.
En Inde et en Extrême-Orient, hindouisme et bouddhisme continuent d'être pratiqués avec ferveur.
En Russie, l'orthodoxie a retrouvé toute sa place, après sept décennies de glacis communiste.
En Amérique latine et en Afrique notamment, les sectes évangéliques prolifèrent et gagnent chaque jour du terrain.
Et pendant ce temps, l'Occident, ayant soigneusement liquidé son héritage culturel, se vautre et se perd dans le nihilisme le plus glauque et le relativisme le plus chaotique, et finalement déprime et désespère, en proie aux cauchemars et démons de la décadence.
Faut-il donc revenir à l'ordre ancien, reprendre le chemin des temples et des autels, se réfugier dans le labyrinthe sécurisant et hypnotique des dogmes et des rituels, se prosterner de nouveau devant des statues et des pontifes ?
Beaucoup le croient ou l'imaginent, mais on ne renonce pas si facilement aux sirènes de la liberté et à l'appel de la sensualité.
La philosophie des Lumières et son idéal d'émancipation demeurent à jamais inscrits dans le cœur et l'esprit des occidentaux, car ils constituent leur mission sacrée et leur vocation profonde, même s'il furent bien souvent trahis et oubliés.
Certes, les religions, en posant des règles et des commandements, simples et aisément applicables, constituent des garde-fous appréciables à la folie humaine et au reniement de la loi naturelle.
Alors que l'individu post-moderne, livré à lui-même, sans repère ni cadre, ne sait plus quoi faire, quoi dire et quoi penser.
Il s'est affranchi et échappé de la prison des traditions mais, depuis, erre sans fin dans le dédale de son ignorance métaphysique et de ses pulsions incertaines.
Il s'invente parfois de nouvelles religions, approximatives et sans réelle consistance, comme le wokisme, le transhumanisme ou l'obsession climatique, ayant épuisé les délices du marxisme ou du trotskisme.
Jusqu'où ira donc sa course folle ?
Combien de temps mettra-t-il avant de trouver le chemin de la grâce, celui de la mystique éternelle, de la spiritualité évidente, fluide et naturelle, celle que connaissent les animaux, les enfants et les sages, celle du pouvoir et de la sagesse de l'esprit ?
La question de fond est ainsi la suivante : le mot d'ordre de l'aventure hippie comme de mai 68 était simple : être libre et laisser le vieux monde derrière soi, ce qui fut fait.
Mais après avoir détruit ou déconstruit l'ordre ancien, il nous faut maintenant rebâtir et reconstruire non pas un nouvel ordre, mais un nouveau savoir, une connaissance opérative, prélude et fondement d'un nouveau monde, d'une nouvelle civilisation.
Nous vivons aujourd'hui, c'est bien clair, les douleurs de l'enfantement de ce monde alternatif : tout ce qui doit être changé, transformé, abandonné nous éclate au visage, que ce soit la violence, le mensonge et l'hypocrisie des puissants, comme notre propre impuissance, immaturité ou désorganisation.
Mais les peuples s'éveillent irrésistiblement et cet éveil est glorieux, puissant, ludique et inarrêtable.

14 janvier 2024

mélimélo

⬦ - 40 C dans le nord de l'Europe : la politique de lutte contre le réchauffement climatique produit enfin ses effets !
Merci Greta.
Marc Amblard

⬦ Revenu de Nouvelle-Zélande, la France me fait l'effet d'un pays sale, agressif et étouffant. Certes, je n'avais pas besoin d'un séjour aux antipodes pour éprouver quotidiennement ce sentiment.
La nomination de Rachidada ne fait que renforcer en moi ce dégoût gerbeux et asphyxié : vulgaire, agressive, magouilleuse et rapace, d'ailleurs mise en examen pour corruption - et vertigineusement incompétente dans le domaine de la Culture. Honte, la Phrance ; honte, Mac Rond.
Marc Chaudeur

⬦ C'est triste de voir comment un pays doté d'un tel passé, possédant l'arme nucléaire, peut si rapidement tomber dans l'insignifiance. À travers Macron et sa clique, c'est en effet le grand capital qui gouverne, et ses intérêts sont à Washington plutôt qu'à Paris ou à Bruxelles.
Vincent Verschoore

⬦ Je lis qu'à un professeur qui soutenait que les serpents réels ne parlent pas, il fut répondu qu'il violait son devoir de réserve parce que le saint Coran affirme qu'un serpent a parlé. La tolérance à l'islamisme fabrique des générations de crétins fanatisés. On attend quoi ? Qu'ils décapitent encore des professeurs et que la France établisse la charia ?
Denis Collin

⬦ Je crois que l’École devrait avoir comme mission première de faire grandir ce petit philosophe qui sommeille en chacun d’entre nous.
Alexis Haupt

⬦ Progressisme et conservatisme peuvent être tout à fait compatibles si, au lieu de vouloir soit tout changer, soit tout conserver, l'on emploie son intelligence et son discernement, afin de déterminer quoi changer et quoi conserver.
Yann Thibaud

⬦ Le saviez-vous ?
Le nouveau Premier Ministre français est membre des Young Global Leaders, club école créé par Klaus Schwab.
Marc Amblard

⬦ Les oligarques qui nous chantent l’Internationale mondialiste ont ceci d’étrange qu’ils œuvrent sans relâche pour nous imposer une nouvelle forme de marxisme alors même qu’ils se sont copieusement enrichis du capitalisme.
Marc Amblard

⬦ - Dis Jamy, c'est quoi la propagande ?
- C'est pas sorcier Fred, tu vois par exemple quand sur toutes les chaînes de TV on voit des experts tenant le même discours. Eh bien là par exemple, on peut dire qu'on a affaire à une vraie propagande.
Alexis Haupt

⬦ À force de répétition, la population finit par être persuadée que l'eau brûle et que le feu mouille.
Ariane Bilheran, Psycho-pathologie du totalitarisme
Vincent Verschoore

À quelques jours de la venue de Zelensky à Davos, le pourtant très euro-atlantiste New York Times publie un article assez terrible sur l'état de l'armée ukrainienne : manque d'effectifs, nouvelles recrues ineptes, matériel de récupération, pénurie de munitions face à une armée russe à nouveau à l'offensive sur l'ensemble du front, et dont la capacité industrielle lui permet de continuellement produire du matériel militaire malgré les sanctions de nos élites imbéciles.
Cette image désastreuse sera sans doute mise en avant pour solliciter de nouvelles aides occidentales, mais l'opinion publique semble un peu moins dupe que l'an dernier. Certains se rendent compte, peut-être grâce au laisser-faire toléré dans le cadre du massacre à Gaza et du double standard de la "morale" euro-atlantiste, que ces gens-là se fichent bien de l'Ukraine et des Ukrainiens, de la démocratie, et que le prospect d'un déferlement russe sur l'Europe relève de la pure propagande.
Par contre, il semble vraisemblable que le soutien occidental à l'Ukraine ait alimenté une réelle haine de la part de nombreux Russes, cimentant une fracture profonde entre eux et nous, ce qui fait évidemment partie des réels objectifs US/Otan.
À nos dépens, of course, car vu la puissance de cette nouvelle armée russe refondée afin de faire face aux armes lourdes fournies par l'Otan, les modalités d'une paix (volontairement sabotée par l'Otan en mars 2022) se feront cette fois aux conditions russes.
Sauf, peut-être, au terme d'une nouvelle escalade d'ores et déjà demandée par les plus dingues au sein des régimes et des armées de l'Otan : frapper loin et fort en Russie, jusqu'au seuil d'un échange nucléaire, et espérer que les Russes reculeront.
L'histoire montre que les Russes ne maîtrisent pas bien le concept de marche arrière, mais nos chers débiles décorés pensent sans doute qu'avec un bon abri anti-nucléaire, ça va bien se passer pour eux. 14/1/2024



Yann Thibaud

Pendant la « crise sanitaire », on nous faisait la morale et on nous culpabilisait, nous les réfractaires, à tort, comme on le sait aujourd'hui.
À l'égard de la Russie, le bloc occidental ne cesse de faire la morale et de culpabiliser ce pays, à tort, comme les gens bien informés le savent pertinemment.
À l'égard d'Israël, une fois encore et comme toujours, les médias occidentaux font la morale et culpabilisent à tour de bras ceux qui ne pensent pas comme il faut, afin de justifier un épouvantable massacre.
Et depuis toujours, religions et idéologies aliénantes ne cessent de faire la morale et de culpabiliser leurs opposants, se trouvant elles-mêmes à l'origine des pires horreurs de l'histoire humaine.
Dernier avatar de ces idéologies perfides et trompeuses : le wokisme, consistant pour l'essentiel à faire la morale et culpabiliser ceux qui refusent de se plier à ses diktats, les persécutant, les empêchant de s'exprimer et parfois les privant de leurs moyens d'existence.
Méfions-nous donc des autorités bien pensantes, qui nous font savoir où est le bien et où est le mal, qui désignent à la vindicte populaire de prétendus ennemis, alors qu'elles sont elles-mêmes les pires ennemis du genre humain.
La conclusion que j'en tire, c'est que les qualités primordiales permettant d'y voir clair et d'agir avec justesse, en ce temps décadent, ne sont pas les bonnes intentions et les bons sentiments, permettant de tromper et manipuler les naïfs et les crédules, afin de les amener à agir contre leurs propres intérêts et contre ceux de l'ensemble de l'humanité.
Non, les qualités requises en ce temps décisif, n'en déplaise aux adeptes de la nouvelle religion du « non-mental, non-jugement », sont assurément la faculté de penser, autrement dit l'intelligence et le discernement, permettant de déjouer les ruses et éviter les pièges qui nous sont constamment tendus et proposés, avec toutes les apparences du politiquement, du spirituellement ou du moralement correct.
Voilà pourquoi je vous invite à penser, réfléchir, analyser, comprendre, douter et surtout pas croire, adhérer, répéter, vous soumettre et vous conformer.

Crime

Gilles Casanova

À un moment où la situation internationale est particulièrement tendue, où le spectre de la guerre et sa possibilité qui avait été écartée par l’existence du thermonucléaire il y a plusieurs décennies commence à retrouver de la consistance, au moment où la situation de la France a rarement été aussi mauvaise depuis l’occupation allemande, au moment où son industrie est effondrée, où il n’y a jamais eu autant de pauvres, où les inégalités n’ont jamais été aussi grandes et dans une telle phase de croissance depuis la guerre, dans un moment de recul généralisé des services publics, dans un moment où l’autorité de l’État – comme l’autorité de manière générale à tous les niveaux de la société – connaît une crise et une déréliction particulièrement vives, toutes les sociétés antérieures se seraient tournées vers un homme d’âge mûr, aguerri dans les combats, ayant connu le travail, ayant connu la dureté des temps et des affrontements, militaires notamment.
C’est ainsi qu’ont procédé toutes les sociétés humaines depuis des centaines et des centaines d’années, lorsqu’une situation de ce type se présentait. Lorsque le pays concerné était en danger.
Ici et maintenant est choisi un freluquet, un enfant gâté qui n’a jamais travaillé, qui n’a jamais fait la démonstration d’une compétence dans aucun domaine, puisque il n’est jamais resté suffisamment longtemps pour pouvoir être jugé ou apprécié par autre chose qu’une presse aux ordres qui l’a construit en coqueluche à sondages.
Comment cela s’appelle-t-il de faire cela, d’imposer cela à un pays ?
Gastel Etzwane

Les agriculteurs allemands ont intensifié leur lutte en envahissant la ville d'Augsbourg pour exiger du gouvernement qu'il retire ses projets de suppression des exonérations de taxes sur le gazole agricole et les véhicules.
Les camionneurs, les motards et le grand public les ont rejoints.
Pas d'agriculteurs, pas de nourriture.
John Kerry l’a rappelé récemment, le plan des mondialiste dont il est un des porte-parole, consiste à supprimer la majeure partie des agriculteurs pour, paraît-il, réduire les émissions de carbone. Une fois de plus, au prétexte climatique, les mondialiste veulent détruire nos pays.


Gastel Etzwane

Vous en avez assez du World Economic Forum ?
Le mouvement fédératif romand en a marre lui aussi.


13 janvier 2024

François Asselineau

Qui propulse Attal ?

https://www.youtube.com/watch?v=a0oABef7Gu0

Yann Thibaud

Pendant toute ma jeunesse, j'ai fantasmé sur les États-Unis, leurs grands espaces, en particulier les canyons si exotiques des westerns vus à la télé, mais surtout leur fabuleuse musique pop ou rock exhalant la pulsion de vie et le désir de liberté, contrastant tellement avec l'ambiance étriquée et coincée de la petite ville de province où je résidais alors, leurs vêtements si cools, fonctionnels et confortables, leur étrange et mystérieux mouvement hippie et « flower power » et ses promesses de bonheur, les merveilleux livres de « channeling » révélant des concepts et savoirs nouveaux, issus d'autres plans ou niveaux de conscience ; tout, dans ce lointain pays, me faisait rêver et m'attirait irrésistiblement !
Et puis je m'y suis rendu, en particulier à San Francisco, souhaitant arpenter le mythique quartier hippie de "Haight-Ashbury".
Et j'ai alors découvert « l'envers du décor » : la saleté, la misère, le désespoir des « homeless », ces spectres blafards, poussant leurs misérables caddies, rassemblant toutes leurs pauvres affaires, le nationalisme exacerbé, les centres « new-âge », repères de bourgeois satisfaits et hypocrites, dont la seule religion semblait être celle du dollar...
Étrange pays, semblant concentrer sur son sol le meilleur et le pire, tant d'espérances exaltantes et tant de déceptions désabusées !
De retour en France, je me suis mis, pour la première fois de ma vie, à aimer mon pays !
Et à apprécier « l'esprit français », ce mélange étonnant et unique de douceur et de sensualité, de modération et d'équilibre, d'humour et d'impertinence, d'idéalisme et de légèreté.
C'est alors qu'ont commencé à nous venir d'outre-Atlantique, toute une série d'idéologies, de plus en plus dangereuses et aliénantes : tout d'abord l'effrayant néolibéralisme, consistant à rendre systématiquement les riches de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres ; le funeste néoconservatisme, consistant pour l'essentiel à se chercher constamment des ennemis à qui faire la guerre, sinistre doctrine d'essence paranoïaque, responsable de la mort et de la souffrance inutiles de millions d'êtres humains ; le comportementalisme, visant à formater et conditionner l'être humain, afin de le rendre conforme aux exigences et besoins du capitalisme ; ce que j'appelle la « pseudo-spiritualité », consistant à ne surtout jamais penser ni réfléchir et à interdire tout esprit critique, en prétendant, de surcroît, que la vérité n'existe pas, afin de créer chaos et confusion dans le psychisme humain ; le délirant transhumanisme, se fixant pour objectif de transformer l'humanité entière en créatures robotiques, sans corps, ni cœur, ni esprit ; pour finir par l'épouvantable wokisme et la terrifiante « cancel culture », doctrine totalitaire, sorte de retour ou résurgence du puritanisme anglo-saxon, de sinistre mémoire.
Ce que j'en ai conclu, c'est que la France, de par sa longue histoire et sa sagesse immémoriale, laborieusement acquise au fil des siècles, pouvait constituer un foyer de résistance au raz-de-marée ou au bulldozer étatsunien, qui nous submerge et nous entraîne, irrésistiblement semble-t-il, vers toutes ses folies.
Non seulement un foyer de résistance, mais aussi et surtout, un foyer d'inventivité et de créativité ; car la France me semble-t-il, possède les qualités de finesse, d'hédonisme et de modération, qui font tant défaut à l'Amérique conquérante, devant laquelle nos élites se couchent et se prosternent, trahissant tout à la fois notre pays et sa culture plurimillénaire.
J'ai fini par comprendre et conclure que je vivais dans le bon pays, celui qui, je l'espère, sera capable de donner au monde une nouvelle vision de la culture et de la spiritualité, rassemblant le meilleur de l'ensemble des aventures civilisationnelles qui se sont succédées, depuis des millénaires, à la surface de cette planète.
Le pays xénophile qu'est la France s'avérant, pour cette raison même, en mesure d'effectuer la synthèse civilisationnelle qui nous manque tant et dont nous avons urgemment besoin aujourd'hui.

12 janvier 2024

Vincent Verschoore

Ah, on dirait que la pharmacienne corrompue n'a pas fait long feu au ministère de la Santé des labos. La corruption est normale sinon inévitable à ce niveau, mais faut quand même y mettre les formes.
Ledit ministère se voit donc regroupé avec le travail et les solidarités sous Catherine Vautrin, ex-LR et "Manif pour tous".
Pourquoi pas, vu la catastrophe que fut la Santé (sauf pour les labos) sous Buzyn, Véran, Braun et Rousseau. Si le ministère disparaissait complètement, ainsi que tous ses technocrates, et que la santé soit gérée par les infirmières et les médecins sans conflits d'intérêts (paraît qu'il en existe encore), cela irait sûrement beaucoup mieux (sauf pour les labos).

ÉLOGE DES P.TAINS

Gabriel Nerciat

La raison pour laquelle j'ai toujours eu un a priori favorable envers les p.tains et les demi-mondaines, c'est qu'elles assument d'avoir un corps, relativisent l'emprise souvent catastrophique de la vertu sur l'âme des hommes, nous vengent des tracas de toutes sortes occasionnés par l'aigreur des femmes honnêtes, et ont le goût affirmé du théâtre.
La magnifique biographie d'Emmanuel de Waresquiel a achevé de m'en convaincre l'été dernier : la vraie femme admirable des Lumières françaises, c'est Jeanne du Barry et pas Madame du Châtelet, Madame de Staël ou l'insupportable Olympe de Gouges.
Pour le reste, rien de nouveau : Macron, qui a le goût du vice et de la vengeance, se paie une parvenue sarkoziste comme il s'était offert il y a bientôt sept ans un pervers majordome juppéiste.
Sûr que le jeune disciple de Paul Ricoeur devait aimer lire Deleuze et Sacher-Masoch en secret.
La gueule de Bayrou et de Cohn-Bendit ce matin fait quand même plaisir à voir, comme celle de Gilles Clavreul après la nomination d'Elisabeth Borne et de Pap Ndiaye en 2022. Or il est indispensable de ne négliger aucun plaisir dans la vie.

Le diplomate

Gérard Araud

"On peut lire Ultima Ratio Regum, l’ultime argument des rois sur les canons de Louis XIV qui l’a d’ailleurs souvent oublié, mais cette devise devrait figurer dans tout manuel de relations internationales. Toute politique étrangère doit avoir pour objectif d’éviter le recours aux armes. Il faut, à la fois, toujours conserver, parfois ostensiblement, l’option militaire sur la table et tout faire pour ne pas avoir à y recourir. Ce n’est pas être munichois. C’est, au contraire, être prêt au pire - la guerre, quel que soit le nom qu’on lui donne - tout en sachant que c’est une solution toujours détestable par son coût humain, physique et moral, par les plaies qu’elle laisse et par ses incertitudes. Il n’y a de guerre indispensable que défensive. Une bonne politique réaliste est une politique pacifique. Les échecs américains en Irak et en Afghanistan et l’embourbement de la France au Sahel nous le rappellent.
Dans ce contexte, les diplomates sont plus que jamais nécessaires non seulement pour conclure des conventions internationales pleines de bons intentions et peu appliquées … mais aussi pour négocier. Oui, tout simplement négocier avec des interlocuteurs qui ne partagent ni nos intérêts ni nos valeurs, non pas pour servir une fin morale transcendante ou suivre des principes abstraits, mais pour atteindre des compromis partiels, temporaires et insatisfaisants.
Ce n’est pas par amoralisme mais simplement parce que, en premier lieu, imposer des valeurs à des pays qui n’en veulent pas est la plupart du temps impossible parce que l’histoire, la géographie et la culture définissent des limites étroites à ce qu’une société peut admettre. l’Irak et l’Afghanistan en ont offert une démonstration tragique par le coût humain du rêve américain d’y introduire une démocratie à l’occidentale, sans transition et sans préparation. Ensuite parce que les rapports de force limitent l’influence qu’on peut avoir sur l’évolution interne d’une grande puissance. Enfin parce que tout gouvernement doit tenir compte de la grande étendue des intérêts de son pays qui sont tous légitimes y compris les intérêts économiques.
...
Recourons donc au diplomate non pour sauver le monde mais pour empêcher qu’il sombre dans la violence qui est l’état de nature de la condition humaine selon Hobbes. Comprenons également que même pour atteindre ce modeste objectif il aura à œuvrer avec les forces que sont la peur, l’intérêt et l’honneur et non contre elles, ce qui serait sceller son échec.
Admettons enfin que l’objectif de la diplomatie est de se contenter du moindre mal plutôt que viser au bien absolu. A voir ce qui est arrivé en Irak depuis l’invasion américaine de 2003 et en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011, ne peut-on, par exemple, conclure qu’il y a pire qu’une dictature ? Nous, les Occidentaux détournons instinctivement le regard d'une telle affirmation et pourtant...
Oui, la politique étrangère, c’est parfois accepter le détestable pour éviter l’insupportable. Cette feuille de route tranche trop avec les enthousiasmes et les croyances de notre temps pour être aisément adoptée. Les images vite disponibles des agissements des dictateurs et les passions qu’elles suscitent sur les réseaux sociaux conduisent à l’exigence d’une réaction immédiate face à laquelle toute réticence est lâcheté et complaisance. L’émotion tient lieu de raisonnement.
Grâce à cette retenue, à cette empathie, à cette analyse froide des rapports de force et à cette connaissance de l’Histoire et du fardeau qu’elle représente sur la nuque des États, le diplomate trouve la force de lutter contre les passions ou les préjugés pour essayer d’introduire un minimum de rationalité dans la gestion des relations internationales. Il ne s’agit plus alors de lutte entre le bien et le mal, mais de la confrontation d’intérêts nationaux dont il faut essayer d’assurer la compatibilité.
C’est une entreprise ingrate. Il est facile à la folie des hommes de l’emporter au nom d’une illusion que seules les armes peuvent dissiper…
Les bons sentiments et les émotions sont plus convaincants que le rappel des intérêts et l’analyse des rapports de force. Le diplomate navré ne peut alors que se retirer dans l’attente du moment où, inévitablement, on fera appel à lui pour réparer les fautes dont il n’est pas coupable. Pourtant, tel Sisyphe, le diplomate de tous les temps et de tous les pays est condamné à essayer inlassablement d’éviter le pire, ce pire que les hommes portent en eux et chérissent particulièrement quand ils peuvent le travestir en morale et en droit. N’oublions jamais qu’en dehors de rares circonstances, la vraie morale, c’est la paix".
Gérard Araud, "Histoires diplomatiques", Grasset 2023

D’aucun camp

Denis Collin

On nous somme de choisir notre camp, être avec ou contre Israël. Je n’aime pas les camps, je ne choisis pas un camp. La situation est embrouillée depuis le commencement et personne, hormis les acteurs directs ne peut quoi que ce soit d’intelligent quant à la manière d’en sortir.
Sans doute la création d’un État « juif » sur la « terre promise » n’était-elle pas une bonne idée. Mais après les vagues antisémites et la destruction méthodique, industrielle des Juifs d’Europe, quoi d’autre ? Israël a été reconnu par la « communauté internationale » (URSS en tête !).
Ce qu’en suit, c’est ce qui arrive dans toutes les guerres qui s’éternisent. On peut dire « retour aux frontières de 1967 », mais les voisins d’Israël refusaient non pas ces frontières, mais l’existence même d’Israël. Les accords d’Oslo furent un échec, parce que les extrémistes israéliens n’en voulaient pas (ils ont assassiné Rabin) et parce qu’ils ne satisfaisaient pas une bonne partie des Palestiniens. Plus d’accord d’Oslo, plus d’État palestinien en vue et la colonisation, sans oublier le jeu pourri des gouvernements israéliens avec le Hamas, encouragé contre l’OLP « laïque ». Et encore la colonisation et les ravages de l’islamisme, et le 7 octobre, et la suite. La solution raisonnable – évacuer les colonies, internationaliser Jérusalem et reconnaître un État palestinien en accord avec la Jordanie, a bien peu de chances d’être entendue. Les fous mènent la barque. Netanyahou porte là-dedans une immense responsabilité, lui et son gouvernement et beaucoup d’Israéliens le savent, mais on ne règle pas ses comptes sous les roquettes. Les morts s’entassent.
Que faire ? Personne n’en sait rien. Suivre la voie et la voix de la raison, mais qui le veut ? Le pire est certainement que le conflit politique est submergé par les conflits religieux – du côté palestinien, bien sûr, mais aussi du côté israélien.