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20 juin 2024

Alexis Haupt

Au vu de ce qu’il s’est passé durant la « période covid », je considère que l’un des sujets les plus importants, peut-être même le plus important de tous est celui du consentement médical. Eh oui, des millions de gens s’étant fait vacciner dans l’angoisse et le doute durant cette période qualifiée d’état d’urgence par un seul homme, la moindre des choses serait maintenant de mener des investigations pour savoir si parmi ces millions de personnes, certaines l’auraient fait à contrecœur. Ce qu’il s’est passé est extrêmement grave mais ne pas investiguer sérieusement sur les circonstances l’est tout autant. Non seulement les médias n’abordent pas le sujet du consentement, mais pire, ils continuent de parler d’« antivax » pour désigner les professionnels suspendus ayant refusé l’injection. Je dénonce là une réelle entreprise de tromperie car la plupart des gens qui n’ont pas voulu se vacciner contre la covid-19 n’étaient pas contre la vaccination en général mais prônaient la liberté vaccinale et/ou la pharmacovigilance. De plus, cette tactique est d’autant plus malhonnête qu’elle laisse sous-entendre que tous ceux qui se sont fait vacciner l’ont fait par conviction. J’ai voulu savoir si tel a été le cas, s’il n’y a eu que des sujets volontaires parmi tous ceux s’étant fait vacciner. Pour ce faire, j’ai posé la question sur mon compte Twitter. J’ai demandé dans quelles circonstances les gens s’étaient fait injecter : par contrainte ou par conviction ? À ma grande surprise, j’ai reçu plus de 1400 réponses en une journée. À l’évidence, j’ai constaté le nombre élevé de gens affirmant n’avoir jamais voulu de cette injection. Tout porte à croire qu’il y a parmi les vaccinés, plus d’« antivax » que ne laissent entendre les médias. Il m’a paru important de recueillir ces messages pour qu’ils servent de trace écrite, pour que l’on n’oublie pas que, contrairement au récit diffusé par les médias, le consentement n’a pas eu lieu pour tout le monde ! Un devoir de mémoire s’impose. Et l’objectif de ce livre est d’être une petite pierre à cet édifice.

Avez-vous accepté le vaccin par conviction ou par contrainte ? : Recueil de témoignages sur le consentement au sujet du vaccin covid.

17 juin 2024

Emmanuel Tellier - Marianne
14/6/2024


Enfin, une grande voix du monde de la culture, une autorité morale, se permet d'écrire ce que beaucoup d'observateurs ont constaté depuis des années : en se bouchant le nez face à ses « salauds » d'électeurs sensibles aux idées du Rassemblement National, les beaux esprits du monde des lettres, des planches et des plateaux de cinéma ont (pour reprendre les mots de Mnouchkine) « lâché le peuple ».

Cher monde de la culture – dans toute votre diversité, dans vos milliers de parcours, vos milliers de visages, figures en pleine lumière comme silhouettes œuvrant dans l’ombre –, quelqu’un s’adresse à vous dans une tribune publiée par le quotidien Libération. Une prise de parole essentielle, sur un ton inédit et précieux. Pas n’importe qui : Ariane Mnouchkine. L’une des vôtres. Une figure tutélaire. Une autorité morale.

Et voici, en substance, ce que cette grande dame du théâtre français, le cœur solidement ancré à gauche, vous dit, comme une aînée s’adresse à ses cadets : la très grave crise politique que traverse la France est aussi la vôtre, et vous n’êtes en rien exemptés du nécessaire travail d’introspection et d’autocritique auxquels tous les corps de la société doivent se prêter de bonne foi. Et urgemment.

« MACRON LE PETIT »

« Qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Ou fait que nous n’aurions pas dû faire ? », interroge d’abord la fondatrice du Théâtre du Soleil, aujourd’hui âgée de 85 ans (et toujours très active au sein de ce lieu magnifiquement atypique et humaniste qu’elle a créé en 1964, mais dont elle a beaucoup de mal, soit dit en passant, à transmettre les clés et l’héritage).

Dans les premières lignes de son texte, Ariane Mnouchkine fustige l’attitude d’Emmanuel Macron, et sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale dans l’urgence. Un « geste d’adolescent gâté, plein de fureur, de frustration et d’hubris ». Le chef de l’État « déverse un bidon d’essence sur le feu qui, déjà, couvait. Il met le feu à notre maison, à notre pays, à la France », écrit-elle… Avant d’ajouter : « Macron est bien trop petit pour porter, à lui seul, la totalité du désastre ».

Le point essentiel de sa prise de parole arrive alors. « Je nous pense, en partie, responsables, nous, gens de gauche, nous, gens de culture. On a lâché le peuple, on n’a pas voulu écouter les peurs, les angoisses. Quand les gens disaient ce qu’ils voyaient, on leur disait qu’ils se trompaient, qu’ils ne voyaient pas ce qu’ils voyaient. Ce n’était qu’un sentiment trompeur, leur disait-on. Puis, comme ils insistaient, on leur a dit qu’ils étaient des imbéciles, puis, comme ils insistaient de plus belle, on les a traités de salauds ».


Pour tout journaliste s’étant choisi comme spécialité d’écrire sur les disciplines culturelles et les créations qui en émanent (de la littérature au théâtre, du cinéma à la musique), le caractère cinglant des mots d’Ariane Mnouchkine n’a rien d’une surprise. Notre seul étonnement : que personne d’autre (ou presque) n’ait osé s’exprimer publiquement avec une telle franchise auparavant.

On écrit publiquement, car de manière moins formelle, on est certain d’avoir déjà entendu ces mots-là, de manière quasiment aussi crue, dans la bouche de personnalités comme Charles Berling, Agnès Jaoui, Vincent Lindon, Bruno Dumont, Miossec ou encore du regretté Jean-Louis Murat (les premiers noms qui nous viennent à l’esprit, mais évidemment il y en a d’autres…) Dans les faits, depuis des dizaines d'années, des figures du monde culturel ont alerté, et tenu un discours de vérité.

Par ailleurs, personne ne peut ignorer que dans un grand nombre d'institutions (musées, théâtres, festivals…), des milliers de « responsables des publics » ont tenté, vaillamment, de ne laisser aucun spectateur au bord de la route. Mais dans ces mêmes instances, n'a-t-on pas passé trop de temps à débattre des mérites et de la nécessité supposés de l'écriture inclusive, ou du besoin de privilégier les fameuses « mobilités douces » pour accueillir « le public », au lieu de se concentrer sur l'essentiel : les programmations, leur sens, leur vocation ?

« NOTRE NARCISSISME, NOTRE SECTARISME… »

À travers cette tribune, Ariane Mnouchkine, ne se contentant plus d'alerter, se fait largement plus « transgressive » lorsqu’elle se permet (là encore avec une lucidité qui force le respect) d’interroger le sens des mobilisations qui s’annoncent. Que faire dans les courtes semaines qui nous séparent des deux tours de vote aux législatives ? Continuer à se boucher le nez face aux « salauds » qui votent RN ? Se « contenter » de descendre dans la rue pour faire des marches de gauche, la main sur le cœur ? Comme avant ? Comme en 2002 ?

La dramaturge a clairement un avis radical sur la question, même si ses mots sont mesurés, précisant qu’elle n’est « pas certaine qu’une prise de parole collective des artistes soit utile ou productive », car « une partie de nos concitoyens en ont marre de nous : marre de notre impuissance, de nos peurs, de notre narcissisme, de notre sectarisme, de nos dénis ».

En vérité, écrit un peu plus tôt Ariane Mnouchkine, c’est l’ensemble du monde culturel qui se voit aujourd’hui projeté, contre son gré et sans s’y être assez suffisamment préparé, dans un grave état de « crise morale ». Et les dilemmes, les cas de conscience, vont être nombreux. « Oui, nous allons nous trouver très vite, immédiatement peut-être, devant un dilemme moral : que ferons-nous lorsque nous aurons un ministère de la Culture RN, un ministère de l’Éducation nationale RN, un ministère de la Santé RN ? Un ministère de l’Intérieur RN ? ».


Et de poursuivre : « Je parle du moment où nous risquons de devenir des collaborateurs (…) Oui, à quel moment doit-on cesser de faire du théâtre sous un gouvernement RN ? » (…) « Concrètement (…), que fait-on à la première loi qui passe et qui restreint arbitrairement les libertés ? À quel moment j’arrête ? Quand décide-t-on de fermer le (Théâtre, N.D.L.R.) Soleil ? Ou, au contraire, va-t-on se raconter qu’on résiste de l’intérieur ? », demande-t-elle encore.

UN COUP DE POING QUI NE VOUS VEUT QUE DU BIEN

Une idée pour démarrer, même modestement : faire circuler la tribune d'Ariane Mnouchkine dans tous les lieux de culture. L'imprimer, l'afficher sur les murs, la mettre en discussion. Dans les théâtres, petits et grands, les lieux de musique, les musées, publics ou privés, les productions de films de cinéma, les écoles d'art et d'architecture. Mais aussi dans les couloirs du ministère de la Culture, comme au sein de toutes les commissions spécialisées qui accordent des bourses et des subventions (qu'il s'agisse de soutenir des romanciers, des musiciens ou des troupes de comédiens, au CNC, au CNL, etc.).

Lire cette tribune, donc, et accepter de la recevoir comme un coup de poing qui ne vous veut que du bien. En débattre au sein de tous ces lieux, toutes ces instances. Oser admettre que quelque chose a dysfonctionné. Que l'entre-soi, trop souvent, a aveuglé les artistes, les créateurs. Oser parler du mépris social, du dédain qui a trop longtemps servi de pare-feu. Oser, enfin, se dire que le peuple français est libre, sanguin, indocile, fragile et éruptif – et parfois tout cela à la fois –, et qu'il serait grand temps que la majorité des artistes de ce pays regardent cette réalité droit dans les yeux, avec décence, avec humilité.

https://www.marianne.net/culture/les-gens-en-ont-marre-de-nous-artistes-pourquoi-vous-devez-tous-lire-la-tribune-d-ariane-mnouchkine?

Sur les manifestations « anti extrême droite » de samedi

Maxime Tandonnet

(pour Atlantico avec M. Aurélien Marq)
17/6/2024


Des mobilisations en opposition à l’extrême droite se sont déroulées dans toute la France ce samedi, à l’appel de syndicats, d’associations et du Nouveau Front Populaire, l’union des partis de gauche. Quelles étaient les revendications précises des manifestants ?

Il n’y avait pas de revendication précise, en dehors de slogans en faveur des Palestiniens et de Gaza. L’objectif était de manifester contre l’arrivée possible du RN au pouvoir. L’idée était de refaire le mouvement qui avait eu lieu en mai 2002, entre le premier et le second tour des élections présidentielles, quand Jean-Marie le Pen, leader du Front national, s’était qualifié contre Jacques Chirac. Des manifestations s’étaient déroulées dans toute la France sur le thème « F comme fasciste, N comme nazi » ! Les manifestations de samedi étaient considérablement moins suivies qu’en 2002. Néanmoins, on peut parler d’une sorte d’avertissement lancé à l’électorat et destiné à faire pression sur lui : si vous portez le RN au pouvoir, nous allons mettre le feu au pays. Ce genre de chantage est à double tranchant. Il peut certes faire peur, mais surtout, il peut aboutir au résultat inverse. 250 000 manifestants sur un corps électoral de 50 millions de personnes cela fait à peine un sur 200. Ce mouvement donne le sentiment d’une infime minorité qui prétend imposer sa règle au suffrage universel. On est là dans une logique qui n’a rien de démocratique.

Que dire du déroulement de la manifestation, particulièrement dans le contexte actuel, où les rassemblements peuvent parfois devenir le théâtre de violences ?

Quelques débordements et dégradations ont été constatés par endroit mais on ne peut pas parler d’émeutes insurrectionnelles comparables aux événements de la réforme des retraites, en tout cas pour l’instant. En effet, les manifestants savent très bien que la poussée du RN est avant tout une réaction contre le chaos, la violence et la criminalité qui frappent le pays, la révolte des banlieues de l’an dernier, la répétition des meurtres ou viols commis par des personnes en situation irrégulière en France (« sous OQTF ») ressentis comme insupportables par l’opinion car ils dénotent l’impuissance de l’Etat à faire respecter la loi. Alors, les manifestants savent que des scènes de pillages, d’incendie, d’agressions contre la police ne peuvent que renforcer le vote RN. C’est sans doute la raison pour laquelle sauf exceptions, le mouvement d’hier ne semble pas, globalement, avoir dégénéré en termes de violences et destructions.

Dans quelle mesure les déclarations de certains membres du Front Populaire valident l’utilisation de la violence à des fins politiques comme mode d’action légitime ? Y a-t-il une forme de consensus à ce sujet chez certains individus ? On a notamment aperçu une pancarte indiquant « Un flic qui meurt = un vote RN en moins »…

Le thème du racisme et du fascisme du RN est toujours au centre du discours du nouveau front populaire (NFP), à l’image de la déclaration de M. Ruffin selon lequel « Bardella, c’est Macron plus le racisme ». A ce titre, le RN serait illégitime même en cas de victoire électorale car les valeurs antiracistes, selon l’alliance de gauche, prévalent sur la loi du suffrage universel. On a eu cette pancarte appelant au meurtre de « flics » que vous mentionnez et aussi des scènes, largement médiatisées, de discours antisionistes ou anti-Israël d’une extrême virulence. Au fond, les manifestations, en tout cas les plus importantes, notamment celle de Paris, oscillaient entre protestations contre l’arrivée au pouvoir du RN et condamnation virulente d’Israël. La parole anticoloniale et anticapitaliste était au centre des slogans. Il est certain que le ton idéologique et l’extrémisme virulent qui s’est exprimé par endroit lors de ces manifestations ne peut que relativiser celui qui est généralement prêté au RN. Et tout cela fait plutôt ses affaires…

– Au vu du contexte actuel et de l’éventuelle victoire du Rassemblement national lors des élections législatives, dans quelle mesure faut-il craindre une dégradation du contexte sécuritaire en France, notamment à l’approche des Jeux Olympiques ?

D’abord, il faut savoir quelle serait l’ampleur de la victoire du RN. En effet, s’il gagne avec une majorité absolue, il sera forcément chargé de former le gouvernement, et l’humiliation du chef de l’Etat, ayant fait de la lutte contre la « peste nationaliste » le centre de son combat, atteindra son paroxysme.

En revanche, selon le scénario beaucoup plus probable d’une majorité relative, on peut imaginer un arrangement à l’Assemblée nationale entre les survivants de Renaissance et les élus du NFP pour désigner un gouvernement à tonalité « progressiste », donc marqué nettement plus à gauche que les derniers depuis 2022. Les prémices de ce rapprochement sont déjà dans l’air. De cela, un président venu du parti socialiste, peut fort bien s’accommoder sur le plan de l’hubris, malgré le risque d’instabilité chronique et de paralysie.

Dans la première hypothèse, celle d’une majorité absolue et d’un gouvernement RN, faut-il craindre une flambée de violence qui pourrait perturber les JO ? Difficile à dire… Cette victoire agira comme un coup de massue. La gauche idéologique sera comme assommée par le choc. Ce sera le temps des commentaires… Comment en sommes-nous arrivés là… Et puis les vacances… En outre, il n’est pas évident de contester dans la rue, aussitôt après une élection, le verdict des urnes. Le chaos absolu viendra plus tard, à partir de septembre et ensuite, face aux premières mesures d’un éventuel gouvernement RN.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/06/17/sur-les-manifestations-anti-extreme-droite-de-samedi-pour-atlantico-avec-m-aurelien-marq/

NÉRON

Gabriel Nerciat

Ce moment impromptu et savoureux entre tous où Jupiter découvre qu'il était seulement Néron.
Surprise : sa foudre ne peut consumer que lui.
Paris toutefois brûle plus lentement que Rome, peut-être parce que l'incendie y commence par la Bourse, et je gage que les nationaux-populistes se montreront plus habiles que les premiers chrétiens de l'Empire.
En tout cas, comme j'aime ce printemps panique, pluvieux et funeste aux élites progressistes.
Cela vaut bien les nuits chaudes d'Alger il y a plus de soixante ans ("Heureusement que Monsieur Herriot n'est plus là pour voir ça", répétait à mon père tous les matins sa voisine radicale-socialiste, après avoir entendu les discours de Jacques Soustelle ou de Michel Debré à la radio).

16 juin 2024

François Asselineau

Union des gauches - Union des droites / Décorticage des programmes

15/6/2024 - Le RN allié à une partie de LR et le Nouveau Front populaire viennent de publier une première version de leur programme respectif. Ceci a été fait dans une certaine urgence, calendrier macronien oblige. Après les avoir analysés, François Asselineau nous livre les enseignements de ces deux programmes.

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Tiephaine Soter

11/6/2024 - Je n'irai pas voter aux législatives, j'ai arrêté de voter après le premier tour de 2007.
"Houlala mais c'est grave faut aller voter, des gens sont morts pour que t'aies ce droit, c'est important, même si tu votes blanc faut que tu votes !"
Non.
Pour une simple et bonne raison : je ne suis pas (plus) "démocrate", dans la mesure où l'organisation du vote débouche sur une aristocratie ploutocratique qui ne sert pas mes intérêts et encore moins ceux de ma nation.
Dans ces conditions, foutre un bulletin dans une urne, à l'exception notable du referendum (où on me demande mon avis directement), ça serait trahir mes idées.
Je n'irai plus jamais voter, tout simplement à cause des gens, et de leur stupidité. La jeune femme dans la vidéo ci-dessous est tout à fait représentative. Notez, je n'ai rien contre elle personnellement, c'est très probablement une personne extrêmement sympathique et amicale dans la vie de tous les jours.
Simplement, je ne peux pas me faire à l'idée qu'une personne aussi bête puisse avoir le même droit de vote que moi : déjà, elle ne comprend même pas le principe iségorique de la démocratie, qui est d'exprimer son opinion librement et de participer sur un même pied que les autres à la vie de la chose publique (ou la république). "Tu ne votes pas comme moi, ouin-ouin t'es méchant". Le concept même de pluralité des opinions lui passe totalement au-dessus : en démocratie, on a le droit de ne pas être d'accord, et de le dire. Et on accepte le résultat d'une élection.
Mais au-delà de cette inculture crasse qui rend inapte à l'exercice de la souveraineté, qui suppose un consentement éclairé par une information exacte, que les personnes de ce genre ne daignent même pas aller chercher, c'est de savoir que la masse de ces gens vote, et qu'ils sont beaucoup plus nombreux que ceux qui sont aptes intellectuellement à comprendre les enjeux d'un vote. Je ne parle pas de voter à gauche, à droite, mondialiste ou souverainiste, mais juste d'aller voter en ayant fait l'effort de comprendre les conséquences des projets qu'on nous soumet. Presque plus personne, à l'échelle de la nation française, ne fait l'effort de réellement s'arrêter sur les projets des uns et des autres. On vote pour un candidat, pour ce qu'on croit qu'il fera, même s'il dit sans ambiguïté qu'il fera l'inverse. Les électeurs du RN qui ont voté pour Bardella en pensant qu'il était souverainiste et que l'envoyer palper 15 000 balles mensuels à un Parlement où il ne fout jamais les pieds allait changer quoi que ce soit à la situation catastrophique de notre pays que le président amène doucement au bord de la guerre, ne valent pas mieux que cette jeune femme qui pleurniche parce que les gens qui votent RN sont méchants.
Je suis fatigué de la politique de caniveau. Je suis exténué par la démocratie des imbéciles. Le "peuple" et ses opinions inutiles et incessantes, ses injonctions à s'offusquer de ceci, de cela, d'untel ou pas, me répugnent.
Les 4 ou 5 dernières années ont fait de l'humaniste pessimiste que j'étais un misanthrope patenté, parce qu'elles ont été la preuve que la démocratie ne peut pas fonctionner pour des raisons de déficience intellectuelle majeure chez la vaste majorité de la population.
Ne me demandez pas de voter. Tout ce que je veux, c'est voir tous ces traîtres, ces flagorneurs, ces voleurs, ces rats avides, ces pervers, ces drogués, ces dépravés, se balancer au bout d'une corde dans la douce bise crépusculaire d'un soir d'été. Tous autant qu'ils sont, sans aucune exception.
Et si vous y réfléchissez deux minutes, vous arriverez à la même conclusion que moi.

Petits morceaux de vacances

H16

16/6/2024 - Cette année, les vacances commencent tôt : magie de l’actualité du pays, elles tombent au moment même où la fine fleur politique française se déchaîne pour montrer l’ampleur de ses capacités de nuisance.

D’un côté, on comprend de plus en plus mal la manœuvre de Macron. S’il est évident qu’il a voulu nuire au Rassemblement National en lui offrant un prochain gouvernement dans lequel le parti de la Marine pourra démontrer toute l’étendue de sa nullité, il apparaît maintenant, entre les alliances plus ou moins fiables et les mouvements en coulisse de tous bords que les jeux sont beaucoup plus ouverts que ne l’espérait sans doute le petit marquis poudré de l’Élysée. La période qui s’ouvre devant nous est donc celle d’une totale incertitude, dans laquelle l’extrême-droite, l’extrême-gauche et l’extrême-centre pourraient tous se retrouver à devoir composer un gouvernement alors qu’aucun de ceux-là n’en a les moyens ou l’envie, et que le pays dont ils vont hériter sera dans un état de nervosité maximale alors que les Jeux Olympiques seront sur le point de commencer.


De l’autre côté, il semble absolument certain que les finances du pays ne pourront pas suivre les délires frétillants que semblent vouloir mettre en place les différents courants politique du pays qui ne sont en pratique qu’un camaïeux d’étatisme débridé, dépensier et jmenfoutiste. Autant l’incertitude règne concernant le nom du pilote qui enverra le pays dans les abîmes, autant la profondeur de ceux-ci et l’inéluctabilité de leur rencontre ne font aucun doute.

Tout comme il ne fait aussi aucun doute que les prochaines semaines seront suffisamment agitées pour occuper le vibrant lectorat de ces colonnes. Bien évidemment, je me réserve le droit de glisser l’un ou l’autre billet au cas où l’actualité l’imposerait mais tout indique pour le moment que les choses seront raisonnablement chaotiques et que le pays ira confortablement au talus, conformément à ce qu’on explique ici depuis quelques années.

Pour changer un peu de nos habitudes et au-delà des bons mots qui ne manqueront pas de pulluler dans les commentaires ici pendant les prochaines semaines, je vous encourage aussi à proposer des mèmes, de préférence aussi originaux que rigolos, qui seront à l’occasion poussés sur X.com : c’est maintenant sur ce genre de plateformes que se gagne la guerre des esprits, que se joue l’orientation des idées et il n’est pas de politicien qu’une bonne dose de ridicule ne parvienne à faire taire.

Pour mener à bien cet ambitieux projet d’inonder les réseaux de nouveaux mèmes rigolos, vous pourrez utiliser des plateformes tierces pour les stocker (comme ici, , ou ), et en mentionnant un lien dans les commentaires, on pourra en faire profiter tout le monde. Nul doute que la matière ne manquera pas dans les semaines suivantes à mesure que la situation politique va passer de l’inflammation à la gangrène.


Cette pause sera aussi l’occasion de relire les billets des semaines précédentes – certains n’ont pas trop mal vieilli ! – de les faire tourner sur tous les supports de votre choix et, pourquoi pas, de proposer d’intéressants sujets pour les mois qui viennent, pendant que la tempête s’abattra moelleusement sur le pays : après tout, c’est toujours agréable de lire de belles histoires pendant que l’orage passe.

Enfin, je profite une fois encore de l’occasion pour remercier les lecteurs, les commentateurs et les diffuseurs de ces petits billets qui aident ainsi à soutenir le travail de production en flux continu de ces âneries amusantes en période de délitement maintenant franchement accéléré. Ceux qui s’en sentiront le courage pourront même prendre part au Canal Télégram qui permet d’échanger avec les autres Hashtablonautes, ces aventuriers d’un nouveau style sans masque en papier mais avec masque à gaz flottant d’un univers conspiplotiste à un autre. M’est avis qu’avec les turbulences nombreuses que nous réserve cette seconde moitié d’année, beaucoup chercheront autour d’eux ceux qui sont encore lucides : heureusement, il en reste. Et si ce pays est foutu, rappelez-vous que vous n’y êtes pas seul.

Bonnes vacances à tous !

https://h16free.com/2024/06/16/77959-petits-morceaux-de-vacances
Ze Rhubarbe Blog

Excellent entretien avec l'ex-ambassadeur suisse Georges Martin, également secrétaire d'État adjoint de la Confédération helvétique jusqu'en 2017.
Un vrai professionnel sans langue de bois, qui explique comment les US/Otan ont poussé la Russie à la faute, avec la bénédiction d'une gouvernance politique européenne parfaitement inepte, inconsciente et pilotée par les intérêts US.
Il replace tout ceci dans le contexte géopolitique de l'après guerre froide, qui a vu le remplacement de la diplomatie par le théâtre des politiciens, et le besoin de l'Otan de survivre à la fin du pacte de Varsovie en créant les problèmes qui justifieront ensuite sa présence.
Il fustige le délire va-t-en-guerre de tous ces idiots et des médias mainstream, notant que la propagande guerrière ne semble néanmoins pas passer outre mesure dans la population générale qui ne veut pas faire la guerre.
Georges Martin est un expert parmi de nombreux autres à nous mettre en garde contre la bêtise, l'inconscience et la manipulation des crétins éduqués qui se considèrent représenter un "bien" ontologique, face à un "mal" qu'il faudrait détruire plutôt que trouver une forme de rapport équilibré.
C'est d'ailleurs pourquoi je découvre avec horreur, cet après midi, que le programme du Nouveau Front Populaire s'aligne sur cette mascarade mortelle.

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Sommaire : 

00:00 Intro
03:09 Diplomate et ambassadeur
06:37 Nelson Mandela
08:10 La Suisse durant l'apartheid
09:51 Une vie à l'étranger
13:45 La Guerre en Ukraine
26:30 Le complexe militaro-médiatique
32:54 La conférence de Bürgenstock
39:26 Affaires étrangères, des politiciens naïfs
41:30 L’État "profond" helvétique et l'OTAN
46:01 La neutralité suisse sous pression
51:21 Les "bons offices" helvétiques
54:37 Le CICR
56:24 Le World Economic Forum
1:03:49 Israël, Gaza et Netanyahou
1:21:18 Foi et spiritualité
1:28:59 Les défis de la jeunesse
1:37:10 Carte blanche - la solidarité

15 juin 2024

L’ouragan de démence qui souffle sur la politique française

Maxime Tandonnet

14/6/2024 - Emmanuel Macron déclare avoir été « touché » par le résultat des Européennes comme si l’essentiel tenait à son bien-être intérieur plutôt qu’à l’intérêt public - expliquant ainsi en creux son geste stupéfiant de dissoudre l’Assemblée nationale. Un régime politique ou système qui repose ainsi tout entier sur l’égotisme ou les mouvements d’humeur d’un seul homme est une monstruosité indigne de la démocratie sinon de la civilisation.
L’engouement pour les RN et M. Bardella est absurde, au sens philosophique du terme. Nommer Premier ministre le cas échéant un tout jeune homme de 29 ans qui n’a jamais eu à prendre la moindre décision de sa vie, ni assumer une seule responsabilité, ni travaillé (en dehors du militantisme politicien) est juste grotesque. Et Mme le Pen, dont le principal mérite – la cause de sa présence où elle est – est d’être la fille de M. Le Pen, se dérobe en estimant que Matignon n’est pas assez bien et que seul l’Elysée est digne d’elle. En tout cas, elle semble terroriser son équipe… Ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils veulent et encore moins de ce qu’ils peuvent faire. S’ils arrivent au pouvoir, néo-lepénisme sous-produit du macronisme, vous allez bien voir la chienlit extrême qui ouvrira la voie à une gauche radicalisée… Tout cela est lamentable.
Le comportement de la gauche radicalisée, dite front populaire (pauvre Léon Blum!), est inepte, monstrueux. Ainsi, le PS et les Verts forment une alliance, pour gagner des sièges, avec des gens qui ont soutenu le Hamas, plus généralement l’islamisme politique et refusé de qualifier la tuerie abominable du 7 octobre, les massacres, viols, éventrements, tortures, enlèvements, de terroriste. Cela s’appelle de la haute trahison. Et M. Mélenchon convoite Matignon… Or, d’après les sondages, cette alliance hideuse semble fonctionner. Eux aussi sont aux portes du pouvoir, grâce au macronisme… Leur projet est dément. Nous sommes à deux doigts de basculer dans la guerre civile, la pire chose qui puisse arriver à un pays.
M. Ciotti semble approuvé par une partie de la base militante de LR. Pourtant, son comportement est inqualifiable. Après les trahisons puantes en faveur du macronisme qui ont ruiné l’image de la droite en 2017, 2022 et 2023, après avoir sans doute bien hésité lui-même à rejoindre la macronie (voir l’épisode des retraites), lui-même se vend au lepénisme pour quelques sièges et enfonce un peu plus la formation qu’il préside dans le chaos sinon l’anéantissement. Et en plus, il prend à son tour des airs de roitelet. Entre la honte et le ridicule, il n’y a jamais qu’un pas.

Heureusement qu’en France, nous avons des dirigeants d’entreprise ou associatifs, des préfets et des maires, des commissaires de police, des commerçants, quelques journalistes honnêtes, des professeurs, des artisans, des ouvriers et des agriculteurs pour tenir le pays malgré l’abjection de la classe politique nationale actuelle. Car c’est eux qui tiennent le pays. Et le boulanger qui se lève à 4 heures pour faire son pain… Et puis aussi des voix rarissimes se font entendre (qui portent davantage que la mienne), pour dénoncer cet effondrement intellectuel et moral, comme Henri Guaino d’un côté ou Manuel Valls de l’autre. Ceux qui n’ont pas sombré dans la folie doivent s’unir ! Le plus affreux, c’est le climat d’abrutissement. Sans doute n’a-t-on pas d’autre choix que d’assister impuissant à l’apocalypse de la politique française en attendant qu’une lueur d’espoir apparaisse mais on n’en est pas là…

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/06/14/louragan-de-demence-qui-souffle-sur-la-politique-francaise/

Macron : pas de piège ni de stratégie…

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


On entend, depuis les dernières élections européennes, des analystes parler de « plan » et de « piège » de Macron : il n’y en a pas. L’homme ne se relèvera pas d’un désaveu aussi violent de sa politique. A peine 15% de 50% de votants, ça fait 7% d’opinions positives de sa politique et encore, ces 7% comprennent Renaissance, le Modem, Horizon… c’est-à-dire que le parti Renaissance de Macron ne pèse plus rien. Pire, Macron cristallise les opinions négatives, le rejet, voire la violence à son égard et chaque fois qu’il ouvre la bouche, il perd des points et en fait perdre à ses partenaires et ses candidats. Il n’y a ni piège ni plan pour pouvoir revenir en grâce parce que ce n’est plus possible. En cela il est parfaitement dans les clous de ce qui pourrait être le profil psychopathologique que lui décrit un psychiatre italien dont l’analyse fait florès sur les réseaux sociaux : fascination, doute, détestation. Il a fasciné, avec l’aide certes, d’une presse subventionnée acquise à sa cause, puis le doute s’est installé et il n’a dû sa seconde élection qu’au barrage contre l’extrême droite et on en est à la troisième phase : la détestation, cheminement habituel des dictateurs, ou apprentis dictateurs qui s’imaginent être toujours dans le vrai, avoir toujours raison et n’en font qu’à leur tête.

Et comme tous ceux dans son cas, sentant que les choses lui échappent, il choisit toujours la même solution, celle du chaos, selon sa formule habituelle : quel qu’en soit le prix et qui sied parfaitement au profil psychologique qu’on lui prête. Vous ne m’aimez plus, donc je vous déteste. Il sacrifie la paix sociale, en laissant les gauchistes violents s’en donner à cœur joie. Sacrifie ses alliés LR, avec un baiser de la mort, dont ne se relèveront pas ceux qui n’ont pas compris qu’il fallait prendre ses distances d’avec lui. Sacrifie les Jeux Olympiques, qui seront difficiles à assurer pour le nouveau gouvernement qui sortira des législatives. La « Grande presse » ne le dit pas, mais les perspectives sont sombres pour cet événement et il faut lire la presse étrangère pour le savoir. Les capitales étrangères suivent de très près ce qui se passe en France et n’ont pas une bonne opinion de la manière dont Macron gère la France. Les réservations ne décollent pas, les menaces d’attentats sont bien réelles, les Américains en font état et les délais de préparation des installations sont extrêmement tendus. Un plan B a même commencé à voir le jour pour la cérémonie d’ouverture.

Il sacrifie ses propres troupes, les licencie sans préavis, sans consultation, un dimanche soir entre l’isoloir et le dépouillement, alors que les résultats définitifs ne sont pas encore bouclés. Ni Braun-Pivet, ni Larcher n’ont été consultés, ce qui peut apparaître comme une faute constitutionnelle, une de plus. Pas mal de députés Renaissance qui ont tout abandonné pour le suivre, vont se retrouver sur le carreau, avec des chances de réélection très minces, le prix à payer pour avoir voté des lois scélérates jusqu’au milieu de la nuit. On ne va pas les plaindre. Sacrifie l’image de la France à l’international, offrant aux yeux du monde, le spectacle de finances à la dérive, d’une méthode autocratique dont on voit le bout et d’une délinquance devenue galopante, à base de coups de couteaux, de refus d’obtempérer, de viols, meurtres quotidiens, assortis d’une ambiance délétère dans les transports en commun et de nombreux quartiers, où les forces de l’ordre sont à la peine et où tout bascule avec des tirs inopinés par des agents à bout, toujours sur le qui vive et sur lesquels les voyous foncent désormais sans ménagement. Sans compter les empoignades régulières avec les casseurs d’extrême gauche, qui ont désormais les coudées franches pour installer eux aussi leur chaos, au prétexte d’une peur savamment programmée de « l’extrême droite ». Macron est devenu gênant pour tout le monde, y compris sans doute pour ses commanditaires, qui peuvent lui reprocher de n’avoir pas su faire entrer la France dans les processus de mondialisation et du fédéralisme européen, assez adroitement, c’est-à-dire, sans générer le chaos actuel.

Mais s’il n’avait pas dissout, il aurait aussi été critiqué, vont dire les autres. La sagesse aurait commandé de surseoir à toute réforme de fond, de laisser passer les JO et de se concentrer sur la tenue de cet événement qui va faire de la France le lieu de tous les regards cet été. Puis de dissoudre à la rentrée, après consultation. Mais le peuple a mal voté, le peuple ne m’aime plus, je vais le punir, comme je vais punir ce pays, qui doit disparaître dans l’utopie du mondialisme heureux, apanage seulement de quelques idéologues milliardaires.

Ça ne marchera pas. Les fonctionnaires, à la fois force et faiblesse de la France, vont tenir les boulons, les administrations vont faire le job, peut-être même que forces de l’ordre et armée se passeront d’ordre à un moment, si la nécessité impérieuse pour le pays s’en fait sentir. En réalité, ce pays peut se passer momentanément de gouvernement et surtout, de président. Il faudra garder un œil sur les banlieues, que l’extrême gauche est en train d’essayer de pousser à la guerre civile et un autre sur les casseurs de la même gauche, qui sont prêts à tout pour imposer un stalinisme dont ils ont décidé que c’était la solution idéale, quand bien même elle n’a jamais marché nulle part. Le peuple a voté RN, si tant est que ce parti soit celui du peuple et du changement de paradigme, mais en tout état de cause, le peuple doit être écouté et on verra si fin juin, le peuple réitère sa volonté de virer une clique qui se donne la France en héritage depuis quarante ans ans pour l’amener de la 11ème place en 1990, à la 24ème place mondiale, en termes de PIB par habitant, c’est-à-dire, bien moins de part du gâteau par habitant. Soit aussi, une dégringolade continue, au nom de la « bonne pensée », assortie de discours lénifiants qui ne consistent jamais qu’en une négation permanente des réalités.


14 juin 2024

MARION

Gabriel Nerciat

Je ne suis pas vraiment féministe, mais j'ai toujours considéré que lorsqu'une femme vous trompe, c'est qu'elle a une bonne raison de le faire.
En amour comme en politique, le cocu a toujours tort, surtout s'il vient ensuite se plaindre de son infortune, et Bonaparte n'a pas épousé Joséphine de Beauharnais par hasard.
Marion Maréchal rentre enfin au bercail, après avoir mis fin - avec une perfidie que je trouve réellement envoûtante - à l'équipée politicienne la plus pathétiquement ridicule du dernier demi-siècle.
Celle du zemmourisme et de l'union de toutes les droites vaincues.
Finalement, tout est bien qui finit bien.
Qu'elle en soit remerciée.

Le procès d’intention en guise de campagne

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


14/6/2024 - Les ennemis de la France et de son peuple s’affichent sans complexe depuis le scrutin du 9 juin. Le voile de la félonie apparaît au grand jour et les usurpateurs d’une démocratie qu’ils ne cessent de piétiner depuis 40 ans sont nommés. Habitués à ne voir dans la souveraineté populaire qu’un alibi qu’ils contournent quand le résultat ne correspond pas aux attentes de leurs commanditaires, comme le crime commis par Sarkozy et les parlementaires, traînant dans la boue le référendum de 2005, ils viennent à la tribune dénoncer le choix de certains de suivre les désirs d’un peuple qui serait impur à leurs yeux. Qui sont-ils pour décider à la place du souverain, pour mentir à l’envi sur les buts politiques d’un adversaire qui n’a jamais gouverné ? Le procès d’intention remplace l’argument, l’anathème supplante la démonstration étayée. Les suppositions vont bon train et la tentation de la terreur retrouve ses couleurs, Attal affirmant qu’avec le RN ce serait la ruine, mais elle est déjà là cette ruine, et par sa faute. Attal rappelle la stratégie de Mitterrand en moins fin. N’avait-il pas écrit le « coup d’État permanent » pour y révéler les pseudos desseins cachés du général de Gaulle, ce dictateur qui sommeillait sous les ors de la République.

Piètre illusion qui vit l’accusé quitter le pouvoir pour un referendum perdu d’une poignée de voix. Drôle de tyran tout de même, tandis que le pamphlétaire, décoré de l’ordre de la Francisque en 1943 par Vichy, se déclarait défenseur de la liberté et de la démocratie. Nous assistons au spectacle à la fois désolant et terrifiant que Macron met en scène, à savoir la fin accélérée de la Nation France. Isolé depuis la dissolution, acte non pas gaulliste comme d’aucuns tentent de nous le vendre, mais représentant parfaitement l’égoïsme d’un homme dont seule sa parole compte et qui ne supporte ni défaite ni opposition. Le président de la République laisse les émeutes se propager sans rien faire. Son but : entretenir le chaos à un niveau suffisamment acceptable pour que le premier tour ait lieu. Son espoir est de voir le RN s’effondrer d’ici là, ou la coalition de gauche gagner. Si tel n’est pas le cas, il laissera le pays s’embraser jusqu’à l’hallali final. À gauche, c’est l’union mais le PS pose ses conditions : soutien indéfectible à la construction européenne, entendez la disparition des nations au profit d’un fédéralisme décomplexé. Soutien indéfectible à la résistance ukrainienne… la Guerre, la guerre, de Brissot, la ruine et le déficit toujours plus grand, pour rien.

À droite, c’est le déchirement des LR confrontés à la réalité et les électeurs comprennent à présent, pour ceux qui n’y croyaient pas, que les caciques de ce parti roulent pour eux et Macron, la France, son peuple, ils s’en moquent. Pas d’alliance avec le RN, pour ne pas saborder les plans de Macron. Que peuvent-ils espérer avec 6%, dans un scrutin à deux tours où des triangulaires sont à envisager, sauf à s’effacer devant le candidat de gauche ou macroniste, signant pour leurs électeurs une énième trahison. Larcher devait soi-disant entendre le peuple si le RN arrivait en tête, qu’en fait-il de ce message lancé depuis les urnes ? Rien, il tremble pour sa place, ses augmentations, ses privilèges sa cantine. Dans un discours fielleux, à la sincérité frelatée, il va nous expliquer que ses valeurs sont incompatibles avec celles du RN. En revanche elles ne le sont pas avec celles de la macronie qu’il préfère voir gagner encore une fois et qui ruinent notre pays. Le sénateur laisse alors le peuple se faire assassiner, moyennant un discours hypocrite de fausse sollicitude. C’est cela qu’il estime plus en phase avec sa sensibilité ? Les électeurs apprécieront, l’heure des comptes a donc sonné. Les ennemis du peuple se désignent tout seuls, nul besoin de les débusquer, il pourrait être temps de les juger. Mais nous sommes en démocratie et c’est des urnes que la sentence doit tomber.

Il y en a assez de ces moralisateurs qui viennent nous expliquer ce qui est bien ou mal, qui refusent d’entendre le peuple, et avec un mépris sans commune mesure l’écartent des décisions, lui interdisent le droit de désirer que d’autres politiques soient essayées. La volonté de l’isolement est un tour de passe-passe grossier pour laisser le champ libre à Macron, ou à cette gauche qui s’illustre une fois de plus par son intolérance et sa violence, se vantant d’être de grands démocrates en insultant, ou terrorisant ses opposants.

Le RN, incapable de s’allier avec Zemmour bloqué sur une rancœur immature, se fait déposséder par Marion Maréchal, consciente que l’histoire peut s’écrire une nouvelle fois grâce à l’abnégation et la raison. Elle fait ce qu’elle juge bon pour la France en s’effaçant pour donner la priorité au collectif : tout l’inverse de Zemmour qui ne devrait pas survivre à cet épisode. L’événement appelle à de la hauteur, il n’y a pas la place pour que des querelles d’école viennent ternir une victoire qui s’annonce difficile à parfaire. La grandeur en politique se mesure aussi à sa capacité à pardonner pour les uns et à rester humble pour les autres. Les blessures infligées aux amours-propres semblent plus importantes pour certains que l’enjeu national qui s’avance. La France est en passe d’être détruite par la future commission européenne que dirigera peut-être Mario Draghi. Nous avons besoin d’unité contre vents et marées. Ce que Marion Maréchal vient de faire d’autres devraient s’y rallier : Dupont-Aignan et Philippot en tête. Face aux égos qui se dressent comme des obstacles, il faut que des volontés supérieures les dépassent, c’est exactement ce que vient de faire Marion Maréchal, tout comme Ciotti, se souvenant sans doute que la base est à plus de 70% favorable à un rapprochement avec le RN. Macron reste toxique pour son parti, c’est là son affaire, mais pour la France c’est dramatique. On ne peut pas le voir gagner encore une fois. Ses complices sont découverts, désignés, le combat est donc plus équitable.

Le président s’implique une fois de plus avec acharnement, s’il perd, il devrait en toute logique démissionner. Le fera-t-il ? La nouvelle assemblée devra le mettre hors d’état de nuire si elle ne veut pas souffrir de ses conspirations futures. Pour cela, des réformes institutionnelles par référendum sont nécessaires, notamment celle du RIC et de la transformation du Conseil constitutionnel. Il est impératif de le séparer de ses alliés placés dans les rouages les plus importants de la république. Les changement du président du Conseil d’État et de la Cour des Comptes sont primordiaux. Nous l’avions déjà écrit dans nos colonnes, pour qu’il perde pied, il faut le surprendre. S’il ne maîtrise rien, il est fragilisé. La France ne peut se permettre de laisser passer cette occasion de chasser du pouvoir cette clique de menteurs. Nous saurons bien juger sur pied, à l’aune de leurs actions, de la valeur et de la sincérité des nouveaux dirigeants.


13 juin 2024

Ze Rhubarbe Blog

L'extrême centre macroniste, visant la délégitimisation des oppositions de droite comme de gauche, les accuse de fascisme. La gauche considère l'opposition de droite comme étant fasciste, et inversement, en y ajoutant le préfixe "islamo".
On nage en plein délire, d'autant que selon la définition usuelle de "fascisme", c'est bien la macronie qui le représente le mieux (Wikipedia) :
"Opposé à l'individualisme et repoussant l'idéologie démocratique au nom de la masse incarnée dans un chef providentiel, le fascisme embrigade les groupes sociaux (jeunesse, milices) et justifie la violence d'État menée contre les opposants, assimilés à des ennemis intérieurs, l'unité de la nation devant dépasser et résoudre les antagonismes des classes sociales dans un parti unique. Dans le domaine économique, l'État conduit une politique dirigiste mais maintient le système économique et les activités professionnelles."
Tout y est : l'homme providentiel ("c'est moi ou le chaos"), la violence d'État contre l'opposition (Gilets jaunes, usage politique de la police), le parti unique (l'extrême centre, par définition, considère illégitime toute autre politique que la sienne).
Dans la même veine, l'accusation permanente d'antisémitisme envers des mouvements d'opposition aux politiques illégitimes et illégales d'Israël, et bien sûr au massacre de Gaza - opposition qui se retrouve largement au sein même d'Israël -, n'a aucun fondement, n'est que pure manipulation reprise en chœur par les médias inféodés à la macronie (via subventions ou contrôle direct, comme Radio France).
Vu la situation économique et fiscale catastrophique du pays, tout nouveau régime n'aurait guère de marge de manœuvre. Sa priorité devrait être d'arrêter le massacre (la guerre, le racket énergétique américain, la corruption des hauts fonctionnaires, le gaspillage institutionnel...). Il est dément de proposer des cadeaux électoraux qui ne feront qu'appauvrir le pays encore plus, genre hausse des salaires sans contrepartie de productivité, qui ne feront rien d'autre qu'alimenter l'inflation et la dette. Tout comme il est dément de croire que rejeter quelques migrants à la mer va changer quoi que ce soit.
Avant de vouloir repeindre les murs de la maison, il faut éteindre l'incendie qui la consume. Ça paraît évident, mais pas chez les politiques.
Gilles Casanova

Intéressant tableau sur les affinités et les croisements entre les médias consommés et les votes réalisés aux élections européennes.

On voit que ce n'est pas forcément la tonalité des commentateurs politiques du média qui a le plus grande rapport avec le vote, c'est parfois simplement une correspondance sociologique.

Ce qui nous confirme que l'influence des médias sur les citoyens et sur leur vote n'est pas un produit direct, mais souvent un rapport complexe.

Le principal rôle des médias étant d'interdire certaines positions et certaines personnalités, et donc de répartir le flux sur les éléments du Spectacle qu'ils ont choisi eux, pour incarner « le jeu politique », mais il ne leur est pas aussi facile de désigner qui est le bon et qui est le mauvais dans ce jeu...

Ainsi, l'on présente les médias contrôlés par Vincent Bolloré comme des vecteurs majeurs de l'extrême droite, or vous voyez que ce sont les auditeurs de NRJ, bien plus que ceux d'Europe1, et même ceux de RMC, bien plus que ceux d'Europe1, qui votent pour le Rassemblement national.

On voit dans le cas de L'Express qu'il est le seul hebdomadaire dominé par le vote pour les amis de Macron, mais il est aussi dominé par le vote pour les amis de Mélenchon, or sa ligne éditoriale ne correspond guère à ces derniers.

Bien sûr lorsque nous avons un média qui est vraiment tout entier un média de propagande, nous avons une correspondance très directe, c'est le cas pour France-Inter, Le Monde ou France 2… mais ça signifie plutôt que la propagande étant tellement intense sur ces médias, ceux qui n'adhèrent pas à l'idéologie développée sont allés regarder, écouter, ou lire ailleurs…

Il ne faut donc pas regarder ce tableau comme un tableau des causalités mais comme un tableau qui nous montre que dans un univers limité par la capacité qu'ont les milliardaires d'interdire l'accès aux idées et aux personnes, une fluidité et une liberté de jeu des individus se déploie cependant, indépendamment de la volonté du propriétaire du média.

C'est une étude de l'IFOP pour Marianne