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8 septembre 2024

Notre-Dame : qui pour l’arrêter ?

Pierre Duriot


7/9/2024 - Les vitraux historiques de Notre-Dame ont, pour partie, échappé du terrible incendie de 2019, mais le président de la République a tout de même décrété, de manière quasiment unilatérale, dès décembre 2023, la volonté du prince, de les faire remplacer par des versions modernes. Et pourquoi donc, lui seul le sait ? Tout de même, ce président habitué du caprice personnel et surtout chantre de l’effacement systématique d’une culture française qui « n’existe pas », a rencontré l’opposition unanime de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture.

Peu importe, pour ce président, même un chef-d’œuvre de l’architecture médiévale, à dimension historique internationale, doit de passer à la moulinette woke et voilà Macron, tel les talibans faisant sauter les bouddhas géants, se mettre à vouloir rayer du paysage parisien des œuvres chargées de l’histoire du pays et savamment restaurées de manière conforme à l’origine, sous la conduite de Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Il n’y a pas « une culture française, il y a une culture en France », expliquait-il et cela semble légitimer chez lui, la nécessité d’un effacement de cette culture « française », ou « en France », on ne voit pas trop comment et pourquoi.

Il voulait aussi changer la flèche de Notre-Dame, il n’a pas réussi. Il essaie donc avec les vitraux. Il encaisse un rejet immédiat et général des instances patrimoniales et comme à son habitude, il efface l’opposition d’un revers de main. « On fera quand même comme je dis », dit-il implicitement aux équipes de restaurateurs. L’homme a de la suite dans les idées : vous ne voulez pas de mes vitraux, je vous les impose. Vous ne voulez pas de ma gouvernance, je vous nomme un type qui va continuer, sur la même lancée et peut-être même avec les gens, dont justement, vous ne voulez plus, semble-t-il marteler. En juillet, la commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) avait voté contre le projet de création de vitraux contemporains à Notre-Dame de Paris, le ministère de la Culture a fait savoir mercredi 4 septembre que le projet était, contre toute attente, toujours d’actualité. Pour preuve, huit binômes artistes-vitraillistes ont été présélectionnés parmi les 83 candidats, pour créer les vitraux contemporains de la cathédrale, avec des projets devant être rendus en novembre.

Il explique donc vouloir mettre en avant le travail de nos artisans verriers. Qu’il les envoie sur d’autres chantiers historiques, qui ne manquent pas en France et qu’il laisse Notre-Dame, rester Notre-Dame. Le voilà devenu le spécialiste de la maltraitance, sociale, financière et maintenant patrimoniale, est-ce bien le rôle d’un président ? L’historien tchèque Milan Hübl expliquait que : "pour liquider les peuples, on commence par leur enlever leur mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu’un d’autre écrit d’autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite".

Reste à savoir si les vitraux seront montés avec des compagnies de CRS pour forcer les opposants à reculer, si on va faire emprisonner les gens du CNPA qui ont eu l’outrecuidance de s’opposer, ou si enfin il va y avoir une méthode pour arrêter un type tout seul, sans plus aucune légitimité, qui arrive à faire plier tout le monde à ses caprices ?

7 septembre 2024

Victorine Valentin

Emmanuel Macron ne veut pas changer de politique alors que les élections législatives ont fait la preuve que la majorité des Français la rejette.
Comme le dit Olivier Faure : « dans toutes les démocraties du monde, c'est la coalition arrivée en tête (des législatives) qui est appelée à former un gouvernement. Jamais le parti qui a perdu l'élection. » Il y a là un précédent dangereux pour notre démocratie. Cela fera le lit d'une nouvelle indifférence des électeurs pour des consultations qui ne prennent pas en compte leur vote. L'abstention a de beaux jours devant elle... 5/9/2024

Julie d'Aiglemont

Le baron de la Barre-Niaise s'exprimait avec une onction toute cardinalesque. Notre Royal Foutriquet avait trouvé son Mazarin. Les Riennes n'avaient, aux yeux de ce prélat de l'Église du Saint-Capital et de la Sainte-Phynance réunies, plus aucun droit d'exercer la citoyenneté, si chèrement acquise. Il ne les nommait plus. Elles n'avaient plus droit de cité. Il y avait désormais les "gens d'en bas" envers lesquels Son Éminence professait la condescendance coutumière de sa caste, les mères et les épouses. Amen.

Addenndum

Le baron alla se montrer dans les salons de la Première Lucarne Magique où il lui fut tout loisir de dérouler ses visées pour le pays. Ce monsieur de la Barre-Niaise était un adepte de l'enmemetantisme si cher à Notre Impérial Tyranneau. Il voulait tout à la fois conserver l'œuvre du Roy, la Réforme des Vieux-Jours mais cependant y apporter quelques "améliorations". La chose ne se pouvait en vérité tant cette Réforme était néfaste pour les Riens et encore davantage les Riennes. Il protesta ses grands dieux qu'il n'avait pas grand chose en commun avec les idées des Haineux mais que celles-ci étaient fort respectables. Il n'eut point de considération semblable pour les idées de la Sénestre, quoiqu'il fit savoir qu'il ne s'interdisait point de prendre langue avec des gens adeptes de ces idées funestes. "Il y a de bonnes idées partout" assura ce prélat, d'une voix si compassée et si affectée que son maigre auditoire dans les chaumières s'était assoupi d'ennui et de dégoût. Il démangeait cependant à beaucoup dans ces mêmes chaumières d'aller battre le pavé pour faire savoir à Notre Prétentieux Roquet et à son nouveau factotum ce qu'on en pensait. 6/9/2024

Idriss Aberkane & Pierre-Yves Rougeyron

Qui est Michel Barnier, le Premier ministre "technique" ?

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6 septembre 2024

Anna Rocca

"Dégradation historique des comptes de la nation" : sous le choc de la rapidité de l’effondrement, le Sénat panique.

"La situation est calamiteuse. On est au bord du précipice", résume le rapporteur général de la commission des Finances, Jean-François Husson.

"La situation financière catastrophique est de la responsabilité exclusive de l’exécutif."

À croire que financer un régime néo-nazi corrompu jusqu’à l’os pour faire une guerre au profit d’un pays qui attaque nos infrastructures stratégiques et mener une politique suicidaire de sanctions n’étaient pas la meilleure gestion possible.

Pour l’an prochain, la direction générale du Trésor estime que le respect "a minima" des nouvelles règles européennes imposera un effort de "grande ampleur" : 30 milliards d’euros d’économies.

Une situation que Bruno Le Maire pensait peut-être discrètement léguer à son successeur puisque cette note du Trésor particulièrement alarmiste date… du 17 juillet, mais les sénateurs viennent simplement de la recevoir.

Ne pas l’avoir transmise, c’est très grave. Tout cela va finir par ressembler à un très gros mensonge d’État sur la réalité de la situation budgétaire de notre pays. – 5/9/2024
Denis Collin

"Macron nomme Barnier premier ministre et s'allie au RN" : la "une" est un bon résumé.

Ainsi le "barrage républicain contre le fascisme", cette farce, aboutit à donner au RN le choix du premier ministre. Bravo les stratèges de la gauche !
On me dira : c'est Macron qui a trahi. La belle affaire. Macron est un traître par nature. Le livre "Le traître et le néant" avait déjà fait le portrait exact de cet ectoplasme. Macron trahit son pays ("haute trahison" dit justement Georges Kuzmanovic). Il trahit ses amis (sauf les truands, genre Benalla). Il devait nécessairement trahir le "barrage républicain".
La "gauche" des idiots et des salopards s'étonne. Mélenchon vocifère : "on a volé l'élection aux Français". Ben voyons ! Le RN avait gagné ces élections. Les champions de la magouille politicienne du NFP ont réussi à l'éliminer de tout poste à l'Assemblée nationale, alors qu'il est le premier parti de France. Maintenant, les voleurs crient "Au voleur". Quels pitres.
Quant aux LR, ils ont délégué un cacique de la Ve, par ailleurs eurocrate de première classe et ils ont donc parachevé leur suicide.
Que tous ces gens aillent au diable.
6/9/2024
Ze Rhubarbe Blog

6/9/2024 - On n'entend plus trop les euro-atlantistes, un signe que ça va mal, et en effet, ça va mal pour l'armée ukrainienne, comme le décrit ce récent article de Responsible Statecraft :
"L'armée russe progresse rapidement vers Pokrovsk, centre logistique clé de l'Ukraine. Selon l'un des défenseurs ukrainiens, « Pendant longtemps, la situation dans le Donbass a été décrite comme "difficile mais contrôlée". Aujourd'hui, elle est devenue incontrôlable. Actuellement, il semble que notre front au Donbass se soit effondré. »
Si Pokrovsk tombe, la Russie contrôlera la quasi-totalité du sud du Donbass et pourra frapper soit au nord, contre les positions ukrainiennes restantes dans le nord de la province de Donetsk, soit à l'est, en vue de couvrir l'ensemble du front sud de l'Ukraine.
Il n'y a désormais aucune chance que l'Ukraine, même avec les fournitures militaires occidentales, puisse infliger une défaite écrasante à la Russie et récupérer par la force les territoires qu'elle a perdus. L'Ukraine risque de s'effondrer militairement, ce qui pourrait conduire l'Occident à exercer des pressions en faveur d'une intervention directe. C'est l'une des éventualités que le changement signalé par le gouvernement russe dans sa doctrine nucléaire vise à dissuader.
La population ukrainienne, sous le joug d'un régime désormais illégitime, violent et corrompu mais sanctifié par l'Occident, se tait et se terre ou migre comme elle peut. Elle sait que l'hiver sera terrible.


https://www.facebook.com/zerhubarbeblog

5 septembre 2024

Radu Portocala

Finalement, Emmanuel Macron a fait non pas ce que les électeurs ont voulu, mais ce que lui a voulu. Il a nommé, donc, à Matignon Michel Barnier, représentant d’un parti qui, aux dernières élections, n’a obtenu que 5,41 %. Michel Barnier qui, en 2021, lors de la primaire organisée par son parti en vue de l’élection présidentielle, a été éliminé au premier tour par les votants de sa propre famille politique. Un minoritaire parmi les siens. Un personnage insipide, n’arrivant peut-être même pas au niveau de la médiocrité ambiante.
Mais un maniaque de l’Union européenne et un adepte du fédéralisme, ce en quoi il ne peut que s’accorder avec Macron. Ensemble, ils pourront œuvrer pour l’engloutissement de la France dans l’empire stupide qui se construit à Bruxelles.
Julie d'Aiglemont

Le Roy, après avoir pris langue auprès de la ChatelHaine de Montretout, nomma une vieille baderne, le baron de La Barre-Niaise, au poste de Premier Grand Chambellan. Ce baron était un Ultra déguisé en Raipoublicain. Sous des dehors falots et patelins, il cachait un tropisme qui le faisait haïr les pauvres hères tentant de fuir la guerre et la misère qui sévissaient chez eux. Il ne prisait guère les invertis à qui dans le passé il avait voulu par son vote continuer de réserver l'opprobre et la prison.
La ChatelHaine de Montretout avait donné son aval au Roy car elle savait pouvoir compter sur ce réactionnaire de la plus belle espèce pour gouverner selon ses principes.
On était au Royaume du Grand-Cul-par-dessus-Tête. La Sénestre l'avait emporté au Tournoi mais c'était en vérité les Haineux qui manœuvraient tel un pantin Notre Pitoyable Foutriquet. 5/9/2024

Jean-Dominique Michel

Ce jeudi 5 septembre s'ouvrait devant le Tribunal correctionnel de Paris le procès en diffamation contre l'AFP et son directeur Fabrice Fries, suite à la plainte déposée par Pierre Barnérias ainsi que les sociétés T-Prod et Tomawak au sujet du film Hold-Up.
L'AFP, agence véreuse au service du globalo-fascisme et de l'État profond US, a multiplié les turpitudes et les inconduites au cours des quatre années écoulées.
Production et blanchiment de fausses nouvelles, "fact-checking" frauduleux, harcèlement et destruction de réputation, cette affaire nous plonge au cœur du système de désinformation, de propagande et de censure au service des crimes d'État contre la démocratie en cours à travers l'Occident.
Émission du 5 septembre 2024.

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Kuzmanovic Georges

"Tout cela va finir par ressembler à un très gros mensonge d'État"... selon le rapporteur général du Sénat qui parle des comptes publics.
C'est un euphémisme !
Macron, Le Maire et le gouvernement ont sciemment menti aux représentants du peuple, et donc ont menti au peuple de France, sur l'état des finances publiques.
Il y aura une nouvelle aggravation du déficit public (État, Sécurité sociale et collectivités territoriales) : les déficits atteindront 5,6 % cette année, loin des 5,1 % ciblés en fin d’année. En l’absence d’économies significatives, il pourrait se creuser à 6,2 % du PIB l’an prochain, au lieu des 4,1 % imaginés.
Et ce, dans un contexte de récession, d'affaiblissement des entreprises et de crise internationale.
Il faut ajouter à cela le relèvement des taux d'intérêts qui auront pour conséquence une explosion (plus de 100 milliards ?) de la charge des intérêts de la dette.
Ce serait intenable.
Ce sera une crise de la dette et une crise financière.
La mise sous tutelle de la France.
Macron et sa clique ont réussi ce pour quoi ils ont pris le pouvoir : détruire irrémédiablement la France et son État.
C'est de la haute trahison !
5/9/2024
Gilles Casanova

Le problème ce n'est pas de payer des impôts !
Le problème c'est le pillage organisé auquel ils servent !
« Les entreprises », traduire : les dividendes des plus grosses.

4 septembre 2024

Gilles Casanova

Julie d'Aiglemont

Chronique du quatrième jour de septembre en l'an vingt-quatre de la Grande Dissolution

Le Roy n'en finissait pas de tergiverser. Cela faisait plus de cinquante jours et autant de nuits que la Faction de la Nouvelle Plèbe avait emporté le Tournoi et que Notre Inflexible Tyranneau se refusait à le reconnaître. On avait usé de tous les moyens pour dissoudre cette Faction qui était odieuse à Sa Neigeuse Arrogance. On n'y était point encore parvenu. Monsieur Faurus avait annoncé que la Faction de la Rose n'entendait point prêter allégeance au Monarc, lequel consultait sans relâche depuis son retour du royaume de Serbie. Le Tout-Lutèce s'était succédé dans les antichambres du Château. Notre Défraîchi Foutriquet avait ainsi pris langue auprès des rois Niko et Françoué dont on se demandait bien ce qu'ils avaient pu murmurer à l'oreille de leur cadet. Le premier avait eu et avait encore maille à partir avec la Justice. Il avait été condamné pour moult tripatouillages et autres malversations. Le second était redevenu député à la Chambre Basse sous les couleurs de la Faction de la Nouvelle Plèbe, honnie par le Roy.
Des noms avaient été jetés en pâture dans les Gazettes. Aucun ne convenait, ou s'il convenait un jour, il était hors de mise le lendemain. Il fut même question d'un certain Alliboron, que nul ne connaissait. Ce qui avait été jugé comme rédhibitoire concernant Madame Fin-du-Castetus devenait soudain un atout incomparable. Las ! l'Alliboron fit long feu et l'on se retrouva gros-jean comme devant. L'ancien duc d'Evry, Manolo de la Valse, se desséchait près de son cornet magique, dans l'attente d'un appel du Roy. La duchesse du Poitoutou et des Charentaises alla se répandre dans le salon d'une Lucarne Magique pour exposer le fruit de ses cogitations. Elle avait formé du haut de sa belle expérience un gouvernement des plus audacieux. Les gazetiers ne savaient s'il fallait en rire ou en pleurer. La Jardinière, madame Tondelius, à qui l'on avait demandé son avis, préféra la première option.
- Qu'on mande le sieur Carambar-Cetundélice ! ordonna le Roy, fort marri de ce que monsieur le duc du Havre, que l'on appelait aussi le Grand Mité, eût proclamé briguer le Trône de la Startupenéchionne.
- Sire, il ne se peut. La Justice vient de le condamner.
- Nous allons Nous nommer Nous-Même Premier Grand Chambellan. On n'est jamais aussi bien servi que par Soi-Même.
Ainsi en allait-il au Royaume du Grand-Cul-Par-Dessus-Tête en ces premiers jours de septembre.

Vers la mondialisation de la censure

Anne-Sophie Chazaud

photo © ERIC TSCHAEN-POOL/SIPA

Article publié dans la revue Front Populaire, le 2 septembre 2024 sous le titre "Ce qu'il reste de démocratie dans les démocraties dites libérales"

Dans la torpeur d’une fin d’été brûlante souffle avec violence sur les démocraties dites libérales le vent glacé de la censure. En effet, depuis quelques semaines et avec une accélération au cours des derniers jours, le monde qui se revendiquait bruyamment comme libre et défenseur des libertés est en proie à une vague inquisitoriale extrêmement préoccupante.

Il y a quelques années, lorsque j’engageai mon travail de réflexion sur les formes contemporaines de la censure (en France), je fis le constat d’un paysage dévasté. J’y constatais la redoutable articulation d’une tectonique censoriale généalogiquement issue de la Terreur révolutionnaire (Loi des suspects, « pas de liberté pour les ennemis de la liberté », etc.) et qui, sous les oripeaux du « progressisme » permettait d’instrumentaliser la justice en invoquant une obsessionnelle lutte contre des haines diverses et toujours plus variées au profit de ce qu’il est convenu d’appeler la « tyrannie des minorités ». Ce constat, qui me semble désormais presque classique, terminait par l’analyse (un peu hâtive me semble-t-il rétrospectivement) de la réactivation contemporaine d’une censure directement politique par le biais d’un certain nombre de procédés : reprise en main de médias par ailleurs idéologiquement acquis à la cause du pouvoir ainsi que financièrement soumis à cette même main qui les subventionne grassement, arraisonnement de la liberté de parole sans précédent - offerte le temps d’une décennie - par les réseaux sociaux, intervention du pouvoir dans l’édiction de la Vérité et narratif officiel sur tous sujets (dispositifs anti « fake news », lutte contre la prétendue désinformation, etc.). Ces dérives n'en étaient encore qu’à leurs débuts lorsque je concluais mon travail.

À la faveur des bouleversements informationnels, politiques, sociétaux et anthropologiques majeurs intervenus depuis la Grande Peste Pangoline et la mise sous surveillance sans précédent du « parc humain » (pour reprendre l’expression du philosophe Peter Sloterdijk) que la gestion de cette crise a permise, tous ces procédés et outils de censure se sont renforcés et ont en quelque sorte muté de manière systémique et opérationnelle. Jusqu’à présent, le déploiement des mesures liberticides dans le camp « libéral » s’opérait principalement au plan législatif et dans l’ordre du discours, des intentions. Depuis quelques temps, avec une accélération cet été, les pouvoirs concernés et dont le but est l’auto-préservation/perpétuation/confiscation au détriment des peuples, sont passés à l’acte, ce qui était à prévoir : la question n’est désormais plus de savoir SI lesdites démocraties libérales vont basculer dans l’autoritarisme voire vers une forme subtile de dictature (subtile et perverse dans le sens où elle se présente toujours comme en lutte contre un fascisme imaginaire : « siamo tutti antifscisti » scandent des foules de brebis mimétiques à la main du pouvoir qu’elles élisent régulièrement, alors même que c’est précisément le « tutti » qui porte en lui la forme radicale du « totalitarisme », ne souffrant pas la moindre contradiction), mais bien de savoir QUAND cette bascule va se réaliser. Et il semblerait que le vent de l’Histoire soit précisément en train de s’accélérer sur ce point comme sur d’autres.

La France vient par exemple de procéder à l’arrestation honteuse du fondateur et patron de la messagerie Telegram, Pavel Durov, pour des motifs aussi farfelus que biaisés, France qui est aussi le pays d’origine du sinistre Thierry Breton dont le zèle inquisitorial à la Commission européenne via la mise en place du DSA (Digital Services Act, règlement européen sur les services numériques) finit par embarrasser jusqu’à ses propres complices européens (le récent chatelain, nouveau riche de cette bourgeoisie mandarinale et populicide n’est évidemment pas assez discret : il conviendrait de faire au moins un peu semblant d’être attaché aux libertés, de donner le change…). Dans cette affaire, il est à noter que la France et l’Union européenne sont confrontées piteusement à une sorte de conflit de loyauté et d’allégeance : il faut à la fois se plier à l’agenda mondialiste, progressiste, destructeur des souverainetés nationales dicté par le suzerain américain et donc activer la censure de tout ce qui contredit cet agenda et ce narratif dominant, mais, dans le même temps, s’en prendre à une grande entreprise américaine (le courrier zélé de Thierry Breton visait en l’occurrence Elon Musk et l’entreprise X qui est l’objet d’une véritable hantise pour tous les adversaires de la liberté d’expression et d’opinion) c’est également attenter aux intérêts commerciaux dudit suzerain lequel est, on le sait, très regardant sur le respect de ses prébendes partout à travers l’Empire. Les moutons bêlants du progressisme mondialisé sous tutelle de l’Hégémon américain ne savent donc plus où donner de la tête pour complaire à leur maître et leurs genoux sont usés à force d’être mis à terre en signe de constante allégeance. Cette arrestation prend place dans un paysage sinistré, sur fond de suppressions de comptes Instagram liés à la droite patriote et à la dissidence idéologique, et de censure renforcée du paysage audiovisuel sur pression maniaque d’une gauche ouvertement liberticide jamais en retard dès lors qu’il s’agit de se mettre au service du pouvoir (attaques contre CNews, C8 etc.)

Le Royaume-Uni, autrefois patrie de l’Habeas Corpus et de la Magna Carta a quant à lui purement et simplement basculé dans une purge populicide et des procès de type stalinien, sous la férule à la fois grotesque et tragique du travailliste Keir Starmer, dans une forme extrêmement préoccupante de régime autoritaire où la dissidence d’opinion et d’expression se trouve réprimée avec une sévérité relevant de la pire dystopie. La police et la justice britanniques se sont mises avec un zèle qui serait comique s’il n’était si grave au service de cette nouvelle dictature qui prend appui pour accomplir sa basse besogne sur le pavement des bonnes intentions et de la vertu antiraciste : sous ce prétexte, dans un pays dont on vantait ad nauseam l’idéal multiculturaliste pour mieux critiquer le modèle hexagonal jugé insuffisamment inclusif, un pays où n’importe quel islamiste peut haranguer les foules à l’air libre sans être inquiété, il n’est désormais plus possible d’avoir le moindre débat public ou d’émettre la moindre critique dialectique quant à l’immigration de masse ainsi qu’aux nombreux effets de déstabilisation de la société que cette submersion entraîne, notamment en termes d’insécurité (mais pas seulement). Les meurtriers, les violeurs bénéficient de la complaisance objective d’un pouvoir (on renvoie sur le sujet le lecteur vers les grandes affaires criminelles de Telford, Rotherham, etc.), qui embastille en revanche, avec la plus grande sévérité les représentants de la working class livrée en pâture et délaissée par les pouvoirs publics depuis belle lurette. La police s’en va désormais à l’heure du laitier arrêter des citoyens britanniques au motif qu’ils ont tweeté ou même parfois simplement « liké » ou retweeté un message critique (on en est là), publier un « mème » dissident, moqueur, vous envoie directement à la case prison : on a même libéré des détenus de droit commun afin d’enfermer les prisonniers politiques, ce qui est un grand classique de toutes les dictatures. Il n’est du reste pas anodin d’entendre le gouvernement britannique vouloir profiter de ce contexte pour tenter de revenir sur la volonté populaire pourtant clairement exprimée de Brexit : c’est bien la souveraineté qui est en jeu, souveraineté que le progressisme mondialisé ne peut tolérer. Souveraineté d’un peuple qui doit pouvoir choisir qui il souhaite recevoir sur son propre territoire et à quoi doivent servir ses impôts (un homme a ainsi été réprimé sévèrement pour avoir dit qu’il ne souhaitait pas que le fruit de son travail, de ses impôts, profite à l’immigration : autrefois, une telle félonie du pouvoir se réglait par une mise en sac dans la Tamise…), mais aussi souveraineté du pouvoir politique lui-même et dont le rattachement aux diktats de la techno-ingénierie bruxelloise signe en réalité la soumission voire la disparition (l’exemple actuel de la France privée de gouvernement démontre que dans ce système d’abdication de la souveraineté, le pouvoir politique n’est même plus nécessaire, « ça » fonctionne tout seul).

Le Brésil quant à lui, - dont le Président Lula a été réélu selon la même matrice de lutte contre le Mal d’un fascisme de théâtre et qui, de ce point de vue, bien qu’appartenant aux BRICS, se rattache pleinement à la logique de captation du pouvoir qui traverse l’ensemble des démocraties libérales majoritairement occidentales (ou, disons, occidentalisées) -, vient de procéder à l’interdiction totale du réseau social X sur son territoire. La Cour Suprême a par ailleurs menacé les citoyens qui contourneraient cette interdiction vertigineuse d’une peine d’amende de 8900 $ par jour pour toute personne qui contournerait l’interdiction avec l’utilisation d’un VPN. Le Brésil se trouve ainsi, pour son plus grand malheur, à l’exact emplacement de sa devise, de son lieu d’énonciation originel et programmatique, « Ordem e progresso », en l’occurrence l’autoritarisme mis au service de l’idéologie progressiste. On aura beau jeu de présenter la situation comme étant celle d’un pays souhaitant conserver sa souveraineté face à la pseudo ingérence d’un « oligarque » américain : concrètement, pour le peuple brésilien, il s’agit bel et bien d’un acte gigantesque de censure visant à entraver la liberté non seulement d’expression mais, aussi d’opinion et, surtout, d’information, étant entendu qu’Elon Musk dispose des preuves selon lesquelles, une nouvelle fois, comme partout désormais en Occident, la désinformation orchestrée par les institutions du pouvoir brésilien a favorablement influencé la captation électorale du pouvoir par le camp progressiste. Partout on retrouve ce même paradigme : on peut même parler de standardisation mondialisée de la captation du pouvoir et des mécanismes de censure que celle-ci implique.

Les révélations selon lesquelles de nombreuses élections auraient été influencées par des plateformes acquises idéologiquement au camp mondialiste/progressiste s’accumulent, s’amoncèlent partout, et, pourtant, cela n’entraîne aucun scandale majeur, aucun Watergate. À l’ère de la post-vérité, la réalité n’a pas d’impact : on la connaît, le public la connaît, tout le monde la connaît, mais il se développe une sorte d’indifférence à son égard. En ce sens d’ailleurs, le combat autour de la question des « fake news » et du couple désinformation/réinformation est presque déjà désuet dans la mesure où c’est la réalité elle-même qui ne compte plus : peu importent les faits puisque la connaissance de ceux-ci n’emporte plus de conséquences. À titre d’exemple récent, la révélation du scandale mondial majeur des Twitter Files et de la corruption ukraino-américaine via l’affaire Hunter Biden, révélation qui aurait, il y a 40 ans, déclenché un tsunami politique, n’a eu strictement aucun effet dans le réel. Prenons un autre exemple : il est désormais avéré que ce n’est pas la Russie qui a auto-détruit Nord Stream - ce que le simple bon sens indiquait à n’importe quel cerveau d’intelligence même basse laquelle ne semble pas avoir franchi le portillon d’entrée des chaînes dites d’information -, et pourtant, cette révélation qui était auparavant traitée de « complotiste » (autre bras armé de la captation du pouvoir par disqualification des points de vue divergents) n’a strictement rien changé au narratif dominant et encore moins entraîné de conséquences concrètes. Il s’est donc développé un régime d’indifférence à la vérité établie factuellement (la « vérité de fait » chère à Hannah Arendt), avec ce montage particulièrement pervers permettant aux désinformateurs/propagandistes de se proclamer eux-mêmes comme incarnant le « Cercle de la Raison », dont les autres seraient de facto exclus, ce qui est la traduction - dans un domaine épistémologique bancal - du « barrage républicain » ou encore de l’ « arc républicain » dans le domaine politique : on n’est jamais mieux servi que par soi-même et cela permet même de se servir dans la caisse (cf. le scandale du Fonds Marianne qui, là encore, n’emporte strictement aucune conséquence dans le réel…). Pratique.

La bascule vers la censure qui se propage partout dans le camp des démocraties libérales telle une trainée de poudre entraine quant à elle des réactions sur lesquelles il convient de se pencher un instant. Quasiment pas de réaction dans la presse mainstream, ce qui est lourd de sens, et pour cause : tout d’abord par porosité idéologique avec le pouvoir que cette presse soutient, promeut, et défend (le monde des médias a été presqu’unanimement muet pendant toute la détention politique barbare dont a été victime Julian Assange par exemple, quand il ne lui a pas explicitement craché au visage…). Mais aussi parce que le système de démocratisation de la pratique journalistique (le journalisme citoyen cher à Elon Musk) et la multiplication des contenus informationnels permise par les réseaux sociaux met en péril le monopole ainsi que le magistère dont disposaient jusqu’alors les journalistes dans ce domaine. Il y a là une connivence entre les médias et le pouvoir qui relève non plus de la soumission à ce dernier (certes existante) mais du partage de gâteau. On ne verra par conséquent pas les médias se soulever contre les atteintes à la liberté d’expression visant des réseaux qu’ils considèrent comme des concurrents.

Dans le cas d’un certain nombre d’observateurs critiques, concernant les attaques étatiques ou transétatiques contre les réseaux sociaux, on relèvera par ailleurs un certain embarras lié à la prégnance fréquente d’un antiaméricanisme d’atmosphère (par ailleurs assez compréhensible à certains égards) : ce prisme obsessionnel et élevé au rang d’analyse systémique empêche certains d’admettre que ce sont bien les États-Unis qui placent la liberté d’expression en tête et en priorité de tous les amendements de leur Constitution. Admettre qu’un grand patron d’entreprise américaine (en l’occurrence Elon Musk) puisse être profondément et d’une manière quasiment existentielle voire métaphysique attaché à la liberté d’expression, est pour beaucoup une opération mentale voire épistémique presque impossible. Ce serait admettre que le libéralisme, entendu dans toute l’extension de son sens étymologique, puisse comporter tout de même quelques vertus et cela fait bugger des systèmes d’analyses raidies sur une grille somme toute assez manichéenne. Ce serait également admettre que la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran (membres non exhaustifs du fameux « Sud Global » tant vanté, pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons) interdisent ces réseaux sociaux non pas seulement, comme ils le prétendent, pour empêcher l’intrusion d’entreprises du Grand Satan et au nom d’un respectable souci de souveraineté technologique, mais tout simplement parce que ces pays sont dirigés de manière soit autoritaire ou dictatoriale et sont intrinsèquement opposés à la liberté d’expression : là non plus il ne s’agit pas plus de souveraineté qu’il n’y a de beurre en broche, mais bien de captation du pouvoir au détriment du peuple.

Les prochaines élections présidentielles américaines représentent d’ailleurs de ce point de vue un enjeu majeur pour l’ensemble des démocraties occidentales, ce qui prouve bien qu’il ne s’agit pas principalement d’une question d’éventuelle ingérence étrangère. L’enjeu véritable de ces élections est bel et bien celui de la préservation des libertés fondamentales (expression, opinion, etc.) et c’est seulement en amputant massivement celles-ci au détriment du peuple américain que le Parti de la Guerre pourra poursuivre ses activités aux quatre coins du globe: au regard de ce qui se produit et des appels à la censure émanant du camp progressiste/démocrate (désormais greffé de centaines de conservateurs pro-guerre), on peut raisonnablement penser qu’une victoire de ce dernier représentera le cas échéant le moment de bascule générale des démocraties occidentales (avec adhésion obligatoire au narratif progressiste) vers un autoritarisme plus ou moins dictatorial selon les colorations locales. L’extension mais aussi la panique existentielle qui s'est emparée des régimes progressistes et mondialistes entraîne ainsi, en retour, en quelque sorte dans une boucle de rétroaction et d’amplification, une mondialisation inédite et remarquable des mécanismes de censure et c’est à cela que l’on est en train de commencer à assister d’où le sentiment oppressant de faire face à un monstre systémique auquel il va être difficile d’échapper.

Mais peut-être faut-il que les peuples soient complètement plongés dans le noir pour qu’enfin ils réalisent pleinement ce à quoi ils font face, peut-être faudra-t-il donc en passer par cette bascule pour que s’engage ensuite la reconquête des souverainetés.