Gabriel Nerciat
5/3/2026
Vous avez dit accélérationnisme ?
Trump a perdu sa guerre contre l'Iran en trois jours (en Afghanistan, ça avait mis quand même un peu plus de temps), et au quatrième on en est déjà arrivé à la vietnamisation du conflit : les Kurdes, ces éternels mercenaires au rabais de l'impérialisme anglo-saxon, pauvres p.tains d'Orient démonétisées qui aiment tant faire le trottoir à force d'être cocues, et qui, il faut bien le dire, ont un peu perdu la main depuis l'époque où ils exterminaient les Arméniens pour le compte des Jeunes Turcs ottomans, sont envoyés une nouvelle fois à l'assaut de l'armée iranienne dans le nord-ouest de la Perse, avec quelques pétards rouillés.
Donald, enivré par le vide du gouffre abyssal que Netanyahou et cette vieille pourriture de Lindsay Graham viennent de l'inciter à ouvrir sous ses pieds, comme dans une version histrionesque et McDonald du fameux piège de Thucydide, fait semblant de découvrir depuis hier que l'US Army n'a plus assez de munitions pour bombarder l'Iran au-delà de deux mois.
C'est bête, ça, hein ? On pourrait peut-être en rapatrier d'Ukraine, tant qu'à faire ? L'envolée du prix du pétrole va sans doute accélérer les choses là-bas aussi. A toute chose, malheur est bon, dit le proverbe.
En attendant, pour ce qui me concerne, c'est moins à Poutine, Trump, Bibi ou Zelensky que je pense qu'à Xi.
Loin de moi la prétention de me mettre à la place de l'empereur communiste chinois, mais enfin si j'y étais je commencerais déjà à organiser la planification des grandes manœuvres navales en direction de Taïwan.
Maintenant que les Yankees sont "fixés", comme on dit dans le jargon militaire, autour de l'Iran pour quelque temps (la débâcle, c'est comme tout : ça demande un minimum de gestion opérationnelle), une jolie fenêtre s'ouvre devant lui face à la perle insulaire de l'Asie.
Dans le carnaval de nihilisme grotesque et sanglant à quoi commence à ressembler de plus en plus l'auto-destruction de l'Occident (qui ne fait d'ailleurs même plus semblant de se croire "judéo-chrétien", il faut avertir Michel Onfray), ce serait là une bascule définitive et salutaire qui redonnerait un peu de vigueur à ce drame lugubre et sidérant.
