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23 mars 2025

Pierre Duriot

La gauche grand écart...

Étonnante gauche qui défile. Elle défend la paix en Palestine et la guerre en Ukraine. Elle défend le port du voile en France et l’abandon du port du voile en Iran. Elle ferme les yeux sur les violences faites aux femmes dans les cités et les dénonce dans le milieu du cinéma. Elle défend les homosexuels et les transgenres et adule les gens issus des pays où l’homosexualité est criminalisée. Elle trouve normal que les migrants investissent un théâtre ou une église, mais pas une mosquée. Elle défend les voyous des cités, mais ne défend plus les pauvres gens des provinces. Elle est passée de l’adoration à la détestation du « grand frère russe ». Elle est pour l’accueil des migrants mais aucun de ses militants n’en héberge chez lui. Elle défend les squatteurs, tant qu’ils s’installent dans les maisons des autres. Elle explique que les cités sensibles sont une chance pour la France, mais aucun d’eux n’y habite. Elle défend le droit d’étudier à Sciences-Po, mais à condition qu’on soit pro-palestinien. Elle défend Nahel, mais pas Thomas, défend Traoré et sa famille polygame, mais fustige un acteur qui a une maîtresse. Elle combat l’antisémitisme et hurle avec les antisémites. Et finalement, quand ils défilent dans la rue, on a l’impression qu’ils sont nombreux, mais c’est juste une impression. Non, en fait, ils sont tous là, ils braillent mais ne représentent qu’eux-mêmes.

22 mars 2025

Yann Bizien

- 22/3/2025 - Je viens de publier rapidement ce commentaire sur la page Facebook du chef d'état-major des armées, le général Thierry Burkhard, qui doit pouvoir "entendre directement la voix du peuple" :
Mon général,
Nous ne sommes ni dans le contexte de 1938, ni dans celui de 1939. Les dirigeants européens font une erreur politique et stratégique majeure dans cette guerre par "procuration" à l'est de notre continent dont la cause originelle reste l'expansion ostentatoire et incessante de l'OTAN vers les frontières russes.
Poutine nous avait tous prévenus qu'il pouvait réagir si l'OTAN allait trop loin dans son processus d'élargissement. Il n'a pas surpris ceux qui le suivaient attentivement depuis le sommet de l'OTAN à Budapest.
En planifiant aujourd'hui le "réarmement" de l'Ukraine et le déploiement de troupes otano-européennes à la porte de la Russie, vous allez recréer les conditions identiques de la guerre déclenchée en février 2022, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets.
Il y a dans la pensée actuelle de nos dirigeants une panique, une obsession, une absurdité, qui inquiètent beaucoup.
Il faut bien sûr réarmer la France sans nous soumettre aux conditions du "Livre blanc" rédigé par des technocrates et validé dans l'urgence par des Commissaires non élus et sans légitimité démocratique, que nous ne verrons jamais près de chez nous.
Mais ne vous laissez pas entraîner dans la logique dangereuse de Zelensky qui n'attend qu'une chose : nous entraîner physiquement dans ce conflit pour que la Russie fasse tomber le premier soldat européen.
Prenez par ailleurs bien conscience que la France d'aujourd'hui n'est plus celle de notre grand-père en 1914, ni celle de nos parents en 1940.
Celle de jadis, paysanne, patriote, pouvait se mobiliser entièrement pour la guerre et pour la Patrie.
Celle d'aujourd'hui est surendettée, en faillite, déclassée, ensauvagée, décivilisée, envahie (par 600 000 à 900 000 clandestins), divisée, fracturée, enfoncée dans la corruption liée aux trafics, dans son délitement et son pourrissement, en voie d'islamisation et menacée gravement tous les jours de l'intérieur.
Il y a donc un immense travail intérieur de remise en ordre qui n'est toujours pas engagé faute, principalement, de courage et à cause de trop nombreux remparts idéologiques.
Le plus important, mon général, et le plus urgent, c'est la France, en perdition, pas l'Ukraine. D'ailleurs, la plus grande arnaque de la propagande occidentale, depuis février 2022, c'est de se prétendre patriote au titre du soutien à l'Ukraine. C'est une arnaque grotesque ! Notre patriotisme doit aller tout entier à la France submergée, oubliée, négligée et abandonnée par les européistes, les multiculturalistes, les immigrationnistes et les mondialistes aujourd'hui dans une fuite en avant coupable vers l'Europe fédérale, donc le sabotage de notre souveraineté nationale !
Tout ceci va bien trop loin.

Gabriel Nerciat

TOUS A LA MANIF !


Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Le fascisme ne passera pas !
Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Ecolos, bobos, salafs et Antifas !

La haine c'est notre fouet ;
Donald Trump n'y touchera pas,
Ni les fachos ni les poulets.
Car le fascisme c'est caca.

Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Le fascisme ne passera pas !
Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Ecolos, bobos, salafs et Antifas !

Elon Musk c'est un gros naze,
Alice Weidel une salope.
Leur foutre nos poings dans le nase
C'est ça, l'idée qu'on développe.

Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Le fascisme ne passera pas !
Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Ecolos, bobos, salafs et Antifas !

Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Où êtes-vous passés, les gars ?
On dirait bien que ça s'émousse ;
Trop de fachos, de renégats !

C'est pas grave, on reviendra
Tous ensemble, tous ensemble, tous !
Trump et Vance c'est du caca.
On les pendra quand on voudra.
Marc Amblard

FASCISME : DU DISCERNEMENT

Jean-Claude Delhez

- 22/3/2025 - La mode est à voir des fascistes et des régimes fascistes partout, du nazi derrière chaque moustache. Des moralistes, des politiciens, des journalistes appliquent en ce domaine ce qu'ils reprochaient naguère aux réseaux sociaux : caricature, manichéisme, manque de nuance, faiblesse du fond. Il faut que toute chose soit noire ou blanche, Adolf ou Gandhi.
Qu'est-ce que c'est que le fascisme ? Tout d'abord, c'est une idéologie de son temps. Le fascisme nait de la guerre de 14. Il lui emprunte son expression : la violence. La plupart des leaders fascistes ont fait les tranchées : Hitler, Mussolini, Goering, etc. Et la première expression du fascisme, ce sont les milices. Des milices organisées sur le modèle militaire et qui descendent dans la rue faire le coup de poing ou le coup de feu. Des chemises noires, des chemises brunes, et d'autres, dans la plupart des pays d'Europe. Avec un rapport à la violence et à la mort hérité de 14-18.
Puis, le fascisme, c'est une dictature (alors qu'une dictature n'est pas forcément fasciste). C'est donc un régime à parti unique. Les autres partis sont interdits. Si les opposants politiques s'entêtent, ils sont envoyés en prison, dans des camps ou assassinés. Il n'y a pas de presse libre. Les syndicats sont dissous et remplacés par un système corporatiste. Par contre, le système capitaliste (la liberté d'entreprendre) est maintenu ; la bourgeoisie soutient généralement les régimes fascistes parce qu'ils sont anticommunistes.
Le fascisme, c'est aussi le culte de la personnalité, du chef ; c'est l'encadrement des masses, par la propagande d'État, par des organisations de jeunesse ou autres, aussi par une police politique, parfois par certaines avancées sociales ou économiques.
Le fascisme est un nationalisme. Il considère le pays qu'il dirige et sa population comme supérieurs aux autres. Il valorise la force et l'armée. Il se désigne des ennemis, qu'il faut combattre et vaincre. Des ennemis intérieurs, comme des ennemis extérieurs. Ce qui le conduit à des aventures militaires à l'étranger.
Les mots ont un sens. On parle de dictature, de monarchie, de théocratie, d'aristocratie, de cleptocratie, d'oligarchie, de ploutocratie, etc. Mais aujourd'hui, il n'existe aucun régime fasciste. Comme il n'existe aucune véritable démocratie. Il y a des gradations au sein des régimes politiques, qui vont de gris clair à gris foncé, des plus démocratiques (en Scandinavie) aux régimes autoritaires de tous poils qui parsèment la planisphère, la nature du pouvoir étant de glisser toujours vers le plus sombre.

21 mars 2025

Radu Portocala

- 21/3/2025 - Dans leur grande sagesse, nos bureaucrates-en-chef veulent nous armer. Ils sont persuadés que notre devoir est de ratatiner la Russie avant qu’elle ait le temps de nous administrer une correction sévère.
S’armer, on l’imagine bien, veut dire fabriquer des chars, des blindés, des camions et autres engins qui roulent. À ce propos, il serait normal qu’une pétition internationale recueille des millions de signatures rappelant que notre Union européenne nous enjoint à tous un grand degré de décence écologique. Afin de se plier aux exigences de la transition vers le zéro carbone – exigences qui, déjà, empêchent nombre de personnes d’accéder en voiture dans les centres de certaines villes –, afin, donc, de préparer une armée et une guerre éco-responsables, cette pétition doit demander, exiger même, que tous les engins militaires qui seront produits à l’avenir soient dotés exclusivement de moteurs électriques.
Nous partirions ainsi avec une longueur (morale) d’avance sur les Russes. Faire la guerre ne signifie pas oublier l’environnement. La guerre sans fuel, oui, nous pouvons !

EUROPA, L'HÔTEL DES FANTASMES FATALS

Gabriel Nerciat

- 21/3/2025 - Pendant que Macron et ses zélateurs médiatiques appointés (la palme de la flagornerie et de la prostitution publique revient une fois de plus à l'odieux et vieux barbon Franz-Olivier Giesbert, lire son dernier édito du Point) vaticinent emphatiquement autour de l'improbable et impuissante défense européenne, l'impératrice Ursula, elle, se couche séance tenante et sans faire trop de manières devant les menaces protectionnistes de Trump.
Les européistes ne changeront jamais : propriétaires d'un fantasme à l'ombre duquel ils entendaient continuer à faire prospérer quelques grandes firmes exportatrices allemandes, néerlandaises ou suédoises (souvent propriétés de fonds d'investissement anglo-saxons), pour rien au monde ils n'accepteraient de renoncer ouvertement à ce fantasme sous prétexte d'avoir à répondre des contraintes trop réelles nées de son inexistence.
La division des tâches est donc bien assumée : Macron, éternel adolescent vantard et incompétent, parade sous les lumières en expliquant qu'il va recréer la Grande Armée de Napoléon en partance pour Moscou et étendre (sans que personne lui ait rien demandé) la protection nucléaire française à la Pologne et aux pays baltes, pendant que la présidente du Conseil des ministres italien négocie des achats d'avions de combat F-35 inutilisables sans l'aval de leurs concepteurs américains et que le futur chancelier allemand fait discrètement pression sur sa compatriote CDU à la tête de la Commission de Bruxelles pour ne surtout pas entrer dans un cycle de ripostes commerciales protectionnistes avec les États-Unis.
Pendant ce temps-là, Trump les a prévenus : les futurs missiles Patriot de Zelensky, il faudra dorénavant les prendre dans les arsenaux européens. L'Amérique a autre chose à faire.
Il a raison : c'est ça, la solidarité européenne et l'Europe-puissance, non ? Se prendre en charge comme des grands ?
"L'Empire européen est en train de naître à Kiev", nous disent les dupes et les imbéciles patentés qui ont omis de garnir leurs bibliothèques faméliques avec les oeuvres complètes de Jean Monnet (il y a trente ans, c'était à Sarajevo qu'elle devait naître, je crois me rappeler).
On a envie de leur dire : "Pendant qu'elle naît à Kiev, votre Europe sans substance est en train d'avorter à Bruxelles. Cessez donc de faire du bruit, faites-vous oublier un moment puisque plus personne ne compte sur vous, et laissez le Kremlin et la Maison Blanche décider en toute quiétude de ce que vous allez devenir."
Pour le reste, il semble que la Montagne magique de Thomas Mann et son sanatorium crépusculaire suspendu au-dessus des futurs holocaustes nous ressemblent bien plus que le monde d'hier de Stefan Zweig ou la "nation européenne" de Julien Benda.



Marc Amblard
21/3/2025
Dessin de Chaunu

Yann Bizien

- 20/3/2025 - Le parquet du tribunal de Dar El Beida, près d'Alger, a requis dix ans de réclusion à l'encontre de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, accusé d'atteinte à l'intégrité territoriale, â la sûreté de l'Etat et à l'unité nationale de l'Algérie.
C'est la condamnation à mort déguisée et lente d'un écrivain de 75 ans atteint d'un cancer et détenu arbitrairement depuis 124 jours.
La vie d’un innocent soucieux de vérité et de liberté est en jeu.
La sécurité des Français est également en jeu à cause d'Algériens dangereux, présents sur notre sol et sous OQTF.
L’honneur de la France méprisé par un régime autoritaire est aussi en jeu.
Mais Emmanuel Macron se couche et se soumet.
Boualem Sansal croupit dans les geôles du régime algérien pour avoir osé penser autrement.
C'est son seul « crime ». Il est imaginaire.
Exigeons sa libération immédiate auprès d'Emmanuel Macron qui doit mouiller immédiatement sa chemise et dénoncer "en même temps" les accords de 1968 !
Courage, monsieur le président ! Pas de complaisance coupable avec le régime algérien ! Défendez fermement notre compatriote !
La France des droits de l'homme, c'est tout de suite !
Ne laissons pas le silence et l'inaction être complices de cette injustice infamante.

20 mars 2025

Régis de Castelnau

Rubrique : souffrance

Supporter le système mis en place par l’oligarchie avec l’arrivée d’Emmanuel Macron il y a maintenant huit ans à l’Élysée inflige une véritable souffrance.
Violence répressive, destruction des libertés publiques, politique résolument antisociale, destruction des grands services publics, abaissement de la France, corruption généralisée au sommet de l’État, promotion des plus dévoyés, des plus dépravés, des plus bêtes dès lors qu’ils sont serviles, c’est une litanie. Mais finalement le pire, le plus difficile à supporter, c’est l’importance du mensonge, de l’imposture, l’absence totale de vergogne pour dire et faire n’importe quoi et infliger à notre pays, à nous-mêmes, une humiliation quotidienne.
La responsabilité du système médiatique mainstream est écrasante dans l’exercice de ce qui constitue une violence. Alors il y a la tentation de prendre congé, voire de se mettre à l’abri pour ne plus avoir à la supporter. Mais l’expérience montre qu’elle vous rattrape toujours et que la seule solution c’est de s’y opposer.
À notre place, évidemment modeste, nous essayons de porter témoignage, de refuser le théâtre et de donner à voir quand c’est possible ce réel, que le système met tout son poids à travestir et à masquer. [...]
Christian Dubuis Santini

- 19/3/2025 - Contrairement à ce que pourrait laisser penser ma chronique de la semaine dernière, je n'ai aucun goût pour l'ironie. S'il est certes plus facile, efficace et plaisant de tourner en dérision les propos de ses adversaires que de s'échiner à les réfuter, nul ne prétendra que le procédé soit particulièrement honorable. D'autant que la légèreté de ton, l'amour de la formule et du bon mot, grâce auxquels on met les rieurs de son côté, toutes ces manifestations si françaises de ce qu'on appelle l'esprit, peuvent aussi bien être considérés comme les symptômes d'une extraordinaire prétention.
Je n'entendais donc pas me montrer ironique envers le Premier ministre : quand j'écrivais qu'on ne peut pas lui tenir rigueur de ses prises de position, j'étais malheureusement sincère. Notre classe politique – dont Manuel Valls n'est qu'un représentant paradigmatique – témoigne d'une incapacité pathologique à agir et à penser, bien plus redoutable que ne le seraient l'hypocrisie ou la duplicité.
Ce qui me frappe et me désespère depuis des mois, c'est la façon dont tous les débats, de Facebook aux grands quotidiens nationaux, en passant par l'ensemble des partis politiques, sont pris au piège d'une indigente dichotomie, dont l'intervention de Manuel Valls au dîner du Crif donnait une parfaite illustration. Le procédé n'est pas nouveau, même si je doute qu'il ait jamais été utilisé dans de telles proportions. On en trouve une description parfaite dans L'Art d'avoir toujours raison. Il était écrit que Schopenhauer, poursuivi par une implacable malédiction éditoriale, ne connaîtrait le succès que sur un malentendu, comme en témoignent les commentaires furieux laissés par les clients d'un site de vente en ligne trop connu pour qu'il soit nécessaire de le nommer : les consommateurs floués y expriment leur légitime indignation de se retrouver en possession, non du livre de coaching leur permettant de briller en société qu'ils attendaient, mais d'un manuel de dialectique éristique, aussi érudit qu'inutilisable. S'ils avaient eu la patience de le lire, ils auraient pourtant découvert dans l'opuscule de Schopenhauer un moyen pratique et infaillible de rendre impossible quelque dialogue que ce soit.
Quoi qu'on pense, quoi qu'on dise, on est rejeté vers l'un ou l'autre des pôles extrêmes de l'alternative.
Il s'agit du treizième stratagème.
«Pour amener (notre adversaire) à admettre une proposition, il faut que nous en énoncions le contraire et lui donnions le choix entre les deux, mais en formulant ce contraire de manière si brutale qu'il ne lui reste plus, s'il veut éviter de chasser le paradoxe, qu'à donner son assentiment à notre proposition qui, par comparaison, apparaît tout à fait admissible.»
C'est exactement le principe de la réduction dichotomique qui me semble régner sans partage aujourd'hui, à ceci près que son application ne relève même plus d'un stratagème – ce qui supposerait une volonté consciente, fûtelle maligne, de sa mise en œuvre – mais de la spontanéité la plus pure et la plus irréfléchie. Schopenhauer ne se montre, il est vrai, guère prodigue d'exemples, ce qui lui est justement reproché par ses acheteurs dépités, mais nous pouvons facilement en trouver nous-mêmes – trop facilement, en vérité.
J'en ai donné un la semaine dernière: «Soutenez-vous sans réserve la politique d'Israël ou êtes-vous antisémite ?»
En voici trois autres: «Êtes-vous favorable à la déchéance de nationalité ou pensez-vous que les terroristes ne devraient pas être punis ?» ; «Êtes-vous favorable à la fin des menus de substitution dans les cantines ou êtes-vous un ennemi de la laïcité ?» ; «Pensez-vous que le salafisme n'est pas un problème ou êtes-vous islamophobe ?»
On remarquera que ces questions présupposent des convictions politiques contradictoires, ce qui est sans importance dans la mesure où c'est leur forme qui pose un problème, non les convictions dont elles émanent. Si ce dispositif est invincible, comme l'est toujours la bêtise, c'est qu'il interdit toute réponse complexe: quoi qu'on pense, quoi qu'on dise, on est rejeté vers l'un ou l'autre des pôles extrêmes de l'alternative ; «c'est ce qui se passe quand on place le gris près du noir ; on peut le qualifier de blanc ; et si on le place à côté du blanc, on peut le qualifier de noir», explique Schopenhauer.
La seule parade envisageable, dit-il encore, consiste à «ne pas s'engager dans une controverse avec le premier venu, mais seulement avec ceux que l'on connaît. […] Quant aux autres, qu'on les laisse dire ce qui leur passe par la tête car c'est un droit de l'homme que d'être idiot». C'est effectivement une solution pleine de charme et de bon sens.
Malheureusement, l'adopter, c'est inévitablement refuser de participer, avec les autres, à l'existence d'un espace politique, si ce mot doit encore signifier autre chose que la quête du pouvoir.
(Jérôme Ferrari, La Croix, chronique du lundi 21 mars 2016)
Dessin de Kurt

UNE INTOLÉRANCE SALUTAIRE

Gabriel Nerciat

- 19/3/2025 - Oui, cent fois oui (enfin, sauf si, comme d'habitude, le RN ne cale pas à la dernière minute à l'approche d'un scrutin national pour rassurer le retraité chiraquien ou démocrate-chrétien racorni).
À chaque fois que je croise une (jeune) femme voilée dans la rue (et même dans mon quartier un peu excentré, loin du centre-ville, j'en croise de plus en plus), a fortiori quand la fille semble être de souche européenne et de surcroît si elle est jolie, je me demande toujours pourquoi je n'ai pas l'audace ou le courage de lui ôter son voile d'autorité.
Moi, et les autres hommes autour de moi, qui faisons comme si de rien n'était, et comme si ce honteux morceau de tissu dont l'islam frériste et fondamentaliste a fait un emblème international, n'était pas devenu le signe sensible de notre lâcheté collective et de notre indifférence à la colonisation culturelle et religieuse, même pas discrète, qui nous rendra un jour minoritaires sur la terre où nos pères et nous-mêmes sommes nés.
La survie ou non de l'Ukraine en tant qu'État m'indiffère totalement, et même celle de la Belgique ou des ridicules pays baltes.
Mais l'islamisation et la tiers-mondisation croissantes de ma nation, de ma province natale, de ma ville, de mon quartier me désespèrent.
J'ai remarqué toutefois que la majorité de ceux que ma réaction, jugée intolérante ou pire, exaspère ou révolte, la plupart du temps sont aussi, presque toujours, des partisans enthousiastes du soutien militaire actif à l'entité kiévienne, voire des amoureux transis de la Troisième Guerre mondiale avec feux d'artifice nucléaires.
Cela me paraît finalement tout à fait logique.
Et si vous n'avez pas compris pourquoi, moi je le sais.