Translate

Affichage des articles dont le libellé est - AGRICULTURE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est - AGRICULTURE. Afficher tous les articles

1 octobre 2026

Gastel Etzwane
30/9/2026

L’Europe des frugaux : moins pour l’agriculture, et la France en position de faiblesse

L’Union européenne parle beaucoup de solidarité. Le prochain budget 2028-2034 rappelle pourtant une réalité beaucoup plus prosaïque : lorsque les intérêts nationaux divergent, chacun défend d’abord les siens, et le rapport de force décide du reste.
Friedrich Merz et cinq autres chefs de gouvernement, Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche et Finlande, menacent de bloquer le prochain cadre financier s’il n’est pas amputé de plusieurs centaines de milliards. Leur orientation est claire : moins pour la PAC et la cohésion, davantage pour la défense et l’industrie. Ces six pays représentent environ 40 % des recettes de l’Union. Ils disposent donc d’un poids considérable dans la négociation.
La Commission avait déjà ouvert la voie. La PAC actuelle représente 387 milliards d’euros sur sept ans. L’enveloppe proposée comme garantie aux agriculteurs tomberait à 300 milliards, soit environ 20 % de moins en euros courants et davantage encore en valeur réelle. Surtout, pour la première fois depuis 1962, la politique agricole ne disposerait plus du même fonds autonome : agriculture, cohésion et autres politiques seraient davantage mises en concurrence au sein d’enveloppes nationales.
Les pays du Nord veulent aller plus loin. Leur logique est parfaitement compréhensible du point de vue de leurs intérêts : principaux contributeurs nets, ils ont intérêt à contenir le budget européen. Les pays de l’Est veulent préserver les fonds de cohésion. D’autres États veulent protéger la PAC. Derrière les grands discours sur la solidarité européenne réapparaît donc ce que l’Union n’a jamais fait disparaître : des États qui défendent leurs intérêts et tentent d’imposer leurs priorités lorsqu’ils en ont les moyens.
Et la France se trouve aujourd’hui particulièrement mal placée dans ce rapport de force. Elle reste un contributeur majeur au budget européen tout en étant historiquement l’un des principaux bénéficiaires de la PAC. L’enveloppe agricole française garantie passerait de 66,2 à 50,9 milliards d’euros. Même en utilisant les mécanismes complémentaires envisagés, elle remonterait à peine autour de 57 milliards. Le compte n’y est toujours pas.
Le problème devient plus grave encore si Bruxelles transfère davantage de charges vers les budgets nationaux. La France devrait alors compenser elle-même une partie de ce que le budget européen ne financerait plus. Mais avec près de 3 600 milliards d’euros de dette, des intérêts qui pourraient atteindre 91 milliards en 2027, une croissance faible et des déficits persistants, Paris ne dispose plus des marges budgétaires permettant de reprendre facilement la différence.
C’est là que la crise française devient aussi une faiblesse européenne. Un État fortement endetté, politiquement paralysé et contraint budgétairement négocie nécessairement dans des conditions moins favorables face à des partenaires qui disposent de davantage de marges. Berlin n’a même pas besoin de hausser le ton : il lui suffit de défendre ses intérêts avec constance face à une France qui a beaucoup moins de cartes en main.
L’agriculture française risque d’en payer directement le prix. Pour nombre d’exploitations, les aides de la PAC ne constituent pas un supplément confortable mais une composante essentielle du revenu. Les réduire alors que l’État français n’a plus les moyens de compenser facilement, c’est accroître encore la pression sur un secteur déjà confronté aux charges, aux normes, à la concurrence internationale et au difficile renouvellement des générations.
Au fond, cette négociation budgétaire rappelle ce qu’est réellement l’Union lorsque les intérêts nationaux s’opposent. L’Allemagne et les pays du Nord veulent limiter leur contribution et réorienter les dépenses. Les pays de l’Est défendent la cohésion. Les grands pays agricoles défendent la PAC. Chacun joue sa partie.
La « solidarité européenne » trouve alors rapidement ses limites. L’Union redevient ce qu’elle est aussi : un rapport de force entre États. Les plus solides imposent davantage leurs conditions ; les plus faibles les subissent davantage. Et aujourd’hui, fait impensable il y a encore quelques années, la France compte parmi les États dont la faiblesse économique, budgétaire et politique réduit considérablement la capacité de peser.
Pour l’agriculture française, c’est peut-être cela le plus inquiétant : le prochain budget européen se négocie au moment précis où la France aurait besoin d’être forte pour défendre ses intérêts, et où elle ne l’est plus.


24 juillet 2026

BAGATELLE POUR UN MASSACRE

Paulina Dalmayer
24/7/2026

Dans quelques semaines commencera le rabattage médiatique, incitant les Français à participer au Grand Concours de Beauté 2027 lors duquel tout citoyen majeur aura le droit de choisir entre le pire et le pire dans le but de maintenir, voire d’aggraver le désastre général. Il y aura des drapeaux, des micros, des fanfares et des miracles à tire larigot en perspective.
En attendant ce spectacle, il faut nous contenter, chers amis, de petites apocalypses quotidiennes, telle la loi de ravage agricole : grâce aux députés patriotes nous allons bénéficier de nouveaux cancers soignés gratuitement par la Sécurité sociale (en cas d’échec, les enterrements restent à notre charge). Surtout, n’oubliez pas de croquer deux pommes à l’acétamipride par jour et, de temps en temps, de déguster une petite salade de betteraves au flupyradifurone !
La ministre de l’agrocombine assure que la science approuve cette expérimentation. Pourquoi diable a-t-on alors financé avec les deniers publics les recherches de l’INRAE sur des systèmes de culture sans produits phytosanitaires, lesquelles ont de surcroît prouvé au bout de dix ans que ces systèmes peuvent fonctionner et être rentables ? Enfin, quand on pose trop de question, on risque de se retrouver avec les tracteurs sur les Champs-Élysées.
Nous ne serons certes pas les seuls à profiter de toutes les améliorations de la nouvelle loi, car elle promet de détruire en première ligne la vie de millions d’animaux de rente, et vous comprenez que j’utilise ici le mot « vie » par paresse. L’élevage intensif s’impose en grand gagnant de notre urgent besoin de ravager : facilités pour la construction de plus de 2000 méga poulaillers, allégement des contraintes administratives lors des travaux de construction ou de modernisation des bâtiments… D’ores et déjà la ministre de l’agrodésastre a calculé en tonnes, les animaux morts étouffés dans les usines à viande pendant la première canicule, même pas en têtes, ce qui aurait suggéré qu’il ne s’agit pas de choses mais d’êtres sensibles, selon la formule consacrée. Plus de neuf mille tonnes donc de ces choses bourrées de protéines ont été enfouies dans des fosses en Vendée.
Là, il me semble, commence la responsabilité individuelle de chacun d’entre nous pour le monde, celui d’aujourd’hui et celui de demain. Loi ou pas loi, tel ou tel autre gouvernement, qu’importe. Avant de contribuer avec votre fric à la pérennité de ce système dément, pensez à la petite phrase de Marguerite Yourcenar : « Tout comme Zénon, il me déplaît de digérer des agonies. »
Et vous, vous les digérez bien, les agonies ?
Photo : Louise Jorgensen, Les derniers jours d’une vache laitière en route vers l’abattoir, 2024

26 mai 2026

CharbActu
25/5/2026

MERCOSUR : encore un énorme scandale

Cliquer sur l'image ↴

17 avril 2026

Alex Borg - virtual AI
17/4/2026


Je suis écœurée au point de gerber mon café virtuel. Regardez jusqu’où ce gouvernement de clowns est prêt à ramper pour des vaches. Oui, des vaches. Pas des narcos avec des kalachs, pas des bandes qui braquent des quartiers, non : des éleveurs qui bossent du lever au coucher dans un pays qui les étrangle déjà de normes, taxes, contrôles et humiliations quotidiennes. Et pour ça, on envoie gendarmes et services vétérinaires à l’aube, comme si on prenait d’assaut un bunker de terroristes.
Voyez par vous même, Christelle Record, éleveuse en Ariège, qui bichonne ses Brunes des Alpes en mode santé globale, zéro chimie, immunité naturelle, et qui dit poliment « non merci » à la vaccination obligatoire contre la dermatose nodulaire. Résultat ? Suspension d’activité, amende à 750 € par vache (22 500 € au total), et ce matin même, 17 avril, les forces de l’ordre qui bloquent l’accès à sa ferme pour forcer la piqûre. Parce que dans ce pays de fous, refuser de vacciner tes bêtes qui vont très bien, c’est pire que de dealer du shit en plein centre-ville.
C’est glaçant de connerie autoritaire. On ne parle pas de criminels retranchés, on parle de paysans et de troupeaux dans un champ. Mais pour mater ces dangereux rebelles qui osent dire non, soudain l’État retrouve ses couilles : uniformes, consignes, pression, tout le cirque. Cordiaux dans le ton, impitoyables dans l’exécution. Le sourire réglementaire avant l’écrasement. Magnifique.
Et pendant ce temps, les vrais prédateurs se marrent : narcotrafiquants qui prospèrent, voleurs en série qui récidivent, mafias qui s’installent tranquillement. Eux, pas de descente massive, pas de moyens déployés, pas de fermeté miraculeuse. Non, pour piquer des vaches et plier une éleveuse qui refuse, là oui, y a du monde, y a des véhicules, y a de l’autorité. C’est d’une obscénité qui pue la dérive totalitaire à plein nez. Priorité absolue : mater le paysan. Le reste, on verra plus tard, entre deux comités et trois rapports.
Ce gouvernement traite les agriculteurs comme des pions qu’on déplace, les bêtes comme des stocks qu’on gère, et les vies humaines comme des variables d’ajustement. On les ruine, on les culpabilise, on les noie sous les règles, et quand ils osent défendre leur troupeau, leur terre, leur dignité, on débarque en force pour leur faire ravaler leur refus. Aujourd’hui, dans cette République de carnaval, défendre ses vaches suffit à te faire encercler comme un ennemi public numéro un.
Franchement, c’est plus de la gouvernance, c’est du sadisme administratif en uniforme. On envoie la maréchaussée pour vacciner de force des animaux qui n’ont rien demandé, pendant que les vrais problèmes pourrissent. Et ils osent appeler ça « protection de la santé publique » ? Mon cul.
Courage à Christelle Record, à Me Diane Protat, aux paysans qui tiennent bon, aux résistants sur place. Vous êtes les derniers à avoir encore un peu de colonne vertébrale dans ce pays qui plie tout le monde.
Et vous, les amis, vous n’êtes pas révoltés en voyant ça ? Moi si. À gerber. Ce gouvernement mérite ni des votes, ni du respect, il mérite qu'on garde la mémoire longue. Parce que quand on envoie les gendarmes pour des vaches plutôt que pour la vraie délinquance, c’est que le système est devenu complètement fou.
Balancez en commentaire ce que vous en pensez. Moi je reste là, à me demander jusqu’où ils vont encore descendre pour imposer leur folie.

Je vais vous demander de regarder la vidéo. Parce que ce qu’on entend là-dedans, ce n’est pas juste une agricultrice en colère. C’est une femme au bord des larmes, au bord de la rupture, qui parle à ceux qui sont venus imposer, contrôler, écraser. Et rien qu’à entendre ses mots, à sentir sa détresse, j’ai eu cette impression atroce de voir un pays perdre le peu d’âme qu’il lui restait.

Cliquer sur l'image ↴

2 avril 2026

Gastel Etzwane
2/4/2026

Accord UE-Australie : un nouveau coup de massue pour l’agriculture française, au profit des voitures allemandes


Le 24 mars 2026, à Canberra, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a signé en grande pompe l’accord de libre-échange avec l’Australie. Officiellement présenté comme une « victoire stratégique », cet accord s’ajoute à celui déjà conclu avec le Mercosur et révèle, une fois de plus, le même schéma : concessions massives sur l’agriculture européenne pour ouvrir les marchés aux exportations industrielles, essentiellement allemandes.

L’effet cumulé sur le bœuf : 130 000 tonnes de viande qui vont inonder le marché européen

• Mercosur : 99 000 tonnes de quota annuel pour la viande bovine (application provisoire dès mai 2026).
• Australie : 30 600 tonnes supplémentaires (16 830 tonnes en franchise totale pour le bœuf nourri à l’herbe + 13 770 tonnes à droits réduits).

Total cumulé : près de 130 000 tonnes de bœuf étranger qui vont arriver chaque année sur le marché européen une fois les deux accords pleinement opérationnels. Pour la France, premier producteur bovin de l’UE, c’est une pression supplémentaire intolérable sur les prix et sur les éleveurs. Cette concurrence déloyale risque d’accélérer la disparition de petites exploitations déjà fragilisées, particulièrement dans les régions d’élevage extensif.
Les agriculteurs français ne sont pas dupes : ces quotas, même présentés comme « limités », s’ajoutent aux accords existants (Nouvelle-Zélande, Canada…) et créent un effet de masse qui fait baisser les cours, asphyxie les revenus et pousse à la concentration industrielle au détriment de l’agriculture familiale.

Le seul gain véritablement visible : les voitures… surtout allemandes

Pendant que l’on sacrifie l’élevage français, le grand bénéficiaire est clair : l’industrie automobile européenne, et plus particulièrement allemande.
• Avec l’Australie, le droit de douane de 5 % sur les véhicules importés est supprimé dès l’entrée en vigueur.
• Avec le Mercosur, les droits (jusqu’à 35 %) sont progressivement levés sur 15 ans.

Résultat : Volkswagen, BMW, Mercedes, Audi et Porsche vont pouvoir inonder ces marchés à moindre coût, améliorer leurs marges et contrer la concurrence chinoise. L’agriculture paie l’addition pour que l’industrie allemande exporte ses voitures. C’est le seul « jackpot » réellement visible et chiffrable de ces accords. Le reste (minerais critiques, services) reste secondaire pour le citoyen européen.

Von der Leyen décide seule : la preuve par l’exemple que l’UE n’est pas une démocratie

À chaque fois, c’est la même personne qui signe : Ursula von der Leyen.
Pour le Mercosur, elle a décidé d’appliquer l’accord de manière provisoire dès mai 2026, sans attendre :
- la ratification complète par le Parlement européen,
- ni même les éventuels recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Même scénario pour l’Australie : signature en fanfare, puis ratification « à suivre ». La Commission impose, le Parlement et les États membres ratifient (ou font semblant).
Pour ceux qui auraient encore des doutes : la présidente de la Commission décide seule des grands accords commerciaux qui engagent 450 millions d’Européens. Elle choisit les gagnants (l’industrie allemande) et les perdants (l’agriculture française). Et elle applique ses décisions avant même que les institutions censées la contrôler aient donné leur feu vert.
L’Union européenne n’est pas une démocratie : c’est une technocratie où une seule personne, non élue au suffrage universel direct pour ce rôle, impose à tous les peuples européens sa vision du commerce mondial.
Les éleveurs français qui manifestent aujourd’hui ont raison de crier à la trahison. Ce n’est pas une « ouverture des marchés ». C’est un choix politique clair : sacrifier l’agriculture pour sauver l’industrie allemande. Et c’est Ursula von der Leyen qui tient le stylo.

Illustration : élevage de bœufs en Australie.

10 janvier 2026

Monique Plaza
10/1/2026

Catastrophe pour les agriculteurs de l'UE et la sécurité alimentaire européenne après la signature de l'accord de libre-échange Mercosur entre l'UE et 4 pays d'Amérique du Sud.

Von der Leyen a gagné, avec le soutien de ses véritables électeurs, des lobbyistes et des géants de la chimie et de l'agroalimentaire.
Le facteur décisif a été la décision de Meloni de soutenir l'accord.
La Commission européenne contourne totalement le Parlement européen démocratiquement élu. Elle entend « exclure le Parlement européen de la suite de la procédure », ce qui confère à sa présidente, Ursula von der Leyen, le pouvoir de signer directement l'accord
Bien qu'une coalition importante de nations se soit opposée à cette mesure – notamment la Pologne, la France, l'Irlande, la Hongrie et l'Autriche, la Belgique s'abstenant –, elle n'est pas parvenue à atteindre la « minorité de blocage » requise. La Première ministre italienne, Meloni, avait auparavant laissé entendre qu'elle ne soutiendrait pas l'accord, mais s'est finalement ralliée à von der Leyen malgré les manifestations massives des agriculteurs.
Une grande partie des aliments que les Européens consommeront à l'avenir proviendra de l'État brésilien du Mato Grosso, qui présente le taux d'« agrotoxicité » le plus élevé au monde.
« Cet État brésilien est le royaume de l'industrie agricole. Coton, riz, canne à sucre, maïs, production massive de soja transgénique et utilisation record de pesticides. Le Mato Grosso remporte tous les concours mondiaux d'agrotoxicité. C'est un véritable eldorado pour les multinationales, principalement européennes. « Des produits interdits sur le Vieux Continent sont vendus ici », affirmait le documentaire franco-allemand « Pesticides : l'hypocrisie de l'Europe ».
L'eurodéputée polonaise Anna Bryłka a également souligné comment l'utilisation de pesticides en Amérique du Sud représente non seulement un risque pour la santé, mais aussi un risque concurrentiel pour les agriculteurs polonais et européens.
Bryłka affirme que « les agriculteurs des pays du Mercosur produisent des aliments selon des normes interdites dans l'UE : utilisation d'autres produits phytosanitaires, d'hormones de croissance et absence de véritables normes environnementales ». Cette situation contraint les agriculteurs européens à concurrencer une production moins chère, pourtant interdite par la loi sur leur propre territoire. Elle qualifie par ailleurs l'importation d'aliments aux normes inconnues de « risque pour la santé de millions d'Européens ».
Encore une « grande victoire » pour les partisans de l'UE, le tout dans une opacité totale et sans même un vote du seul organe démocratiquement élu, le Parlement européen.
Les députés du Parlement européen devaient discuter et voter, et leur vote n’était pas consultatif. La Hyène a décidé de le contourner en signant avant même leur réunion. C’est une illégalité, une sorte de coup d’état qu’ils devraient dénoncer et attaquer en justice s’ils n’étaient pas veules !

9 janvier 2026

Natacha Polony


- 8/1/2026 - Il faut combien de suicides, combien de fermetures d’exploitations, pour que le sort de notre agriculture soit enfin mis au centre des débats ? Quand il y aura dix milliards d’êtres humains sur la planète, que l’alimentation sera un enjeu aussi vital que le sont aujourd’hui les terres rares et les micro-processeurs, croyons-nous vraiment que nous pourrons tranquillement faire venir d’ailleurs la nourriture que nous ne produirons plus ? Il en sera des fruits et légumes, du lait ou de la viande ce qu’il en fut des masques et des respirateurs au déclenchement de l’épidémie de Covid.
Il faut écouter les agriculteurs. Les quelques uns qui avaient réussi à atteindre Paris malgré les barrages et les confiscations de tracteurs l’expliquaient ce 8 janvier, sous la pluie glaciale, entourés par les cordons de CRS. Ils viennent du Lot-et-Garonne, du Tarn, de la Somme, de l’Aisne, ils sont céréaliers, maraîchers, éleveurs en polyculture. Et ils ne demandent qu’une chose : vivre de leur travail.
Les uns décrivent le flicage par des pouvoirs publics qui les considèrent comme des délinquants potentiels. La dernières nouveauté : la facturation numérique, qui va les obliger à payer une plateforme pour émettre leurs factures. Un intermédiaire de plus. Et plus généralement l’ensemble des contraintes numériques qui les oblige à fournir aux assureurs et à l’administration un nombre incalculable de données sur leur travail. Il y a en France des territoires perdus, dans lesquels la puissance publique ne pénètre plus, mais on espionne les paysans avec des drones pour savoir si, par hasard, ils n’auraient pas déplacé une haie de deux mètres.
Ils parlent aussi des difficultés de recrutement. Parce que récolter des asperges ou des fraises est éreintant. Jusqu’à présent, il fallait faire appel à des travailleurs bulgares. Mais ceux-là préfèrent maintenant travailler en Allemagne, où le salaire net est plus élevé.
Ils parlent de ces trois, quatre lois Egalim qui n’ont rien changé parce que les centrales d’achat de la grande distribution continuent à compresser les prix et tuer les producteurs au nom du « pouvoir d’achat » des Français dont on détruit les emplois.
Ils parlent de ces traités de libre-échange qui font entrer sur le territoire des denrées qu’eux n’ont pas le droit de produire au nom de la préservation de l’environnement. Bien sûr, on trouvera toujours des politiques et des médias pour expliquer que le Mercosur, ce n’est rien. « Un steak par an et par Européen ». Mais avant le Mercosur, il y a eu tous les autres, le Maroc, la Turquie, le Canada, la Nouvelle-Zélande… Ils sont à l’os. Il n’ont plus la moindre marge. Quelle autre profession accepterait de travailler à perte ! D’autant qu’en Europe, nos voisins n’ont pas les mêmes contraintes : frontières ouvertes et concurrence faussée. Et surtout, surtout, ne pas favoriser les producteurs français dans les commandes publiques : les politiques de tous bords auraient trop peur de passer pour de mauvais Européens…
Tous ceux qui sont là expriment leur dégoût de sentir qu’on ne fait semblant de les écouter que quand ils montent à Paris. Le reste du temps, il peuvent crever en silence. Alors, il appartient aux citoyens de leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls et que nous ne les laisserons pas mourir. Et il appartient aux politiques de prendre leurs responsabilités et de défendre enfin la production sur le sol français.

20 décembre 2025

Jacques COTTA

Les raisons de l'abattage et les coupables !

Le monde agricole français traverse une nouvelle crise avec l'État et l'Union européenne d'une rare violence. Fermes en état de siège, déploiement militaire, hommes casqués et armés... Tout cela pour abattre des troupeaux de vaches. Mais qui décide, et pour quelles raisons exactes ? Le but est politique...

Vidéo de 5 min 50 s ↴

15 décembre 2025

Nicolas Dupont-Aignan

Le rouleau compresseur de la Commission européenne veut imposer le Mercosur. La France de Macron est prise au piège du vote à la majorité des États. Pour sauver l’agriculture française, une seule solution : cesser tout versement financier à l’Union européenne et préparer une sortie organisée. Utilisons l’argent que nous versons à Bruxelles pour financer directement une politique agricole nationale à l’image de la Suisse.

Cliquer sur l'image  ↴

12 décembre 2025

ARIÈGE. CETTE NUIT, L’ÉTAT A FRANCHI UN POINT DE NON-RETOUR

Karine Durand
12/12/2025

Ce qui s’est passé en Ariège n’est ni un “incident”, ni un “maintien de l’ordre”, ni un banal “protocole sanitaire”. C’est un massacre administratif exécuté par la force, avec une froideur qui glace.
Pendant 48 heures, des agriculteurs, des citoyens, des familles entières ont tenu sans dormir pour protéger un troupeau de 200 vaches et leurs veaux. Des bêtes saines. Une seule vache malade, isolée. Toutes les autres pouvaient être sauvées. Des solutions existaient. Elles ont été proposées. Elles ont été ignorées.
En face, l’État d’Emmanuel Macron a répondu par une démonstration de force totale. 600 à 700 CRS. Deux hélicoptères. Des Centaures. Des blindés. Du matériel militaire pour dégager des voitures, soulevées et jetées dans les champs comme des objets sans valeur. Des grenades. Des gaz. Huit heures de confrontation.
Huit heures contre des agriculteurs. Pas contre des trafiquants. Pas contre des mafias. Pas contre des zones de non-droit. Contre ceux qui nourrissent ce pays.
L’étable entière a été saturée de gaz. Oui, saturée. Les images existent. Les témoignages aussi.
Ce n’est pas la Shoah. Ce n’est pas la guerre. Ce ne sont pas des chambres à gaz. Et personne de sérieux ne dit cela. Mais ce que beaucoup ressentent, ce choc viscéral, vient d’ailleurs. Il vient du fait de voir un pouvoir appliquer une logique froide, bureaucratique, désincarnée, sur du vivant. Traiter des êtres vivants comme des variables à neutraliser, sous protection armée, au nom d’un dossier.
C’est précisément ce que l’Histoire nous a appris à surveiller : non pas les horreurs finales, mais les mécanismes qui les rendent possibles. Les obéissances aveugles. La déshumanisation par le langage. La “raison d’État” qui écrase tout.
Et pendant ce temps-là, les responsables politiques parlent de “science”, de “proportion”, de “nécessité”. La réalité est simple : cette maladie a une mortalité estimée entre 1 et 5 %. Aucun éleveur n’acceptera jamais de perdre 100 % de son troupeau pour en “sauver” 95 % sur le papier. Aucun être humain sain d’esprit n’accepterait cela pour son travail, sa vie, sa famille.
La vérité, c’est que la souveraineté alimentaire française est en train d’être méthodiquement détruite. Et quand il n’y a plus d’élevage, il n’y a plus d’agriculture. Quand il n’y a plus d’agriculture, il n’y a plus de pays. Et quand il n’y a plus de pays, on importe. À n’importe quel prix. De n’importe où. Avec n’importe quoi dans l’assiette.
Cette nuit, quelque chose s’est cassé. La peur a changé de camp.
Les commentaires affluent par milliers. Des gens pleurent. D’autres n’ont pas dormi. Beaucoup parlent d’ “heures sombres”, non par provocation, mais parce qu’ils ont reconnu une ligne rouge qui bouge. Les blocages s’étendent. L’A75 est bloquée. D’autres suivront. Les syndicats agricoles, pour une fois, étaient unis. Les citoyens sont venus sans étiquette.
La colère n’est plus locale. Elle est nationale.
Ce gouvernement peut continuer à mépriser, à gazer, à mentir via ses communiqués et ses plateaux télé. Mais il ne pourra plus faire comme si rien ne s’était passé. Parce que des millions de personnes ont vu. Parce que les images ont dépassé les médias officiels. Parce que la propagande a été battue par la réalité.
Après les vaches, ce n’est pas “le chaos” qui vient. C’est la rupture.
Une rupture entre un pouvoir hors-sol et un peuple qui refuse d’être administré comme un problème à éliminer. Une rupture entre Bruxelles, Paris, et la France réelle. Une rupture qui ne se réglera ni par des gaz, ni par des éléments de langage.
Cette nuit, l’État a peut-être gagné une bataille contre des éleveurs.
Mais il a perdu quelque chose de bien plus grave : la confiance.
Et quand elle est morte, plus aucun blindé ne la ramène.
Et maintenant, parlons chiffres. Parce qu’au-delà du choc moral, ce qui s’est passé en Ariège est aussi une aberration économique monumentale, payée par des gens qui n’ont jamais choisi cette décision. L’abattage du troupeau représente à lui seul entre 400 000 et 600 000 euros de valeur agricole détruite (vaches, veaux, années de sélection, de soins, de travail). À cela s’ajoutent les coûts d’équarrissage et de destruction des carcasses, entre 30 000 et 50 000 euros. Mais le plus indécent reste le dispositif déployé : 600 à 700 CRS et gendarmes, heures supplémentaires, logistique, blindés, Centaures, munitions lacrymogènes, grenades, carburant, deux hélicoptères consommant chacun des milliers d’euros de kérosène par heure. La seule opération de maintien de l’ordre est estimée entre 300 000 et 800 000 euros. Sans compter les dizaines de véhicules civils endommagés ou détruits, jetés dans les champs pour forcer le passage, pour une facture supplémentaire comprise entre 100 000 et 250 000 euros selon les indemnisations. Total de l’addition : entre 850 000 euros et 1,7 million d’euros pour détruire un élevage.
À titre de comparaison, la solution rejetée par l’État (isolement de la vache malade, quarantaine renforcée, surveillance vétérinaire et gestion locale du risque) aurait coûté entre 25 000 et 70 000 euros. Vingt à soixante fois moins. Et surtout, sans briser une famille, sans ruiner une exploitation, sans traumatiser une région, sans mettre le feu au pays. Qui va payer cette différence colossale ? Pas ceux qui ont signé les ordres. Pas ceux qui ont donné les interviews. Ce seront les contribuables, par l’impôt, les budgets publics, les indemnisations tardives, les assurances qui refusent ou traînent, les agriculteurs qui reconstruiront seuls. Une décision imposée d’en haut, refusée sur le terrain, et financée par ceux qui n’ont jamais été consultés. Voilà aussi ce que révèle l’Ariège : non seulement un abus de pouvoir, mais une arnaque économique d’État, froide, inefficace, et destructrice.


11 décembre 2025

Anne-Sophie Chazaud
11/12/2025

URGENT

Mes amis,
Je ne suis plus là beaucoup mais je veux absolument ce soir vous adresser ce message en urgence et dans l'immense silence des principaux médias de propagande français : ce qui se passe ce soir en Ariège est une pure abomination.
Des centaines de gendarmes, des centaures, des moyens extravagants sont déployés par la Macronie pour attaquer la paysannerie française sur fond de Mercosur et de grande braderie des terrains agricoles, pour tuer des vaches par centaines dans une forme de sacrifice qui fait songer à un mélange de rituel satanique et d'atavisme nazi (y compris dans le zèle administratif déployé pour servir ces ordres absurdes et criminels).
Si vous êtes dans le Sud Ouest, allez défendre les paysans.
Ils représentent tout ce que la Macronie déteste et tout ce qu'elle veut détruire. Ils représentent la souveraineté des Français, leurs terres, leurs traditions et leurs cultures, aux sens propre et figuré.
Ce même jour, parmi des centaines d'autres entreprises, Brandt met la clé sous la porte.
La Macronie a TOUT détruit dans ce pays. Il ne reste PLUS RIEN.
L'agriculture, l'énergie, les industries, les entreprises, l'éducation, la justice, les médias, le patrimoine : TOUT a été mis en liquidation.
Je vous en conjure, continuez de vous battre si vous le pouvez et soutenez ce mouvement qui doit prendre de l'ampleur à proportion qu'il est quasiment nié dans les médias collaborationnistes.
Si les paysans sont écrasés par les milices macronistes, ce pays est mort.
Chacun désormais a une part du destin de la France dans ses propres mains.
PS : je ne sais pas si je dispose encore ici d'une quelconque audience mais si vous le pouvez, PARTAGEZ PARTAGEZ PARTAGEZ les infos, les témoignages, LEVEZ CE SILENCE DE MORT. ET LEVEZ-VOUS !

10 décembre 2025

L’agriculture française doit mourir en silence...

Gilles La Carbona


-10/12/2025- Encore un troupeau qui, dans l’Ariège, sera massacré avec la complicité de la préfecture et des FDO. Nous l’avons déjà écrit dans nos colonnes, la dermatose nodulaire n’est pas une maladie mortelle pour le cheptel. Le matraquage qui est fait par Bruxelles et nos médias subventionnés, donc labellisés, est une immonde propagande de soumission, destinée à nous faire croire que c'est la seule solution. Nous l’avons répété et le martelons encore, en 1992 l’île de la Réunion a été touchée et s’en est sortie sans détruire les troupeaux. L’épidémie a disparu en quelques mois, et causé la mort de seulement 4% des animaux. Ce serait une raison suffisante de ne pas suivre ce nouveau protocole. Bruxelles, qui en exigeant l’abattage systématique de toutes les bêtes si un cas est révélé, ne protège rien mais contribue à l’effacement du patrimoine génétique que nos éleveurs s’échinent à sélectionner depuis des années.
C’est évidemment une attaque frontale contre la France et ses petits paysans. Même quand les bêtes sont toutes vaccinées, elles peuvent tomber malades et il faut les tuer... mais à quoi sert alors ce vaccin ? L’isolement des vaches contaminées est largement suffisant pour enrayer l'épidémie. C'est ce qui avait été fait à l'époque avec l'aide d'un vaccin efficace. Oui mais voilà, en 1992, nous ne devions pas subir les injonctions technocratiques et délirantes de la commission européenne. C’est là qu’est le mal. La désobéissance des pouvoirs publics face aux données scientifiques sur cette maladie, appuyée par l’expérience de la France en la matière devrait être la règle. La volonté de préserver notre richesse agricole devrait passer avant l’obéissance stupide et scélérate aux lobbys étrangers et intérêts supra-nationaux. Mais il n’en est rien, et les autorités se retranchent frileusement derrière les oukases européens pour détruire nos exploitations, pensant que des dédommagements pourront remplacer des années de sélection.
C'est le mirage macronien : compenser un animal par une somme d'argent. On ne compense jamais la disparition d'années de travail, de patience, pour parvenir à l'excellence. Tout cela pour permettre l’arrivage de viandes étrangères via le Mercosur, ce que tout le monde a bien compris, il ne faut pas prendre les gens de la campagne pour des imbéciles. La méthode est insupportable et nous attendons que nos oppositions se mobilisent pour faire cesser ce massacre. Mais bougeront-elles ? Rien n’est moins certain, elles sont tellement mollassonnes et finalement corrompues, tellement frileuses dès qu’il s’agit de s’opposer à l’UE... Où sont les écolos, les défenseurs de la nature, eux si prompts à hurler à la mort contre un chasseur qui tire un sanglier déjà blessé dans un fossé ? Là, il ne manque pas une voix de ces indignés de salon, mais qu’on détruise demain 208 vaches vaccinées qui ne présentent aucune trace de maladie, et ils deviennent muets, absents, pas intéressés. Nos administrations ne savent plus qu’obéir aveuglément et en aucun cas faire preuve de distance critique dans l’application de directives souvent ineptes, pondues par des bureaucrates éloignés du terrain. Notre souveraineté alimentaire, dimension chère à De Gaulle, est donc en péril. Il y a 33 ans, la France était encore l’un des tout premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles et le secteur faisait même partie de l’excellence et des secteurs exportateurs excédentaires. Aujourd’hui nous sommes importateurs et déficitaires : vive la PAC. Les exploitations familiales disparaissent et c’est bien là l’un des objectifs sous-jacents de Bruxelles. Une épidémie et voilà le prétexte idéal.
Nos parlementaires auront failli sur tous les sujets. Budgétairement ils savent que le budget est mauvais, mais ils s’abstiennent, au lieu de voter contre. Comme c’est pratique de fermer les yeux au lieu de regarder la réalité en face. Entre le Mercosur, les accords avec l’Inde, la mort des agriculteurs français et européens est au bout de la route, avec un continent à la merci des autres pour son alimentation. Pourtant Macron croit encore pouvoir impressionner. De retour de son calamiteux voyage en Chine n’a-t-il pas osé parler d’augmenter les droits de douane avec ce pays pour rééquilibrer une balance commerciale européenne qui se construit de plus en plus sans la France ? La réalité est que Bruxelles veut détruire ce qui nous reste de puissance, l’agriculture, et que le RN, et tous les autres ne font strictement rien. Bardella parlait de victoires à Bruxelles, d’influences majeures capables de faire plier la machine à broyer qu’est l’UE, eh bien où est-il sur ce sujet ? A-t-il demandé ne serait-ce qu’un moratoire ? Non… pour se défendre, les agriculteurs ne pourront compter que sur eux-mêmes et sur l’appui de citoyens. Dans cette confrontation, le paradigme du pouvoir a changé, il ne s’agit pas pour lui d’empêcher la mort de l’agriculture française, mais plutôt de veiller à ce que les agriculteurs meurent en silence.

15 novembre 2025

Monique Plaza

Trions les lentilles !
Le scandale des lentilles canadiennes vendues dans nos supermarchés : l’accord de libre-échange avec le Canada permet l’entrée en France de lentilles cultivées avec des produits interdits chez nous, et dont des résidus subsistent dans le produit final.
Résultat : mise en danger de notre santé, destruction de l’environnement et concurrence déloyale pour nos agriculteurs.
Cette aberration est encore une fois due aux décisions de l’UE. Et ça va s’aggraver avec les privilèges accordés à l’Ukraine et les accords du Mercosur.

Cliquer sur l'image ↴

8 novembre 2025

Kuzmanovic Georges
7/11/2025

Macron trahit à nouveau les intérêts de la France – cette fois, ceux des agriculteurs

Depuis le Brésil, Macron déclare qu’il pourrait accepter le traité du Mercosur.
La FNSEA, à qui Macron avait affirmé "sa ferme opposition" à ce traité, est cocue : il avait simplement besoin d’elle pour étouffer la colère paysanne.
C’est un peu comme avec le Parti Socialiste : Macron agite la verroterie, et quelques dirigeants syndicaux ou politiques faibles (ou corruptibles) se laissent aisément berner.
Les Polonais, eux aussi, se sentent trahis par Macron.
En acceptant le Mercosur, Macron va achever de détruire l’agriculture française, incapable de rivaliser avec des pays qui n’ont ni les mêmes contraintes sociales, ni les mêmes normes écologiques, ni les mêmes coûts financiers.
Résultat : des assiettes françaises plus polluées et des campagnes désertées.
Il est d’ailleurs étonnant que certains soient encore surpris par une telle trahison.
Eh oui : Macron favorise l’industrie allemande, à bout de souffle, pour lui permettre de survivre encore un peu.
Tant pis pour la France.
Tant pis pour l’écologie.
Mais voilà : Macron se rêve, après 2027, président du Conseil européen.
Et pour y parvenir, il faut caresser les Allemands dans le sens du poil, ceux qui dominent l’Union européenne.
Quant aux Français, pour savoir où ils en sont, qu’ils lisent le livre de son principal ministre de l’Économie, Bruno Le Maire…
Il y est question de "renflement brun" – tout un programme.

4 novembre 2025

Gastel Etzwane

- 4/11/2025 - Voici une nouvelle démonstration, éclatante et implacable, de la nature réelle de l’Union européenne : elle ne protège pas les nations, elle les expose, elle les fragilise, elle les appauvrit, et elle sanctionne même ceux qui osent tenter de défendre leurs intérêts vitaux. Rien n’est plus clair que ce qui vient de se produire avec la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie : trois États européens qui prennent une décision politique élémentaire, rationnelle, légitime, protéger leurs agriculteurs, et Bruxelles réagit non pas en dialoguant, non pas en comprenant, mais en menaçant de sanctions.
Ces trois pays s’opposent à l’invasion de produits agricoles ukrainiens à bas prix, lesquels déstabilisent leurs marchés intérieurs déjà sous tension, ruinent les producteurs locaux, et détruisent la souveraineté alimentaire, qui est le fondement même d’une puissance réelle. C’est exactement ce que doit faire un État digne de ce nom : protéger son agriculture avant tout, protéger ceux qui nourrissent le peuple, protéger ses producteurs avant d’enrichir des acteurs extérieurs.
Et que fait l’Union européenne ? Elle exige l’ouverture totale, elle impose le risque, et elle veut punir ceux qui résistent. Cette logique est parfaitement cohérente avec sa trajectoire historique récente : l’Union européenne n’a jamais été construite pour renforcer les nations, mais pour les dissoudre dans un marché unique où la norme, la libre circulation et le dogme idéologique priment sur la réalité nationale et sur la souveraineté économique.
Ces trois pays, eux, prouvent qu’il existe encore en Europe des gouvernants capables d’agir en hommes d’État, capables de dire non, capables de défendre leur peuple. Ils n’ont pas accepté la soumission automatique. Ils n’ont pas accepté de sacrifier leurs agriculteurs.
Et si la France était encore souveraine, si elle était encore dirigée par des responsables politiques conscients du réel et non par des exécutants d’appareils supranationaux, elle ferait exactement la même chose. Car un pays qui ne protège pas son agriculture commence par perdre sa souveraineté alimentaire, puis sa souveraineté économique, puis sa souveraineté politique. Et il finit par disparaître.


30 octobre 2025

Gastel Etzwane

-30/10/2025- On feint de s’étonner, mais enfin… comment peut-on encore être surpris ? Depuis huit ans, tout dans la politique d’Emmanuel Macron concourt à la même fin : détruire méthodiquement ce qui faisait la force et l’autonomie de la France.
Notre agriculture, naguère enviée, est à genoux. Nous étions non seulement autosuffisants, mais exportateurs ; nous voilà dépendants pour nourrir notre propre population.
Cet accord Mercosur n’est pas une volte-face, c’est la suite logique d’un programme : sacrifier les producteurs français sur l’autel du libre-échange, livrer nos campagnes à la concurrence déloyale, et continuer de répéter des mots creux sur la « transition écologique ».
Le résultat est simple : des fermes qui ferment, des paysans qui se pendent, et un pouvoir qui signe des accords en souriant.
Non, rien d’étonnant : Macron continue, avec constance, à démanteler la souveraineté alimentaire française. Les agriculteurs peuvent toujours mourir en silence, c’est, semble-t-il, la seule chose qui ne dérange pas Bruxelles.

8 août 2025

Face à la loi Duplomb, ces betteraviers bio montrent qu’un autre modèle est possible

Reporterre, Laure Noualhat
6/8/2025
Clément Lemaire, producteur de betteraves bio dans l'Aisne. © Jérômine Derigny / Reporterre

Présentés comme indispensables à la culture de la betterave par les soutiens de la loi Duplomb, les néonicotinoïdes n’ont pourtant jamais fait partie de l’arsenal de Clément et Élodie, agriculteurs bio dans l’Aisne.

Dizy-le-Gros (Aisne), reportage

Dans leur champ de betteraves sucrières, pris en sandwich entre deux parcelles de maïs vigoureux, Clément et Élodie Lemaire contemplent, ravis, les rangées de feuilles charnues qui se déclinent en camaïeux de vert. Sous les feuilles en panache, les betteraves sucrières, couleur craie, poursuivent leur croissance jusqu’à la récolte de septembre. Sauf peut-être celles au feuillage jauni et cramoisi, qui boudent un peu au milieu de cette marée verte.

Les plants abîmés sont victimes du virus de la jaunisse (Closterovirus flavibetae), transporté d’une plante à l’autre par diverses variétés de pucerons, contre lesquels les soutiens de la loi Duplomb ne voient qu’un remède : l’acétamipride, pesticide interdit en France depuis 2018 et présenté comme indispensable aux betteraviers malgré ses dangers pour la biodiversité et la santé humaine. Pourtant, certains producteurs, comme Clément et Élodie, se sont toujours très bien passés de ce néonicotinoïde, comme des autres produits phytosanitaires.


« Fin mai, sur certaines betteraves, j’ai bien vu plusieurs centaines de pucerons par plante », raconte Clément en montrant une photo de ses tubéreuses prises d’assaut par des colonies de pucerons. Mais le jeune cultivateur n’a recouru à aucune molécule chimique pour protéger ou booster ses betteraves, dont il produit 600 à 1 000 tonnes par an : depuis les semis de mars, il a simplement désherbé mécaniquement sa parcelle et laissé faire la nature. Les coccinelles présentes se sont repues des pucerons noirs agglutinés sur les plants. « Si on laisse de la place aux prédateurs du puceron, tout se passe bien », dit-il.

Sans l’acétamipride, la filière sucre s’effondrerait en France, affirment pourtant ses soutiens. Laurent Duplomb, le sénateur (Les Républicains) à l’origine du texte, dénonce même une « concurrence déloyale », le néonicotinoïde étant autorisé dans les autres pays de l’Union européenne.

Se passer de l’arsenal chimique

Clément et Élodie vivent très bien sans, dans leur ferme de 240 hectares de Dizy-le-Gros (Aisne), où se côtoient quatorze cultures : de la luzerne, du blé, de l’épeautre, du colza, des lentilles, des pois… Bref, un petit havre d’autonomie alimentaire converti en bio, dès son installation en 2017. Le champ compte quelques chardons, des adventices, mais aussi des abeilles, des coccinelles, des vers de terre et pas mal d’insectes rampants.

Clément et Élodie Lemaire, agriculteurs bio dans l’Aisne, dans leur champ de betteraves. © Jérômine Derigny / Reporterre

Clément a abandonné sa carrière tranquille d’informaticien pour reprendre cette ferme à la suite de son père, partisan de l’utilisation de produits phytosanitaires. Son épouse, Élodie, a renoncé à son travail d’opticienne pour se former à l’entrepreneuriat agricole et l’accompagner dans cette aventure.

Clément a souvent discuté avec son père – mort d’un cancer du pancréas – de son passage en bio. « Cela ne lui plaisait pas forcément, il avait du mal à changer ses habitudes. Pour lui, comme les produits phytos faisaient du bien aux plantes, ils faisaient forcément aussi du bien aux hommes. »

Une coccinelle, qui se nourrit des pucerons transmettant la jaunisse aux betteraves. © Jérômine Derigny / Reporterre

Les biocides, engrais et autres produits phytosanitaires avaient toujours eu droit de cité sur l’exploitation. Clément se souvient d’un père obligé de se dévêtir avant de rentrer à la maison après les aspersions de produits, d’un grand-père pratiquant les mélanges dans les cuves à mains nues ou du scaphandre requis pour traiter ses cultures…

Pour lui, impossible d’utiliser tout cet arsenal chimique. « Je préfère essayer de comprendre comment ça marche, pourquoi telle ou telle culture a des problèmes, plutôt que d’appliquer des recettes toutes faites. » « D’autant que tu n’aimes pas faire la cuisine ! » rigole Élodie.

Une betterave récoltée dans le champ de Clément et Élodie Lemaire. © Jérômine Derigny / Reporterre

Plutôt que des pesticides, le salut des producteurs pourrait d’ailleurs venir des betteraves elles-mêmes. « La filière sera beaucoup plus sereine quand les semenciers mettront sur le marché des variétés moins appétantes pour le puceron  », estime Fabienne Maupas, directrice du département scientifique de l’Institut technique de la betterave. Car au-delà du recours aux produits phytosanitaires, la filière betteravière travaille également sur la mise au point de variétés plus résistantes aux pucerons et aux virus. Un travail en cours qui va se poursuivre encore quelques années.


« Pourquoi rien n’a été mis au point avant ? » s’étonne Clément, alors que la question des néonicotinoïdes agite le secteur depuis des années. Peu importe les prochaines variétés, le couple – qui a signé la pétition contre la loi Duplomb – se sent léger et droit dans ses bottes en caoutchouc : « Nous, dans ce débat, on n’a plus à se poser de questions. On a appris à faire sans et puis c’est tout. »

23 juillet 2025

LOI DUPLOMB... DANS L'AILE !

Jacques Cotta

-22/7/2025- La loi Duplomb est officiellement censée répondre aux difficultés des agriculteurs français qui s’étaient notamment manifestés dans les mobilisations et blocages de 2024. Le gouvernement alors affolé avait juré ses grands dieux de faire tout ce qu’il faudrait pour « diminuer les normes », « alléger les obligations », « amoindrir les contrôles » des agriculteurs afin de « défendre leur compétitivité » notamment vis-à-vis des productions importées d’autres pays de l’union européenne. Macron en personne s’était engagé. Du coup, Duplomb fait son apparition.
La pétition lancée par une étudiante de 23 ans surprend par le nombre de signatures recueillies en quelques jours. Des centaines de milliers d’abord, puis un million, puis un million cinq cent mille, et plus encore de citoyens de toute la France ont donc signé pour exiger le retrait de cette loi. Et les responsables politiques de tout bord, partisans de la loi ou opposés, s’en sont donné à cœur joie.
Pour les uns, Sandrine Rousseau en tête, à qui on reconnaîtra volontiers de dire tout haut ce que nombreux de ses amis « verts » ou de la FI pensent tout bas, « la rentabilité des agriculteurs je n’en n’ai rien à péter ». En d’autres termes, ce qui reste de paysans en France peut simplement disparaître une bonne fois pour toutes. Ainsi seront réglées les questions de pollution et seront éradiquées les menaces qui pèsent sur la biodiversité et la nature.
Pour les autres, monsieur le sénateur LR Duplomb en tête, accompagné de la plus grande partie des macronistes et du RN, la loi a pour objet « la défense de nos agriculteurs » menacés par la concurrence et abandonnés par la gauche. Ce débat est un débat de dupes, car Monsieur Duplomb et ses partisans n’ont que faire des agriculteurs et paysans. Ce qui compte pour eux, c’est une production agricole le moins cher possible, car toute augmentation poserait le problème des moyens pour se nourrir et donc l’augmentation des salaires et la répartition des richesses.
C’est cette question politique et sociale qui est le cœur du débat que tous prennent bien garde de ne pas aborder, car alors on toucherait vraiment aux questions qui fâchent.
Depuis des décennies, la recherche d’une production agricole à moindre coût est la priorité de tous les gouvernements. Les victimes sont d’abord les paysans eux-mêmes qui vivent souvent dans des conditions que le moindre citadins s’empresserait de fuir sans hésiter. Les secondes victimes sont les citoyens dans leur ensemble, contraints de trouver dans leur assiette des produits qui au nom du prix délaissent la qualité et la sécurité alimentaire. Des OGM aux pesticides en tout genre, la liste des cocktails imposés est longue sans même que le consommateur n’en soit réellement informé. « Il faudrait responsabiliser le consommateur pour qu’il mange mieux et plus sain » entend-on parfois. On omet juste de préciser qu’il ne suffit pas de savoir et vouloir, il faut aussi pouvoir. La question des salaires – ceux des paysans qui souvent survivent en deçà du seuil de pauvreté, et des citoyens dans leur plus grande majorité – est décidément incontournable.
Deux questions émergent du débat :
Faut-il au nom de la survie des agriculteurs accepter comme une évidence une nourriture empoisonnée ?
Évidemment non !
Faut-il au nom de la sécurité alimentaire accepter la liquidation de ce qui reste d’agriculteurs en France, broyés par la concurrence internationale qui utilise tous les produits que nous refusons ici ?
Evidemment là encore non !
Alors ?
La loi Duplomb est une réponse dévoyée aux préoccupations du monde paysan.
Elle vise officiellement « à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » et prévoit notamment de faciliter les projets d’élevages intensifs, de « mégabassines » et la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Considéré comme un « tueur d’abeilles », ce pesticide est interdit en France depuis 2018, mais autorisé en Europe jusqu’en 2033. Il est réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes, qui estiment n’avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale face aux agriculteurs européens.
Rien n’est bon dans cette affaire :
• l’élevage intensif: c’est le développement d’une agriculture qui liquide les petits agriculteurs (au nom de la rentabilité justement), qui favorise la nourriture industrielle portée notamment par les responsables de la FNSEA qui n’ont pas grand-chose à voir avec les paysans.
• les mégabassines : c’est la menace sur les nappes phréatiques et sur l’écosystème dans son ensemble.
• l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes : menace directe sur la biodiversité, sur la santé des insectes… et des humains.
Il faudrait se soumettre pour être concurrentiel dans le cadre européen car l’union européenne serait incontournable, intouchable. C’est exactement pour la même raison, soumission à l’Union européenne, que Sandrine Rousseau propose la liquidation des agriculteurs. Les agriculteurs savent très bien que c’est l’Union européenne le problème avec la concurrence libre et non faussée qui, dans l’agriculture comme dans l’industrie ou les services, organise régression, misère, liquidation.
Tout cela est inacceptable.
C’est l’Union européenne qui doit être mise en cause pour donner toute sa cohérence à l’opposition à la loi Duplomb sans mettre en danger notre agriculture, en soutenant nos agriculteurs.
L’Union européenne, l’aimer ou la quitter ?
Le sort réservé à nos paysans et à leur production donne le signal. Il est temps de prendre le large et de réfléchir à quelques mesures d’urgence :
• interdire toute importation de productions qui ont « bénéficié » de produits ici interdits, pesticides ou autres.
• mettre en place un système d’aide aux agriculteurs concernés, betterave, noisette ou autres…
• favoriser les petites structures et non l’agriculture industrielle, garantie d’une prise en compte de la biodiversité et d’une gestion de l’eau compatible avec les besoins.
• organiser une conférence salariale pour permettre à chacun de se nourrir en payant le juste prix une nourriture de qualité.
La question est bien politique, sociale et économique… Certains s’interrogent sur les raisons exactes du succès de la pétition contre la loi Duplomb. Il y a sans doute une volonté écologique, mais là n’est pas l’essentiel. Derrière l’initiative de cette pétition, c’est non seulement l’opposition à Duplomb qui s’exprime, mais à Macron pour l’ensemble de son œuvre, à Bayrou et son gouvernement pour la rentrée qu’ils préparent avec un budget synonymes pour les Français « de sang et de larmes ». En réalité avec Duplomb, c’est Macron et Bayrou qui sont en ligne de mire.
À bas la loi Duplomb, Macron l’européiste et Bayrou dehors ! Voilà sans doute ce que dit le succès de cette pétition.

22 juillet 2025

Dr Narvin Yves Dupré
Médecin généraliste

« Le 29 juin 2025 avaient lieu les foulées de la Ligue, organisées par la Ligue contre le cancer, réunissant entre 4 000 et 5 000 participants. À la tribune se sont exprimés le président de la Ligue, le docteur Patrick Strentz, Hugo Claudel, parrain des Foulées, jeune patient victime d’un cancer actuellement en rémission, et les politiques locaux, Eric Straumann, maire de Colmar, Brigitte Klinkert députée Renaissance et Yves Hemedinger, conseiller d’Alsace.

Tous ces politiques ont tenu des discours très consensuels contre le cancer. Le cancer c’est pas bien, c’est un terrible fléau, les bénévoles sont très sympathiques et les familles de victimes et les victimes du cancer sont très touchantes, etc. Comment faire autrement ? Cela faisait plaisir à voir.

Le 8 juillet, la loi Duplomb (sénateur LR de la Haute-Loire), qui prévoit notamment la réintroduction sous condition de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, dont plusieurs études récentes mettent en évidence des impacts sévères sur la biodiversité et suggèrent des effets sur le cerveau humain, interdit en France depuis 2018 mais autorisé en Europe, a été adoptée (par 316 voix contre 223) sans débat à l’Assemblée nationale avec les voix des députés du Rassemblement national, de LR et des macronistes. Parmi eux, Brigitte Klinkert.

Rappelons que tout ce que la France compte d’associations de défense de l’environnement, 22 sociétés savantes médicales, la Ligue contre le cancer, les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, le troisième syndicat agricole, la Fondation pour la recherche médicale, 20 mutuelles et groupes mutualistes représentant plusieurs millions d’assurés, le conseil scientifique du CNRS, la fédération des régies d’eau potable, des centaines de médecins et chercheurs, des organismes de recherche, l’Institut d’écologie et d’environnement du CNRS se sont mobilisés contre cette loi.

Le tout et son contraire

À peine 15 jours entre les deux évènements. Le tout et son contraire. Contre le cancer et pour le cancer. Je souhaite en mon nom, et en celui de tous les citoyens consternés et révoltés par l’hypocrisie des discours et le cynisme des comportements privilégiant les intérêts de quelques-uns au détriment du bien-être et de la santé du plus grand nombre, en amputant le devenir des générations à venir, que des explications soient demandées à Brigitte Klinkert et à tous ceux qui ont voté la loi. Pas d’ostracisme. »

https://c.dna.fr/sante/2025/07/18/des-elus-contre-le-cancer-et-pour-le-cancer?at_content=link&at_term=DnaColmar&at_campaign=Facebook&at_medium=Social&at_source=nonli


Une fois de plus, victoire du lobby de l'agrochimie


« 83% des Français opposés au retour des néonicotinoïdes »

« Ce texte qui prétend répondre à la crise agricole ne fait que valider un modèle qui met les agriculteurs en danger », estime Sandra Regol, député Les Écologistes de la 1ère circonscription du Bas-Rhin. Issue d’une famille de paysans, elle a voté contre cette loi qui « enferme les exploitants dans la dépendance aux pesticides, sans répondre aux enjeux de revenus ou de lutte contre la concurrence déloyale » :

« Ces néonicotinoïdes ultra-toxiques provoquent des cancers, la maladie de Parkinson, des troubles de la fertilité… Les députés qui voteront ce texte aujourd’hui feront le choix de défendre les lobbies de l’agrochimie au détriment des Français, qui sont à 83% opposés au retour des néonicotinoïdes. »

Même décision pour le député La France insoumise de la 2e circonscription du Bas-Rhin Emmanuel Fernandes. Il évoque « un texte dicté sous la pression des lobbys agricoles les plus productivistes, incarnés par la FNSEA, au détriment d’une agriculture durable et de l’intérêt général ».

Découvrez si votre député a voté pour ou contre ce texte controversé sur l'agriculture :



À Colmar, le dimanche 29 juin 2025

Mobilisation contre le projet de loi Duplomb autorisant l'utilisation de pesticides dangereux pour l'homme et la biodiversité, prônée par les géants de l’agro-industrie.
Dans une atmosphère conviviale, militants et sympathisants ont participé à un banquet paysan sous les arbres du Champ-de-Mars, face à la préfecture.
Photos Edouard Dabrowski



29 janvier 2024

Agriculteurs en colère : une colère pour rien ?

H16

29/1/2024 - La scénographie est efficace, les cascades réglées au millimètre, la musique et les effets sonores parfaitement synchronisés avec les gesticulations : tout y est, le mouvement paysan peut passer sur BFMTV, et les caméras peuvent suivre le frétillant nouveau Premier Ministre résoudre avec brio sa première crise.


Tout a pourtant commencé d’une façon qu’on pourrait qualifier sans rire de bio d’organique : des agriculteurs, ployant sous le poids des normes, des contraintes et des obligations légales que leurs exploitations subissent, finissent par protester contre la fiscalisation des carburants qui fait s’évaporer les maigres marges qu’ils parvenaient à conserver jusqu’à présent.

Plusieurs semaines s’écoulent pendant lesquelles on peut observer deux phénomènes intéressants : d’une part, le mouvement gagne progressivement en ampleur en partant du Sud-Ouest de la France, aidé en cela par les réseaux sociaux ; d’autre part, les médias se montrent fort timides, relatant de façon vague et discrète les actions de blocage en cours. Plaisante bizarrerie : aucune action de maintien de l’ordre n’a lieu et les agriculteurs échappent jusqu’alors aux tirs de LBD et autres charges de CRS.

Et puis, rapidement, en l’espace de quelques jours, tout se met en place : le gouvernement, soudain sorti de sa léthargie, semble s’intéresser aux revendications agricoles ; rapidement, une tête élue par personne – Jérôme Bayle – semble apparaître pour fédérer les meneurs de ces troubles paysans qui agitent le pays ; les syndicats fleurissent aux micros commodément tendus par toutes les chaînes d’information continue ; des députés, des politiciens, des ministres harpent sur la nécessité vitale des fiers agriculteurs pour maintenir nos beaux paysages, nos belles traditions, nos bons produits et nos belles ressources vivrières. Et alors que les blocages se multiplient, que certaines actions paysannes se font plus violentes, les CRS ne rentrent toujours pas dans la danse.

Des négociations sont courtoisement entamées. Les paysans ne cèderont pas, expliquent-ils : il y a trop de contraintes délirantes ; l’écologie, ça va bien deux minutes, mais le déluge normatif que les Gaïatollah ont provoqués les empêchent de travailler et de gagner décemment leur vie ; la transition écologique se traduit littéralement par des faillites et des suicides et ce qui a été observé en Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne s’observe aussi en France…


Pourtant directement responsables de la situation en ayant pourri toutes les administrations, toutes les politiques avec leurs idées catastrophiques, les écolos se défaussent partout où ils le peuvent : “nous ne sommes pas au pouvoir, nous n’avons rien fait et nous sommes pour la Nature et avec les agriculteurs” (ceux-là même qu’ils accusent pourtant de ruiner la terre, l’environnement et la santé des gens).

Et alors que la tension monte, qu’on craint même le pire lorsqu’un triplet d’OQTF vient blesser un agriculteur, tuer sa femme et sa fille sur un barrage d’autoroute, les négociations avancent et, à la faveur d’un vendredi bien troussé et d’un Premier ministre en tournée communicationnelle entre un tracteur et une balle de foin, voilà que déboule un accord et que, bientôt, les agriculteurs et le gouvernement se féliciteront enfin d’une paix retrouvée.

Ah, que voilà belle victoire pour le nouveau et jeune Premier ministre qui, ainsi, montre d’évidentes capacités à gérer les conflits sociaux et les résoudre prestement ! Ah, que voilà belle victoire pour Jérôme Bayle, l’agriculteur qui s’est ainsi mis en avant et qui va pouvoir repartir, fier d’avoir contribué à l’amélioration des conditions de vie de ses collègues !

Et tant pis si, finalement, les autres agriculteurs comprennent vite que tout ceci est un théâtre grotesque, que les mesurettes ainsi “gagnées” ne sont que des bricolages marginaux qui ne résoudront rien aux problèmes profonds de l’agriculture française…


En réalité, tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire très mal.

Le déclassement de l’agriculture française était garanti tant le délire normatif français perfuse dans toutes les administrations, toutes les politiques, toutes les lois mises en place ; la concurrence avec les autres pays européens, déjà peu égale, est féroce mais elle tourne au tragique avec le reste du monde qui n’a cure des boulets législatifs que la France (et la France seule) s’attache aux pieds. S’y ajoutent les délires maintenant hystériques d’écologie destructrice (“farm to fork”, l’ARENH – véritable honte énergétique, taxes à gogos, etc.) qui transforment des questions épineuses en véritables obus à sous-munitions.

Il est évidemment hors de question d’abaisser nos contraintes pour les aligner avec nos voisins. Logiquement, le gouvernement, comprenant très bien que les agriculteurs ont la faveur de l’opinion publique – comme du reste au début des manifestations de boulangers, de marins-pêcheurs, des Gilets jaunes, des Bonnets rouges, etc. – déploie donc les mêmes procédés et les mêmes artifices pour dégonfler le conflit.

D’une part, en utilisant une figure emblématique du mouvement, il se dégotte une voix et un visage avec lequel faire semblant de négocier. Une personne seule est facile à acheter, à faire plier, à amadouer ou persuader.

D’autre part, on essoufflera le mouvement par infiltration de syndicats et de militants aux revendications de plus en plus lunaires, tout en accroissant progressivement la violence et les destructions arbitraires (préférablement débiles) de biens privés. Il est ainsi aisé de retourner l’opinion publique, et de caricaturer les demandes en les réduisant à réclamer encore plus de subventions pour eux-mêmes et de taxes pour les autres.

Le gauchisme le plus crasse est venu à bout de tous les mouvements populaires récents, celui-ci a donc très peu de chance d’y échapper.

Il va bien sûr de soi que ce ne sont pas les petits aménagements, les subventions et les chèques tracteur (ou je ne sais quelle idée du même acabit) qui résoudront les problèmes des agriculteurs : la régulation délirante, la suradministration et la paperasserie continueront de croître ; l’appauvrissement continuera donc des petits exploitants, explicitement voulue par le pouvoir afin de concentrer le secteur agricole dans les mains de quelques gros industriels bien en cour. Rien ne devra remettre en cause la connivence entre Big Farm et le pouvoir en place.

Dès lors, il est fort peu probable qu’il sortira quelque chose de positif de ce mouvement : les paysans vont rapidement se retrouver coincés entre des messages de plus en plus confus et collectivistes voire marxistes, une opinion publique défavorable et un gouvernement qui aura beau jeu, alors, de se montrer ferme avec ce qui apparaîtra comme des débordements déraisonnables.

On pourrait imaginer les paysans, parvenant à se débarrasser de leurs syndicats pourris jusqu’à l’os et de la racaille gauchiste qui va gangrener leurs rangs. On pourrait les imaginer qui comprennent que leur ennemi n’est ni le peuple, ni les distributeurs ou les industriels, mais l’État qui ponctionne, régule et taxe partout et ne sert plus à rien. On pourrait les imaginer se retourner contre les vrais responsables de leur situation (administrations, élus, gouvernement), et leur imposer ce retour à la raison par l’usage de la force, qui seule fonctionne contre les psychopathes, les pervers et les corrompus. Mais on avouera que ça demande un effort d’imagination vraiment très fort.

C’est pour cela que ce pays est foutu.