Fabien Nierengarten
26/9/2026
En tant que catholique (très) peu pratiquant, j'avoue que je ne m’attendais pas à être autant touché par les images de la venue du pape Léon XIV en France. Ce qui me marque le plus, bien au-delà de la fierté légitime d'accueillir le chef de l'Eglise sur nos terres, c’est la ferveur et l'enthousiasme qui semblent marquer cette visite.
J’y vois quelque chose qui dépasse largement la seule foi : l’expression d’un besoin profond de fraternité, de dialogue et de solidarité. Dans une société où les débats publics sont de plus en plus marqués par les divisions, les oppositions et parfois le rejet de celui qui est différent, ces moments de concorde ont pour moi une véritable portée citoyenne.
Nous vivons une période où les inquiétudes sont nombreuses : difficultés sociales, guerres, crises environnementales, perte de confiance dans les institutions… Dans ce contexte, il est tentant de désigner des responsables, de chercher des boucs émissaires ou de dresser les uns contre les autres. Les mouvements qui prospèrent de part et d'autre de l'échiquier politique, sur l'affrontement, la division et la peur de l’autre, contribuent à cette détérioration du débat public.
À l’inverse, ce que je ressens à travers ces images, c’est l’envie de retrouver un langage commun : celui du respect, de la dignité, de l’entraide et du vivre-ensemble. Ces valeurs ne sont pas réservées aux croyants. Elles constituent, à mes yeux, le socle même d’une société démocratique.
Être citoyen, ce n’est pas seulement exprimer ses désaccords ou défendre ses intérêts. C’est aussi accepter l’autre, dialoguer avec celui qui ne pense pas comme soi et chercher ce qui peut nous rassembler. Dans une époque tentée par le repli et la confrontation, cette exigence de fraternité me paraît plus que jamais indispensable, voire vitale.
