Translate

6 décembre 2022

La France qui ne mourra jamais

Yann Thibaud

J'aime la France, parce que c'est un pays de râleurs, de penseurs, d'inventeurs et de jouisseurs, le seul pays au monde où l'on se damnerait pour un mot d'esprit, le pays où l'on aime débattre, réfléchir, analyser, synthétiser, comprendre, inventer et innover, bref le pays de l'esprit, mais aussi le pays du cœur, de l'amour, de la liberté, de l'humour et de la fantaisie, le pays du goût de la beauté et du sens de l'harmonie, le pays des poètes, des artistes, des rêveurs, des dissidents, des résistants, des rebelles et des amoureux !
Mais il existe aussi une autre France, celle des moutons, des veaux ou des godillots, comme disait de Gaulle, que l'on mène docilement à l'abattoir ou qui s'y précipitent d'eux-mêmes, avec zèle et empressement, la France des corbeaux et des collabos, des lâches et des traîtres, des suiveurs et des soumis.
Laquelle va donc l'emporter ?
Assurément la première car, dans l'histoire, la victoire a toujours appartenu aux minorités agissantes !
Alors, même minoritaires, agissons, parlons, discutons, contestons et exprimons-nous.
Faisons renaître, ressusciter, revivre et refleurir l'esprit !
Regroupons-nous et inventons, retrouvons et manifestons la France que nous aimons, la France éternelle, la France puissante, la France sage, la France du travail bien fait, la France de nos aïeux et de nos pères, de nos mères et de nos enfants, la France de nos hommes et femmes illustres, la France étendard et lumière du monde, la France qui ne veut pas mourir et qui ne mourra jamais !

La collusion de l’État, des médias et de BigTech a un nom. Serait-ce “fascisme” ?

H16

Si l’on regarde la presse de grand chemin, la semaine écoulée fut parcourue des mêmes atermoiements énergétiques que d’habitude, des sempiternelles pleurnicheries politiques et sociales que la France connaît depuis trop longtemps et qui l’engluent dans un surplace maintenant problématique. En revanche, du point de vue des réseaux sociaux, la même semaine fut au contraire riche d’enseignements…

Si l’on suit un peu l’actualité balayée par un Twitter décidément très différent de ce qu’il fut il y a encore un mois, difficile de voir un lien avec les niaiseries assommantes et les sujets volontairement distractifs que la presse de grand chemin continue de traiter. L’écart entre le réseau social de Musk et la presse étatique subventionnée est très troublant.

Comment ne pas voir la gourmandise presque obscène avec laquelle cette presse grand public s’est jetée sur les discours délirants d’une starlette hollywoodienne dont les saillies antisémites laissent perplexe, et l’absence totale, résolue et franchement inquiétante de tout traitement des révélations contenues dans les e-mails du Dr Fauci ?

Pour rappel, Anthony Fauci est le directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses aux États-Unis et fut le responsable de la réponse gouvernementale américaine à la récente pandémie, de février 2020 jusqu’à décembre 2022, mois où il prend (commodément) sa retraite. Or, le Fauci en question accumule ce qui ressemble à des mensonges sur sa façon de gérer la crise en question, les protocoles en place, et surtout l’origine du virus. Les e-mails qui viennent d’être publiés montrent maintenant sans l’ombre d’un doute que le virus sort bien du laboratoire de Wuhan et qu’il est le résultat de manipulations génétiques (gains de fonction) en partie financés par l’institut de Fauci lui-même.


Dans ce cadre, les déclarations lunaires de Kanye West tombent à pic. Elles agitent la sphère politique, jettent de l’huile sur le feu de tensions raciales toujours présentes aux US, et font rapidement oublier le désastre de l’administration de la Santé au sujet du coronavirus. Bonus additionnel : plus personne ne semble vouloir parler de l’affaire Balenciaga, éventée sur Twitter encore, qui révélait pourtant l’appétit étrange de la marque pour la pédophilie, maintenant présenté comme une malencontreuse erreur de casting photographique. Et même si, d’habitude, absolument rien dans ce genre de photos publicitaires haut de gamme n’est laissé au hasard, même si l’accord final pour la publication des clichés n’est jamais le fruit d’une personne unique, tout le monde dans la presse de grand chemin semble vouloir croire à des choix infortunés.

Pratique.

On devra s’interroger sur le fait que ces révélations majeures (e-mails de Fauci, pédophilie dans une grande marque de mode) ont été complètement minimisée par toute la presse occidentale. On pourra s’interroger aussi, encore plus fermement, sur l’absence de tout traitement des révélations contenues dans les “Twitter Files” qu’Elon Musk a fait paraître vendredi dernier.



Ces “Twitter Files” – dont on pourra apprécier une partie du contenu en français ici – établissent sans l’ombre d’un doute que la plateforme maintenant possession d’Elon Musk, a utilisé tout son poids pour influencer la campagne électorale et l’élection présidentielle américaine en 2020. Pire : recevant des demandes de certains membres (démocrates) du Congrès et du Parti Démocrate, et ayant été démarchée par le FBI quelques semaines auparavant pour s’assurer qu’aucune “désinformation” ne serait diffusée, la plateforme s’est empressée de censurer et faire disparaître certaines informations compromettantes pour la campagne de Joe Biden, à commencer par ce qui concernait l’ordinateur portable de son fils Hunter dont le contenu, relaté par le New-York Post, fut rapidement (mais faussement) attribué à de la propagande russe et donc banni de toute discussion sur Twitter puis l’ensemble des réseaux sociaux occidentaux.


Depuis, on sait que l’ordinateur appartenait bien à Hunter, qu’il n’y avait pas plus de désinformation russe que de beurre en broche, et les preuves s’accumulent à présent montrant que le fils de Joe Biden a largement profité de la position de son père sous l’administration Obama pour des gains personnels, du trafic et du recel de trafic d’influence, des détournements de fonds et plus encore comme en témoigne l’impressionnant dossier Marco Polo dont ces lignes avaient déjà parlé précédemment.

Comme il se doit, la presse grand public n’évoque quasiment pas le sujet : tout ce qui pourrait nuire à Biden ne mérite même pas un entrefilet et surtout si cela revient à montrer sa totale collusion avec l’appareil d’État. La façon dont elle réagit actuellement en dit long sur ce qui la préoccupe ; les célébrités, les politiciens et les journalistes qui s’agitent autour de la liberté d’expression revenue sur Twitter en disent beaucoup plus long sur eux-mêmes que sur Twitter. Aucun d’entre eux n’est plus dans le camp de la raison, de la paix et de la liberté d’expression, mais tous se situent bien plus clairement dans celui de l’émotion brute, du conflit et de la censure.

La réaction récente de l’Union Européenne vis-à-vis de Musk et de Twitter illustre fort bien ce dernier point : en réclamant un retour d’une modération ferme établie selon les règles arbitraires de la Commission, les autorités européennes montrent assez bien où elles se situent dans le théâtre actuel et ce n’est vraiment pas du bon côté de l’Histoire.

À présent qu’est clairement établi, sans le moindre doute, que Twitter, tout en prétendant jouer de neutralité, faisait en réalité de la censure de contenu sur ordre d’un parti politique, on ne peut qu’imaginer ce qui se passait, au même moment, sur Facebook ou d’autres réseaux, et au sein d’autres entreprises comme Google ou Apple. Il sera impossible, à présent, de croire qu’il n’y avait pas de collusion globale de ces BigTech avec l’establishment de gauche américaine, et plus largement occidentale tant on retrouve les mêmes problématiques des deux côtés de l’Atlantique.

Avec ces Twitter Files, il est maintenant prouvé que l’État et les BigTech ont clairement agi de concert, se sont coordonnés pour étouffer tout discours différent de l’officiel, pour écraser et effacer toute opinion dissidente dans plusieurs grands sujets politiques, depuis l’élection 2020 aux États-Unis jusqu’à l’origine du virus du covid, en passant par l’efficacité et l’innocuité de plus en plus évasives des vaccins.

On pourra se demander s’il existe un mot pour une forme de gouvernement dans laquelle l’État fait plier les intérêts des entreprises privées vers les siens. Ah mais, sapristi, oui, bien sûr ! Il s’agit de fascisme !



Désinformation de masse et abolition du réel : pourquoi il n’y a plus de Watergate possible

Anne-Sophie Chazaud

Il y a quelques jours a eu lieu un immense événement avec la révélation, preuves à l’appui, des pressions, manipulations, délits et censures exercées pour dissimuler les faits de corruption et de dégénérescence morale (et matérielle) du fils Biden, ceci en pleine élection présidentielle, avec un rôle très actif joué par certains démocrates appuyés par l’État profond mais surtout par la plupart des médias mainstream et la basse besogne des Gafa, Twitter en tête.

L’arrivée d’Elon Musk à la tête de Twitter avait déjà mis le feu aux poudres car celui-ci avait annoncé être favorable à la liberté d’expression ce qui, par les temps qui courent, sème une grande panique chez tous ceux qui avaient depuis si longtemps pris l’habitude de disposer du magistère de la parole autorisée.

C’est donc lui qui a permis la révélation de ce nouveau Watergate puissance 2000 ayant rendu possible l’élection de Biden, avec notamment, entre autres outils, la dissimulation délibérée des éléments à charge contre le clan démocrate et la censure exercée à l’encontre de Donald Trump (quoi qu’on pense du bonhomme) et de ses électeurs pour la plupart réduits au silence pendant l’élection.

Lorsque ces révélations ont été faites il y a quelques jours, j’ai donc pensé que l’ampleur de la désinformation révélée allait déclencher un scandale mondial au regard d’ailleurs des nombreuses implications internationales de cette manipulation (si l’on ne considère par exemple que la question ukrainienne où sévissait le fils Biden), mais aussi au regard du nombre de pays dits libéraux où le soi-disant « progressisme » avance, comme en France, en comptant toujours pour cela sur une censure efficace et un contrôle pressant des moyens d’information et de formation de l’opinion (on connaît le goût obsessionnel de la Macronie pour les dispositifs liberticides en la matière et l’on a vu également l’empressement des européistes à bondir sur Elon Musk pour tenter de l’intimider, tout affolés par la perspective d’une véritable liberté).

Bref, j’ai pensé que, de façon logique, la vérité avait une importance et allait par conséquent avoir des implications de taille. J’ai pensé, comme tout le monde au Watergate.

Rapidement pourtant j’ai été frappée par le fait que cette information capitale était soit, au mieux, minimisée, soit le plus souvent tout simplement invisibilisée, tue, tuée.

Ce qui avait tenu en alerte la planète Twitter pendant toute une nuit au regard de l'importance de l'affaire n’avait tout simplement pas le moindre écho médiatique et politique. Pire : de nombreux médias mainstream se payaient le luxe de produire, sans doute pour allumer des contre-feux, des émissions sur le thème d’un retour prétendu des discours de haine sur Twitter depuis l’arrivée d’Elon Musk et PAS UN MOT sur les révélations du scandale d’État Hunter Biden.

Ce scandale aura très vraisemblablement à terme des conséquences importantes sur la politique intérieure voire judiciaire américaine.

Toutefois, nous ne pouvons que constater que nous avons changé d’ère en ce que, tout simplement, il n’y a plus de Watergate possible : l’ère dans laquelle nous avons basculé est celle de la désinformation assumée, et connue. Malgré la connaissance que le public en a, la réalité n’a plus d’incidence sur le traitement politique, idéologique et médiatique des faits.

Dans mon livre sur la Liberté d’expression (je vous prie de m’excuser si je le mentionne mais c’est que je travaille depuis plusieurs années sur ces questions) je propose une réflexion sur l’émergence du concept de « post-vérité », associé ensuite à celui de fake news. Je démontre que la mise en avant de ces deux notions dans le débat public a été en réalité le fruit d’une volonté idéologique de disqualification de certains courants d’opinion et en particulier afin de contrer l’expression démocratique populaire dont le Brexit et l’élection de Trump furent quelques-uns des fruits.

Ces concepts insistent sur l’idée que la connaissance de la vérité n’a plus d’impact sur l’opinion publique, que la "vérité de fait" (pour reprendre l’expression de Hannah Arendt) est devenue indifférente aux individus qui se sont réfugiés dans un système de croyance éloigné de la raison.

Or, le paradoxe de la situation dans laquelle nous nous trouvons est que ce sont les désinformateurs eux-mêmes qui dénoncent de manière systémique tout ce qui ne va pas dans le sens de leurs convictions comme relevant du « faux » : « fact checkers », « debunkers » et autres « journalistes » déploient toute l’énergie possible pour escamoter le réel qui les dérange tout en dénonçant leurs adversaires idéologiques comme étant sortis du « cercle de la raison » : c’est assez pratique et l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même !

Le fait que Julian Assange croupisse (dans l'indifférence médiatique la plus totale) dans les geôles anglo-saxonnes sous diktat américain pour avoir révélé au monde entier les mensonges qui ont fondé les interventions militaires américaines de déstabilisation (notamment en Irak) de ces dernières décennies aurait dû suffire à nous alerter définitivement sur le fait que nous avions changé de régime, à la fois régime politique et régime épistémique : nous ne sommes plus dans un régime démocratique issu des Lumières où la raison et la connaissance viennent éclairer le citoyen et légitimer le pouvoir. Nous sommes bel et bien passés dans le régime de la post-vérité dans lequel les faits, la raison et la vérité (en tant que valeur légitimante) n’ont plus la moindre importance. J’avais produit un article au sujet de la manière dont les événements du Stade de France avaient été traités politiquement et médiatiquement : tout le monde savait la vérité, le monde entier avait VU la vérité, mais le ministre de l’Intérieur pouvait mentir et dire que ce que tout le monde avait vu n’existait pas, et tout ceci n’a emporté strictement AUCUNE conséquence. Nous sommes donc tout simplement sortis d’un régime de vérité qui fonderait l’information du citoyen, par ceux-là même qui prétendent combattre la désinformation.

Rarement la propagande n’a donc atteint un tel niveau de subtilité systémique.

Davantage que les révélations du scandale Hunter Biden, c'est donc bien l'indifférence que cette vérité suscite qui est l'événement majeur incarnant le système dans lequel nous évoluons désormais. Tous ceux qui tenteront de s'échapper de cette caverne de Platon version post-moderne seront disqualifiés, traités de fous, criminalisés voire éliminés, au minimum médiatiquement.

5 décembre 2022

La magnifique révolte de la jeunesse iranienne

Baumgarten Yves

La magnifique révolte de la jeunesse iranienne qui semble en mesure de se muer en processus révolutionnaire nous fait du bien. Elle nous démontre qu'aucune tyrannie, qu'elle soit politique ou théologico-politique, n'est à l'abri éternellement de son peuple. Elle "risque" en outre d'avoir des répercussions incalculables sur la jeunesse dans tout le Moyen-Orient qui, en cas de victoire du peuple iranien, se verra renforcée dans sa détermination à lutter contre toutes les formes de tyrannie auxquelles elle est confrontée, de l'Égypte à la Syrie, en passant par l'Algérie ou le Liban et même Israël... Elle a aussi fait une victime "collatérale" dans les pays occidentaux : le chantage à la soi-disant "Islamophobie" (concept bidon inventé par les autorités théoligico-politiques iraniennes pour semer le trouble dans les esprits). Sont-elles "islamophobes" ces héroïques jeunes femmes qui, chaque jour ou presque, risquent leur vie en défiant dans la rue le pouvoir despotico-patriarcal des gérontes enturbannés ? Sont-elles "islamophobes" quand elles brûlent leur foulard ou leur voile ? Cette jeunesse est admirable et sa radicalité me fait penser à celle de la génération 68, à ce détail près qu'elle est en danger de mort permanent, ce qui n'était pas vraiment le cas de la jeunesse européenne occidentale dans les années 60. Et je suis désolé de devoir le dire, mais les jeunes femmes françaises qui déclarent porter le foulard ou le "voile pour se mettre en accord avec leur religion et leur spiritualité", sont au mieux de pauvres ignorantes, et au pire des complices des tueurs de la jeunesse iranienne. Honte à elles et à tous les idéologues pseudo-radicaux qui, depuis plus de vingt ans, oublient les acquis essentiels de la pensée critique, héritière de ce qu'il y a de meilleur dans les Lumières radicales (de Spinoza à Marx en passant par Moses Hess, Heine et tant d autres), en nous intimant l'ordre de voir dans les revendications religieuses portées par les courants les plus rétrogrades de l'Islam, les signes d'une volonté d'émancipation.

Radu Portocala

Une première version du livre « Ces malades qui nous gouvernent » par Pierre Accoce et Pierre Rentchnick avait été publiée dans les années ’70. Un deuxième tome fut ajouté en 1988, comprenant un chapitre sur Ceausescu.
À l’époque, j’étais correspondant du service roumain de « Voice of America » pour la France, la Belgique et la Suisse et la rédaction me demanda de faire une interview des deux auteurs. J’étais, pour une ou deux semaines, dans un village au fin fond de la Normandie, ce qui me permit d’invoquer des difficultés techniques. En réalité, je ne voulais pas de cette discussion pour la simple raison qu’avec mes amis opposants au régime de Bucarest, nous ne voulions pas « médicaliser » le cas de Ceausescu. Déclarer qu’un dictateur est fou à lier le décharge de toute responsabilité, l’innocente en quelque sorte. C’était, bien entendu, contraire à notre ligne d’attaque.
On m’expliqua, cependant, que la technique ne posait aucun problème. J’obtins les numéros de téléphone d’Accoce et Rentchnick par l’attachée de presse de leur maison d’édition et j’établis avec eux la date et l’heure de cette rencontre téléphonique.
Lorsque l’enregistrement commença, nous étions cinq sur la ligne : le studio d’enregistrement, la rédaction - les deux à Washington -, Accoce à Paris, Rentchnick en Suisse et moi dans un petit village normand. Techniquement, je trouvai ça exaltant. J’étais là, devant un poêle qui luttait vainement contre le froid humide, et j’avais trois villes au bout du fil.
À un moment donné, le technicien coupa l’enregistrement : « Please don’t smoke sir, Mr Portocala ! » Ils étaient tous d’une politesse quasi militaire. L’un d’entre eux, plus très jeune d’après la voix, et qui m’enregistrait presque tous les week-ends, me demandait systématiquement : « How is weather in Paris, sir ? »
Un peu plus d’un an après cette interview, Ceausescu était fusillé - non en tant que fou, mais en tant que dictateur. On lui reprochait, entre autres, d’avoir organisé des pénuries, d’avoir imposé des coupures de courant injustifiées, d’avoir décidé qu’il fallait qu’il fasse froid dans les maisons.
Mais pourquoi diable je pense à ça ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN dit ses quatre vérités à l’Assemblée Nationale


Éoliennes : du rêve aux réalités [le film]

Sortie le 1er juin 2021

https://www.youtube.com/watch?v=Vf9EbpzDvoY&t=2544s




Les éoliennes sont en quelques années devenues le symbole de la transition écologique. Quels enseignements politiques, sociaux, économiques et environnementaux peut-on tirer de leur multiplication ? Le rêve est-il en phase avec la réalité ? Professionnels, experts et riverains nous dévoilent les envers du décor.

Pour en savoir plus : http://eoliennes-lefilm.com

Pour soutenir l'association et faire un don : https://documentaire-et-verite.com/eo...


SOMMAIRE :

00:00 Introduction
09:30 Stockage et intermittence
18:15 Le modèle allemand
22:45 Système européen
31:09 Toujours du vent quelque part ?
33:19 Du vent dans le gaz
39:28 Oil, GAFA & black-out
45:12 Pour une sortie du nucléaire ?
52:00 Quand le vent se transforme en or
58:58 L'installation d'un parc
1:05:43 Une chance pour l'emploi ?
1:11:41 Une énergie bon marché ?
1:19:37 Une fabrication verte ?
1:26:40 Éoliennes, mon amour ?
1:37:01 Dénis démocratiques ?


INTERVENANTS :

Cette plongée dans l’univers des éoliennes a été l’occasion de réunir quelques-uns des plus éminents experts de l'énergie, parmi lesquels :

- Jean-Marc Jancovici : ingénieur et directeur du Shift Project
- Hervé Machenaud : ancien directeur de la production d'EDF
- Jacques Percebois : directeur du centre de recherche en économie et droit de l'énergie

D’autres personnalités, comme Henri Proglio (ancien président directeur général d’EDF), Dominique Finon (directeur de Recherche honoraire au CNRS) ou bien encore Antoine Waechter (candidat des Verts à l’élection présidentielle de 1988) apportent leur éclairage aux Français.


L'ASSOCIATION :

Le projet est porté par une association loi 1901 : Documentaire et Vérité.


LE FINANCEMENT :

Destiné à être diffusé gratuitement au plus grand nombre, ce projet d’envergure a été exclusivement financé par des citoyens par le biais d’une campagne de crowdfunding organisée sur le site de l’association. Ce financement participatif a récolté plus de 100.000€ de la part de près de 1.000 contributeurs, révélant une fois de plus l’importance du sujet éolien en France.


ERRATUM :

Les images et propos utilisés à 1:04:48 sont issus d'un film sur le parc éolien citoyen "La Jacterie" dans le Maine-et-Loire, où les habitants et les collectivités locales ont la pleine maîtrise du projet, tant par son financement que dans sa gouvernance. Dans cet extrait, ces démarches citoyennes et locales ont été associées à tort au financement participatif que critique Antoine Waechter dans ses propos. Nous nous excusons pour cet amalgame qui discrédite injustement les démarches territoriales.


Plus d'infos sur les démarches d'énergie citoyenne sur : www.energie-partagee.org

4 décembre 2022

Présidence de LR : qualification d'Éric Ciotti et de Bruno Retailleau

Yann Bizien

C’est le Dimanche des anniversaires « politiques » : il y a un an, Éric Zemmour lançait son propre Parti politique, Reconquête !, avec un poids électoral réduit aujourd’hui à peu de choses et Valérie Pécresse recevait en même temps son investiture pour sa candidature à la présidentielle avec un score qui a marqué l’effondrement d’une droite qui n’en était plus une.
Avec la qualification, ce soir, d'Éric Ciotti et de Bruno Retailleau au second tour de la compétition pour la présidence de LR, dans le prolongement de 15 ans d’échecs sur le scrutin présidentiel, les Républicains sont-ils à leur crépuscule, à l’aube d’une extinction, toujours en survie, et à l'agonie, ou au début d’une nouvelle apogée après leur examen de conscience ?
Ce temps de clarification peut-il tout changer et les relancer dans la course aux suffrages nationaux ?
Tout indique, en lisant les nombreux commentaires des électeurs français et anciens militants de LR sur les réseaux sociaux, que ce Parti historique ne pourra plus jamais retrouver sa vigueur politique d’antan.
Pas besoin d’une longue analyse pour saisir les doutes des Français. J’ai retenu quelques commentaires dont la signification me paraît lourde de sens. Ils devraient interpeller la classe politique dirigeante des LR :
« Macron a réussi son hold-up... Supprimer la droite et la gauche pour ne laisser aux Français que les extrêmes ! C’est un Parti totalement dévoué à Macron. Ce qui a définitivement plombé les LR, ce sont ses girouettes avides de pouvoir comme G. Darmanin, E. Philippe, B. Lemaire, Christian Estrosi, Renaud Muselier, Hubert Falco et tant d’autres. »
« LR est un parti au pronostic vital engagé. Il a constamment vécu avec ses règlements de compte intérieurs. Il s'est auto détruit. Et il finira aux oubliettes de l’histoire politique. »
« Il y a, chez les cadres LR, ceux qui n'aiment pas Macron et ceux qui l'adorent. Ils courent deux lièvres à la fois, sans jamais se retrouver. On voit bien que l'opposition ne sert à rien. Elle défend d’abord ses intérêts avant ceux du pays. »
« Les LR ne veulent pas de l'union des droites. Une fois Macron parti, ils voudront sa place pour que de compromis en compromissions rien ne change. C'est sûr, ils ne valent plus rien ! »
« Même à l'Assemblée, ils votent pour E. Macron. Donc oui c'est la roue de secours de Macron. »
« C’est le Parti des vieux notables, de la lâcheté politique, des girouettes et de la trahison. C’est un Parti qui ne se préoccupe que des élections, des intérêts personnels et de carrière de ses cadres, mais surtout pas de la défense de la France et de ses citoyens. Les LR manquent de courage, de convictions et de visions pour la France. »
« Ce parti a rejoint la galaxie politique de Macron sans le dire. Leur avenir c’est la macronie. Ils veulent une classe supérieure riche et une classe d’assistés, de précaires, de dépendants et de travailleurs au rabais dans une France multiculturalisée, tiers mondialisée, ensauvagée, désindustrialisée et surendettée. »
« Aujourd'hui, les Partis politiques sont davantage préoccupés par leur survie que par les Français et l’avenir du pays. Je n’ai plus confiance en LR. Ce sont tous des faux jetons. »
« Comme Macron, ils sont pour l’abandon de tous les acquis sociaux … »
« Il n'y a plus personne au-dessus du lot dans ce parti. Peut-être Laurent Wauquiez ! La plupart finiront chez Macron, les autres disparaîtront comme leur parti !!!! »
« Éric Ciotti est le seul capable de remettre en orbite L. Wauquiez, pour ressusciter un Parti moribond en Parti d'opposition crédible, avec une droite forte, décomplexée et fière de ses valeurs, qui écoute et comprend nos territoires. À défaut ce parti s'éteindra... »
« La droite ne doit plus avoir honte d’être à droite. Elle a un avenir, mais sans les centristes. »
Je vous laisse juger les commentaires des Français, les amis. Ils sont loin d’être absurdes.


« Pour que la France reste la France »

Yann Bizien

Que retenir, sans rancune, du meeting d’Éric Zemmour aujourd’hui ?

Que sa Fan base reste active ? Oui. Qu’il reste pugnace malgré les coups, les blessures, les procès, la calomnie et les échecs ? Oui.
Qu’il est l’ambassadeur d’un combat indispensable pour le destin français ? Oui. Qu’il demeure une boussole politique indiquant la direction à suivre ? Oui. Qu’il refuse la banalisation du grand ensauvagement, du grand déclassement et du grand remplacement ? Oui.
Qu’il lutte activement contre toutes les menaces idéologiques et contre l’endoctrinement de nos enfants ? Oui.
Qu’il a du souffle ? Oui. Que son fond idéologique est intéressant et nécessaire pour le pays ? Oui. Que son diagnostic est bon ? Oui.
Que son Parti progresse dans sa structuration, son enracinement et ses pratiques ? Cela reste encore à démontrer, même si un travail interne a été amorcé suite à des alertes anticipées dès le mois de janvier dernier, que j’avais relayées ici.
Que sa méthode d’accès au pouvoir est efficace sur le plan politique ? C’est toute la question. Et, ici, l’incertitude ne pourrait être levée que sur le prochain scrutin des européennes.
Qu’il a proposé des options ? Oui, sur 4 axes : parler à toute la droite, mener la bataille culturelle, se déployer et s’enraciner, compter sur tous les rendez-vous électoraux et rester à la pointe de la réflexion politique.
Retenons notamment deux propos émis par deux vice-présidents de Reconquête ! :
« La grande menace idéologique, c'est cette gauche qui souhaite déconstruire la culture, la famille, la langue, le corps ou encore la nation. Notre réponse à cette gauche, c'est la droite civilisationnelle que nous sommes. »
« À gauche, on confond ses activités politiques pro-migrants et son métier. À gauche, on ne sait pas ce que signifie la neutralité de l’enseignement ! À gauche, on se sert de son statut d’enseignant pour endoctriner des élèves. »
Enfin, Éric Zemmour a livré son sentiment sur les causes de l’hyper violence et de l’ensauvagement français. Il estime que le phénomène de criminalisation et de conflictualité interne à notre société n’est pas exclusivement relié à la pauvreté et à l’absence de perspectives pour les étrangers installés légalement ou clandestinement sur notre territoire. Il pense qu’il ne faut pas le relier uniquement à la « folie de déséquilibrés ».
Il considère que le moteur de la violence dans notre pays repose avant tout sur l’arrivée en France de criminels et de délinquants venus d’ailleurs, sur la nouvelle hétérogénéité démographique, ethnique et culturelle de notre société, sur l’excès de jeunesse et de testostérone, sur l’esprit de revanche, de conquête et le ressentiment colonial de ceux que nous accueillons ainsi que sur les vielles luttes entre mondes chrétien et musulman. Éric Zemmour considère que ce mélange est détonant et qu’il alimente un sentiment permanent anti France.
Sa conclusion est que ce que « les politiciens français ont défait, nous pouvons le refaire ».
Éric Zemmour aura au moins tenté de ranimer la flamme de ceux qui constituent sa base électorale fanatisée. Il aura au moins exprimé sa volonté de se redresser et d’exister malgré ses défaites électorales. Il aura affirmé son désir de rester combatif sur les prochains scrutins, persuadé de la pertinence de son diagnostic et de la justesse de sa vision « pour que la France reste la France. »

LA PITIÉ DANGEREUSE (Stefan Zweig)

Gabriel Nerciat

Depuis qu'il est entré dans la vie politique française, le Banquier Président – Emmanuel Macron selon les registres de l'état civil – a suscité chez moi comme chez beaucoup d'autres Français un certain nombre de sentiments assez répulsifs, allant de l'hostilité franche et assumée jusqu'à la forme la plus violente du dégoût, en passant par un type de mépris qui n'avait en général rien de flegmatique.
Mais il y a un sentiment que je n'avais jamais éprouvé envers lui jusqu'à présent : celui de la commisération ou de la pitié.
La chose a commencé à se dessiner lors de la dernière élection présidentielle, lorsque je le voyais faire la moue pendant les quelques meetings ou conférences de presse publiques qu'il a parcimonieusement donnés pour lancer sa campagne, cherchant manifestement quelque chose d'un peu original à dire et ne le trouvant pas.
Je me souviens que lors de son grand Barnum à La Défense, où la déception et l'incompréhension se lisaient même sur les yeux de ses partisans réunis dans la salle (dans aucun de ses films, même et surtout celui de Bunuel, la jolie Carole Bouquet n'a été aussi expressive que ce jour-là), me revenait sans cesse en tête l'obsédant refrain d'Anna Karina dans Pierrot le Fou : "Qu'est-ce que je peux faire ? J'sais pas quoi faire !".
Mais aujourd'hui qu'il entame son second mandat en accumulant les fiascos et les déboires les plus implacables et les plus humiliants (défaites en rase campagne tous azimuts face à Biden, Poutine, Zelensky, Scholz, Lagarde et surtout Giorgia Meloni), dans un contexte économique et géopolitique d'une gravité sans précédent depuis les crises pétrolières des années 1970, en le voyant pathétiquement se démener pour réciter ses vieux mantras passés d'âge en faveur du libre-échange multilatéral, de l'intégration européenne, du cosmopolitisme diversitaire, de la réforme des retraites ou du pull en col roulé, je ne peux m'empêcher d'éprouver une ombre de sollicitude charitable envers lui.
Non que son arrogance de technocrate autoritaire et le sadisme de classe à peine dissimulé qu'elle véhicule aient cessé de m'irriter, mais c'est un peu comme avec ces gens trop ostensiblement agressifs ou trop fiers de leur stature physique imposante dont on commence à rire en sourdine une fois qu'ils sont gagnés par l'âge ou frappés par un coup du sort qu'ils n'attendaient pas.
Dès qu'il apparaît désormais, que ce soit à la Maison Blanche ou sur l'avenue des Champs-Elysées, on a l'impression de voir un personnage de conte romantique allemand, qui a perdu son ombre ou qui lutte en vain pour ne pas sombrer dans le vide à chaque pas qu'il fait.
Commence-t-il à comprendre les conséquences de ce qu'il a accompli depuis six ans, et l'ampleur des désastres ahurissants qu'il a laissé s'installer, volontairement ou involontairement, comme autant d'explosifs reliés à un même détonateur au cœur d'une grande ville ?
A-t-il pris conscience surtout du tsunami gigantesque qui risque de bientôt le submerger, lui et les siens, ou de ce dont il aura contribué à précipiter la venue ?
Hier, j'écoutais une intellectuelle libérale de gauche franco-israélienne qui ne jurait que par lui il y a cinq ans (comme par Yaïr Lapid il y a six mois), et qui ne craignait pas d'avouer : "Je suis sûre que Macron est exactement dans la même situation que moi : il ne parvient plus à comprendre les émotions profondes et la colère qui soulèvent les peuples d'Occident contre leurs élites, et il ne sait pas quelle réponse rationnelle leur opposer."
La pauvre fille. Elle faisait si peine à voir que pour un peu on aurait eu envie d'essayer de la réconforter.
Mais c'est peut-être moi qui suis trop bon, sûrement...

Laurence Brossier

- 2/12/2022 -

France Soir, pour ne pas avoir relayé la doxa covidienne et donné la parole à ceux qui étaient ostracisés par la presse officielle, se voit refuser le renouvellement de reconnaissance de service de presse au motif de complotisme !
Sous l'ère macronienne, faire son travail de journalisme avec probité n'est pas acceptable.
Nous sommes dans un État où seule la presse qui sert la propagande officielle a le droit d'exister..
À nous de savoir si nous voulons rester des moutons de panurge serviles et heureux de l'être ou des résistants.



mélimélo

⬦ Moraliste, puritaine, hypocrite : c’était la droite à la fin du XIXe siècle. C’est très exactement la gauche aujourd’hui. La "morale" voyage elle aussi.
Alain de Benoist, "L’Exil intérieur. Carnets intimes", Krisis, 2022, p.106

⬦ Jadis, droiture et honnêteté intellectuelle passaient pour un devoir. Elles sont ensuite devenues si rares qu’elles ont été regardées comme une vertu. Aujourd’hui beaucoup les considèrent comme une tare, en ce qu’elles font obstacle aux pouvoirs politique et médiatique.
Jean-Pierre Luminet

⬦ En 1997, le journaliste français Pierre Accoce et le médecin suisse Pierre Rentchnick publiaient un livre intitulé « Ces malades qui nous gouvernent ».
Comme il est dommage que nul ne prenne la relève pour écrire l’indispensable ouvrage dont le titre serait « Ces imbéciles qui nous gouvernent » ! Le champ d’étude est à ce point vaste…
Radu Portocala

⬦ Si la corrida était de l'art, le cannibalisme serait de la gastronomie.
Manuel VICENT (écrivain et journaliste espagnol)

⬦ Le capitalisme c'est le régime dans lequel les marchands sont parvenus à écrire les constituions, et donc les lois.
Étienne Chouard, Notre cause commune

⬦ Il paraît que la gauche unie défile massivement contre le régime iranien pour soutenir le mouvement des femmes et exiger la fin de la répression... Euh ! J'ai fait erreur. La gauche unie soutient les femmes, sauf celles qui combattent le patriarcat musulman, qui, comme chacun le sait est un patriarcat sympa de "racisés".
Denis Collin

⬦ Tout le malheur du monde vient de la soumission à des idéologies rigides et aberrantes, et à des autorités perverses et corrompues.
Et tout le bonheur du monde vient de la rébellion contre ces mêmes idéologies et autorités, et de l'exploration de champs nouveaux et l'éveil de capacités insoupçonnées.
Yann Thibaud

⬦ La condition première, la plus importante de toutes, la condition sine qua non de tout socialisme est la démocratie, qui suppose le pluralisme des partis et la liberté d'expression et d'organisation. Donc ni Cuba, ni le Vietnam, ni la Chine, ni le Venezuela n'ont quoi que ce soit de "socialiste" ou de "communiste". Il faut donc cesser de faire crédit à ces usurpateurs.
Denis Collin

⬦ Aujourd'hui, les seuls fact-checkeurs que je recommande sont ceux qu'on appelle "complotistes".
En effet, ce sont de loin les meilleurs pour repérer les failles dans les informations. Et en plus ils le font avec 6 mois d'avance sur les autres.
Je crois qu'hormis ceux-là, les autres ne sont que les agents de propagande décomplexés du système. À tel point que l'on peut dire qu'ils font du fact-checking de connivence.
Alexis Haupt

⬦ Je viens de voir une publicité en faveur des services de livraison à domicile. Une femme revient des courses et réalise, devant sa porte, qu'elle a oublié de prendre du lait. Il pleut, elle n'a pas envie d'y retourner. Elle commande donc un litre de lait sur une application de livraison et un livreur à vélo, trempé parce qu'on rappelle qu'il pleut, le lui apporte.
Puis nous la voyons sur son canapé, bien à l'abri et au chaud, pendant que le livreur continue de sillonner les routes pour apporter à d'autres bobos ici un litre de lait, là un tube de dentifrice.
Modèle de société haïssable où chacun est utilisé par celui qui a les moyens de mettre l'autre au service de ses caprices.
Jonathan Sturel

Les BRICS : une opportunité de changer le monde ?

Gilles La Carbona

BRICS est un acronyme pour désigner un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommets annuels : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Avant l’ajout de l’Afrique du Sud en 2011, le groupe était appelé BRIC, terme initial inventé en 2001 et qui a conduit à l’organisation des premiers sommets à quatre pays en 2009.

Vu depuis ses débuts, par les observateurs occidentaux, comme un assemblage hétéroclite, incapable de trouver une gouvernance commune, voire une direction, ils apparaissaient au mieux comme une suppléance au G20. Force est de constater que depuis la guerre en Ukraine, l’association suscite les convoitises, tant l’Ancien Monde, le nôtre, se trouve mis en difficulté, incapable de prouver sur le terrain, la domination qu’il impose économiquement depuis 80 ans. Bien entendu les Échos n’ont pas manqué de souligner que l’isolement de Poutine affaiblissait la structure et que les classiques institutions, inamovibles, dominées par les US et dans une moindre mesure, par l’UE, avaient de beaux jours devant eux, voire l’éternité. Certes la propagande est rodée et la marteler permet de s’en convaincre, autant que d’éviter de regarder la réalité en face. Mais affirmer que la Russie est isolée, n’est-ce pas de la même veine que prétendre que l’armée ukrainienne vole de succès en succès et que les Russes reculent partout ? Il y a fort à parier que les mêmes visionnaires officient pour parler des BRICS, pour les rabaisser à une réunion de seconde zone, sans admettre qu’ils sont bien plus que cela.

En attendant, ces acteurs, qui font sourire nos caciques experts, ont, en 2015, mis en place la Nouvelle Banque de développement, pour permettre aux pays membres de trouver des financements plus justes que ceux proposés par le FMI. Financements qui respectent la souveraineté des États et qui ne sont assujettis à aucune contrepartie de mise en place de politiques publiques. Voilà la grande différence et la nouveauté : à l’inverse du FMI, il n’y a pas de chantage et c’est ce qui séduit les pays émergents. Bien entendu, on peut concevoir que la longue coutume impérialiste occidentale ne supporte pas ce vent de liberté et de justice, qui se met à souffler sur les pratiques d’échanges internationaux. Autre force, c’est le retour à un étalon or, ou à un métal précieux, pour garantir la valeur de la monnaie. Le souhait commun de l’adosser à une vraie contrepartie et non à de la dette, comme le dollar ou l’euro, pour renvoyer une image de sécurité et de stabilité. Une telle vision ne peut que convaincre du bien-fondé de cette organisation. Ce qui semblait impossible, tant les US dominent agressivement le monde depuis 1945, se réalise aujourd’hui grâce aux mesures contre la Russie. Ainsi, tous les partenaires commerciaux des pays membres des BRICS, ont à présent la possibilité de régler leurs transactions dans la monnaie du pays et non en Dollar. Là encore, les propagandistes effrénés d’un isolement de la Russie, presque les mêmes qui voyaient déjà la Russie à genoux économiquement, en sont pour leurs frais. La Russie continue à commercer, à gagner beaucoup d’argent, tandis que les génies occidentaux vont eux, compter les faillites et voir l’inflation ravager le peu qui reste du pouvoir d’achat des citoyens. Rappelons qu’en économie, l’inflation ce n’est pas le prix qui augmente mais la monnaie qui perd de sa valeur. Poutine, l’isolé, s’est même permis d’aller faire sa star au sommet Asie-Pacifique.

Conscient qu’il faut donner une nouvelle impulsion pour faire définitivement basculer les règles du jeu international en faveur d’un monde multipolaire, respectueux des états souverains, la Chine a invité le Kazakhstan, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, l’Indonésie, le Nigeria, le Sénégal, les Émirats arabes unis et la Thaïlande, à rejoindre le dialogue des BRICS, tandis que L’Arabie saoudite, le Mexique, le Nigeria, le Venezuela, l’Algérie et l’Iran, ont fait part de leurs intentions d’intégrer les BRICS. Une économiste, spécialiste Asie, du Crédit Agricole, se base sur la valeur du PIB des membres pour affirmer la faiblesse du groupe et donc la fragilité de l’organisation, puisque la Chine vaut plus, à elle seule, que l’ensemble des autres. Ce constat ressemble étrangement à la brillante analyse de notre Mozart de l’économie, Le Maire, qui comparait le PIB de la Russie, avec celui de l’Espagne et qui concluait péremptoirement que l’économie russe était cuite. On voit le résultat et on peut être surpris que l’on se permette de mettre en parallèle des chiffres de PIB sans prendre en considération la valeur des richesses détenues dans le sous-sol, et les réelles capacités de productions. C’est une autre grande leçon de la guerre en Ukraine, de nous avoir révélé que celui qui possède les ressources, est mieux placé pour garantir son indépendance et sa suprématie, que celui qui doit les acheter à autrui.

Voilà la seule force que les économistes, défenseurs acharnés de l’Ancien Monde, oublient volontairement ou par aveuglement. En revanche, tous les pays qui veulent intégrer les BRICS ne s’y sont pas trompés. Ils ont tous en commun de détenir des richesses, ou d’avoir une capacité de développement, qui en feront des partenaires précieux. Que peut bien offrir une Europe ruinée, autoritaire avec une monnaie qui n’inspire aucune confiance, et des institutions capables de confisquer des avoirs sur un simple coup de tête ? Une Europe qui abuse de son autorité pour imposer le plus odieux des chantages pour ses membres, ou ceux qui souhaiteraient la rejoindre. Von der Leyen vient de demander à la Serbie d’appliquer les sanctions aux Russes en préalable à son entrée dans l’UE ? Est-ce raisonnable et digne ? Voilà la grande différence entre la philosophie des BRICS et celle d’un Occident corrompu, avide de pouvoir. D’un côté le respect et la liberté, de l’autre la contrainte et la soumission. Pouvons-nous encore imaginer que les demandes d’adhésion ne soient qu’une pression sur les pays « riches », sans la réelle volonté de supplanter le G20, comme le concluait l’experte Asie du Crédit Agricole ?

Au vu de ce qui vient de se passer dans cette instance, on peut légitimement en douter. Les BRICS sont effectivement une chance de retrouver de la cohérence dans l’organisation des échanges mondiaux, et dans l’approche des problèmes globaux, dans le respect des États souverains, sans l’hégémonie guerrière et insane, qui a dirigé le monde depuis 1945. Il est donc à souhaiter que les BRICS se développent rapidement et se structurent davantage, pour concurrencer ce vieux monde devenu obsolète, qui ne représente plus rien, si ce n’est 13% de la population mondiale, et qui entend dicter sa conduite et sa façon de penser aux 87% restant. On ne peut que désirer sa fin, et à brève échéance. Les BRICS, sont-ils une réelle porte ouverte sur la justice et l’équité ?


MACRON AUX USA - PETITE MISE AU POINT RAPIDE

Marc Amblard

Je lis parfois que le président français est un libéral pur et dur, fervent adorateur des États-Unis.
Qu’il nourrisse une admiration pour les Américains, c’est possible et ça le regarde. Qu’il soit libéral, en revanche, rien n’est plus erroné. Il est même à l'opposé : c'est un étatiste inconditionnel.
Il est facile de s’en convaincre. Il suffit d’observer deux indicateurs très révélateurs : les dépenses publiques et l'endettement du pays. Deux agrégats qui ont nettement augmenté sous son mandat. Si Monsieur Macron avait été libéral comme certains le soutiennent, le taux des dépenses publiques serait passé sous la barre des 50 %.
Rappelons qu’en France plus de la moitié de la valeur créée par un travailleur est captée par l'État et les organismes sociaux affiliés. Et l’actuel président n’a absolument rien fait pour renverser la tendance. Bien au contraire, le taux des dépenses publiques s'est accru durant ces dernières années pour atteindre 59 % (1 477 milliards d’€).
Même constat pour la dette publique qui, à la fin du premier trimestre 2022, s’établissait à 2 902 milliards d’€ soit 114,5 % du produit intérieur brut. Record absolu.
Rappelons que le libéralisme est une doctrine hostile à l’intervention de l’État dans la vie économique ; elle s’attache avant tout à défendre les libertés individuelles des citoyens et à leur responsabilisation (dictionnaire Hachette). On est aux antipodes de la politique actuelle : les mesures totalitaires que le président français et son gouvernement infligent aux Français depuis plusieurs années, n’ont fait que les asservir en les infantilisant.
Certains rétorqueront que le président français est toujours prompt à favoriser les grands patrons (McKinsey, Alstom, Axa, Medef…) (et qui probablement le lui rendront un jour). Il sera alors facile de leur répondre que les socialistes ont toujours copiné avec les grands groupes et assez rarement pour défendre l’intérêt des citoyens, bien au contraire. Et ce n’est en rien, une preuve de gestion libérale.
Uniquement l’expression d’un pouvoir corrompu qui pratique le capitalisme de connivence, métastase peu glorieuse des états omnipotents.


3 décembre 2022

Écologie et transports : l’interdiction des vols courts, ou les absurdités opérationnelles de la politique "écologique" française

Jean Mizrahi

Le gouvernement (Clément Beaune, encore un illustre énarque) est tout fier d’annoncer que la Commission Européenne lui a donné l’autorisation d’interdire les vols courts lorsqu’il y a une alternative ferroviaire sur des trajets de moins de 2h30 en train. Dans le principe, l’idée paraît plutôt de bon sens : pourquoi prendre un moyen de transport très polluant quand il en existe de nettement moins pour des trajets dont la durée totale ne sera pas si différente quand on tient compte des déplacements vers l’aéroport (ou la gare). Dans une perspective de moyen à long terme, j’applaudirais absolument la démarche.
Oui mais voilà, comme le rappelle le dicton attribué à Nietzsche, « le diable se cache dans les détails ». Le principe est beau, mais qu’en est-il de sa mise en oeuvre ? Je soupçonne déjà le gouvernement de procéder avec cette affaire comme il l’a fait dans le domaine de l’énergie : il fallait, pour des raisons politiques et non économiques, réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité, le jeune Emmanuel Macron, assisté de sa ministre Elisabeth Borne, décida donc de fermer la centrale de Fessenheim et d’annoncer la fermeture future de plusieurs autres centrales dans les années qui allaient suivre. « Moi, monarque, ai décidé, j’ai donc nécessairement raison, que l’intendance suive ». On sait ce qu’il en est aujourd’hui, avec des coupures de courant prévues pour l’hiver qui vient. La parole magique n’a pas eu raison du réel, qui nous revient en pleine figure.
En matière de transports de personnes, il en est exactement de même : on veut réduire les émissions de CO2 en restreignant les vols courts, soit, l’idée est en soi séduisante. Mais qu’en est-il des détails ?
1. Le prix. Le gouvernement a omis d’expliquer aux Français pourquoi, dans de nombreux cas, un déplacement en avion coûte moins cher qu’en train. C’est une réalité, car depuis la fin des restrictions Covid, la SNCF s’en donne à coeur joie, avec des tarifs exorbitants, j’ai pu m’en rendre compte, moi qui fais Marseille-Paris au moins deux fois par mois. De mon côté je suis resté fidèle au train, pas seulement pour des raisons écologiques, mais aussi parce que je trouve cela plus pratique, cela ne regarde cependant que moi. Mais plus fondamentalement, comment le gouvernement peut-il prétendre avoir une politique des transports quand le train coûte plus cher que l’avion ? Cette discussion renvoie aussi à la discussion actuelle sur les augmentations de prix dans les divers métros, notamment à Paris (mais aussi ailleurs) : comment les autorités locales et nationales peuvent-elle prétendre avoir une vision écologique des transports, en rendant les transports en commun presque aussi coûteux que les véhicules personnels ? Je fais personnellement Marseille-Cavaillon deux fois par semaine, et j’ai testé le train comme la voiture : résultat, le train coûte à peine moins cher que la voiture (y compris en tenant compte de l’amortissement de la voiture) pour une durée deux fois plus longue. À deux personnes, le déplacement ne se discuterait pas : la voiture serait plus économique en temps et en euros. Tout cela ne traduit qu’une chose : une absence de politique. On veut que les gens arrêtent d'utiliser leur véhicule personnel : les tarifs des transports collectifs doivent en tenir compte, "quoi qu'il en coûte". On veut de l'écologie ou on n'en veut pas, je préfère financer des trains que des associations bidon ou un Conseil Économique et Social qui ne sert pas à grand-chose.
2. Les quantités. Les déplacements courts ont souvent des motivations professionnelles. Or il suffit de prendre la voie ferrée pour se rendre compte que beaucoup de trains sont complets. Souvent, je dois jongler avec mes heures de rendez-vous pour rentrer sur Marseille, et il m’est arrivé de rester bloqué à Paris une nuit de plus parce que tous les trains étaient complets. Si on supprime des vols, la SNCF mettra-t-elle plus de trains à la disposition des voyageurs ? Mon petit doigt me dit que nos énarques n’ont pas réfléchi au problème. Et il se passera ce qui s’est passé avec l’électricité : on rationnera les déplacements : « désolé, il n’y a plus de place, vous restez chez vous (ou au bureau) ». Comment dire... ne va-t-on pas voir plus de monde prendre sa voiture pour des trajets courts ? C’est de l’écologie ?
3. Le monopole et ses travers. La SNCF est vérolée par la CGT, Sud, et autres syndicats ultra-politisés. En supprimant la concurrence, l’État se prépare à donner une arme redoutable à ces syndicats mafieux, qui prendront le pays en otage et feront monter un peu plus les prix en rendant la SNCF moins efficiente. Là également, je doute que les conséquences de ces belles décisions – sur le papier – aient été réfléchies jusqu’au bout.
Voilà ce qu’il en est des politiques pseudo-écologiques depuis quelques années : des actions décidées arbitrairement et dans la précipitation, sans préparation, et sans déminage préalable des problèmes potentiels. Nos politiques ne savent plus que générer des « black-outs ». Au royaume des imbéciles, les énarques sont rois.