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18 août 2025

La caste dirigeante se porte bien et vous emmerde

H16
18/8/2025

Ce n’est pas parce que la France va mal que nos dirigeants devraient être anxieux.

Bien sûr, ils ont (pour certains fort confusément) compris que la situation est catastrophique, et certains se doutent que les jours de la République sont comptés mais ce n’est pas une raison pour se laisser abattre : il reste manifestement quelques mois, quelques années peut-être, pour en profiter largement.

C’est donc sans surprise qu’on a observé, cette semaine, une avalanche de nouvelles toutes aussi croustillantes les unes que les autres, montrant que la caste dirigeante a décidé d’ouvertement piller le pays sans plus aucune considération pour l’éventuel qu’en dira-t-on.


Pour certains, ce pillage n’est pas directement lié à la conjoncture, mais constitue plus une question d’habitude : entraînés dès le plus jeune âge à gaspiller, faire n’importe quoi sans jamais devoir rendre des comptes pour les erreurs commises, certains usent et abusent des institutions françaises dans une décontraction complète et ce n’est qu’à la faveur de leurs débordements les plus grossiers, impossibles à camoufler, qu’on apprend leurs frasques.

Le cas de Patrick Mignola peut servir d’exemple en la matière : le ministricule en charge des relations avec le Parlement (eh oui, ce bidule existe !) enchaîne les fêtes particulièrement bruyantes au sein de l’hôtel de Clermont dans lequel siège le ministère dont il a la charge. Bruyantes à tel point que les voisins, excédés, s’en sont ouverts à la police pour tapage nocturne, et que cette information a fini par trouver une place dans les colonnes du Canard enchaîné.

Pour le fils Mignola, bon sang ne saurait mentir : il avait amplement démontré ses capacités de branleur coûteux en plantant la société de son père, ce dernier faisant dans la faïence (celle dont on fait les carrelages que son entreprise vendait avec succès jusque dans les années 2000). De la faïence, le fils est passé à la faillite avec rapidité.

Une telle réussite méritait amplement un maroquin, n’est-ce pas ?

Quand ce n’est pas un ministère, c’est un comité, une commission ou un institut que nos élites pillent et sabotent.

Avec l’Institut National de l’Audiovisuel, le peuple français avait déjà connu le bénéfice fort douteux du passage d’Agnès Saal qui y avait détourné pour 40.000 euros de fonds public (et fut condamnée pour cela) sous forme de frais de taxi. Rassurez-vous, malgré cette probité problématique, l’énarque avait été recasée sans grand dommage pour sa carrière.

Pour l’INA, son remplacement ne se traduit pas vraiment par du mieux : à la morale discutable d’Agnès Saal succède celle, encore plus souple, de Laurent Vallet qui vient tout simplement de se faire serrer pour un achat de cocaïne, et tant qu’à faire, à un mineur. L’affaire, qui s’était déroulée en juillet, n’avait guère inquiété l’institution et son ministère de tutelle (celui de la Culture) qui n’a agi qu’une fois l’information largement relayée, plusieurs semaines plus tard, en août, par ces réseaux sociaux dont nos élites voudraient bien se débarrasser – avec ces affaires, on comprend pourquoi.


Encore une fois, rassurez-vous : une fois rapidement mis à pied, Laurent Vallet sera prestement remplacé par Agnès Chauveau, dont le calibre permet déjà de garantir que l’Institut est dans des mains d’une intégrité équivalente, puisque cette dernière avait été, on s’en rappelle, virée de Sciences Po pour plagiat.

Décidément, la constance avec laquelle, lorsqu’on gratte un peu les différentes affaires qui émaillent nos institutions, on voit dégringoler les foutriquets par grappes entières, ne cesse d’envoyer un message clair : il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, et la cooptation des parasites entre eux finit par donner un tableau d’ensemble particulièrement frappant.

Tous les postes à responsabilité sont maintenant occupés par des irresponsables, dont la caractéristique essentielle se résume à former une caste capable seulement de se tenir fermement les coudes, de former une coterie dont l’intérêt ne s’aligne absolument plus avec celui du peuple dont ils ont récupéré la charge par ruse, par tromperie ou par abus de faiblesse.

Ce n’est même plus une dérive qui ne toucherait que les sous-fifres et les hauts fonctionnaires recasés ici ou là, puisque cette semaine a aussi démontré que le quatrième personnage de la République (par rang protocolaire), à savoir la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, agissait avec la même morgue vis-à-vis des deniers publics que les autres tâcherons précédemment cités.

Il apparaît en effet que, selon un article du Canard enchaîné (qui semble en veine d’enquiquiner la Macronie actuellement), cette dernière aurait demandé à la garde motorisée des CRS en charge de sa protection – et de celle de sa résidence au Vésinet – de nourrir ses poules.

Bien évidemment, l’affaire éventée, la Présidente s’est rapidement fendue d’un communiqué : les poules ont démenti. Circulez (sans brigade de motards), il n’y a rien à discuter. Et même si l’on démontre ainsi que ces poules sont mieux protégées que les églises, l’arbre en mémoire d’Ilan Halimi et la flamme du soldat inconnu, Braun-Pivet en a profité pour – c’est pratique – annuler la garde de son domicile, histoire de montrer à quel point elle était rigoureuse dans l’utilisation des fonds publics.


L’Occupant Intérieur a pris ses positions. Il a construit ses lignes de défense, par la propagande non-stop, l’infiltration des médias et des université, la corruption de la justice et des institutions. Il ne refusera aucun sacrifice du Peuple, ne reculera devant aucune vilénie, devant aucune abjection si cela peut lui apporter quelques bénéfices immédiats, quelque consolidation de son pouvoir.

Cette caste est maintenant composée pour moitié de saprophytes et pour moitié de coprophages acharnés et tous semblent se repasser les postes dans une sorte de farandole répugnante où c’est à celui qui pillera le plus fort, parasitera le plus profondément et se moquera du bien public le plus visiblement possible.

Oui, la caste se porte bien, et elle vous emmerde.


https://h16free.com/2025/08/18/81717-la-caste-dirigeante-se-porte-bien-et-vous-emmerde

Yann Bizien
18/8/2025

La France va mettre 67 ans à éponger sa dette Covid contre 7 ans pour l'Allemagne et 26 ans pour l'Italie. Nous allons également devoir contribuer à la reconstruction de l'Ukraine évaluée à 500 milliards d'euros, quand le Premier ministre ne sait toujours pas comment faire 44 milliards d'euros d'économies sur notre budget. Le duo Macron - Le Maire a laissé un fardeau énorme pour les générations à venir. La France ne peut plus soutenir un effort de guerre. Ceux qui vous affirment le contraire, vous mentent.

17 août 2025

Yann Bizien

-17/8/2025- Macron est déconnecté et en disgrâce et Donald Trump le sait puisqu'il estime que tout ce que dit le président Français est "insignifiant". Le président des États-Unis sait également que la France est surendettée, désindustrialisée, déclassée, submergée, fracturée, menacée de l'intérieur et le pays le plus violent en l'Europe. Il sait également que nos armées n'ont pas assez de munitions, que Macron a perdu les deux derniers scrutins, qu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, qu'il n'est pas soutenu par l'opinion et qu'il ne pèse plus rien en France comme à l'international.

Philippe Tireudtp
17/8/2025

Pour ceux qui se sont fait laver le cerveau par BFM et LCI

Les accords de Minsk ? Une arnaque pour armer Kiev en vue de la guerre.
Porochenko l’a admis : ces accords n’ont jamais été signés pour la paix, mais pour gagner du temps et transformer l’Ukraine en bastion de l’OTAN contre la Russie. Pendant huit ans, Washington et ses vassaux ont armé, entraîné et radicalisé Kiev.
Résultat ? Une guerre programmée, un nettoyage ethnique dans le Donbass et un conflit artificiel au cœur de l’Europe, tout ça pour servir les intérêts américains. Et Macron ose encore parler d’« agression russe »…

L'EXASPÉRANTE ÉCOLE DES FANS DE CHURCHILL

Gabriel Nerciat

-17/8/2025- J'ai beau me croire blasé, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi autant de Français (parfois, d'ailleurs, de braves gens idéologiquement pas trop éloignés de moi – même s'il y a aussi pas mal de salopards avérés) veulent à tout prix que la guerre se poursuive en Ukraine après trois ans et demi de combat et sans doute pas loin d'un million de morts – de même d'ailleurs que la destruction et/ou la déportation des populations arabes de Gaza ne les gênent absolument pas voire positivement les ravissent.
Les plus consternants sont toujours les éternels droitards atlantistes ou les vieux Norpois à la retraite du quai d'Orsay, qui se confondent en injures à l'encontre de Trump depuis plus de 24 heures sur toutes les chaînes de télévision, stations de radio ou réseaux sociaux.
Quand je les entends brailler à la queue-leu-leu, j'ai envie de leur dire : "Arrêtez un peu votre cirque. Trump a été bien moins complaisant avec Poutine que Churchill votre idole avec Staline en octobre 1944 : la province de Donetsk, d'abord c'est russe, et ensuite c'est quand même beaucoup moins gros que la Pologne ou l'ex-Yougoslavie."

16 août 2025

Régis de Castelnau / Tocsin

« Cette loi ouvre la porte à une censure totale ! »

-13/8/2025- Sensé améliorer la protection des journalistes et de leurs sources, le European Media Freedom Act ouvre au contraire la porte à une plus grande censure et une meilleure surveillance des journalistes. Un décryptage juridique signé Régis de Castelnau sur cette nouvelle loi liberticide bruxelloise.

Cliquer sur l'image (vidéo de 59 min 33 s) ↴
Sarah Knafo

-16/8/2025- De plus en plus de Juifs quittent la France. Quelle tristesse de voir ceux qui aiment l'Europe la quitter, quand tant de gens qui la détestent y arrivent chaque année. Mon discours au Parlement européen.

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Eber Haddad
16/8/2025

L'INDIGNATION DES CLERCS

Gabriel Nerciat

-16/8/2025- Depuis ce matin, tous les clercs européistes et euro-atlantistes surjouent l'indignation, comme ils savent si bien faire, et traitent Trump d'abruti, de traître ou de crétin.
Mais ils feraient mieux de nous dire quelle alternative ils proposent exactement.
Or ils ne disent rien, parce que leur alternative, tout le monde en réalité la connaît : poursuivre coûte que coûte une guerre meurtrière, qu'ils n'ont ni les moyens de financer ni la possibilité de gagner (avec ou a fortiori sans l'aide américaine).
L'Histoire désormais s'écrit sans eux, et aussi contre eux, alors qu'ils croyaient la comprendre et la dominer depuis 35 ans.
Clair que la chute est rude, mais au lieu de geindre et de trépigner à longueur de statuts ou de tweets, ils feraient quand même mieux de la fermer.
Régis Debray ou Jacques Henric eux ne chouinaient pas après l'effondrement de l'URSS.

15 août 2025

Quelques notes désordonnées en marge de l’évènement du jour

Natalia Routkevitch
15/8/2025

1. La naissance du « Nord Global » ?

Dans un article publié en 2023, le « mage du Kremlin » Vladislav Sourkov imagine l’émergence d’un « Grand Nord » réunissant Russie, États-Unis et Europe dans un bloc géopolitique et culturel commun. Selon lui, la notion de « Sud global » ne peut exister sans un « Nord global » et il invite à observer les premiers contours d’un tel bloc. Il rappelle que plusieurs unions improbables se sont réalisées dans le passé et que l’idée d’un espace partagé mérite d’être envisagée pour l’avenir.
Sourkov estime que, même si un véritable rapprochement ne se produira pas de son vivant, il pourrait advenir sur plusieurs décennies. L’émergence de ce bloc serait lente et douloureuse, mais possible. Selon lui, ce rapprochement aurait pu débuter dans les années 2000 si la proposition d’adhésion russe à l’OTAN n’avait pas été rejetée. Ce projet repose sur des racines culturelles communes et ne se veut ni utopique ni dystopique, mais apparaît comme une alternative à l’opposition Est/Ouest.
Au moment de sa publication, l’article a suscité incompréhension et une salve de critiques, et a valu à Sourkov une enquête après une plainte citoyenne pour vérifier la conformité du texte avec la législation russe.

2. La fragmentation du monde plutôt que la division en 2 blocs

Le « mage du Kremlin » a-t-il vu juste, du moins en partie ? Après des semaines de mouvements diplomatiques erratiques, ayant rapproché les pays du BRICS alors que l’intention initiale était inverse, Donald Trump aurait-il opté pour une sorte de « Grande transaction » avec Moscou, dont la partie la plus visible serait la coopération en Arctique ?
Selon un nombre d’observateurs, Trump chercherait à briser le bloc eurasiatique Russie–Chine–Iran–Corée du Nord en poussant Moscou à se concentrer sur le « Nord Global », où les États-Unis lui proposent une coopération. Dans ce scénario, Russie et États-Unis géreraient ensemble un espace arctique fermé, évinçant des puissances comme la Chine, tout en laissant une place mineure à des acteurs moins importants (Canada, Norvège). La rencontre envisagée en Alaska symboliserait cette nouvelle entente autour d’un « espace nordique » commun.
Pour Washington, Moscou n’est pas la menace principale : c’est Pékin. D’où l’idée d’un partage d’influence nordique avec la Russie, pendant que la confrontation majeure se déplacerait vers le sud de l’Eurasie. Dans cette configuration, il ne s’agirait pas d’une division du monde en deux blocs mais d’une fragmentation en plusieurs blocs situatifs. Pour la Russie, cela ne supprimerait nullement sa coopération avec le BRICS et le Sud global, mais créerait un autre espace de coopération important. Quant au dialogue russo-américain sur d’autres sujets, son rétablissement est nécessaire pour les questions évidentes de sécurité globale.

3. Et l’Europe dans tout ça ?

Dans les années 1930, Paul Valéry se demandait :
« L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c'est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? »
La question semble résolue depuis quelque temps déjà. Le leadership européen donne souvent des preuves retentissantes de son incapacité. Sombrer dans le néant n’était pas une fatalité, mais un choix. Comme le disait de Gaulle, l’Europe unie fut « une excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés ». Le projet fondateur de l’UE consistait à remplacer les nations par un vaste marché, les hommes politiques par des institutions et les citoyens par des consommateurs. Nous y sommes.
Où s’est déplacé le centre de gravité des décisions ? Si les nations ont été écartées et les hommes politiques transformés en comédiens, quelles mécanismes décisionnels y sont à l’œuvre ? Plutôt que se laisser bercer par les slogans « Europe c’est la paix » etc., les Européens devraient chercher à comprendre le fonctionnement réel du bloc en décortiquant notamment le poids des lobbies. Qui est immense au sein de l’Union…
Depuis quelques années, un bloc militaire se forme au sein de l’UE, soutenu par la volonté politique des élites et par de puissants lobbies de l’armement. En 2022, les dix plus grandes entreprises d’armement européennes ont investi ensemble 4,7 millions d’euros en lobbying auprès des institutions européennes (selon Corporate Europe Observatory).
Les liens entre l’industrie de l’armement et l’Union européenne ne datent pas d’hier. En 2019, la Commission européenne a créé la Direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace (DEFIS) – la seule pour laquelle une direction générale autonome a été mise en place. Selon Mark Akkerman (Stop Wapenhandel), « les institutions et décideurs de l’UE sont très réceptifs au lobbying du secteur de l’armement, et cette coopération s’est intensifiée depuis la guerre en Ukraine. »
Pour les peuples européens, la militarisation et la fabrication d’un nouvel ennemi ne constituent nullement une priorité, d’autant qu’elle se fait évidemment au détriment d’autres dépenses. Mais les acteurs du complexe militaro-industriel (CMI) se frottent les mains. Les médias, loin de jouer un rôle critique, leur servent souvent de relais, devenant de véritables marchands de peur – d'où le nom qui leur a été attribué par P. Conesa "le complexe militaro-intellectuel" dont l’objectif est simple : vendre la guerre.
Les origines et les raisons de cette attitude européenne ne se limitent certes pas aux seuls intérêts du CMI et mériteraient un développement beaucoup plus approfondi.
Quant à ceux qui s’opposent à cette logique – chercheurs, députés, analystes indépendants, ou ceux qui réclament plus de transparence et un contrôle démocratique – ils seront de plus en plus rares. Et ceux qui oseront mettre des bâtons dans les roues de cette machine risquent d’être impitoyablement broyés.

4. Souverain est celui qui…

Une notion à garder en tête est celle de la souveraineté négative, ou pouvoir de nuisance. Celui qui ne possède pas la souveraineté nécessaire pour guider son pays peut néanmoins s’arroger la capacité de saper les décisions des autres. Ce pouvoir ne doit pas être sous-estimé.
Enfin, on pourrait avancer que la souveraineté 2.0 consiste, en grande partie, à imiter un processus démocratique et à mobiliser des masses dans différents points du monde via une minorité active, dans son propre intérêt. Autrement dit, il s’agit souvent d’une imitation de la volonté populaire à travers des groupes organisés.
Ce phénomène n’est pas nouveau : l’usurpation de la notion de société civile et du droit de parler au nom du peuple par des minorités actives a toujours existé. Mais les mécanismes de contrôle de ces minorités ont radicalement changé au XXIᵉ siècle. Aujourd’hui, des groupes formés et dirigés de l’extérieur exercent des pressions et jouent une mise en scène destinée à des publics externes, donnant l’illusion d’une qualité démocratique là où il n’y en a pas. Le système médiatique participe à installer cette illusion dans l’esprit du public.
Noam Chomsky décrit le système médiatique occidental comme un « lavage de cerveaux en liberté » : la censure et la « ligne rouge » ne sont jamais formellement énoncées, mais toute personne qui ne satisfait pas certaines exigences minimales est exclue des espaces d’influence. Pour Chomsky, comme pour d’autres penseurs de gauche, cette ligne rouge est fixée par le capital et le pouvoir qui le sert – mais d’autres facteurs sont également à l’œuvre.
On observe un curieux renversement des rôles : ce ne sont plus les États qui utilisent les médias et les intellectuels pour justifier leur politique, mais ces derniers qui imposent leurs choix aux dirigeants politiques. Il s’agit d’une nouvelle relation complexe entre pouvoir politique et monde médiatique.
Or, le dirigeant-entrepreneur-comédien, qui surfe sur les émotions et cherche coûte que coûte à séduire l’opinion publique – captée par la minorité bruyante qui fait la pluie et le beau temps – est l’opposé du bon dirigeant tel que décrit par Thucydide.
Pour ce dernier, savoir contenir ses émotions et ne pas chercher à plaire constitue la manifestation la plus éclatante de l’autorité :
« … Quand on pense que Périclès, grâce à l’estime qu’il inspirait, à son intelligence et à son évidente intégrité, avait acquis une autorité qui lui permettait de contenir le peuple tout en respectant sa liberté. Il n’était pas de ceux qui se laissent diriger par [le peuple] plutôt qu’ils ne le dirigent, car ne cherchant pas à accroître son pouvoir par des moyens condamnables, il ne lui adressait jamais de paroles dictées par la complaisance. Tel était le crédit dont il jouissait qu’il allait de même jusqu’à provoquer sa colère en s’opposant à ses désirs … Parmi ses successeurs, aucun ne put affirmer une véritable supériorité ; désirant tous cette première place, ils cherchèrent donc le plaisir du peuple, au détriment de l’intérêt public. »

14 août 2025

ALASKA, LA FONTE DES ILLUSIONS ET DES GLACIERS

Gabriel Nerciat

-14/8/2025- Il faut bien comprendre que dans l'entrevue Trump-Poutine qui aura lieu dans 24 heures en Alaska, c'est Trump qui sera redevable à Poutine de sa présence sur le sol américain (et pas l'inverse).
Sans elle, l'ultimatum lancé par Donald sur les ventes de pétrole russe – dont plus personne ne parle désormais – se serait achevé par un échec consommé de la Maison Blanche, acculée dans une confusion totale par la résistance unanime des BRICS (dont Poutine s'est entretenu au téléphone avec tous les membres exécutifs ces dernières heures avant de partir pour Anchorage).
Les imbéciles et les cocus euro-atlantistes, dépités, évoquent le souvenir de Yalta où De Gaulle n'avait pu être accepté, mais cela n'a rien à voir : dans un Yalta 2.0, Xi Jinping aurait été convié lui aussi en Alaska, et la guerre en Ukraine, au grand regret des néo-cons, n'est pas une guerre mondiale.
Simplement, et quelle que soit l'issue de ce sommet, il actera trois réalités majeures qui seront autant d'humiliations cinglantes (et bienvenues) pour les séniles dirigeants libéraux du vieux monde continental, marquant ainsi l'entrée définitive dans un nouveau siècle :
1) la fin de l'alliance transatlantique créée par Churchill et Franklin Roosevelt en 1941-1945, qui aboutit en 1949 à la création de l'OTAN ;
2) la disqualification publique et totale de l'Europe comme acteur géopolitique mondial et éventuel futur centre de puissance diplomatique ;
3) la fin du multilatéralisme onusien comme cadre incontesté de régulation diplomatique de l'ordre du monde.
Par rapport à cela, l'entité ukrainienne, avec ses militaires déconfits, ses oligarques véreux et son pétomane en chef, ne pèse pas grand chose – et c'est heureux.
Dès lors, accrochez-vous. Il n'y a pas que les glaciers en Alaska qui vont commencer à fondre demain soir.

Vers une récession majeure : les conséquences d'une politique du “parler fort, agir mou”

Jean Mizrahi

-14/8/2025- Les chiffres récemment publiés par l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) sont sans appel : la fréquentation des restaurants a chuté de 15 à 20 % en moyenne au niveau national, avec des pointes à -30 % dans certaines régions touristiques. Ce ne sont pas des “jérémiades de restaurateurs” comme les réseaux sociaux ont aimé à le prétendre mais des données consolidées issues des systèmes de caisse et de facturation, recoupées par plusieurs fédérations professionnelles.
Dans mon propre groupe, j’ai pris la décision de mettre fin à notre branche “divertissement immersif” : huit centres de réalité virtuelle en propre, huit autres sous licence de marque. Le constat est brutal : effondrement de la fréquentation depuis le printemps, particulièrement sur le segment entreprises (team-building, événements). Les prestataires de billetterie nous confirment que l’ensemble du secteur des loisirs est en crise : escape games, bowlings, parcs de trampolines… on parle de -30 % de revenus en moyenne sur les derniers mois.
Ce que disent vraiment ces chiffres :
Les Français ne sont pas devenus subitement hostiles aux loisirs ou à la restauration : ils anticipent. Ils voient arriver une détérioration économique majeure et, surtout, une hausse de la pression fiscale. Depuis des mois, le gouvernement prépare les esprits à un “resserrement budgétaire” – un euphémisme pour augmentation d’impôts. Résultat : les ménages coupent dans les dépenses discrétionnaires (sorties, vacances, loisirs) pour préserver leur trésorerie.
C’est un effet bien documenté par la théorie des anticipations rationnelles en économie : annoncez des temps difficiles, et les acteurs économiques s’ajustent immédiatement, réduisant leur consommation et leur investissement. Si les annonces sont suivies d’actions crédibles, la confiance peut se restaurer. Si elles restent lettres mortes, on obtient le pire des deux mondes : contraction de l’économie + maintien des déséquilibres.
François Bayrou s’apprête à tomber dans un piège prévisible, révélateur de l’inculture économique qui gangrène notre classe politique. Il annonce la couleur : “il va falloir se serrer la ceinture”, mais ne met en place aucune mesure structurelle immédiate. Sans même passer par un vote parlementaire, il pourrait :
• Geler immédiatement les recrutements dans la fonction publique (hors secteurs régaliens et urgences hospitalières).
• Supprimer discrètement les agences et commissions redondantes : la Cour des comptes a recensé plus de 600 structures administratives à l’utilité discutable.
• Cibler les subventions non stratégiques (plusieurs milliards d’euros annuels selon la DGFiP).
Ces mesures ne demandent pas de loi, simplement du courage politique. Mais à la place, on agite la menace d’un serrage de vis fiscal sans réformes réelles. Résultat : double peine. Les ménages et les entreprises réduisent leurs dépenses par anticipation. Les dépenses publiques ne baissent pas : le déficit risque de se creuser mécaniquement, du fait de recettes fiscales en baisse.
Quand une organisation – entreprise ou État – va droit dans le mur, il faut agir vite et fort. Dans ma vie de chef d’entreprise, j’ai dû restructurer : réduction d’effectifs, fermetures d'activités, renégociation de contrats… Ce n’est jamais agréable, mais c’est la seule voie vers le redressement. Javier Milei, en Argentine, a appliqué ce principe sans fard dans un contexte public : réduction immédiate des dépenses, coupes massives dans l’administration, suppression des postes inutiles. Les résultats commencent à apparaître dans ses comptes publics. La croissance économique est désormais vigoureuse, la pauvreté en chute libre.
Bayrou, lui, choisit la méthode inverse : annoncer la rigueur pour demain, tout en perpétuant la gabegie aujourd’hui. Ce n’est pas de la gestion ; c’est une garantie d’échec. Et pas un échec mou : un échec qui pourrait précipiter la France dans une récession majeure, avec un déficit public qui franchira à nouveau des records historiques.
Kuzmanovic Georges
14/8/2025

"Les frontières internationales ne devraient pas être modifiées par la force."
Certes, mais prononcé par ces gens-là, c’est presque comique (presque autant que de faire nourrir ses poules par la police, mais passons).
La "Coalition des volontaires" ? À l’origine, c'est le nom de la coalition menée par les États-Unis en 2003… pour faire une guerre illégale en Irak.
Aujourd’hui, elle réunit des pays qui :
- ont allègrement modifié les frontières internationales par la force en Yougoslavie en général, et spécifiquement au Kosovo, ouvrant la boîte de Pandore du non-respect de l’intangibilité des frontières.
- ferment les yeux sur les annexions d’Israël depuis 1967.
- comptent la Turquie, membre de l’OTAN, qui occupe illégalement la moitié de Chypre depuis 1974.
Tartuffes qui ignorent qu’ils se couvrent de ridicule et que la majorité du monde n'écoute plus leurs leçons de morale.


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