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20 février 2026

SÉGOLÈNE, UN CONTE ESPAGNOL

Gabriel Nerciat
20/2/2026

Elle s'appelait Dolorès, mais le monde entier la connaissait sous le nom de la Pasionaria.
Bien sûr, son fameux slogan "No Pasaran" aurait dû la vouer durablement au ridicule, puisque les franquistes sans demi-mesure sont passés, mais on ne lui en a pas tenu rigueur. Au contraire.
Depuis, tous les Antifas disent "No Pasaran" quand ils voient Trump ou Orban, par exemple. Et à chaque fois, Trump ou Orban sont élus (sauf quand il y a fraude). C'est presque automatique.
À la fin de la guerre civile, alors qu'elle s'apprêtait à gagner l'URSS pour faire publiquement allégeance à Staline, une fée progressiste lui apparut en rêve et lui dit : "Pour te féliciter de ton courage, je t'accorde un voeu. Que me demandes-tu ?".
Dolorès réfléchit à peine, et répondit : "Je veux mourir après Franco, quelle que soit sa longévité, et revenir à Madrid en vainqueur pour pouvoir cracher à satiété sur sa dépouille."
– Ton vœu sera exaucé, répondit la fée, mais pour la peine je dois accorder aussi un vœu à Franco, car après tout il est vainqueur et a droit à une compensation.
Le lendemain soir, la fée apparut en songe au Caudillo qui s'était endormi plus tôt que d'habitude, car il essayait en vain de lire la traduction espagnole de Mein Kampf.
– Dolorès Ibarruri a obtenu de te survivre. Même si cela ne me plaît pas, je dois t'accorder un vœu à toi aussi par compensation.
Le général Franco se tut pendant un moment, puis lança avec une petite moue cruelle et amusée que ses ennemis ne connaissaient que trop bien :
– Peu importe qu'elle meure après moi. Je veux qu'après sa mort à elle, elle se réincarne en une gourde social-démocrate poitevine affublée du plus ridicule des prénoms qu'une chrétienne puisse porter : Rossinante, ou mieux Ségolène. À chaque fois qu'elle dira No Pasaran, tous ceux qui l'entendront éclateront de rire. Et cela, jusqu'à ce que plus personne ne se soucie de l'écouter parler.
Contrariée, la fée réalisa les deux vœux, puis rentra au pays des elfes où elle déplora que les hommes soient encore suffisamment superstitieux, hétéronomes et aliénés pour accepter de formuler des vœux devant les fées.
Le Canard enchaîné

- 17/2/2026 - Durant son dernier mandat, Jack Lang, l’ex-calife de l’Institut du monde arabe a surtout excellé dans l’art de plaire au pouvoir. Jusqu'à organiser une exposition sur le travail pictural de Laurence Auzière, fille de Brigitte Macron.

Pendant que la France s’endort, nos voisins se réveillent

H16

- 20/2/2026 - S’il apparaît maintenant assez clair que la France est en train de s’effondrer, cela ne veut cependant pas dire qu’il en serait de même pour le reste de l’Europe. En pratique, certains autres pays comprennent les dangers et les difficultés et sont en train de réagir petit à petit.

La France a, pendant des siècles, été un pays dominant de la scène européenne. Cependant qu’elle décline à présent, des pays comme l’Italie ou la Pologne, sensiblement moins riches à la fin du siècle dernier, sont en train de rattraper leur retard et même de la dépasser.


En effet, pour la première fois, le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat) de l’Italie a dépassé celui de la France pour 2025 et 2026 (mesure nominale ou ajustée), marquant un rattrapage complet après un écart historique en faveur de la France. La richesse française par habitant est désormais inférieure de 1,5 % à la moyenne européenne, alors qu’elle était supérieure de 5 % en 2019.

Quant à la Pologne, selon le FMI et via les extrapolations des économistes, le PIB par habitant polonais (toujours en parité de pouvoir d’achat) pourrait atteindre 84 500 à 84 600 dollars en 2034, contre 83 700 dollars pour la France. La Pologne dépasserait ainsi la France en 2034 si les tendances se maintiennent.


Ces changements paradigmatiques ne sont pas sans conséquences.

L’une d’elles, directe, est le rapprochement qu’on peut observer entre l’Allemagne et l’Italie avec le début d’un « nouvel axe » Rome-Berlin qui s’affirme progressivement avec la montée en puissance italienne comme un contrepoids concret vis-à-vis de Paris. Concrètement, le sommet intergouvernemental du 23 janvier 2026 à Rome entre Giorgia Meloni et Friedrich Merz a abouti à un plan d’action de 19 pages, incluant sept accords bilatéraux sur l’industrie, la défense, l’énergie, la migration et la simplification réglementaire.


Les deux pays, premiers fabricants de l’Union européenne, poussent pour une dérégulation, une compétitivité industrielle renforcée (notamment dans l’automobile et les hautes technologies) et une coopération militaire accrue (formation, exercices, industrie de défense, espace via le projet « Bromo »).

Ensemble, l’Allemagne (avec un PIB d’environ 5330 milliards de dollars, 23 à 24 % de l’Union) et l’Italie (2700 milliards et 12 %) représentent près de 36 à 37 % du PIB européen, un poids qui facilite les majorités qualifiées (qui requièrent 65 % de la population de l’Union européenne). Ce partenariat pragmatique, qualifié de « nouvel axe » par plusieurs analyses (Le Monde, le JDD), vise à contourner les blocages franco-allemands traditionnels, avec des propositions communes pour le Sommet européen de février 2026 sur la compétitivité et un agenda de « moins de bureaucratie, plus d’autonomie stratégique » … le tout sans attendre Paris. Il faut dire que si la bureaucratie promet la protection, la compétitivité, elle, paie les factures.

Le chancelier allemand Merz appelle d’ailleurs à revoir l’ensemble des politiques européennes et à déréglementer tous les secteurs.

Pour l’instant, on pourra certes arguer du fait que ce ne sont que des mots, mais cela reste toujours plus que le gouvernement français qui a prestement remplacé la pensée par la taxe et l’action par la ponction.

Dans le même temps, la Pologne consolide sa montée en puissance : son PIB a progressé de 3,6 % en 2025 (contre ~0,3 % en Allemagne et ~0,9 % en France), et devrait dépasser les 1000 milliards de dollars en 2026 avec une croissance prévue à 3,5 % selon la Commission européenne.


De façon intéressante, le pays continue d’accroître discrètement ses réserves : la Pologne possède désormais plus d’or que la Banque centrale européenne. Varsovie investit dans l’énergie, la santé et surtout la défense (4,8 à 5 % du PIB y sont consacrés et son armée est en expansion vers 500 000 hommes avec son programme « Eastern Shield »).

Ce rôle de pivot sécuritaire sur le flanc Est, allié à une économie dynamique, renforce son influence dans les coalitions comme avec l’Allemagne sur la compétitivité ou via le « Three Seas Initiative » pour la géopolitique. La Pologne entend ainsi devenir incontournable sur l’Ukraine et la Russie, diluant le leadership français traditionnel.

Et contrairement à l’impression qui pourrait se dégager vu de Paris, les Polonais ne sont pas toujours plus bellicistes que la France sur ces dossiers ; ils le sont même moins, leur position en première ligne dans le cas d’un conflit avec les Russes tempérant largement certaines ardeurs plus occidentales. C’est ainsi que Varsovie a refusé d’envoyer des troupes en Ukraine pour faire du maintien de la paix contrairement aux souhaits médiatiquement affichés de la France et du Royaume-Uni.

Dans une certaine mesure, ce renforcement de la défense polonaise n’est peut-être pas uniquement un message destiné à la Russie mais peut aussi se voir comme une façon de peser davantage dans les discussions européennes face aux autres pays d’Europe de l’Ouest. C’est probablement la raison pour laquelle les Polonais hésitent de moins en moins à contester les choix politiques de l’Ouest, voire apportent une voix politique clairement dissonante quand il s’agit de lutter contre les mesures les plus liberticides de la bureaucratie européiste : leur récent rejet de Chatcontrol, suivi du refus net du DSA par le président polonais le laissent en tout cas fermement penser.

L’Allemagne, l’Italie et la Pologne montrent un chemin différent de celui que veut emprunter la France : loin d’aplanir les différences, l’Union européenne se « multipolarise » avec un axe Rome-Berlin qui impose un agenda industriel et sécuritaire pragmatique, tandis que la Pologne émerge comme pôle de croissance et de dissuasion.

La France, embourbée dans ses crises internes, son économie anémique et sa classe politique de plus en plus stupide, perd du terrain sans qu’une résolution rapide ne soit visible à l’horizon actuel. L’élection présidentielle de 2027 risque même d’aggraver la situation, au vu de la pitoyable qualité des candidats actuels.

Ce glissement européen n’est pas une franche rupture mais une reconfiguration dans laquelle Berlin pivote vers des partenaires plus alignés sur la dérégulation et la realpolitik et dans laquelle le couple franco-allemand ressemble de plus en plus à un vieux mariage où l’un des deux a déjà refait sa vie à Rome, tandis que l’autre continue de dresser la table pour deux.

Les nations ne déclinent pas d’un coup : elles se réglementent lentement jusqu’à l’atonie. Cette fois-ci, il n’y aura pas besoin de panzer pour qu’un « axe » détruise la France, elle s’en chargera très bien par elle-même pendant que les Polonais, loin de devenir une autoroute entre la Russie et l’Allemagne, pourraient bien devenir un pivot essentiel en Europe centrale.


https://h16free.com/2026/02/20/83465-pendant-que-la-france-sendort-nos-voisins-se-reveillent

19 février 2026

François-Xavier Bellamy
19/2/2026


Quelques enseignements après la lecture du rapport d’EDF sur la modulation, gardé secret jusqu’à cette semaine. Pourquoi ce sujet est-il si sensible et crucial, malgré son aspect technique ? Parce qu’il suffit à montrer l’absurdité coupable d’une politique qui continue, avec la PPE3 tout juste adoptée, de financer massivement l’ajout sur notre réseau d’énergies renouvelables intermittentes.
Pendant plusieurs décennies, notre mix électrique a reposé sur la complémentarité du nucléaire et de l’hydroélectricité, assurant longtemps à la France l’énergie la plus compétitive et décarbonée d’Europe. La plus stable aussi : ces sources d’énergie combinées savaient « moduler », c’est-à-dire adapter leur puissance en fonction des besoins, pour équilibrer le réseau. François Hollande et Emmanuel Macron ont rompu avec cet héritage en promettant de baisser la part de l’énergie nucléaire dans l’électricité française. Pour y parvenir, le projet poursuivi depuis près de quinze ans a consisté à déployer massivement des énergies renouvelables, éoliennes et panneaux solaires, en investissant des montants considérables d’argent public. Au nom d’un seul dogme : les renouvelables produisent une énergie « verte » qui répondra à l’augmentation des besoins.
Problème : loin des projections utopiques cultivées à Paris, la demande en électricité tourne plutôt à la baisse… L’effet brutal de la désindustrialisation du pays, additionné à des politiques d’incitation au gaz promues par ces mêmes dirigeants qui plantaient des éoliennes partout. Résultat : avec un trop-plein d’électricité renouvelable qui s’ajoute toujours chaque année au réseau, nos centrales doivent désormais moduler, non plus pour suivre les besoins des Français, mais pour s’adapter à l’intermittence ingérable de cette nouvelle production indexée sur la variabilité du soleil et du vent. Les réacteurs nucléaires savaient baisser leur production : désormais ils doivent s’arrêter, ce qui change tout. Comme l’écrit Cédric Lewandowski, patron du nucléaire chez EDF, « la modulation a changé de nature. » Entre 2019 et 2024, elle a déjà plus que doublé… À moyen terme, il faudrait, quand le vent et le soleil le voudront, que le parc nucléaire s’efface, faute de subir un jour en France le black-out qu’a vécu l’Espagne en avril dernier. Les Français auront alors financé deux réseaux pour que l’un soit à l’arrêt. Avec une stratégie aussi absurde, que personne ne s’étonne de voir les factures exploser, les foyers souffrir - et l’industrie s’anémier toujours plus, faisant encore baisser la demande en électricité : cercle vicieux.
Quelles sont donc les conséquences de cette nouvelle modulation sur le parc existant ? Usure accélérée de toutes les machines, explosion des coûts de maintenance (qui doublent eux aussi, atteignant 3,5 milliards d’euros par an), fin de vie probablement anticipée pour les centrales nucléaires, et problèmes majeurs pour l’organisation des équipes qui veillent chaque jour sur nos atouts industriels les plus stratégiques. Et tout cela pourquoi ? Parce que l’État a imposé aux Français de couvrir leurs paysages d’éoliennes, dont on mesure désormais par expérience qu’elles ne menacent pas seulement l’environnement et le patrimoine du pays, mais aussi la stabilité de son approvisionnement électrique, son industrie et son budget.
Que ce rapport sur la modulation ait été interdit de publication jusqu’à l’annonce de la PPE3, qui prolonge en fait cette logique, est une nouvelle faute démocratique dans un processus déjà pour le moins opaque. Les seuls acteurs qui ont à gagner dans le maintien du statu quo sont les entreprises qui continuent d’installer chaque année ces énergies renouvelables, avec un modèle bien huilé : les coûts sont publics, mais les profits privés. Lire le rapport d’EDF aujourd’hui, c’est comprendre que leur apport à notre modèle énergétique n’est pas seulement nul : il est en fait négatif. Je l’avais expliqué il y a plusieurs mois à l’occasion d’un débat dans l’Opinion avec le président du Syndicat des énergies renouvelables ; la preuve est désormais établie. Quel aveu qu’elle ne soit publiée qu’après un nouveau chèque en blanc offert à ce système de prédation massive.
La solution est dans un renversement complet de cette logique. Nous l’avions évoquée il y a plusieurs mois dans un texte cosigné avec Bruno Retailleau et Julien Aubert, et je l’ai répétée auprès de la mission Lévy-Tuot qui m’a auditionné récemment. Stoppons immédiatement tout financement public des énergies renouvelables. Redirigeons les 6 à 8 milliards d’euros dépensés pour cela chaque année – sans débat et sans vote – vers la stimulation de la demande en électricité, par le soutien à l’industrie et aux besoins des ménages. Préparons parallèlement de manière enfin concrète et résolue le nouveau nucléaire dont nous avons besoin. Ainsi, en nous libérant des fossiles dont les renouvelables intermittents nous tiennent en réalité prisonniers, nous gagnerons en pouvoir d’achat, en compétitivité industrielle, en efficacité environnementale, en sécurité d’approvisionnement, et en souveraineté nationale. Ce changement de cap est urgent.
Gastel Etzwane
19/2/2026

Pendant que Macron ridiculise encore et toujours la France à l’étranger et se surpasse en vulgarité pour cracher sur la liberté d’expression, notre pays s’enfonce dans la crise.


En 2025, la France a enregistré environ 68 500 défaillances d’entreprises, soit un niveau record. Les analyses économiques disponibles indiquent que l’année 2026 devrait au minimum se situer au même niveau.
Dans ce contexte :
• À Roubaix (Nord), le groupe IDKIDS (enseignes Okaïdi, Obaïbi, Oxybul) a été placé en redressement judiciaire, avec environ 2 000 emplois concernés en France.
• L’enseigne de restauration Pomme de Pain, dont le siège est en Île-de-France, a également été placée en redressement judiciaire ; le réseau compte environ 36 restaurants.
• À Aurillac (Cantal), le fabricant de couettes et d’oreillers Abeil est en procédure collective avec recherche de repreneur, ce qui concerne plusieurs dizaines d’emplois sur le site.
• Le sous-traitant télécom PCE Services, présent sur plusieurs sites en France, a été placé en liquidation judiciaire, avec environ 200 emplois supprimés.
• À Fouilloy (Somme), l’entreprise Marron Travaux Publics a été placée en redressement judiciaire ; le site non repris concerne 82 salariés.
• Le fabricant d’éoliennes Vergnet, à Orléans (Loiret), est en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité, avec l’ensemble des emplois menacés en l’absence de repreneur.
• Le groupe Somfy, dont le siège est à Cluses (Haute-Savoie), a annoncé 550 suppressions de postes dans le monde, dont environ 350 en France.
• IBM France a engagé un projet portant sur environ 300 suppressions de postes sur ses implantations françaises, notamment en Île-de-France.
• Le groupe SeLoger – MeilleursAgents, basé à Paris, a annoncé 275 suppressions de postes.
• Chez Ubisoft, au siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne), une procédure de départs pouvant aller jusqu’à 200 postes a été engagée.
• À Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), l’équipementier automobile Lisi Automotive a annoncé la fermeture du site, avec 135 emplois concernés.
• À Wintzenheim (Haut-Rhin), la société de métallurgie Bräcker a décidé la fermeture de son site, entraînant la suppression de 30 emplois.
• À Fromelennes (Ardennes), l’usine Tréfimétaux a fermé, avec 35 emplois supprimés.
• À Vire (Calvados), la société de mécanique CMI a cessé son activité, entraînant la suppression de 11 emplois.
• Le distributeur Auchan a engagé la cession de 91 supermarchés à travers la France au Groupement Mousquetaires, ce qui concerne plusieurs milliers de salariés dont l’avenir dépend des conditions de reprise.
• L’enseigne Nature & Découvertes, dont le siège est à Versailles (Yvelines), a été mise en vente, avec des emplois dépendant d’un éventuel repreneur.
• À Cholet (Maine-et-Loire) et à Vannes (Morbihan), Michelin a annoncé la fermeture de ses sites, représentant plusieurs centaines d’emplois.
• Le groupe SKF a engagé une réorganisation européenne prévoyant 1 700 suppressions de postes, dont une partie en France.
• À Allonnes (Sarthe), NTN Transmissions Europe a annoncé 158 suppressions de postes.
• À Jarrie (Isère), Arkema a annoncé 154 suppressions de postes.
H16
19/2/2026

Cybersécurité : un dossier indispensable du 10e Homme

Dans une actualité particulièrement chargée, deux éléments surnagent actuellement :

1 – Il semble assez clair que les autorités vont tout faire pour limiter votre accès aux réseaux sociaux, et tout faire aussi pour que votre identité soit pistée, que vous soyez constamment suivi et épié pour bien s’assurer que vous n’émettiez pas de propos séditieux, ou que vous n’ayez pas accès à des informations brisant la Vérité Officielle Gouvernementale et qui pourraient vous stresser.

2 – Dans le même temps, il semble tout aussi clair que l’État est complètement incapable de sécuriser les données qui vous concerne, et qu’il s’empressera de gaffer monumentalement avec votre identité, vos données ou saboter votre vie de la façon la plus désinvolte et incompétente possible.

Bref, l’avenir semble bouché.

Il n’y a cependant pas de fatalité et Le 10ème Homme avait consacré en 2023 tout un dossier sur les moyens dont le particulier dispose pour limiter son « empreinte numérique » ainsi que limiter les risques d’usurpation et autres joyeuseté auxquelles les Français semblent inexorablement soumis actuellement. Remis au goût du jour, ce dossier est encore plus d’actualité.

Et ça tombe bien, vous pouvez vous le procurer à ce lien pour un prix vraiment amical.
Charles Alloncle
est à Assemblée nationale.
17/2/2026

Adjoint d’Anne Hidalgo depuis 2020, Arnaud Ngatcha continue depuis 6 ans à percevoir une double rémunération issue de fonds publics, dont les deux à temps plein, au titre de son mandat municipal et de ses fonctions de directeur à France Télévisions.
Dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en 2020, il indiquait 100.916 € nets de revenus versés par France Télévisions (donnée publique), auxquels s’ajoute une indemnité d’environ 60.000 € liée à son mandat d’adjoint à la maire de Paris.
Ce cumul correspond à deux activités présentées comme exercées à temps plein, toutes deux financées par l’argent public. Interrogé sur cette situation, Arnaud Ngatcha a refusé de répondre, invoquant le respect de la « vie privée ».

Cliquer sur l'image ↴
Monique Plaza
19/2/2026

CYBERATTAQUE MASSIVE : 1,2 millions de comptes bancaires français piratés

Bercy vient de confirmer une intrusion de grande ampleur dans le fichier FICOBA, qui recense tous les comptes bancaires ouverts en France.
Ce qui a été volé :
• Coordonnées bancaires (RIB/IBAN)
• Identité du titulaire
• Adresse
• Dans certains cas, l'identifiant fiscal
Comment est-ce arrivé ?
Un pirate a usurpé les identifiants d'un fonctionnaire ayant accès au fichier dans le cadre d'échanges entre ministères.
Le danger concret, c'est les faux prélèvements.
Avec un IBAN, un fraudeur peut se faire passer pour un créancier légitime et demander des prélèvements sur notre compte.
Il peut aussi souscrire des abonnements et services... payés par nous.

18 février 2026

Marc Amblard
16/2/2026

Amélie de Montchalin et la Cour décomptent

H16
18/2/2026

On n’est jamais si bien servi que par soi-même, surtout lorsqu’il s’agit de confiture. C’est probablement toute l’ampleur de la réflexion qui a présidé à la prochaine nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes.


Ainsi donc, alors que l’inénarrable Pierre Moscovici quitte avec panache son poste de Président de la Cour des Comptes, Amélie va devenir la première femme à ce poste… Ah non, zut, il y a plusieurs erreurs dans la phrase précédente : on me fait savoir dans l’oreillette que la première femme à ce poste sera l’actuelle présidente faisant fonction, Carine Camby, qui assure l’intérim depuis le 1er janvier dernier (raté pour Amélie).

Et surtout, il n’y a eu aucun panache dans le départ de Pierre tant son passage dans l’institution aura laissé un goût amer au citoyen français : refus de publier un rapport critique sur l’immigration pour ne pas froisser les débats en cours, déclarations anti-austérité dès son arrivée et même des jugements tranchants sur les dépenses « hors de contrôle » alors qu’il a lui-même, en tant que ministre du budget, participé à l’accroissement irraisonnable de la dette française, on comprend mieux son exfiltration vers une autre Cour des comptes, européenne celle-là, sans doute pour donner un peu d’ampleur à la catastrophe économique française.

Montchalin va donc prendre les rênes d’une Cour des comptes sans crédibilité, sorte de balance sans fléau et qui ne risque pas d’en regagner une, tant sa nomination tient d’un véritable scandale, heureusement camouflé par le volet français de l’affaire Epstein puis, plus récemment encore, par les dérapages sanglants de la racaille gauchiste.

Et cette fois-ci, à l’exception évidente de la macronie, les protestations sont montées de tous les côtés politiques : scandale d’État pour les uns, dérive illibérale pour les autres, « aux antipodes de l’éthique » selon le sénateur LR Hugonet, et même à l’intérieur de ce qui était, jadis, une vénérable institution montent à présent des critiques.

Il faut dire que nommer à cette Cour comme juge des comptes de la nation la personne même qui les a établis, c’est peut-être un joli geste technique de professionnel de la politique politicienne pour Macron mais ça n’en reste pas moins très visible et particulièrement détestable à plusieurs titres.


Bien sûr, ce petit côté « Juge et Partie » est immédiatement ressorti des critiques de tous les bancs politiques : Amélie établit les comptes de 2025 et Montchalin les audite en 2026, dans un conflit d’intérêt aussi évident que décontracté qui ne dérange pas un Exécutif largement décomplexé de l’outrance pour l’avoir pratiquée depuis huit ans. Après tout, nommer l’artisan du déficit pour auditer la dette, c’est demander au pyromane de rédiger le manuel de sécurité incendie, et on sait à quel point la macronie aime déclencher des feux.

Mais avec cette nomination, le scandale est plus profond.

D’une part, Montchalin est une macroniste de la première heure, et s’ajoute donc aux autres grognards du Président qu’il a déjà placés pour garantir la continuité de ses méfaits dans toutes les institutions de la Vᵉ République ainsi transformée en véritable Franchise Macron (cette méthode commerciale spécifique, hein, pas ce trait de caractère dont il est complètement dépourvu). Prenant sans doute exemple sur Mitterrand qui a largement usé du même mécanisme pour garantir que sa version très spéciale de la Socialie triomphante perdurerait bien au-delà de son cancer, Macron s’assure ainsi que la destruction méthodique du pays pourra continuer sans rencontrer trop de freins. Ce n’est plus de gestion de l’État qu’il s’agit ici, mais d’occupation, de véritable colonisation politico-institutionnelle.

D’autre part, à 40 ans et à un poste qui est à peu près inamovible, les Français pourraient donc avoir 28 longues années de ce concombre peu vitaminé à la tête de la Cour des comptes. Certes, cette Cour n’a aucun pouvoir coercitif d’importance mais elle a un pouvoir narratif et ses rapports sont régulièrement utilisés pour orienter la politique du pays, ou commodément camouflés pour permettre d’y tenir l’un ou l’autre discours que ses analyses fusilleraient. Vraisemblablement, Montchalin sera encore rue Cambon quand on aura oublié le nom du dernier Premier ministre de Macron, et elle continuera donc d’empoisonner longtemps la vie politique française.

Car il ne faudrait surtout pas oublier que Montchalin était ministre de la Transformation publique pendant le scandale McKinsey (2022), dans lequel il fut établi que de très importantes dépenses avaient été engagées auprès de ce cabinet, en parfait doublon d’institutions pourtant chargées des mêmes travaux. Montchalin avait à l’époque largement défendu ce recours aux cabinets et minimisé le scandale dont les répercutions furent parfaitement nulles.

Or, par construction, la Cour des comptes est précisément celle qui contrôle ces dépenses. Voilà qui augure d’un traitement exemplaire quand des faits comparables seront mis au jour.


Enfin, on ne pourra se passer de constater le cynisme parfait de placer à la Cour des comptes celle qui a directement participé à établir un budget catastrophique, avec 5,8 % de déficit, et ce alors que la dette frise les 113 % d’un PIB qui peine franchement à croître, alourdissant à 74 milliards d’euros les charges d’intérêts qu’on pressent de plus en plus difficile à payer.

En pratique, ce qui se joue avec cette nomination dépasse largement le cas Montchalin : c’est le symptôme d’un pouvoir qui, faute d’avoir convaincu, a décidé de durer autrement, non par les urnes, mais par les organigrammes. C’est aussi une mutation des institutions pour les faire passer de la vérification à la validation. Exactement comme pendant tout son mandat, en plaçant une figure de proue de l’exécutif à la tête de l’organe censé le contrôler, Macron ne cherche plus seulement à se protéger, il cherche à abolir la notion même de responsabilité.

La dette publique finira, d’une manière ou d’une autre, par être refinancée, restructurée ou diluée par l’inflation. Mais la dette morale contractée lorsque le contrôleur et le contrôlé se confondent, elle, se paie autrement : en défiance, en abstention, en retrait civique.

Et ce passif-là ne figurera dans aucun rapport annuel.


https://h16free.com/2026/02/18/83494-amelie-de-montchalin-et-la-cour-decomptent

16 février 2026

L'encre Libre
17/2/2026

17 FÉVRIER 1673 : DÉCÈS DE MOLIÈRE

Il y a 353 ans mourait Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, acteur et auteur dramatique, génie du théâtre français, mort littéralement sur scène (ou presque).

Qui était Molière ?
Fils de tapissier du roi, il abandonne la bourgeoisie parisienne pour devenir comédien (métier méprisé, excommunié par l'Église !). Il crée sa troupe, galère en province pendant 13 ans, revient à Paris en 1658, devient l'auteur favori de Louis XIV.
Ses chefs-d'œuvre : Le Tartuffe (1664, satire de l'hypocrisie religieuse), Dom Juan (1665, libertin athée impuni), Le Misanthrope (1666), L'Avare (1668), Le Bourgeois gentilhomme (1670), Les Femmes savantes (1672), Le Malade imaginaire (1673)...

La mort théâtrale :
Le 17 février 1673, Molière joue Argan dans Le Malade imaginaire (ironie tragique : il joue un hypocondriaque alors qu'il est vraiment malade : tuberculose, épuisement). Lors de la quatrième représentation, il est pris de convulsions sur scène, termine difficilement la pièce, est ramené chez lui rue de Richelieu. Il meurt quelques heures après, vers 22h, à 51 ans.
Problème : les comédiens sont excommuniés par l'Église, n'ont pas droit à des funérailles religieuses ni à une sépulture en terre consacrée. La femme de Molière, Armande Béjart, supplie l'archevêque de Paris, qui refuse. Elle écrit à Louis XIV, qui intervient. Compromis : enterrement religieux discret, de nuit, sans cérémonie, dans un coin du cimetière réservé aux enfants non baptisés. Humiliation posthume.

Ce que nous enseigne Molière :
La satire sociale : Molière se moque des hypocrites religieux (Tartuffe), des médecins charlatans (Le Malade imaginaire), des bourgeois prétentieux (Le Bourgeois gentilhomme), des avares (Harpagon), des précieuses ridicules... Il démonte les impostures de son époque.
Le courage de la critique : attaquer l'Église (Tartuffe fut interdit pendant 5 ans sous pression des dévots !), moquer les médecins (puissante corporation), ridiculiser la noblesse et la bourgeoisie... Molière prenait des risques.
L'hypocrisie de l'Église : elle condamne les comédiens comme pécheurs, refuse de les enterrer chrétiennement, mais le roi protège Molière parce qu'il le divertit. Double standard : le péché, c'est pour les pauvres, pas pour les artistes des puissants.
La mort de l'artiste épuisé : Molière s'est tué au travail. Auteur, metteur en scène, acteur principal, directeur de troupe, il jouait malade, épuisé. Le spectacle doit continuer, même si ça tue. Exploitation capitaliste de soi-même avant l'heure.
Le théâtre comme arme critique : Molière nous rappelle que l'art peut dénoncer, ridiculiser, déconstruire les pouvoirs et les hypocrisies. Le rire est subversif !
Aujourd'hui, relisons Molière : ses pièces restent d'une actualité brûlante. Les Tartuffe (faux dévots, escrocs moralisateurs), les médecins charlatans (gourous du bien-être), les bourgeois grotesques (nouveaux riches m'as-tu-vu) pullulent toujours !
Molière, patron des satiristes, des artistes engagés, de ceux qui osent rire des puissants !
Charles Alloncle
15/2/2026

4 milliards d’euros, soit près de 50 % du budget du ministère de la Culture, sont consacrés chaque année à l’audiovisuel public. Dans le même temps, à peine 5 % de ce budget est dédié à la sauvegarde de notre patrimoine en péril.
Plus de 67 000 monuments non protégés sont pourtant aujourd’hui en état critique, petits théâtres, églises rurales, moulins, phares, et un quart du patrimoine protégé est considéré comme dégradé.
Hier encore, le Louvre subissait une importante fuite d’eau, endommageant le bâtiment et de nombreuses œuvres, faute de moyens suffisants. Pourtant, les représentants des syndicats et de la Société des journalistes de Radio France refusent toute mise en perspective des moyens engagés, estimant que « l’information coûte de l’argent, c’est comme ça ».

H16
16/2/2026

Le fascisme vous salue bien


Quentin avait 23 ans et assurait la sécurité des militantes du collectif Némésis, une association de protection des femmes, lors d’une action à Lyon en marge d’une conférence donnée par l’égérie d’extrême-gauche Rima Hassan. Il a été pris à partie et lynché par des militants se réclamant de l’antifascisme, dont certains sont affiliés à la Jeune Garde, ce groupuscule fondé par le député insoumis Raphaël Arnault et dissous en Conseil des ministres en juin 2025.

Notez bien le « lynché » : il ne s’agit pas d’une petite bousculade, il n’a pas été légèrement contusionné au cours d’un échange de points de vue un peu vif, mais bien lynché et transporté inconscient à l’hôpital. Quentin a été déclaré en état de mort cérébrale puis est décédé ce samedi sous les coups d’un antifascisme moderne, cette étiquette qu’on colle sur les battes de baseball pour s’assurer que les coups portés soient démocratiquement corrects.

Ce qui vient de se passer, et l’outrage qui monte sur les réseaux sociaux notamment, démontre plusieurs choses essentielles.

D’une part, c’est la façon dont la presse française a relaté ces événements qui interpelle quiconque possède encore un minimum de bon sens et de décence.

Comme l’extrême-gauche se retrouve, une fois de plus, du très mauvais côté de l’affaire, les rédactions journaleuses se sont empressées de minimiser les faits avec un zèle stakhanoviste : BFMTV par exemple rivalise d’euphémismes, France Intox parle d’agression sans évoquer l’issue fatale,… Le JDD a même documenté l’indignation suscitée par des médias parlant tranquillement de « rixe » et d' »affrontements » là où les images et les témoignages décrivent sans ambiguïté un passage à tabac en règle, mortel de surcroît. La dissymétrie des coups semble se corriger avec la symétrie des titres.


La mécanique est rodée : il s’agit d’abord d’opérer un renvoi dos-à-dos des violences, comme si l’agresseur et la victime partageaient une responsabilité symétrique. L’épave journalistique Libération n’a pas failli à sa réputation de médiocrité en titrant fièrement sur un « militant d’extrême droite grièvement blessé après une rixe », trouvant même le moyen de propulser Quentin à l’extrême droite et jeter Jordan Bardella dans l’affaire, parce qu’il ne faudrait pas que le lecteur oublie où se situe le vrai danger, n’est-ce pas.

Le Progrès, lui, a offert un cas d’école saisissant de dissonance rédactionnelle : son titre évoque sobrement « une rixe entre ultragauche et ultradroite », là où l’URL de l’article, vestige probable d’une première version plus honnête, conserve les mots « lynchage », « ultragauche accusée », « état grave » et « conférence de Rima Hassan ». On imagine la réunion de rédaction où quelqu’un a jugé que ces détails étaient superflus pour la bonne compréhension du lecteur. Inutile de s’étendre sur le fait que c’était un lynchage, que les assaillants étaient d’extrême-gauche, que la victime était entre la vie et la mort : tout cela aurait encombré un titre déjà bien chargé.

La presse française ne ment plus. Elle reclasse.

Il faut dire que l’affaire est particulièrement embarrassante, tant pour la presse que pour La France Insoumise.

Parmi la meute qui s’est acharnée sur Quentin, on trouve notamment Jacques-Élie Favrot, au parcours militant cohérent qui est assistant parlementaire LFI du député Raphaël Arnault, un antifa violent déjà condamné en mars 2025 pour violences volontaires en réunion suite à une agression survenue (quelle coïncidence géographique !) à Lyon en 2021. Il est toujours délicat de disserter sur la montée de la violence d’extrême-droite quand ce sont vos propres collaborateurs parlementaires qu’on retrouve dans les expéditions punitives d’extrême-gauche.


Mais au-delà de ce que cette couverture médiatique dévoile sur l’état moral de la presse française, il convient de souligner un point essentiel : rien de tout ceci n’arrive par hasard.

Les exactions de l’extrême-gauche se multiplient depuis des années sans rencontrer la moindre résistance sérieuse. On ne compte plus les invasions de facultés par ces sections violentes – de l’occupation de Tolbiac en 2018 à la prise de contrôle de Sciences Po Lyon par la Jeune Garde en 2024 en passant par l’évacuation policière de la Sorbonne la même année. On ne compte plus les interruptions de conférences jugées idéologiquement déviantes : Sylviane Agacinski empêchée de parler à Bordeaux par des groupes qui revendiquent ouvertement la censure, François Hollande chassé d’un amphithéâtre lillois par quatre cents militants qui détruisent ses livres au passage – et les intimidations physiques devenues routinières. Les black blocs, qui se réclament eux aussi de cette mouvance, détruisent systématiquement du mobilier urbain, des vitrines et des véhicules à chaque manifestation, qu’il s’agisse des banques saccagées à Lyon en 2023 ou des 600 commerces dévastés sur les Champs-Élysées en 2019, dans une indifférence générale qui confine à l’approbation tacite.

Tout cela est devenu si banal que plus personne ne s’en étonne, ce qui est précisément le but recherché : la violence politique devient structurelle le jour où elle cesse d’être scandaleuse.

En pratique et comme l’explique le criminologue Xavier Raufer, cette violence n’est pas un dysfonctionnement du système mais elle en est bien une composante fonctionnelle. Le pouvoir en place tolère – et parfois encourage implicitement – l’existence de ces groupes violents parce qu’ils servent un objectif politique concret : ils permettent d’entretenir un climat de tension permanente qui justifie des mesures d’exception, de discréditer par association toute opposition au régime, et de maintenir les citoyens dans un état de sidération où la soumission passe pour de la sagesse.

L’extrême-gauche violente est le chien d’attaque que l’on garde sans laisse, en feignant de ne pas voir qu’il mord, parce que sa seule présence suffit à faire rentrer tout le monde dans le rang.

L’explication peut sembler hardie, mais l’actualité la confirme de façon éclatante. Il suffit de regarder ce qui s’est passé le jour même où Quentin tombait sous les coups de nervis antifascistes : Emmanuel Macron annonçait vouloir mettre en place une peine d’inéligibilité obligatoire pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites et racistes ».

Admirable simultanéité : le jour même où s’exerce la violence politique réelle, physique, brutale, celle qui tue un garçon de 23 ans, de la gauche vers ses adversaires, le chef de l’État annonce forger un outil juridique taillé sur mesure pour éliminer de la compétition électorale quiconque déplaira au pouvoir.


Moyennant quelques accusations bien placées – et l’on sait avec quelle générosité le qualificatif de « raciste » est distribué ces temps-ci – les listes électorales de candidats vont nettement se clarifier. Parions que disparaîtront promptement les opposants sérieux à cet extrême centre macronien, lequel englobe au besoin toutes les tendances de la gauche, y compris la plus radicale, pour garantir qu’aucun vent populaire réellement favorable aux libertés ne puisse souffler sur les urnes.

Ainsi, comme un pied calleux dans un chausson moelleux, la France s’installe confortablement dans le fascisme. Le vrai, pas celui qu’on agite depuis trop longtemps comme un épouvantail dans les manifestations syndicalistes propres sur elles. Le vrai, celui qui frappe un jeune homme à mort dans la rue et le relègue au rang de simple participant à une « rixe » dans les colonnes du lendemain. Celui qui fabrique des lois pour exclure les dissidents du jeu démocratique. Celui qui laisse prospérer une milice idéologique en échange de son silence complice sur tout le reste et en vue de services futurs.

Et exactement comme prévu, c’est par l’antifascisme que tout arrive, inéluctablement. La formule prêtée à Churchill selon laquelle « les futurs fascistes s’appelleront antifascistes » n’est plus un aphorisme : c’est un compte-rendu.


https://h16free.com/2026/02/16/83453-le-fascisme-vous-salue-bien

15 février 2026

LA MORT DE QUENTIN, DIES IRAE

Gabriel Nerciat


- 15/2/2026 - Des jeunes gens comme Quentin, des étudiants nationalistes un peu bagarreurs mais catholiques observants et férus de philosophie politique ou religieuse, j'en ai fréquentés plusieurs dans ma jeunesse et au début de ma vie d'adulte. Et même si je ne leur ressemblais pas en tout, je les aimais profondément.
Le meurtre glacial de ce jeune homme par des sicaires Antifas lyonnais est bien plus qu'un drame et une iniquité ; il annonce d'autres morts et le début de tragédies futures dont on peut craindre qu'elles emportent une partie des jeunesses occidentales vers d'inexpiables guerres civiles ou urbaines des deux côtés de l'Atlantique (aux États-Unis, d'ailleurs, c'est déjà le cas, comme on a pu le voir ces derniers mois à Minneapolis, où même Trump a été contraint d'abdiquer).
Les blasés et les hypocrites viendront me dire que la violence politique a toujours existé, qu'en 68 c'était pire, que les jeunes aiment bien se foutre sur la gueule, que ce n'est qu'une diversion alimentée par le pouvoir ou les médias pour qu'on ne parle pas de ceci ou de cela, etc, etc.
Mais ce n'est pas vrai, ou ce n'est vrai qu'en partie : j'ai vu de près des batailles rangées entre militants FAF et hordes gauchistes au Quartier latin dans les années 1990-2000 ; elles n'avaient rien de commun avec ce qui se passe aujourd'hui, où des nervis en grappe se précipitent sur un homme à terre pour le lyncher et le rouer de coups dans la tête qu'ils savent très bien pouvoir être mortels (le plus fanatique des boutefeux lambertistes ou anarchistes n'aurait jamais fait ça il y a encore vingt ans).
On a écrit des livres entiers de sociologie politique ou historique pour expliquer comment et pourquoi à telle ou telle époque une nation se décompose au point qu'il devient habituel et même légitime de chercher à éliminer tel ou tel de ses compatriotes ou de ses voisins. Des amis libanais ou yougoslaves m'en ont parlé jadis, mais j'éprouvais la fatuité des Européens de l'Ouest qui pensent que ça n'arrivera jamais ici.
Les guerres civiles sont comme l'amour déformé par le cinéma ou la pornographie : leur représentation caricaturale, méticuleuse ou lyrique ne correspond pas à l'expérience vécue dans l'intimité des chairs humaines.
Plus une nation se fragmente au contact de crises intérieures et extérieures, plus il devient difficile et même insensé de chercher à faire rentrer dans leur lit des fleuves furieux qui débordent.
Entre les hommes qui sont restés fidèles à une terre et ceux qui veulent pouvoir reconfigurer sauvagement le monde à leur guise, il ne peut pas y avoir de destin commun ni même peut-être de langue commune. Au-delà des haines de classe et des passions religieuses, c'est peut-être aussi dramatiquement simple que cela.
Quand je vois ce qu'écrivent sur les réseaux sociaux ceux qui ont connu Quentin et ceux qui cherchent à amoindrir sinon à justifier sa mort (FB a supprimé en quelques heures plusieurs statuts de militants de gauche – pas seulement LFI mais aussi écologistes – qui se félicitaient de voir enfin vengé Clément Méric), je ne suis pas loin moi-même de hurler de rage et d'appeler intérieurement certains actes que la loi et la morale chrétienne réprouvent.
Pour autant, je sais très bien que c'est parfaitement idiot.
Comme d'ailleurs était totalement idiote (je rejoins tout à fait sur ce point l'excellente Gersende Bessède, injustement vilipendée) la décision de Némésis d'aller chahuter la conférence de Rima Hassan à l'Institut des Sciences politiques de Lyon (qu'on l'aime ou pas, cette dernière est une élue de la Nation, et a droit de se produire librement dans tous les lieux publics où elle est invitée). Il serait peut-être temps que les activistes droitards se montrent un peu plus malins que les décervelés gauchistes qu'ils prétendent combattre et qu'ils ne font la plupart du temps qu'imiter.
Mais l'essentiel demeure : un des nôtres est mort, fauché par des salopards masqués à l'âge de 23 ans. Et aucune parole d'apaisement ne parviendra à calmer la colère que cette mort est en train de faire germer en nous.
Comme aurait dit une infante espagnole, il ne suffira pas de laisser tomber les eaux.
Dessin de Chaunu