Translate

Affichage des articles dont le libellé est - ACTUALITES INTERNATIONALES. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est - ACTUALITES INTERNATIONALES. Afficher tous les articles

17 septembre 2026

Jacques COTTA
15/9/2026

AFD en Allemagne, RN en France, PSD en Suède, la preuve par trois

La victoire de l’AFD – Alternative für Deutschland ou encore alternative pour l’Allemagne – aux élections régionales de Saxe-Anhalt, avec 43,8 % des voix, soit 20,8 % de plus par rapport aux dernières élections régionales de 2021, avec un taux de participation record, a résonné en Europe en général et en France en particulier comme un véritable coup de tonnerre. À entendre nos commentateurs attitrés de tout bord, le nazisme serait de retour. Le qualificatif d’extrême droite pour baptiser l’AFD serait donc insuffisant et le danger outre-Rhin serait annonciateur du drame qui nous guetterait en 2027 avec l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir.

Les réactions sur la situation allemande, parfois apeurées et sincères, expriment, chez les responsables français, à droite comme à gauche, la volonté de donner une nouvelle vie au « fameux front républicain » qui au nom de « l’anti-fascisme » a vu la gauche, LFI en tête, faire élire des députés macronistes, et des macronistes faire élire des députés LFistes. Et de Front républicain en Front républicain, voilà où nous en sommes, en Allemagne avec l’AFD, en France avec le RN.

Fantasme et falsification

Qualifier l’AFD en Allemagne ou le RN en France de partis nazis, c’est d’abord réaliser une banalisation insupportable de ce qu’ont été le nazisme et ses crimes. Ni le RN, ni l’AFD ne sont nazis. Ni l’un ni l’autre ne se distingue par l’existence de bandes armées spécialisées dans la chasse aux militants ouvriers, aux syndicalistes ou politiques opposés à leur orientation. Ils sont des partis de rechange du système dont le capitalisme a besoin face à la faillite des vieux partis incapables aujourd’hui de gérer ses affaires.

L’AFD créé en 2013 par d’anciens responsables de la CDU, parti traditionnel de la droite allemande, et par une série de « professeurs » d’économie notamment, se fonde sur une orientation euro-sceptique. Dés le début, il se présente comme anti-euro, puis anti-Union européenne, avec comme proposition phare la dissolution progressive de la zone euro pour aboutir à de petits blocs d’unions monétaires plus homogènes. Si ces positions définissaient le nazisme, bon nombre de citoyens devraient être mis au banc des accusés. Et sans doute serions nous dans la liste…

Sur ces positons, l’AFD recueille six mois seulement après sa création 2 millions de voix, soit 4,7% des suffrages. Depuis 2015, la crise migratoire en Europe influence la politique dans chaque pays d’Europe et donc en Allemagne. La politique de la chancelière Merkel basée sur des préoccupations économiques – l’Allemagne a besoin de main d’œuvre – et humanitaires, qui se solde par l’entrée de plus d’un million de migrants, au début bien accueillis, apporte à l’AFD une aide inespérée. La difficulté à gérer convenablement l’accueil, les débordements de la nuit de la Saint-Sylvestre – avec viols massifs et chasse aux blanches notamment dans les rues de Berlin – et la montée du terrorisme – attentats perpétrés par l’État islamique en Europe et bientôt aussi en Allemagne – permettent à l’AFD de progresser encore en ajoutant à sa ligne euro-sceptique une orientation anti-immigration et anti-Islam.
En 2017 il totalise 12,6% des suffrages pour atteindre donc 43,8% en Saxe Anhalt en 2026.

Leçons germaniques, françaises mais aussi… suédoises

À la fin de son poème satirique sur la révolte ouvrière de Berlin-Est écrasée dans le sang en 1953 par les chars de Staline, Brecht écrit ironiquement : « Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? ».

Quelle phrase plus explicite pour évoquer des autorités, des responsables, des partis désavoués par les citoyens qui en viennent à nier la position du peuple, à lui tourner le dos et en définitive à rejeter la légitimité du peuple lui-même.

La parole de Brecht s’applique à merveille à la situation présente et permet de comprendre l’ascension de partis comme l’AFD en Allemagne, le RN en France ou encore le succès de la gauche en Suède.

Les peuples ne veulent plus du mythe européen dont les autorités imposent, avec la complicité des gouvernements, des politiques contraires à leurs intérêts. Les budgets militaires qui pillent les finances nationales, la vie chère, l’emploi au rabais avec une remontée notable du chômage, le salaire à la baisse avec la désindexation sur l’inflation et les prix, la portion congrue pour les services publics nécessaires, indispensables notamment pour les plus faibles, la guerre comme ligne d’horizon, les peuples n’en veulent pas. Et pourtant tous, de gauche comme de droite, expriment la soumission à l’union européenne, chacun à sa façon, chacun en faisant mine parfois de s’y opposer, mais tous sur la même ligne.

Les peuples sont inquiets d’un islamisme menaçant, qui aujourd’hui rend banal la menace de décapitation adressée à des enseignants ou instituteurs à la porte de leur établissement. Et la gauche « antifasciste » qualifie celui qui exprime cette inquiétude d’ « islamophobe », de « raciste », de « fasciste ». Les mêmes d’ailleurs à gauche, les Insoumis, De Panot à Mélenchon, réclament l’autorisation du port de l’abaya pour les petites filles de 8 ans comme « signe de liberté et de tolérance ». Quelle trajectoire tragique !

Le succès de l’AFD en Allemagne comme du RN en France est le produit de ces opposants de pacotille. Ils sont la force principale du mal qu’ils disent vouloir combattre. Et pour tenter de camoufler leurs méfaits, ils accusent bien sûr les peuples d’être racistes, fascistes, voire nostalgiques du nazisme, d’être à l’image des responsables dont les arrière-pensées ne manquent pas pour tenter d’arriver au pouvoir. Responsables et arrière-pensées de toute part. Chez Bardella qui se précipite voir les chefs de l’AFD. Chez Mélenchon qui jette par-dessus bord son attachement passé à la laïcité pour se ranger derrière un islamisme qu’il voit comme un atout électoral.

En Suède aussi la leçon mérite d’être tirée. Et une fois n’est pas coutume, c’est une note optimiste qui se dégage.
Le parti social démocrate de Magdalena Andersson tire profit d’une prise en compte des préoccupations populaires, notamment sur la question de l’immigration et de la sécurité. La position adoptée défend une immigration restrictive, adaptée aux capacités d’intégration du pays, mettant l’accent sur l’ordre, la lutte contre la ségrégation, le travail, la maîtrise du suédois et la responsabilité individuelle, tout en maintenant le droit d’asile.

La Suède est assez éloignée du modèle prôné par notre « gauche » bien pensante, partisane de la suppression des frontières, favorable en fait à la mondialisation et aux échanges sans contrôle, qui voit d’un bon œil, ou qui préfère ne pas voir, au nom des bons sentiments, l’entassement de migrants sous des tentes porte de la Chapelle, dans les rues, ou sous le métro aérien à Paris.

La gauche suédoise n’a pas choisi de « dissoudre le peuple suédois », mais de l’écouter, le comprendre, lui répondre, et, de la sorte, s’est donnée les moyens, contre toute attente, de remporter les dernières élections législatives et faire baisser ses opposants d’extrême droite.

Une politique claire, parfois discutable, mais compréhensible, vaut décidément mieux que toutes les ignorances, bêtises, ou incantations démagogiques.

22 juin 2026

Edmond Dantès
22/6/2026


C'est officiel : l'agent le plus virulent du wokisme, de la dhimmitude, du transgenrisme importés du mandat de Biden vient de tomber. Keir Starmer, ce champion autoproclamé du progressisme, ce destructeur zélé des frontières, de la méritocratie et du bon sens, quitte enfin le 10 Downing Street la queue entre les jambes, après à peine deux ans d'un règne calamiteux.
Son projet d'alliance toxique entre l'idéologie arc-en-ciel, l'ouverture inconditionnelle aux flux migratoires incontrôlés et la soumission culturelle face aux exigences islamistes s'effondre sous le poids de sa propre hypocrisie et de la réalité qu'il a niée avec tant de morgue et d'arrogance que même Macron passerait pour un amateur. Les Britanniques, lassés des priorités inversées où les hommes en robe accèdent aux vestiaires des femmes, où les rues de Londres résonnent plus des appels au califat que du God Save the King, et où l'économie s'enlise dans le verdissement fanatique et la bureaucratie DEI, ont fini par hurler leur ras-le-bol.
Starmer incarnait le parfait technocrate globaliste, laquais parmi les laquais de cire serviles du Forum économique mondial : extrêmement loquace quand il s'agissait de régurgiter ses algorithmes creux "d’égalité" et "d’inclusion", et totalement mutique, sourire figé, face aux grooming gangs pédophiles pakistanais qui sévissent en toute impunité, violant près de 250 000 femmes et fillettes britanniques depuis le tournant des années 2000. Une abomination industrielle étalée sur près de 30 ans, pendant que les autorités du Labour, coupeur de langue, fermaient les yeux en agitant la banderille du "racisme" face aux lanceurs d'alerte. Ce bourreau de l’enfance britannique a laissé des centaines de milliers de filles blanches des quartiers populaires être droguées, violées en série, trafiquées et converties de force, tout en criminalisant quiconque osait nommer le profil ethnique et culturel des bourreaux.
Il fut aussi le saboteur de la sécurité nationale, le sacrificateur des vétérans abandonnés dans la rue pendant que les hôtels luxueux accueillaient les clandestins ; le pilleur de l’économie, saignant les classes moyennes avec des taxes vertes délirantes et une inflation aggravée par une immigration de masse non assimilée ; le censeur de la liberté d’expression, transformant la police britannique en milice de la pensée woke prête à arrêter des grand-mères pour un tweet pendant que les appels au jihad défilaient impunément.
Sa chute n’est pas un accident ; c’est la sanction logique d’une trahison nationale de grande ampleur. Que les Burnham ou autres dauphins du même sérail se préparent : le réveil populaire ne s’arrêtera pas à ce pantin. L’heure GMT est venue de réinvestir le contrôle sur nos frontières, notre culture, nos institutions, notre justice, nos universités, nos médias et notre avenir. Le wokisme a perdu un général, mais la bataille pour le sauvetage de l’âme occidentale ne fait que commencer.

8 juin 2026

Gabriel Nerciat
8/6/2026

L'EUROPE SUR LA PHOTO


Qui incarne l'Europe aujourd'hui à la face du monde ?
Trois dirigeants en sursis viscéralement détestés par leurs peuples (aucun d'entre eux ne sera encore au pouvoir dans moins de deux ans), qui s'affichent sans honte comme les domestiques rackettés d'un dictateur belliciste et stipendié – lequel aurait dû quitter le pouvoir à Kiev il y a deux ans.
Depuis l'adoption du traité de Maastricht, en 1992, qui a institué l'UE et la zone euro, la part de l'Europe (UEM) est passée de 25% du commerce mondial à moins de 15%, et à l'intérieur de l'UE, l'Italie vient cette année de dépasser la France en terme de PIB (on remarquera que Giorgia Meloni n'a pas été conviée à Londres ou bien a dédaigné de s'y rendre).
Le Vieux Continent a programmé consciemment son effacement historique, civilisationnel et démographique depuis 35 ans, mais ses élites les plus directement compromises dans ce lent suicide collectif adorent singer la puissance et l'union devant les photographes.
Attention, pauvres nains de jardin qui perd ses fleurs : prenez vite la pose, le petit oiseau va sortir. Mais dépêchez-vous.
Quand les aigles d'Ouest et d'Est arriveront dans le ciel, on ne le verra plus.

6 juin 2026

Gabriel Nerciat
5/6/2026

INSUFFISANCES ALLEMANDES


Je suis le premier à dire et répéter qu'entre le fondateur du dernier Reich allemand et le petit-fils du S.A qui lui a succédé à la Chancellerie, il y a plus d'une similitude (haine pathologique de la Russie, mépris de la France, fascination pour la chose militaire et enthousiasme certain en faveur des génocides, entre autres).
Mais quand même : le premier, confronté à la défaite, avait au moins eu la décence de prendre congé avec sa femme et sa chienne.
Ce n'est hélas pas le cas du second, semble-t-il.
Au besoin, son homologue russe, qui a déjà un jeune Alabai originaire du Turkménistan, pourrait peut-être recueillir le chien.

5 juin 2026

Régis de Castelnau
5/6/2026

Rubrique : parking

Bonne nouvelle. L’Allemagne conduite actuellement par Merz et Pistorius vient de se faire sévèrement renvoyer dans ses buts à l’ONU. Pour la première fois dans son histoire moderne, elle a été battue dans un vote pour les sièges temporaires du conseil de sécurité. Naturellement les deux dirigeants accusent la Russie de ce camouflet. Sans blague ?
Non, c’est simplement qu’une majorité des pays ont parfaitement compris que l’Allemagne avait à nouveau basculé dans le nazisme. En pleine commémoration de l’écrasement de la bête à Berlin en mai 1945, Merz (chancelier) et Pistorius (ministre de la défense) ont proféré des énormités démentes. Les héritiers des responsables de la mort de 27 millions soviétiques, n’ont pas hésité. L’un pour traiter les Russes de « barbares », laissant entendre qu’il fallait s’en débarrasser comme il l’ont tenté à partir du 22 juin 1941. L’autre disant « la Russie est de nouveau notre ennemi ». Pour recommencer Barbarossa ? On notera que les Allemands ont trouvé formidable l’entrée au Panthéon ukrainien de leurs collaborateurs en génocide pendant la deuxième guerre mondiale. Chassez le naturel…
Tout le monde comprend le danger de cette résurgence. À commencer bien sûr par les Russes. Mais cette fois-ci, on ne saurait trop conseiller à ces néonazis de se calmer. Cette fois-ci les moujiks ne seront pas pris par surprise.
S’ils bougent une oreille, leur pays sera transformé en parking.

7 mai 2026

Ewa Zajaczkowska-Hernik
Euro députée polonaise

- 6/5/2026 - C'est une véritable pathologie ! La Grèce a reçu la première cargaison de poulet congelé en provenance du Mercosur et 80 % de la viande était contaminée à la salmonelle ! Répercutons cela, car c'est ainsi que l'accord avec le Mercosur se concrétise en pratique.
Des analyses en Grèce ont confirmé que 3 tonnes de poulet en provenance du Brésil étaient contaminées, et toute l'affaire a été mise en lumière par les médias grecs, qui pointent les lacunes du système de contrôle. Et pourtant, les bureaucrates de l'UE, menés par von der Leyen, nous avaient assuré que tout irait bien ! J'ai mis en garde pendant des mois, et les FAITS successifs montrent que, en violant les traités européens, ils nous ont imposé un accord qui frappe non seulement notre agriculture, mais aussi notre santé !

Résumons les derniers cas révélés sur la ligne UE-Mercosur :
- du Brésil sont arrivées dans l'Union 62 tonnes de bœuf contaminé, dont 5 tonnes ont atterri sur le marché ! La viande contenait l'hormone œstradiol, interdite et cancérigène.
- d'Argentine est arrivé dans l'Union du tournesol contaminé, censé être pour la consommation, mais qui sera détourné vers le biodiesel, car les normes de pesticides ont été dépassées 5 fois .
- d'Uruguay sont arrivées en Pologne plus de 600 kg de bœuf aux hormones, avec des normes de progestérone dépassées dans la viande.
- du Brésil en Grèce est arrivée la première cargaison de poulet, et 80 % étaient contaminés à la salmonelle.
La Commission européenne d'Ursula von der Leyen a publié les résultats d'un audit confirmant que le Brésil NE CONTRÔLE PAS la qualité des aliments envoyés vers l'UE.

Et ce ne sont que les affaires qui ont été portées à la lumière ces derniers temps. L'accord avec le Mercosur, c'est un vrai cirque et une arnaque comme l'Union européenne n'en a jamais vu.
Au nom des intérêts économiques allemands, ils vont nous inonder de nourriture de mauvaise qualité sans en assumer aucune responsabilité. C'est l'accord le plus pathologique de l'histoire de l'UE. Pour le bien de notre santé et de notre marché, il faut le rejeter immédiatement et montrer à la Commission européenne le geste de Kozakiewicz !

↴

6 mai 2026

Radu Portocala

- 5/5/2026 - Je vois ici pas mal de commentaires qui saluent avec enthousiasme la chute du gouvernement Bolojan en Roumanie. Pourquoi cet enthousiasme ? Parce que tout le monde s’accroche au titre des dépêches qui parlent de « gouvernement pro-européen ». Donc, sur FB on imagine qu’il y a des chances pour qu’il soit remplacé par un gouvernement anti-européen. Il faudrait, cependant, assimiler l’idée qu’une telle chose n’existe pas en Roumanie. Les anti-UE ne représentent même pas 10 % de la population. Même les partis qui se disent souverainistes sont pro-UE - ce qui est, quand même, une remarquable absurdité. Il y a une simple raison à cela : la Roumanie est encore un de ces membres de l’UE qui reçoit de Bruxelles plus d’argent qu’elle n’en donne. Donc, tout le monde est content avec l’UE au-dessus de la tête. Les normes et les ukases de Bruxelles que nous critiquons ne gênent en Roumanie qu’une infime minorité. Si un référendum était organisé pour la sortie de l’UE, il serait rejeté avec au moins 90 % des votes.
Si j’ai un conseil à donner aux enthousiastes du vote de censure en Roumanie, c’est de ne pas juger la vie politique de là-bas avec les instruments intellectuels, les informations et les aspirations d’ici. La Roumanie n’est pas la France, même si la France a tendance à devenir une sorte de Roumanie.

5 mai 2026

Eric Vial
5/5/2026

Les juges, nos vrais maîtres ?

« Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles. »
Charles Péguy.

S’il voulait dégoûter des européistes, c’est réussi !
Ghislain Benhessa, docteur en droit, diplômé en philosophie, vient de publier un pamphlet captivant sur la crise de régime qui secoue actuellement l’Europe : « Nos vrais maîtres. Histoire secrète des hommes qui vendent la France à l’Union européenne (éditions l’Artilleur).
Passons outre le titre racoleur et tapageur. Car l’enseignant de l’université de Strasbourg livre ici une enquête fouillée, rare, sur ceux qu’il désigne comme les responsables de la décadence actuelle de l’Europe : les juges de la Cour de justice de Luxembourg, « les juges sont au cœur du réacteur de l’Europe ».
Pour Ghislain Benhessa, le constat est accablant. Les politiciens européens, dès le début de la construction européenne, ont livré la souveraineté des nations à des juges non élus et non représentatifs. Les peuples ont été spoliés. Pas de hasard ou de concours de circonstances. Pour lui, il s’agit bien d’une « machination » savamment orchestrée et organisée qui résulte en une confiscation de la démocratie.
Alors, l’avocat remonte le fil de l’histoire pour comprendre. Comment a-t-on pu en arriver là ? La presse, les électeurs, les commentateurs avaient tous les yeux rivés sur les politiciens. Ils ont omis de regarder du côté des juges qui ont manifestement su se faire oublier pour prendre le pouvoir insidieusement sur tout le continent.
L’enquête est palpitante. À la manière de Montesquieu, Ghislain Benhessa fouille dans les curriculum vitae des premiers fondateurs du droit européen et des codicilles de notre souveraineté. Il y découvre « des intrigues de salon qui suintent l’entre-soi », et le recyclage de magistrats antisémites qui ont fait les beaux jours du régime de Vichy.
Maurice Lagrange, le rédacteur du premier texte de l’Europe du charbon et de l’acier (1950), fut aussi celui qui a rédigé les lois antijuives et antimaçonniques du maréchal Pétain.
Le livre désigne d’autres responsables et ne s’encombre pas du respect dû aux morts : Michel Gaudet, Adolphe Touffait, Robert Lecourt… Ils passent tous à la moulinette. À cause d’eux, « le système européen de la supranationalité a été verrouillé. Impossible de s’en sortir sans divorce. »
L’écœurement des petites combines de ces courtisans qui veulent s’offrir une nouvelle virginité morale gagne vite le lecteur. Ces intrigants tissent leur toile en mettant, peu à peu, « la main sur la bureaucratie européenne ». Les révélations s’enchaînent. La cooptation pour les postes semble de mise. « Et la soupe est bonne. Un juge de Luxembourg émarge à plus de 300 000 €. »
Pour l’auteur, ces opportunistes européens qui agissent dans l’ombre n’ont qu’un but : rendre supérieur le droit européen sur le droit français afin de prendre le pouvoir.
Face à eux, la résistance de gauche et de droite, a tenté de s’organiser sans jamais y parvenir. Un Frexit était même sur la table dès 1965.
Le général de Gaulle, Michel Debré, Jean-Jacques de Bresson, Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg, Michel Aurillac, Philippe Séguin, Charles Pasqua, Philippe de Villiers, ont été les « empêcheurs de tourner en rond de l’Europe ». Mais, ils ont tous été victimes de campagnes de décrédibilisation qui ont mis un terme à leurs parcours politiques. Même Jacques Chirac a dû se résoudre à défendre l’Europe des juges. Pour l’essayiste, il est impossible de s’attaquer « au dogme de l’Europe » sans en subir les conséquences.
Finalement, dans une opacité totale, et malgré des « non » à des référendums, c’est l’Europe des juges qui a gagné.
Nous sommes bien loin de la philosophie de « l’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui prévoit que la loi est l’expression de la volonté générale. »
Alors, Ghislain Benhessa conclut et prophétise : « L’Europe, c’est le totalitarisme du bien. Personne ne peut croire longtemps en un système suicidaire, radotant à chaque crise qu’il faut plus d’Europe. »
Le brûlot a le mérite de nous interpeller sur la séparation des pouvoirs, de nous interroger sur cette question essentielle pour notre avenir : quelle Europe voulons-nous, celle des juges ou celle des citoyens ? Mais peut-être est-il déjà trop tard pour se la poser ?

14 avril 2026

Gastel Etzwane

- 14/4/2026 - L’article explique que le conflit au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix des carburants et de l’énergie, commence déjà à freiner la consommation des ménages français en mars 2026. Les secteurs les plus touchés sont le prêt-à-porter, la décoration, le meuble et la restauration.
Selon les chiffres de Procos, le chiffre d’affaires des enseignes non alimentaires a reculé de 2,2 % par rapport à mars de l’année précédente. Les Français adoptent une attitude d’attentisme : ils limitent les dépenses non essentielles, réduisent leurs sorties, privilégient l’épargne de précaution et reportent les achats d’ameublement ou de vêtements.
Les commerçants constatent une forte baisse des ventes, notamment dans les magasins de décoration et de meubles, où la fréquentation est en recul marqué. La restauration rapide et à table souffre également des hausses de coûts et d’une moindre fréquentation. Franck Lehuedé, directeur au Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, parle d’un « mode de consommation plus défensif » où l’acte d’achat doit désormais être justifié.
Cette situation s’ajoute aux difficultés structurelles déjà présentes (concurrence des plateformes chinoises, crise immobilière) et crée un climat d’incertitude qui pèse sur le moral des ménages et des professionnels.
L’ami américain ne se sent pas concerné par cela, du moment qu’on vient lui acheter son pétrole. D’ailleurs est-ce que le conflit entre la Russie et l’Ukraine n’a pas permis d’affaiblir l’Europe. C’était une des clés du projet américain, alors si on peut enfoncer un peu plus l’Europe en bloquant le détroit, c’est toujours bon à prendre.
Ce genre de géopolitique énergétique rappelle que les chocs externes frappent souvent plus durement le Vieux Continent, dont l’économie reste très dépendante des importations d’hydrocarbures, tandis que d’autres acteurs semblent mieux placés pour en tirer parti.

Gastel Etzwane

Le génie stratégique du siècle : fermer ce qui était ouvert pour mieux l’ouvrir


- 14/4/2026 - Avant de commencer à bombarder l’Iran, le détroit d’Ormuz était tout simplement… ouvert.
Les tankers passaient, le pétrole coulait, les Chinois, les Indiens et même quelques Européens remplissaient leurs réservoirs sans trop se poser de questions. Ce n’était pas l’objectif des bombardements. Personne, à l’époque, n’avait vraiment compris quel était l’objectif du président des États-Unis. C’était déjà un mystère.
Aujourd’hui, miracle de la diplomatie par canonnières : l’objectif semble enfin clair. Il s’agit d’obtenir l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Celui qui était ouvert avant la guerre.
Pour y parvenir, Donald Trump a écouté ses très proches conseillers militaires qui l’avaient pourtant alerté : « Si vous commencez à bombarder l’Iran, Téhéran risque de contrôler, voire de fermer le détroit. »
Il n’a pas écouté. Il a préféré suivre les conseils du Premier ministre israélien. Résultat : le détroit est devenu un péage iranien, puis un quasi-blocage, avec des navires « amis » qui passent moyennant finance et les autres qui font demi-tour.
Alors, pour rouvrir ce qui était déjà ouvert avant le début de la guerre, la meilleure solution trouvée a été… de le bloquer encore plus. Double blocus, US Navy en renfort, tankers qui fuient comme des moineaux. Brillant.
En résumé : une guerre qui a provoqué une conséquence géopolitique mondiale (la fermeture du détroit), pour atteindre un objectif qui n’existait pas au départ (la réouverture du détroit), en utilisant le moyen le plus direct : le bloquer davantage.
Il serait imprudent de dire que la politique américaine est incohérente.
Il serait encore plus imprudent d’essayer de comprendre l’objectif de tout cela.
Et il serait décidément très, très imprudent de se demander pourquoi Donald Trump s’aligne de façon aussi systématique sur la position du Premier ministre israélien.
Mais bon… au moins, les prix du pétrole russe Urals se portent bien. Merci qui ? Merci Trump, évidemment.

12 avril 2026

Marc Amblard

IRAN VS USA : ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS. C'EST REPARTI.


- 12/4/2026 - Hier, les discussions entre les USA et l’Iran ont échoué : Téhéran refuse de renoncer à son programme nucléaire et rejette par conséquent les conditions américaines.
Le vice-président J.D. Vance, peu favorable depuis le début à ce conflit, a quitté la table des négociations. Il est reparti hier soir sans accord de paix.
Les hostilités vont reprendre.
Cette guerre qui devait durer 3 à 4 semaines pourrait s’enliser durablement avec des conséquences économiques terribles, pour l’Europe notamment (coût de l’énergie, inflation…).
Elle pourrait également coûter les midterms au gouvernement qui perdrait alors le contrôle du Congrès au profit de la gauche en novembre prochain. Rien n'est sûr évidemment.
Toujours est-il que selon de récents sondages (Pew Research et AP-NORC), environ 56 % à 59 % des Américains estiment que l'action militaire a été "excessive" ou y sont opposés.

8 avril 2026

Georges Kuzmanovic (Fréquence Populaire Média)
8/4/2026

Cessez-le-feu Iran–États-Unis – victoire iranienne ou prélude à l'intensification de la guerre

Cessez-le-feu fragile, victoire revendiquée par tous. L’Iran crie succès, Washington parle de triomphe, mais rien n’est réglé. Désaccord sur le Liban, détroit d’Ormuz sous tension, négociations incertaines. Est-ce le début d'une paix ou une pause stratégique avant une possible reprise de la guerre ?


Un cessez-le-feu fragile qui ressemble à une victoire iranienne, mais peut masquer une pause stratégique

Après plus de cinq semaines d’affrontements, l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre l’Iran et les États-Unis, incluant Israël mais entouré d’ambiguïtés majeures, apparaît moins comme une sortie de crise que comme une suspension instable. Les déclarations contradictoires, l’incertitude sur le Liban, l’absence d’accord clair sur les termes politiques et les mouvements militaires en cours suggèrent une pause tactique davantage qu’un véritable tournant. À ce stade, la situation peut donner l’impression d’une victoire iranienne, mais cette lecture reste précaire tant les paramètres militaires et diplomatiques demeurent mouvants.

Des scènes de liesse ont été observées en Iran, où l’annonce du cessez-le-feu est perçue comme la preuve que le pays a tenu face à une campagne militaire destinée, selon Téhéran, à provoquer l’effondrement du régime. À Washington, à l’inverse, l’administration américaine affirme avoir remporté une « victoire décisive ». Ce double récit illustre, certes, le fait que chacun parle à sa population cible, mais surtout l’incertitude stratégique du moment. Car si victoire américaine il y a, elle paraît paradoxale. Le régime iranien est toujours en place, l’Iran conserve sa capacité de nuisance régionale et sa puissance militaire balistique, et le détroit d’Ormuz s’impose désormais comme un levier politique central contrôlé par l'Iran.

Une victoire aux conséquences stratégiques inversées

Dans cette configuration, la victoire revendiquée par Washington pourrait se traduire par un résultat inverse à l’objectif initial. L’Iran demeure intact politiquement malgré les frappes, le détroit d’Ormuz devient un instrument de pression durable, les monarchies pétrolières apparaissent plus vulnérables, et l’Iran se trouve renforcé comme puissance régionale incontournable. À terme, cela pourrait conduire à un repositionnement stratégique où certains États du Golfe chercheraient davantage à composer avec Téhéran, sous l’ombre portée de la Chine et de la Russie.

Le cessez-le-feu prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz pendant deux semaines, mais selon des modalités largement favorables à l’Iran. Les navires devront obtenir l’autorisation des forces iraniennes, et la possibilité d’un péage a été évoquée. Avec près de 3 000 navires en attente et moins de 200 passages quotidiens possibles, la reprise du trafic s’annonce lente et sous contrôle. Ce mécanisme transforme Ormuz en outil politique et économique. Même symbolique, un droit de passage représenterait des recettes quotidiennes importantes et surtout une reconnaissance de facto du rôle iranien dans la sécurisation du détroit.

Cette évolution est l’un des effets stratégiques majeurs du conflit. Avant la guerre, la fermeture d’Ormuz restait une menace théorique. Les combats ont démontré que quelques drones, mines et embarcations suffisaient à perturber durablement la navigation mondiale. Le détroit devient ainsi une arme stratégique permanente. Ce basculement constitue probablement l’un des échecs d’analyse les plus significatifs pour Washington et ses alliés.

Un accord encore flou et contesté

Les contours du cessez-le-feu restent néanmoins très incertains. Les autorités iraniennes évoquent un plan en dix points servant de base aux négociations, comprenant la levée des sanctions, des garanties de non-agression, la reconnaissance de l’enrichissement nucléaire et un rôle iranien dans la gestion d’Ormuz. La Maison Blanche affirme au contraire que ces conditions ne correspondent pas à l’accord conclu. Cette divergence traduit l’absence de texte commun et confirme le caractère fragile de la trêve.

La médiation aurait été rendue possible par l’intervention du Pakistan, avec un rôle décisif de la Chine, qui se serait proposée comme garant du processus. La Russie a également pesé en arrière-plan. Cette configuration diplomatique illustre l’émergence d’un cadre de négociation où les puissances occidentales ne sont plus seules maîtresses du jeu. L’ouverture de discussions à Islamabad confirme cette évolution vers une diplomatie multipolaire.

Mais la principale zone de friction concerne le Liban. L’Iran affirme que le cessez-le-feu inclut ce théâtre. Israël et les États-Unis soutiennent l’inverse. Le bureau du Premier ministre israélien a explicitement indiqué que les opérations contre le Hezbollah dans le sud du Liban se poursuivraient. Des frappes israéliennes ont d’ailleurs été signalées peu après l’annonce de la trêve. Cette divergence crée un risque immédiat de reprise des hostilités.

Téhéran a déjà averti que la poursuite des frappes au Liban pourrait remettre en cause la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce lien entre Liban et navigation maritime transforme la trêve en équilibre extrêmement fragile. La guerre pourrait reprendre non pas directement entre l’Iran et les États-Unis, mais par escalade indirecte via le Hezbollah.

Une pause stratégique plutôt qu’une paix

Plusieurs hypothèses circulent sur les motivations réelles du cessez-le-feu. Les États-Unis pourraient chercher à gagner du temps pour repositionner leurs forces dans la région. L’observation des mouvements militaires (concentration ou dispersion) sera déterminante pour comprendre l’intention stratégique. Certains analystes évoquent la nécessité pour Israël de reconstituer ses stocks d’intercepteurs après des semaines d’engagement intensif. D’autres avancent l’hypothèse d’un arrêt temporaire après l’échec d’opérations offensives récentes.

Le Pentagone a d’ailleurs laissé entendre que la campagne militaire pourrait reprendre immédiatement si les négociations échouent. Cette position confirme que le cessez-le-feu n’est pas conçu comme une paix, mais comme une suspension conditionnelle. Dans ce contexte, chaque camp tente de transformer la pause en avantage stratégique.

Les divisions internes iraniennes jouent également un rôle. Les partisans d’une escalade militaire auraient été déçus par la trêve, tandis que les pragmatiques y voient une opportunité de consolider les gains politiques. Le régime sort affaibli matériellement, mais renforcé symboliquement. Le peuple iranien reste la principale victime, confronté à des destructions importantes et à un probable durcissement politique interne.

Un échec stratégique pour Washington et Tel-Aviv ?

Le conflit met en lumière une double erreur d’analyse majeure. La première concerne la résilience du système politique iranien. Malgré l’élimination de nombreux responsables, la structure de commandement a continué de fonctionner. Le pari d’un effondrement rapide ne s’est pas réalisé. La seconde erreur concerne le détroit d’Ormuz, devenu un levier stratégique majeur pour Téhéran.

À ces éléments s’ajoutent des conséquences géopolitiques plus larges, à savoir une crédibilité américaine fortement écornée, un accroissement de la puissance de la Chine et de la Russie, l'affirmation d’une diplomatie alternative menée par les pays du Sud Global. La tentative au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser l’ouverture du détroit par la force a échoué face au veto russo-chinois. Ce blocage illustre l’impossibilité d’une solution coercitive internationale et renforce la centralité de la négociation.

Dans ce contexte, la trêve apparaît comme une sortie diplomatique après l’échec de la stratégie militaire. La force n’a pas permis d’obtenir les objectifs politiques initiaux. La diplomatie, soutenue par des puissances extérieures, impose désormais le tempo.

Une paix encore improbable

Malgré l’arrêt temporaire des combats, les chances d’une paix durable restent faibles. Les divergences sur le Liban, l’absence d’accord sur les conditions politiques et la possibilité d’une reprise rapide des opérations maintiennent un risque élevé d’escalade. Chaque cessez-le-feu dans ce conflit a jusqu’ici précédé une nouvelle phase de combats.

Si la situation se stabilisait, l’Iran pourrait apparaître comme le principal bénéficiaire stratégique : maintien du régime, reconnaissance implicite de son rôle régional, contrôle sur Ormuz, renforcement diplomatique, perception internationale très positive dans le Sud Global. Mais cette lecture dépend entièrement du respect de la trêve. La moindre violation pourrait relancer le cycle de confrontation.

Pour l’heure, le cessez-le-feu ressemble à une victoire iranienne sur le plan politique, mais à une victoire instable, suspendue à des équilibres militaires fragiles. La guerre n’est pas terminée ; elle est simplement entrée dans une phase d’incertitude où diplomatie et stratégie s’entremêlent. Les prochains jours, et notamment la question du Liban et les mouvements militaires américains, détermineront si cette pause marque le début d’un compromis durable ou seulement l’entracte d’une nouvelle escalade.

D'ailleurs, à l'heure où nous écrivons et selon l'agence iranienne officielle Fars, le détroit d'Ormuz semble à nouveau être bloqué par l'Iran, suite à l'attaque israélienne sur le Liban (à Beyrouth) qui selon les premiers bilans aurait fait plus de 90 morts et plus de 720 blessés selon le ministère de la santé libanais.

Tout est fragile et instable.

Natalia Routkevitch
7/4/2026

L’EXTENSION DU CHAMP DE BATAILLE

"Quelle que soit l’issue de leurs interventions, même les plus folles, ils n’ont ni réparations à verser, ni comptes à rendre, ni leçons à retenir."

Le sociologue allemand Wolfgang Streeck, l’un des analystes les plus intéressants du néolibéralisme et des mutations des démocraties occidentales, présente ici sa vision de la crise planétaire et de ses évolutions possibles, en mettant l’accent sur les constantes de la politique étrangère allemande et celle des États-Unis.
L’entretien est paru dans la Frankfurter Rundschau il y a quelques jours, avant la multiplication des menaces d’anéantissement de la civilisation persane. Cela constituerait une extension véritablement dramatique du champ de bataille...
On a toutefois de plus en plus l’impression d’assister à un prêche adressé à un cercle de fidèles – qui se rétrécit – ou à une conversation avec soi-même…
You don't need to believe in hereafter
Just believe in me
Because Jesus He knows me and He knows I'm right
I've been talkin' to Jesus all my life
Oh, yes He knows me and He knows I'm right
Well, He's been tellin' me everything's gonna be alright

La guerre israélo-américaine contre l’Iran a plongé les marchés financiers dans la tourmente et suscite une inquiétude croissante dans les économies nationales. Cela vous rappelle-t-il le choc pétrolier des années 1970 ?

Pas vraiment. À l’époque, la situation restait relativement maîtrisable : il ne s’agissait guère que d’un cartel de producteurs au Moyen-Orient. Aujourd’hui, grâce à la fracturation hydraulique, les États-Unis sont devenus autosuffisants sur le plan énergétique et peuvent se permettre toutes sortes de dérives, y compris la destruction systématique des infrastructures énergétiques, non seulement en Iran mais dans l’ensemble des États du Golfe – et, accessoirement, celle de la société iranienne. À l’inverse, dans les années 1970, Richard Nixon et Henry Kissinger engageaient le rapprochement avec la Chine, tandis qu’en Allemagne le gouvernement de Willy Brandt mettait en œuvre une politique de détente avec l’Est qui contribua, à plus long terme, à l’érosion puis à la dissolution du bloc soviétique.

La guerre contre l’Iran pourrait-elle s’avérer être la plus grande erreur de la présidence Trump ? Il semble avoir sous-estimé le potentiel d’escalade.

Les Américains le font toujours – nul besoin de Trump pour cela. Regardez Biden en Ukraine, et, dans son sillage, les Européens qui se sont laissés convaincre que la guerre serait terminée en quelques mois (les Russes, d’ailleurs, l’ont cru, eux aussi). L’Union européenne a désormais pris en charge la guerre en Ukraine et insiste pour qu’elle se poursuive, alors même que les Américains s’en désintéressent et que les Russes ont, dans l’ensemble, déjà remporté la bataille. Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils ne veulent pas admettre qu’ils ont « sous-estimé le potentiel d’escalade », pour reprendre votre expression. Mais il est également possible qu’ils espèrent tirer de cette guerre livrée par d’autres des bénéfices technologiques et économiques, ainsi qu’une plus grande cohésion interne. Cela ne se produira évidemment pas, mais l’espoir meurt en dernier – après les Ukrainiens qui, selon von der Leyen, « meurent pour nos valeurs ».

Certains soupçonnent que Trump pourrait exploiter cette guerre pour peser, d’une manière ou d’une autre, sur les élections de mi-mandat en novembre. Des considérations de politique intérieure ont-elles pu jouer un rôle ?

C’est possible : les guerres servent souvent à souder son propre camp et à discréditer les opposants en les présentant comme des traîtres. Pourtant, cette guerre n’est pas soutenue à l’intérieur. Aux États-Unis, beaucoup pensent que Trump s’y est laissé entraîner par Israël et le lobby pro-israélien, séduits par la promesse d’une guerre-éclair. On ignore, bien sûr, quels éléments compromettants Netanyahu pourrait détenir sur lui. Il faut aussi rappeler – ce que l’on oublie souvent en Allemagne – que les États-Unis sont pratiquement invulnérables sur leur propre continent, protégés par deux océans et n’ayant que deux voisins, au nord et au sud, tous deux sous leur influence. Cela leur permet de s’en sortir sans frais dans toutes leurs aventures internationales, même les plus injustifiées et absurdes – guerre du Vietnam, invasion de l’Irak – car, en cas d’échec, ils peuvent simplement se replier sur leur territoire, hors de portée de leurs adversaires. Cela explique aussi pourquoi ils entretiennent, pendant des décennies, une rancœur persistante envers des États jugés récalcitrants – Cuba, Iran, Afghanistan. Quelle que soit l’issue de leurs interventions, ils n’ont ni réparations à verser, ni comptes à rendre, ni leçons à retenir.
En janvier, Trump a appelé à porter les dépenses de défense à 1 500 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport au budget actuel (900 milliards), déjà de loin le plus élevé de l’histoire. On peut supposer qu’il souhaite éviter que les responsables militaires ne s’interrogent sur la pertinence de « bombarder l’Iran jusqu’à le ramener à l’âge de pierre », alors même que ce pays n’a rien fait aux États-Unis et n’aurait jamais pu le faire.

Beaucoup voient des motivations personnelles derrière la décision de Netanyahu d’attaquer l’Iran, estimant qu’il cherche à échapper à des poursuites pour corruption en s’inscrivant dans une logique de guerre permanente.

C’est possible. Ou bien il cherche à assurer sa réélection. Mais il ne faut pas surestimer la dimension personnelle. La destruction de l’Iran est un objectif ancien et largement partagé en Israël. L’Etat juif entend demeurer la seule puissance nucléaire en « Asie occidentale » (selon la terminologie iranienne). Si les États-Unis venaient à se retirer de l’alliance, Israël n’hésiterait pas, en cas de nécessité, à recourir à l’arme nucléaire. À quoi servirait sinon cet arsenal ? (Les sous-marins capables d’emporter des charges nucléaires ont d’ailleurs été fournis par l’Allemagne.) On ne peut exclure que Trump participe à cette guerre parce que ses services de renseignement – ou Netanyahu lui-même – l’ont averti qu’Israël pourrait recourir à ses capacités nucléaires en cas d’escalade.

Trump a rencontré peu de résistance de la part de l’Union européenne. Seul le Premier ministre espagnol s’est exprimé de manière claire et nette. Pourquoi l’UE est-elle si faible ?

L’Union européenne n’est pas un État et ne le sera jamais. Elle n’est guère écoutée et ne compte pas. Quant à ses États membres, leurs intérêts et leurs lignes divergent profondément. La France entretient des liens étroits avec le Liban et se perçoit comme son protecteur. L’Espagne dispose de relations anciennes, principalement culturelles, avec le monde musulman. L’Allemagne, pour sa part, entretient une relation particulière bien connue avec Israël et son « droit à l’existence », dont elle laisse la définition à Israël lui-même – tant sur le plan territorial que sur celui de l’ordre interne. Avant d’envisager l’usage de l’arme nucléaire, Israël ferait sans doute appel à l’Allemagne pour un soutien militaire, au nom de la « raison d’État » allemande. Aucun autre État membre, à l’exception peut-être des Pays-Bas, n’y serait favorable.

Le chancelier allemand Merz a d’abord soutenu l’attaque, puis affirmé qu’il ne s’agissait pas de « notre guerre ». S’inscrit-il dans la continuité de Gerhard Schröder ?

Tout dépend de ce qu’on entend sous la « continuité ». Schröder a certes refusé, avec Chirac, de participer à l’invasion de l’Irak par Bush fils. Mais l’Allemagne, sous sa direction et celle de Fischer, a soutenu Washington à de très nombreuses reprises, notamment dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », lorsque Steinmeier, alors chef de la chancellerie, a autorisé l’utilisation de la base de Ramstein pour chaque vol – y compris ceux destinés à transférer des détenus vers Guantánamo.
Angela Merkel aussi, d’abord avec Sarkozy puis avec Hollande, a tenté de se distancier de certaines initiatives américaines – en Syrie ou en Ukraine (Minsk I et II). En 2011, son ministre des Affaires étrangères, Westerwelle, s’est abstenu lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant l’intervention en Libye. Pourtant, 40 000 soldats américains sont stationnés en Allemagne dans le cadre de l’OTAN, ainsi que des bombardiers à capacité nucléaire et leurs armes associées. De plus, Wiesbaden abrite le centre de commandement des opérations américaines au Moyen-Orient, y compris les bombardements actuels contre l’Iran. Merz ne s’y est pas opposé. À cet égard, il s’inscrit bien dans la lignée de ses prédécesseurs ; il appartiendra aux historiens de lui donner une définition précise.

Ne serait-il pas dans l’intérêt de Merz de s’opposer plus fermement à Trump et Netanyahu ? Les experts redoutent la pire crise énergétique de l’histoire.

Il le devrait, absolument. D’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement d’une crise énergétique. Nous parlons d’un embrasement mondial ; à côté de cela, on serait tenté de dire que ce n’est « que » du pétrole – et, en cas d’extrême nécessité, on pourra toujours s’en procurer auprès de la Russie. Nous ne pouvons que spéculer sur les décisions à venir de Trump et Netanyahu. Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’ils n’écouteront pas un chancelier allemand, sachant pertinemment qu’au final celui-ci s’alignera, quelle que soit la décision prise.

Peut-on qualifier cette guerre de guerre mondiale, même en l’absence de blocs structurés comme au XXe siècle ?

Toutes les guerres sont différentes. La Première Guerre mondiale a entraîné l’effondrement des empires européens ; la Seconde visait à vaincre deux puissances régionales, l’Allemagne et le Japon, qui cherchaient à dominer leurs « zones d’influence », selon l’expression de Carl Schmitt. Il en a résulté un monde bipolaire dominé par les États-Unis et l’URSS, chacun à la tête de son empire – l’un expansif, l’autre contenu, jusqu’à sa dissolution relativement pacifique à la fin du XXe siècle. S’ensuivirent plus de trente années d’un monde unipolaire, où la puissance dominante était en guerre quasi permanente quelque part – ce que l’on appelait alors « stabilité ». Aujourd’hui, nous assistons à la désagrégation de cette superpuissance, incapable de choisir entre le repli et la résistance à son déclassement, mais inclinant de plus en plus vers cette dernière.

Si cette logique devait conduire à une troisième guerre mondiale, à quoi pourrait-elle ressembler ?

Les États-Unis attaqueraient la Chine afin de tenter d’enrayer son ascension jusqu’alors irrésistible. Selon la doctrine actuelle de la sécurité nationale américaine, il ne doit exister aucune puissance au monde à égalité avec les États-Unis. À cette fin, ils exerceraient notamment des pressions sur la Russie depuis l’Europe occidentale – ou feraient agir l’OTAN en ce sens – afin de l’empêcher de soutenir la Chine, et contraindraient la Chine à détourner des ressources pour soutenir la Russie. Le Japon et l’Europe de l’OTAN, en particulier l’Allemagne, seraient amenés à se ranger du côté des États-Unis.
Israël, quant à lui, saisirait l’occasion pour détruire de manière irréversible les États et les peuples de son voisinage ; déjà, la guerre contre l’Iran ne peut durer assez longtemps aux yeux de Tel-Aviv, car, dans son ombre, l’annexion et le nettoyage ethnique de Gaza, de la Cisjordanie et du sud du Liban peuvent se poursuivre sans être remarqués. Tout le reste se trouve, comme le disait Clausewitz, dans le brouillard du champ de bataille en expansion.
Gastel Etzwane

Le paradoxe iranien : quand les bombardements ressoudent un régime chancelant


- 8/4/2026 - Au soir du 28 février, lorsque les premières frappes américano-israéliennes ont touché le cœur du pouvoir iranien et entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei, une partie de l’opinion, en Iran comme dans la diaspora, a cru entrevoir l’effondrement espéré du régime islamique. Des scènes de célébration sporadiques ont été filmées, certains opposants historiques ont laissé poindre un espoir de changement. Moins de six semaines plus tard, ce scénario semble s’être éloigné plus que jamais.
Les premiers jours ont en effet fait naître une brève euphorie chez une frange de la population lassée par des décennies d’autoritarisme, de répression et de crise économique. La disparition du Guide suprême, symbole ultime du système, a pu apparaître comme le début d’une transition. Mais très rapidement, la nature des opérations militaires a inversé cette dynamique.
Les frappes ont rapidement touché des infrastructures civiles : hôpitaux, écoles (dont l’attaque sur une école primaire à Minab qui a fait plus de 160 morts, majoritairement des enfants), universités et centres culturels. Selon le Croissant-Rouge iranien et plusieurs organisations internationales, des dizaines de sites médicaux et éducatifs ont été endommagés ou détruits. Ces bilans civils, conjugués aux déclarations jugées brutales et inhumaines de Donald Trump, évoquant notamment la possibilité de ramener l’Iran « à l’âge de pierre », « une civilisation entière va mourir ce soir », ont provoqué un revirement spectaculaire.
Classique en temps de guerre, l’effet « rally around the flag » (rassemblement autour du drapeau) a joué à plein. Face à une agression extérieure perçue comme indiscriminée, une large partie de la population iranienne s’est resserrée autour du pouvoir, ou du moins a suspendu son opposition ouverte. Le régime, bien que décapité à son sommet, a su nommer rapidement un successeur en la personne de Mojtaba Khamenei et maintenir une certaine cohésion institutionnelle grâce aux réseaux des Gardiens de la Révolution.
Plus surprenant encore : des voix traditionnellement critiques envers le régime ont changé de ton. Des artistes, intellectuels et figures culturelles iraniennes, souvent en exil ou ouvertement dissidentes, ont publiquement condamné les bombardements. Plus de 250 universitaires, chercheurs et créateurs ont signé une déclaration dénonçant les attaques sur des biens civils. Même des opposants historiques, qui dénonçaient hier encore l’autoritarisme théocratique, ont exprimé une forme de solidarité nationale face à ce qu’ils qualifient d’agression extérieure. Les « cartes ont été rebattues », comme le résument plusieurs observateurs : la priorité est devenue la défense du pays avant la lutte interne.
Les sondages réalisés auprès de la diaspora irano-américaine confirment ce basculement. Alors qu’une partie était initialement divisée ou même favorable à une intervention, une nette majorité (environ deux tiers selon un récent sondage NIAC/Zogby) souhaitait désormais la fin des opérations, inquiète du coût humain civil et du risque de déstabilisation durable. L’espoir d’un effondrement rapide du régime s’est mué en crainte d’un Iran plus fragile, plus nationaliste et potentiellement plus dur.
Au final, l’intervention américano-israélienne, loin d’accélérer la chute du système, semble l’avoir paradoxalement consolidé à court terme. En transformant une contestation interne en résistance nationale, les frappes ont offert au régime un sursis inattendu. Les experts s’accordent aujourd’hui à dire que les perspectives d’un changement de régime pacifique ou populaire sont plus éloignées qu’avant le 28 février.
On peut ainsi se demander si, en voulant hâter la fin du régime iranien, les États-Unis et Israël ont, sans le vouloir, retardé son possible dépassement.

5 avril 2026

Gastel Etzwane
4/4/2026

Pourquoi les Iraniens crient-ils « Mort à l’Amérique » ?


Si les Iraniens crient « Mort à l’Amérique ! », il est intéressant, et même nécessaire, de se demander pourquoi.
Ce slogan, répété depuis des décennies dans les rues d’Iran, n’est pas né du néant. Il ne s’explique pas uniquement par un fanatisme religieux ou une haine irrationnelle. Pour beaucoup d’Iraniens, il est le cri d’une mémoire collective blessée par des décennies d’ingérences étrangères qui ont sapé leur souveraineté, pillé leurs ressources et fait souffrir leur peuple.
Quand on regarde l’histoire du point de vue iranien, ces raisons deviennent compréhensibles. Voici une chronologie factuelle des principales interventions extérieures américaines (et occidentales) qui ont profondément marqué l’Iran :

1951
L’Iran élit démocratiquement Mohammad Mosaddegh comme Premier ministre. Sa grande promesse : nationaliser le pétrole iranien, alors largement contrôlé par les Britanniques. Il remporte une victoire écrasante. Pour la première fois, l’Iran semblait pouvoir reprendre le contrôle de ses richesses nationales.

1953
La CIA et le MI6 britannique orchestrent un coup d’État, baptisé Opération Ajax. Mosaddegh est renversé. À sa place, les Américains et les Britanniques réinstallent Mohammad Reza Pahlavi en tant que Shah, un dirigeant pro-occidental autoritaire. Ce jour-là, l’Iran perd non seulement son gouvernement élu, mais aussi une grande part de sa souveraineté. Les profits du pétrole recommencent à partir massivement vers l’Occident.

1954
Un accord de consortium est signé, accordant 50 % des profits pétroliers iraniens à des compagnies occidentales pour 25 ans. Le pétrole iranien, ressource vitale du pays, continue d’enrichir surtout des intérêts étrangers plutôt que le peuple iranien.

1957
Avec l’aide de la CIA et du Mossad, le régime du Shah crée la SAVAK, sa police secrète. Cette organisation devient tristement célèbre pour la surveillance massive, la torture et l’exécution d’opposants politiques iraniens. Des milliers de citoyens iraniens en seront victimes, souvent simplement pour avoir réclamé plus de justice sociale ou de liberté.

Années 1960-1978
À la demande des États-Unis, le Shah achète massivement des armes américaines. Entre 1970 et 1978, l’Iran dépense environ 20 milliards de dollars en armement. Cette somme colossale, prélevée sur les revenus pétroliers, prive le pays de moyens pour les services sociaux, l’éducation et le bien-être de la population. Le peuple voit ses richesses nationales transformées en achats d’armes qui servent surtout les intérêts stratégiques américains.

1979
Après des années d’autoritarisme, d’inflation galopante et de mécontentement populaire, les Iraniens se soulèvent et renversent le Shah. Les religieux radicaux prennent le pouvoir. Les États-Unis imposent immédiatement des sanctions économiques sévères à un Iran déjà fragilisé. Ces sanctions, qui perdureront pendant des décennies, pèseront lourdement sur l’économie et le quotidien des Iraniens ordinaires.

1980-1988
L’Irak de Saddam Hussein envahit l’Iran. La guerre dure huit ans et fait des centaines de milliers de morts iraniens. Les États-Unis apportent à l’Irak un soutien important : renseignements, armes, financements et tolérance face à l’utilisation d’armes chimiques contre les forces et les civils iraniens. Pour l’Iran, c’est une nouvelle trahison qui coûte la vie à une génération entière.

1988
Le croiseur américain USS Vincennes abat un avion de ligne civil iranien (vol Iran Air 655) dans les eaux territoriales iraniennes, tuant 290 personnes, dont 66 enfants. L’équipage américain reçoit des décorations. Cet événement, perçu comme un mépris total pour la vie iranienne, marque profondément la conscience collective.

1988 à aujourd’hui
Les services de renseignement américains et israéliens ont été accusés à plusieurs reprises de tenter de déstabiliser le régime iranien par des opérations d’influence. L’Iran a réprimé ces tentatives, souvent au prix de vies civiles.
Oui, l’Iran finance des groupes armés qui attaquent les intérêts américains et israéliens. Oui, des troupes américaines ont été visées dans la région. Oui, le slogan « Mort à l’Amérique » reste crié dans les rues.
Mais quand on regarde cette chronologie du point de vue iranien, on comprend que ce cri n’est pas seulement de la propagande. Il est aussi le produit d’une mémoire collective marquée par des décennies d’ingérences répétées : perte de souveraineté, ressources nationales détournées, répression facilitée de l’intérieur, guerres dévastatrices et sanctions qui ont touché en premier lieu le peuple ordinaire.
Comprendre n’est pas excuser les violences actuelles.
Mais ignorer ces faits, c’est refuser de voir pourquoi tant d’Iraniens portent encore aujourd’hui une rancœur profonde et regardent l’Amérique avec méfiance et amertume.

28 mars 2026

Gabriel Nerciat
28/3/2026

V'LA LES HOUTHIS


On dirait qu'au bout d'un mois on approche déjà du dénouement de la farce.
Les Houthis yéménites sont entrés dans la danse ce matin, alors que le Hezbollah au Liban faisait plus d'une dizaine de prisonniers dans les rangs de Tsahal et que Téhéran prétend avoir détruit trois navires américains LCU (amphibies) au large du Koweït – ainsi que la totalité du système de batteries anti-missiles américain déployé en Jordanie.
Pendant ce temps, alors que même sur LCI les experts maison rémunérés par l'OTAN commencent à dire la vérité sur l'ampleur du fiasco qui s'annonce, les derniers néo-cons, murés dans leur bunker mental comme Hitler dans celui de Berlin, continuent à délirer à propos de leur rêve d'invasion terrestre de l'île de Kharg et/ou d'une coalition militaire internationale aux ordres de Washington pour "libérer" le détroit d'Ormuz.
Il est vrai que quiconque a vu le sidérant numéro de bavardage sénile et auto-satisfait de Donald hier soir à Miami est en droit de se demander si les derniers tenants de l'impérialisme anglo-saxon ne relèvent pas tous, pour de bon, de l'asile d'aliénés.

27 mars 2026

Gastel Etzwane
27/3/2026


L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz. Ce matin trois porte-conteneurs ont été interceptés par les Gardiens de la révolution et contraints de faire demi-tour.
Dans un communiqué direct les Gardiens ont répondu aux déclarations du président américain en affirmant que le détroit reste fermé à tout trafic non autorisé. Lloyd’s List confirme qu’un système de péage de facto est désormais en place. Les navires doivent obtenir un code d’autorisation payer jusqu’à deux millions de dollars par passage souvent en yuans et accepter un corridor escorté en eaux iraniennes. Refuser expose à la destruction visible comme ces coques calcinées qui continuent de brûler pendant des semaines.
Cette opération constitue un coup stratégique majeur pour Téhéran. Elle permet un contrôle total du goulot d’étranglement par où transite près de vingt pour cent du pétrole mondial. Elle accélère la dédollarisation via les paiements en yuans renforce l’alliance avec la Chine et transforme le détroit en outil de financement et de dissuasion à faible coût militaire. L’Iran trie les navires amis qui passent moyennant finance et les autres qui sont refoulés ou coulés.
Ce verrouillage constitue un démenti cinglant à l’optimisme de Donald Trump. Malgré ses annonces répétées que le détroit serait bientôt ouvert et que des progrès étaient en cours les faits sur le terrain montrent le contraire. Téhéran impose ses règles et démontre que la pression ou les menaces américaines ne suffisent pas à rouvrir la voie maritime.
En quelques semaines l’Iran a imposé un nouveau statu quo qui renforce sa posture régionale tout en faisant monter les prix du pétrole et en perturbant le commerce mondial. Le message est clair : le détroit n’est plus une artère libre mais un chokepoint monétisé et militarisé sous contrôle iranien.

26 mars 2026

Régis de Castelnau
26/3/2026

RUBRIQUE : joie mauvaise


Les Américains ont le sens du respect des traditions.
Ils ont été contraints d’abandonner en urgence la base militaire qu’ils occupaient encore à Bagdad malgré toutes les demandes du gouvernement irakien.
Les forces américaines et de l'OTAN ont entièrement évacué la base Victoria à Bagdad après avoir subi de violentes attaques de milices irakiennes pro-iraniennes. À son apogée, cette base abritait 46 000 personnes et fonctionnait comme une véritable ville autonome. C'était l'une des plus grandes bases étrangères américaines au monde.
Les milices chiites lui ont fait subir un bombardement continu. Les éléments européens de l’OTAN ont dû faire aussi leurs bagages fissa. Le problème c’est que faire atterrir (et redécoller) les avions de transport pour procéder à la piteuse évacuation sous les bombardements était problématique. Alors, toute honte bue, les cow-boys ont dû solliciter le gouvernement irakien pour qu’il obtienne des milices une trêve ! Non mais, la honte après l’agression criminelle de 2003, voilà un nouveau départ la queue entre les jambes. On n’aura pas la photo de l’hélicoptère sur le toit du bâtiment de Saïgon, mais c’est tout comme.
On espère qu’ils ont emporté la fiole de Colin Powell. En souvenir…
Gabriel Nerciat

KIR ROYAL, KETCHUP ET FIN DES HARICOTS


- 26/3/2026 - D'après le New-York Times, toutes les bases militaires américaines dans le Golfe ont été détruites par les tirs balistiques iraniens, et désertées par les soldats qui les occupaient.
Les deux plus grands navires de guerre américains déployés dans le Golfe, le USS Gerald Ford et le USS Abraham Lincoln, sont en train de prendre le large et de quitter la zone. Au-delà de l'incendie inexpliqué qui a frappé le premier navire, il semblerait surtout que son système de radar ne soit plus opérationnel, l'exposant ainsi avec des risques accrus au feu ennemi. Même Trump a dû convenir qu'il avait été surpris.
Bref, tout va bien. Le combat indispensable pour la civilisation universelle des droits de l'Homme, l'émancipation des femmes iraniennes, la marche des fiertés LGBT de Téhéran et la captation des ressources pétrolières de la Perse poursuit vaillamment son rythme de croisière (enfin, si l'on peut dire).
Presque un mois après l'entrée en guerre conjointe des États-Unis et d'Israël (qui n'arrive décidément pas à percer les lignes de défense du Hezbollah au Liban, c'est embêtant, et vient de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de réservistes pour les envoyer au front), le régime iranien est toujours là (en Irak, Saddam Hussein à la même période était déjà déchu), tient à la fois l'unité territoriale du pays et l'accès au détroit d'Ormuz, et, comme je l'avais annoncé ici dès le troisième jour du conflit, s'apprête à administrer au cœur de la puissance impériale occidentale ce qui va rester dans les mémoires du monde comme la plus importante défaite de toute l'histoire des États-Unis d'Amérique (bien plus que le Vietnam ou l'Afghanistan, au regard des enjeux impliqués), sa défaite terminale en quelque sorte.
Finalement, Trump ne nous aura pas déçus. Après lui, l'isolationnisme aux États-Unis ne sera plus une option, mais la seule voie possible. God bless America, elle va en avoir besoin.
Au milieu de la débâcle, toutefois, on nous explique lyriquement sur LCI que le D-Day va commencer sur la fameuse île de Kharg qui obsède Donald, paraît-il, depuis quarante ans, et qui m'a tout l'air de ressembler à une sorte de parfaite cuvette de Diên Biên Phû insulaire.
Ah, ça va être du beau spectacle, mes amis. On pourra dire à la jeunesse de demain qu'on l'aura vu en direct, en buvant du kir royal aussi rouge que le teint du président américain dans notre salon. Effet garanti, c'est sûr, mieux que Goethe à la bataille de Valmy.
Sinon, dernier mot à l'intention de mes contacts sionistes ou atlantistes à la cervelle un peu ramassée et à l'inculture galopante : le New-York Times n'est pas un journal islamiste, antisémite ou mélenchoniste, mais à peu près l'équivalent du Monde aux Etats-Unis.
C'est vous dire à quel point les certitudes désormais se décomposent vite.

22 mars 2026

Paul Zeppenfeld
20/3/2026

Pourquoi tant de duplicités face à l’intervention militaire en Iran ?


Analyse de l’opposition systématique à l'intervention en Iran, en fonction des opinions et des clivages politiques. Ou comment l’art de l’indignation sélective et du confort moral atteint parfois des sommets.

Depuis 47 ans et hormis la guerre des Douze Jours de juin 2025, l’Iran n’avait subi aucune attaque armée d’Etats qu’il désignait comme ses ennemis, alors qu’on peut lui imputer une centaine d’attaques terroristes à travers le monde, dont les actions meurtrières contre la France au Liban en 1983 et sur le sol français en 1985-86, mais aussi contre des intérêts américains et israéliens, que ce soit directement ou par le biais de ses proxies.
Du point de vue israélien, l’Iran constitue une menace existentielle puisqu’il n’a jamais reconnu l’Etat hébreu, qu’il nomme « entité sioniste » tout en appelant à sa destruction. Passant d’une guerre de l’ombre à une guerre ouverte, la légitimité de l'opération militaire israélienne est donc incontestable. Pour les États-Unis, la menace est moins tangible même si les mollahs appellent aussi à la destruction du « grand Satan ». Néanmoins, les Américains gardent un souvenir douloureux de la prise d’otages de leur ambassade à Téhéran (novembre 1979 à janvier 1981) et de l’attaque d’un camion suicide commanditée par l’Iran qui tue 241 militaires américains à Beyrouth en 1983. En revanche, la volonté irréfutable de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et les preuves d’enrichissement de l’uranium représentent une menace directe pour les Américains et leurs alliés qui pourrait justifier une attaque préventive.
L’Iran des mollahs est donc un Etat terroriste qui menace ses ennemis de destruction, tout en cherchant à se doter de l’arme nucléaire. De surcroît, ce régime tyrannique écrase dans le sang toute contestation populaire. Nonobstant, en France, les réactions à l’intervention armée sont le plus souvent timorées voire réprobatrices : les uns, plutôt à gauche, usent d’une myriade de prétextes dictés par l’idéologie ; les autres adoptent une posture plus souverainiste, teintée d’esprit munichois.
A gauche, on retrouve le refus de toute ingérence lorsqu’un régime arabo-musulman est sur la sellette. Par travestissement de l’anticolonialisme, par racialisme et avant tout par électoralisme, les représentants de cette gauche Terra Nova se font aussi discrets qu’ils sont tonitruants quand un de ces régimes subit les assauts d’une démocratie occidentale ou d’Israël. L’assassinat de plus de 30.000 jeunes iraniens innocents en deux jours n’a pas provoqué chez eux le moindre bougé, comme c’était déjà le cas à chaque fois qu’une répression ou un massacre fut perpétré par un Etat musulman. Il est vrai que la théocratie iranienne est la matrice de l’idéologie islamo-gauchiste à laquelle s’est soumise à des degrés divers la gauche occidentale. Ce soutien tacite au régime iranien n’a donc rien d’étonnant pour qui se souvient qu’elle se rangea avec ferveur du côté des régimes totalitaires tout au long du XXe siècle. Aujourd’hui l’aveuglement volontaire du camp du Bien le conduit à abandonner son étendard humaniste – un de ses mantras favoris – et son attitude est révoltante devant le massacre d’une jeunesse sans défense.
Par médias interposés, cette gauche s’efforce de monter en épingle le bombardement accidentel ayant entraîné la mort de 175 jeunes filles dans une école. Pourtant on ne les entendait pas lorsque des adolescentes iraniennes étaient battues à mort pour ne pas avoir correctement couvert leurs cheveux. On voit ces derniers jours des forces de sécurité prendre place dans des cours d’école et des drones tirés à partir de zones civiles densément peuplées. Les Gardiens de la révolution cherchent-t-il à gagner à leur cause les marchands de la cause palestinienne ?
Moins honteuse et plus véhémente est l’invocation du droit international par ceux qui, dans un double jeu, revendiquent son application en sachant parfaitement qu’aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ne serait votée à cause du veto chinois et russe, tout en clamant pour faire bonne figure leur opposition au régime des ayatollahs. Il s’agit pourtant du même droit international, si éloigné des standards de la politique étrangère iranienne depuis un demi-siècle. S’arc-bouter sur ces règles de droit au profit d’un Etat qui les viole avec autant de constance relève de la duplicité chez ceux qui avaient approuvé l’intervention militaire de l’OTAN en Serbie sans demander l’avis du Conseil de sécurité ainsi que le veto à la résolution du Conseil condamnant cette intervention ! Autres temps, autres mœurs, à la fin du siècle dernier la gauche avait popularisé le droit d’ingérence, d’abord humanitaire puis militaire avec le R2P (Responsabilité de protéger) lorsque des crimes étaient commis contre une population.
Plus rares sont ceux qui, en toute mauvaise foi, prétendent que l'Iran était sur le point d'accepter un accord lors des négociations d’Oman, alors qu'il avait exclu trois des quatre points clés imposés par Donald Trump : le programme de missiles balistiques, la question des proxies et la situation des droits de l’homme. Sur le dossier nucléaire, l’Iran usait comme à son habitude de procédés dilatoires visant à simuler une ouverture diplomatique et à diviser l’opinion publique américaine.
Sur l’autre bord de l’échiquier politique, c’est d’abord le principe de souveraineté des Etats qui est appelée à la rescousse. Protégée par le droit international, cette souveraineté exclut toute intervention extérieure, sauf agression et application d’un accord de défense ou vote d’une résolution de l'ONU. Dans le cas de l’Iran, ce mécanisme est donc inopérant et revient à accorder un totem d’immunité à un régime criminel qui massacre sa population sur son propre territoire.
Ces thuriféraires du statu quo s’inquiètent le plus souvent des conséquences imprévisibles d’une opération militaire. Friands de comparaisons hasardeuses, ils citent les interventions américaines qui se sont soldées par des échecs. Le Vietnam bien sûr, mais aussi l’Afghanistan et l’Irak, où le déploiement terrestre des GI’s n’a pas permis d’instaurer la démocratie, alors que le but poursuivi était avant tout la chute de l’empire soviétique et, avec les « faucons », la captation d’intérêts économiques.
Sur leur lancée, ils affirment que toute intervention extérieure provoque le chaos voire la guerre civile, deux situations qui seraient donc pires qu’une dictature sanguinaire ? L’Irak, la Syrie et la Libye sont régulièrement montrés comme exemples de renversement de régime aux conséquences désastreuses. Mais dans quel cas le régime renversé était-il préférable au nouveau ? Pour les populations, ces nouveaux régimes paraissent moins oppressifs, mais pour les Occidentaux s’ouvre une période d’instabilité et une nouvelle relation est à construire avec des dirigeants souvent hostiles. Pour ces raisons cyniques, on surprend les non-interventionnistes à regretter Saddam Hussein et Kadhafi, à préférer Bachar El Assad à El Joulani et à ne pas souhaiter d’intervention en Iran.
On entend donc que le nouveau régime pourrait être plus répressif et encore moins coopératif avec le monde libre. Dans le cas de l’Iran, on a pourtant du mal à concevoir un régime suscitant encore plus d’effroi et de défiance à l’égard de l’Occident. En outre, il n’y aurait pas d’homme providentiel, de successeur naturel plébiscité par le peuple. Reza Pahlavi, fils du dernier chah, serait l’élu de la diaspora iranienne sans expérience politique ni soutien partisan. Il possède pourtant un atout qui devrait faire taire ses détracteurs : il souhaite simplement accompagner la transition vers la démocratie et exclut de refonder une dynastie.
Les mêmes pointent aussi le risque d’embrasement régional alors qu’on ne pratique plus d’automaticité d’application des traités de défense mutuelle. Les mollahs ont-ils envisagé de globaliser le conflit en agressant les Etats voisins alliés des Etats-Unis ou mènent-ils déjà une politique de la terre brûlée en ciblant les sites énergétiques ? Seul Israël a décidé de riposter avec fermeté aux roquettes du Hezbollah lancées depuis le Liban. Les pétromonarchies font le dos rond en souhaitant ardemment que les frappes se poursuivent jusqu’à la chute de la mollarchie.
Chez les militaires, l’argument massue répété ad nauseam pour exprimer leur scepticisme est qu’on ne peut renverser un régime sans envoyer des troupes au sol. D’évidence cela semble préférable lorsque l’appareil répressif compte plusieurs centaines de milliers de gardiens de la révolution et de supplétifs bassidjis. Mais c’est oublier l’état de désespoir et la détermination inébranlable d’un peuple exsangue. C’est aussi ne pas tenir compte de l’infiltration à grande échelle des structures de l’Etat iranien par les services spéciaux israéliens et américains, ni d’une possible défection de l’armée, dont la fidélité au régime n’est pas acquise. C’est oublier encore qu’aucune intervention terrestre n’a eu lieu en Libye, ni en RDA puis dans l’ensemble des Etats du pacte de Varsovie pour faire chuter les régimes communistes. Ces régimes étaient à bout de souffle, lâchés par leurs soutiens, illégitimes et haïs de leur population, à l’instar de la république islamique. Pour sceller leur argumentation, ces officiers devenus commentateurs médiatiques se lancent parfois dans une surestimation manifeste des capacités militaires de l'Iran, quand ils ne juxtaposent pas la carte de l’Iran sur celle de L’Europe pour nous convaincre que même avec des troupes au sol, on ne prendra pas possession d’un territoire aussi vaste, peuplé de 90 millions d’habitants.
Dans le même esprit défaitiste, ils nous répètent que Donald Trump n’a pas défini de buts de guerre, empêchant ainsi par définition l’objectif d’être atteint. Mais peut-on faire mine d’ignorer que l’objectif n’a pas besoin d’être clamé à tue-tête pour exister, qu’il s’agit selon toute vraisemblance d’un changement de régime par des hommes inféodés à la politique et aux intérêts économiques américains et garantissant la sécurité d’Israël ; et dans une hypothèse basse, d’empêcher durablement l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, a été assez clair : « Nos ambitions sont réalistes… Détruire les missiles offensifs iraniens, détruire la production de missiles iraniens, détruire leur marine et leurs autres infrastructures de sécurité, et ils ne posséderont jamais d’armes nucléaires. »
Enfin, l’antiaméricanisme, vieille tradition du Quai d’Orsay traversant tout le spectre politique, est aussi un puissant moteur – souvent inavouable – de l’opposition à l’intervention américaine, par aversion de l’empire américain pour tout ce qu’il représente et par crainte d’une hégémonie qui rappelle en creux la grande nation que fut la France.
En France, Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères, soutenus par des personnalités qui se démarquent par leur antiaméricanisme et leur tropisme pro-arabe, s’efforcent de prôner une « troisième voie » gaullienne, visant à faire entendre l’originalité de la position française et retrouver son rang de puissance médiatrice. Mais cette manifestation apparaît bien tardivement alors que ces acteurs sont restés silencieux face aux crimes du régime des mollahs et que la France a été le dernier pays de l’UE à lever son opposition à l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes.
Contrairement à l’invasion de l’Irak en 2003, le chef de l’Etat n’a pas été prévenu du déclenchement des opérations par le président américain, qu’il a dénoncées car étant selon lui « en dehors du droit international », mais tout en reconnaissant la responsabilité du régime iranien. La France n’aura donc qu’une mission défensive, visant à protéger ses intérêts et ceux de ses alliés régionaux. C’est une posture qui reflète finalement assez fidèlement l’hésitation des Français, qui souhaitent à 86% la chute du régime des mollahs, mais n’approuvent l’intervention militaire qu’à 51% (sondage CSA du 4 mars 2026).