Translate

28 janvier 2026

Majorité numérique : ce fiasco qui insiste

H16

- 28/1/2026 - Vite, vite, il faut bloquer les réseaux sociaux ! Pardon, il faut vérifier l’identité de ceux qui s’y connectent ! Hum, enfin, disons, il faut garantir que les moins de 15 ans n’y ont pas accès. Pour les protéger, bien sûr !

En 2023, la France avait adopté une loi fixant la « majorité numérique » à 15 ans, exigeant une vérification d’âge et un consentement parental pour les mineurs sur les réseaux sociaux. Mais patatras, celle-ci n’avait pu être mise en œuvre en raison d’un conflit avec la législation européenne, notamment le Digital Services Act, bloqué par la Commission européenne. Notons le record de vitesse puisque la loi était morte avant même qu’on ait pu créer une agence d’État avec 250 agents publics y émargeant !


Malgré ces échecs et ces défis techniques et légaux, Emmanuel Macron s’entête et pousse donc un nouveau projet de loi pour interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, inspiré de l’exemple australien (pourtant foireux), avec une mise en œuvre prévue pour septembre 2026 après un examen en janvier.

Sans surprise, la députaillerie, aussi veule qu’à l’accoutumée, a religieusement emboîté le pas en votant sans opposition notoire la proposition pourtant grotesque de l’exécutif.

Cependant, une petite musique de fond s’installe et revient régulièrement : Grok, l’intelligence artificielle notamment intégrée à X, serait utilisé pour trafiquer des images pédopornographiques ! Il y a quelques semaines, quelques articles de presse faisaient mention de cette abominable découverte ce qui poussa probablement l’entreprise de Musk à reconnaître que son IA pouvait avoir été utilisée pour générer des images de personnes en bikini et dans un article paru sur X le 14 janvier. Dans la foulée, les ingénieurs de X limitaient les capacités de Grok et renforçaient les contrôles afin d’éviter toute utilisation illégale de leur moteur d’intelligence artificielle.

Imaginer que ces réponses et ces améliorations techniques suffiraient serait naïf. Avec une prévisibilité de mécanique allemande, la presse remet le couvert il y a quelques jours, cette fois-ci en utilisant l’inénarrable accroche « Selon une étude » par laquelle on prouve absolument tout, son contraire et l’inverse dans l’habituel gloubiboulga journalistique ; sans même s’étendre sur la solidité de l’étude (largement discutable), on ne peut que s’étonner de l’absence d’une même étude sur Nano Banana Pro, le moteur de production d’image de Gemini – le moteur IA de Google, ou celui de ChatGPT d’OpenAI, ou les autres moteurs de production de contenu.

Apparemment, il semble indispensable de faire une analyse approfondie de l’IA de Musk, mais surtout pas des autres. On se demande soudainement pourquoi. Serait-ce parce qu’il faudrait trouver une raison solide de faire fermer le réseau social de Musk ?

Oh, allons, vous n’y pensez pas !


N’oublions pas que, parallèlement, l’Union européenne tente, elle aussi à tout prix, de pousser « Chat Control », une abomination légale visant au départ à contraindre les plateformes numériques à détecter activement et signaler les contenus pédopornographiques et les sollicitations d’enfants, quitte à imposer une analyse systématique des communications, même chiffrées. On ne doit qu’à la mobilisation citoyenne le fait que, le 26 novembre dernier, le Conseil de l’Union a finalement rétropédalé pour adopter une position commune supprimant cette obligation de lire toutes les communications chiffrées de bout en bout… Gageons que si la mobilisation citoyenne diminue, les dirigeants n’hésiteront pas à remettre le couvert.

Mais en réalité, ces agitations médiatico-politiques autour des réseaux sociaux cachent le vrai problème : les pédocriminels n’ont absolument pas besoin de Grok (ou de Gemini, de ChatGPT ou de tous les moteurs de type Stable Diffusion, dont apparemment tous les médias et les politiciens se foutent complètement) pour enfreindre les lois et la morale, et ils sévissent sans grandes difficultés sur le territoire français et européen.

Est-il nécessaire de revenir sur l’affaire de ce militant LFI qui fut interpelé en Loire-Atlantique et dont tout indique qu’il faisait partie de tout un réseau ? Est-il nécessaire de revenir sur les « grooming gangs » de Grande-Bretagne sur lesquels toute la lumière n’a pas été faite, ni les liens avec des individus hauts placés dans les autorités britanniques ? Est-il nécessaire de revenir sur les ramifications (notamment françaises) de l’affaire Epstein ?


Or, dans ces affaires, qui ne constituent qu’une faible partie de l’ensemble des cas réels, ni Grok ni d’autres IA n’ont été impliquées et il y a fort à parier que les prochaines affaires qu’on découvrira continueront de se passer de ces moyens technologiques. Oh, on peut garantir qu’il sera fait grand cas de l’un ou l’autre pédocriminel si ce dernier produit des images avec ces outils (surtout si c’est Grok) mais en attendant, il apparaît bel et bien que les IA et les réseaux sociaux ne sont pas, en eux-mêmes, déterminants de cette criminalité qui existe bien indépendamment d’eux.


De tout cela il faut retenir que la protection des mineurs n’est qu’un prétexte pour obliger tous les Français et, à terme – n’en doutons pas – tous les Européens à fournir leur identité complète pour accéder aux réseaux sociaux. Le but est limpide, sans fard et parfaitement tyrannique : mettre fin une bonne fois pour toutes à la vie privée en ligne, et garantir la possibilité aux autorités de pouvoir censurer plus facilement les citoyens français et européens.

Et ainsi, ceux qui pensent de travers, ceux qui se moquent trop ouvertement du pouvoir en place – notamment en présentant des images retouchées des dirigeants en petites tenues, trop massivement vues par des millions de personnes – ne pourront plus le faire sans immédiatement supporter des conséquences lourdes, depuis la débancarisation jusqu’à la traque de la police politique qu’ils sont en train de mettre en place actuellement.

Les prochaines étapes de mise en coupe réglée de notre liberté d’expression sont évidentes. La seule façon de l’éviter consistera donc à en user autant que possible, par exemple en remettant une couche du petit Barrot en bikini.


https://h16free.com/2026/01/28/83278-majorite-numerique-ce-fiasco-qui-insiste